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13/12 2017
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PERMANENCE DES SOINS: UN PARTENARIAT ENTRE LE GHT ARTOIS-TERNOIS ET LA MAISON DE SANTÉ LÉONARD-DE-VINCI BIENTÔT FORMALISÉ

PARIS, 13 décembre 2017 (APMnews) - Un partenariat entre le groupement hospitalier de territoire (GHT) Artois-Ternois et la maison de santé pluriprofessionnelle Léonard-de-Vinci, à Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) sera bientôt formalisé pour mieux répondre aux enjeux de permanence et de continuité de soins, ont indiqué mardi les acteurs du projet lors des 10e rencontres du management des pôles organisées par SPH Conseil, filiale de la Fédération hospitalière de France (FHF).

La maison de santé pluriprofessionnelle Léonard-de-Vinci, dont les travaux de construction ont commencé en décembre 2016, doit être inaugurée en février 2018 pour débuter son activité en mars, a expliqué Laurent Turi, médecin libéral à l'origine de la maison de santé, en présentant le partenariat entre la structure et le GHT Artois-Ternois, un des 14 GHT des Hauts-de-France.

L'établissement support de ce GHT est le CH d'Arras (qui couvre un territoire de plus de 300.000 habitants) et les établissements parties le CH de Bapaume et le CH du Ternois. Ce dernier comprend trois établissements à Saint-Pol-sur-Ternoise, Frévent et Auxi-le-Chateau (Pas-de-Calais).

La maison de santé, dont le projet a été lancé en 2015 avec la communauté de communes et l'hôpital, fonctionne déjà depuis un an de "façon éclatée". Elle comprend 25 professionnels - médecins, infirmiers, dentistes, pharmaciens, kinésithérapeute, sage-femme, ostéopathe... Le partenariat engagé avec le GHT répond à la volonté de "fédérer autour d’un projet commun le monde libéral, hospitalier, universitaire, mutualiste et médico-social, de travailler avec les élus et d'inclure les patients dans le concept", a souligné Laurent Turi, par ailleurs vice-président de la commission médicale du GHT.

L'objectif est de permettre à la maison de santé de participer à la continuité de soins en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendante (Ehpad), en foyer d'accueil d'hébergement et en foyer de vie pour adulte handicapé vieillissant et de participer à la continuité et à la permanence des soins en service de soins de suite et de réadaptation (SSR).

L'apport du GHT, d'ores et déjà logistique et technique pour le montage des projets de la maison de santé, doit se développer courant 2018 pour les soins.

L'objectif de ce "consensus de recoupement", a résumé Laurent Turi, est d'aboutir à une "convergence de lieux", avec des téléconsultations au sein de la maison de santé qui devraient commencer mi-2018, "pourquoi pas des consultations avancées", ainsi qu'à une "convergence de recrutements" sur une activité mixte et à une "convergence de gardes ville hôpital". L'enjeu est "de résoudre le problème de la permanence de soins qui dans les secteurs ruraux se développe de plus en plus", a souligné Laurent Turi. "Ce qui fait qu'on tombe sur des tours de garde à trois ou quatre médecins, ce qui devient ingérable."

"L'hôpital est dans les mêmes difficultés, et la solution serait peut-être de réfléchir à une solution commune". Laurent Turi s'est félicité d'un partenariat pluriprofesssionnel et pluridisciplinaire "articulé en groupement de coopération sanitaire [GCS] de moyens", qui devrait être créé à la fin de l'année, et associant également les acteurs du secteur mutualiste, médico-social, universitaire, associatif.

Un retour sur investissement attendu par l'hôpital

Si la démarche pose "forcément des enjeux au regard du coût en matière de foncier, de consultations et de coordination, il faudrait regarder non pas à court terme mais à moyen terme en anticipant un retour sur investissement au moins sous deux manières", a quant à lui ajouté Pierre Bertrand, directeur du CH d'Arras, du Ternois et de Bapaume.

Pierre Bertrand analyse cet avantage potentiel dans un contexte concurrentiel marqué par le maillage du territoire par l'offre privée. L'une des perspectives attendues est "d'avoir une meilleure connaissance de l'offre sur l'hôpital d'Arras, partagée entre les libéraux", a souligné Pierre Bertrand. Il a insisté sur "l'avantage compétitif" des cliniques privées, résidant dans le fait qu'elles ont "des praticiens qui ont un exercice mixte, en ville et à l'hôpital". Pour Pierre Bertrand, "il y a un déficit d'image de l'hôpital qu'il s'agit de compenser", même si cette stratégie "s'inscrit dans une boîte à outils multiples".

"C'est une stratégie assumée pour conquérir des parts de marché que de rendre accessible le centre hospitalier d'Arras, 30 km plus loin, au sein de cette maison de santé avec des consultations", a poursuivi Pierre Bertrand. En tant que directeur du CH du Ternois, "j'attends aussi un retour sur investissement pas forcément immédiat, mais au moins à moyen terme". Pour cet établissement, qui regroupe cinq Ehpad, l'enjeu est "d'avoir des médecins de ville", a-t-il précisé, soulignant la difficulté à "avoir des médecins de ville qui suivent leurs résidents". Favoriser l'installation de médecins libéraux en rendant le territoire attractif "devient le rôle de l'hôpital par ricochet", a-t-il pointé.

Outre la question du foncier (la maison de santé sera installée sur un terrain cédé par le CH du Ternois à la communauté de communes), "si on veut favoriser les programmes hospitaliers de recherche clinique [PHRC] ou les programmes de recherche sur la performance du système des soins [Preps], il faut qu'on mette à disposition l'ingénierie [nécessaire] auprès des libéraux". Une fois ajoutés les temps de coordination, ce ne sont "pas des sommes invraisemblables sur lesquelles investit l'hôpital" dans ce partenariat. "La mise de départ n'est pas si forte que cela, surtout quand les élus prennent aussi leur part dans cette affaire".

Pierre Bertrand a par ailleurs abordé le sujet de la coordination de l'activité mixte: s'agit-il de "superposer des quotités de temps de coordinateur" ou de chercher un profil hybride, au carrefour de la coordination entre les libéraux, entre les libéraux et l'hôpital, et également en mesure de "faire vivre concrètement et matériellement" la télémédecine ? "La question n'est "pas encore complètement tranchée" et "relève d'une qualification de type infirmière". Quand la solution sera arrêtée, il faudra "trouver des modalités de financement de ce profil un peu hybride".

mlb/sl/ab/APMnews

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