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17/03 2017
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DIRECTEURS D'HÔPITAL: LA VALORISATION DES RESPONSABILITÉS TERRITORIALES NE DOIT PAS ÊTRE TABOUE (FRÉDÉRIC BOIRON)

(Par Caroline BESNIER, aux Journées nationales de l'ADH)

PARIS, 16 mars 2017 (APMnews) - La reconnaissance et la valorisation des responsabilités supplémentaires que doivent assumer les directeurs hospitaliers dans le cadre de la réforme territoriale ne doivent pas être taboues, a martelé jeudi le président de l'Association des directeurs d'hôpital (ADH), Frédéric Boiron.

Il est intervenu en ouverture des 25èmes Journées nationales de l'ADH organisées jusqu'à vendredi au Parc floral à Paris sur le thème "Directeur d'hôpital, un métier d'avenir".

Pour Frédéric Boiron, "ce n'est pas un tabou de parler de la reconnaissance et même de la rémunération" des dirigeants hospitaliers ainsi que de leur souhait d'avoir une qualité de vie au travail satisfaisante et de protéger leur vie privée.

Tout en rappelant que l'ADH a soutenu depuis longtemps la mise en place d'une organisation territoriale, il juge anormal qu'on demande aux dirigeants de prendre des responsabilités supplémentaires sans évoquer en même temps "la reconnaissance et la valorisation qui vont avec".

Il estime qu'il existe un "vrai sujet" sur la "reconnaissance réelle, intime, par les autorités [des] métiers" de dirigeants hospitaliers.

Le président de l'ADH a déploré que les discussions portent encore aujourd'hui sur la valeur d'une responsabilité territoriale nouvelle, une direction multisites ou un intérim. "J'en ai fait assez pour savoir que ce n'est franchement pas sérieux la valorisation de l'intérim".

"Quand on en est encore à discuter de ça, je pense qu'on ne marque pas un grand respect, ni une grande reconnaissance pour les dirigeants qui s'engagent" et qui continueront malgré tout à s'engager.

Il a néanmoins reconnu qu'il y avait eu des avancées, évoquant le séminaire sur l'évolution du métier des directeurs de la fonction publique hospitalière au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT) organisé les 10 et 11 janvier par la direction générale de l'offre de soins (DGOS), le Centre national de gestion (CNG) et l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

"C'était une bonne chose" et "on souhaite maintenant qu'il y ait des traductions concrètes", a-t-il observé. "Soyons optimistes, des choses se feront, peut-être pas toutes dans les cinq semaines qui viennent mais […] le mouvement est amorcé", a-t-il ajouté en faisant référence au changement prochain de gouvernement.

Frédéric Boiron a par ailleurs demandé une valorisation de l'exercice territorial des médecins, estimant que cette demande entrait aussi dans le rôle de l'ADH.

Il a rappelé que son association ne demandait pas une "énième grande réforme" et de nouveaux bouleversements mais plutôt de la consolidation et un "gros effort" de simplification, comme elle l'a détaillé dans ses 16 propositions aux candidats à l'élection présidentielle diffusées mardi.

Frédéric Boiron a indiqué que l'ADH comptait à ce jour 1.300 adhérents sur les 2.500 directeurs actifs, et s'est réjoui que ce nombre augmente alors que le total des actifs a tendance à diminuer.

===L'hôpital en 2030 sera "territorialement plus intégré" (Frédéric Valletoux)

Le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, est intervenu sur le thème "l'hôpital public en 2030", tout en rappelant les grandes lignes des plateformes présentées début février par sa fédération, destinées aux candidats à l'élection présidentielle et au futur ministre de la santé.

Pour lui, les GHT ne sont qu'"une étape vers une mise en synergie plus large" et la stratégie de territoire se concrétisera quand ils "emmèneront les autres professionnels de santé quels que soient leurs statuts et quelles que soient leurs structures, aussi bien les médecins libéraux" que les cliniques.

"L'hôpital en 2030 sera un hôpital territorialement plus intégré qui prendra en charge de manière plus large la santé de la population", a-t-il avancé.

Il espère que le système de système de santé "aura quitté ses habits d'une machine très administrée depuis Paris". Il faut un modèle qui accepte "la souplesse, l'inventivité et aussi une part d'audace selon les besoins des territoires et qui ne veuille pas imposer ce fameux costume unique que l'on connaît et que l'on apprécie depuis Paris dans notre système administratif".

Frédéric Valletoux a aussi souligné que l'hôpital ne pourra plus continuer à assurer toutes les urgences et qu'il faudra trouver des solutions aux dysfonctionnements de la médecine d'amont.

Pour lui, la question des statuts des hommes et des institutions fera débat car la société évolue très vite et l'adaptabilité des organisations va devenir nécessaire.

===Une "génération GHT" de directeurs d'hôpital

"Le paysage que nous connaîtrons n'est pas celui que vous avez connu quand vous êtes entrés dans cette profession de directeur d'hôpital", a observé un des représentants des élèves directeurs d'hôpital de la promotion Hippocrate de l'EHESP, Kevin Tortet.

Après la génération T2A (tarification à l'activité), "on a l'impression qu'on est parti pour être une 'génération GHT'" car le "territoire s'impose déjà à nous comme une évidence", a renchéri une autre représentante de cette promotion, Pauline Lazier.

Face à l'évolution du métier de directeur d'hôpital, le directeur de l'EHESP, Laurent Chambaud, a estimé que l'école ne s'était pas encore "assez emparée" de la formation tout au long de la vie.

Il souhaite que l'EHESP devienne un lieu où les directeurs puissent "se ressourcer" et trouvent de nouveaux modes d'accompagnement (réflexion sur le savoir-être, coaching,...).

Il a indiqué par ailleurs que l'école avait créé fin 2016 une chaire dévolue à la prospective en santé avec la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH).

cb/ab/APMnews

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