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14/07 2017
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UN AN APRÈS L'ATTENTAT DE NICE: LE CHU LANCE UNE ENQUÊTE SUR L'IMPACT POUR LES PROFESSIONNELS HOSPITALIERS

NICE, 13 juillet 2017 (APMnews) - Le CHU de Nice, avec la Fondation Lenval et la faculté de médecine de Nice, a lancé une enquête pour évaluer l'impact sur les professionnels hospitaliers de l'attentat perpétré sur la promenade des Anglais le 14 juillet 2016, a-t-on appris jeudi auprès de l'établissement.

Cette étude, qui a été réalisée avec l'appui de Santé publique France, est réalisée sous la forme d'un web questionnaire, ouvert depuis le 21 juin et accessible jusqu'au 30 septembre.

Cette enquête de cohorte hospitalière de santé publique, baptisée "Echos de Nice", s'adresse à l'ensemble des professionnels hospitaliers, médecins, soignants, étudiants en médecine (externes, internes) étudiants paramédicaux, personnels techniques, administratifs de Nice CHU-Lenval, expliquent les responsables du CHU, de la fondation et de la faculté dans un courrier adressé aux professionnels début juin, dont APMnews a eu copie.

Il s'agit "d'estimer l'impact de l'attentat en termes de santé psychologique et psycho-traumatique, mais aussi l'impact à long terme sur la vie professionnelle et l'organisation quotidienne".

Les finalités sont de "documenter l'impact sanitaire d'un tel évènement et d'apporter une information exploitable pour les dispositifs de prise en charge des populations impliquées et en cas de nouvel attentat".

Interrogée jeudi par APMnews, la directrice du pôle ressources humaines du CHU, Karine Hamela, a expliqué que l'idée de cette enquête avait "rapidement émergé après le 14 juillet l'année dernière". "On avait mis en place dès le 15 juillet tout un dispositif de soutien psychologique assez complet, sous forme de débriefing collectif à chaud, à froid, de permanence de psychologues, d'une plateforme de soutien et d'écoute et d'une équipe mobile pluridisciplinaire avec médecin du travail et psychologue qui passait dans les services", a-t-elle indiqué.

Le dispositif s'est "progressivement étendu, complété et a évolué dans le temps". Mais, "on s'est rendu compte que finalement peu de personnes, en proportion en tous cas, avaient eu recours au dispositif, alors qu'on était persuadé que l'impact s'inscrit dans la durée", a-t-elle signalé.

Pour expliquer ce faible recours, elle a émis l'hypothèse d'une certaine "résilience des professionnels de santé" qui "ne s'autorisent pas à ne pas aller bien". "Nous pensons que ce qu'ils ont vu cette nuit-là était tellement horrible par rapport aux maux professionnels qu'ils ne s'autorisent pas à exprimer ou même à ressentir qu'ils n'allaient pas bien, alors que nous pensons qu'ils ont été très fortement impactés", a-t-elle fait remarquer.

=== Un volet qualitatif sous forme d'entretiens avec les étudiants en médecine

L'enquête aura deux volets: un volet quantitatif avec le web-questionnaire qui s'adresse à plus de 8.000 personnes. "Tous les métiers sont concernés, y compris des secrétaires médicales ou des agents administratifs d'accueil: ceux qui étaient en première ligne ou dernière ligne ou qui ont eu un proche victime", a-t-elle énuméré.

"Nous avons fait une adaptation du questionnaire de Santé publique, après les attentats de janvier et de novembre [2015], avec des questions plus spécifiques aux hospitaliers", a détaillé Karine Hamela. Santé publique France a réalisé deux études (Impacts et Espa) sur les attentats de janvier et novembre 2015 qui portent à la fois sur les civils et les professionnels, rappelle-t-on.

Un volet qualitatif sera conduit sous forme d'entretien à destination des étudiants en médecine, qui ont été très fortement impliqués et investis, particulièrement à la chambre mortuaire. "Nous voulons mesurer l'impact que cela avait pu avoir sur leur santé au travail, leurs études et carrière médicale et en profiter pour leur faire prendre conscience de leur état de donc pouvoir les orienter vers un accompagnement adapté", a-t-elle expliqué.

Les résultats sont attendus pour le premier semestre 2018, a priori la mi-2018, a indiqué la directrice du pôle ressources humaines.

=== La plateforme de soutien réactivée pour ce week-end anniversaire

Le CHU a également communiqué de nouveau sur le numéro unique mis à disposition pour les professionnels de santé, avec au bout de la ligne un administratif qui peut orienter vers un psychologue. La plateforme de soutien et d'écoute est également réactivée vendredi 14, samedi 15 et dimanche 16 juillet à l'occasion du premier anniversaire de l'attentat, a indiqué Karine Hamela.

Pendant cette période, un psychologue d'astreinte assurera les consultations téléphoniques à partir du numéro unique et il sera proposé une prise en charge par un psychologue relais, qui pourra recevoir dans un délai de 72 heures.

Interrogé sur le nombre de personnes qui avaient contacté cette ligne téléphonique depuis un an, elle a indiqué que le nombre était "minime", environ une vingtaine. Mais, environ 90 consultations ont été assurées par des psychologues volontaires pour les professionnels hospitaliers, grâce à un planning de consultations qui avait été mis à disposition.

Ces chiffres ne sont "absolument pas révélateurs de l'impact de l'attentat sur les professionnels", a-t-elle toutefois ajouté. "Nous en sommes convaincus", a-t-elle renchéri.

"Les gens sont encore extrêmement marqués. La date anniversaire a réveillé des choses qui avaient été un peu enfouies ou que certains avaient pu ignorer jusqu'à présent. Nous avons été alertés par quelques petits signaux du type l'élaboration des plannings du mois de juillet: ceux qui voulaient absolument être là le 14 juillet et ceux qui au contraire se sentaient dans l'incapacité d'être présents", a-t-elle rapporté.

mh/ab/APMnews

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