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12/01 2018
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GHT: APPORTER "UN PEU DE SOUPLESSE" DANS LE CALENDRIER DES ÉCHÉANCES (ARS ILE-DE-FRANCE)

PARIS, 12 janvier 2018 (APMnews) - Le directeur de l’offre de soins de l'agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France, Didier Jaffre, s'est dit prêt à plus de "souplesse" concernant les échéances réglementaires de la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT), estimant que les hospitaliers sont "épuisés" après l'écriture des projets médicaux partagés (PMP), a-t-il déclaré jeudi à Paris lors du 3e colloque national pour les décideurs hospitaliers organisé par Astellas.

Didier Jaffre est intervenu jeudi lors d'une table ronde sur l'état des lieux de la mise en place des GHT qui a notamment abordé le contenu des PMP déjà transmis aux ARS (cf dépêche du 11/01/2018 à 18:22).

"Au-delà des chiffres, énormément de temps humain a été consacré à l'élaboration des projets médicaux partagés. Je pense, qu'en tant qu'agence, nous devons prendre en compte l'état de fatigue actuel des hospitaliers", a déclaré Didier Jaffre.

"J'ai vu des équipes pratiquement épuisées après avoir écrit les PMP, dont beaucoup de présidents de CME [commission médicale d'établissement], car pendant ce temps-là le travail continue à côté".

"Le premier moyen d'accompagnement des ARS, c'est d'apporter un peu de souplesse concernant les échéances réglementaires de mise en place des GHT. Nous ne sommes pas à demander un respect strict du calendrier. Par exemple, sur les 15 GHT d'Ile-de-France, nous n'avons reçu que 12 PMP alors que la date butoir était fixée au 1er juillet 2017. La terre n'a pour autant pas arrêté de tourner. Ce qui compte, c'est que le travail se fasse pour les 3 GHT encore en train d'élaborer leur PMP", a poursuivi le directeur de l'offre de soins.

Négocier les PRE à l'échelle des GHT

Interrogé sur les moyens à mettre en oeuvre par l'ARS pour assurer la bonne cohérence des GHT, Didier Jaffre a insisté sur la nécessité de mettre en place un accompagnement à l'échelle du groupement et non plus à celle des établissements.

"Nous sommes en train de mettre en place, de manière expérimentale, des autorisations à l'échelle du GHT et non plus site par site. Ceci pour la bonne et simple raison [...] qu'on ne peut pas demander aux établissements d'élaborer une politique de groupement et qu'en même temps l'ARS continue à avoir une approche individuelle", a-t-il indiqué.

Ainsi, Didier Jaffre a plaidé pour que les négociations de plans de retour à l'équilibre [PRE] se fassent désormais à l'échelle du groupement de territoire.

"La mise en place des GHT induit un mode de fonctionnement et une approche des problématiques territoriales totalement différents. Il est clair que, dorénavant, nous ne négocions plus les plans de retour à l'équilibre pour un seul établissement. Le PRE doit être envisagé dans le cadre du GHT, il faut que tous les établissements parties y participent", a-t-il insisté.

"C'est un changement de culture assez radical parce que, finalement, partager ses comptes, ses données, et autres, ce n'est pas forcément inné. Mais très clairement, c'est dorénavant la manière dont nous fonctionnons."

Concrètement, "quand nous allons plancher sur une avance devant le Copermo [comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins hospitaliers]", c'est la "vision du GHT qui doit primer", a-t-il poursuivi.

Outre le volet financier, le directeur de l'offre de soins de l'ARS Ile-de-France a indiqué vouloir étendre l'accompagnement à l'échelle des GHT à la "formation" et "l'internat", ainsi que dans la gestion des crises comme la grippe afin notamment de "mieux anticiper les pénuries de personnels entre Noël et le jour de l'An."

Concernant l'internat, "nous devons aller bien au-delà des affectations qui se font encore par services pour que les agréments se fassent au niveau des groupements", a précisé Didier Jaffre.

Inquiétudes des médecins

Le Pr Christian Rabaud, vice-président de la CME du CHU de Nancy, a fait remonter lors de la table ronde les inquiétudes des personnels de santé vis-à-vis de la mise en place des GHT et des PMP.

"Quand on lit les PMP, en particulier pour les spécialités les plus sensibles comme les urgences et la gériatrie, on se rend compte qu'on est très loin d'une vision prospective et immédiate à mettre en place parce qu'il y a beaucoup de questions qui restent en suspens pour les professionnels de santé", a-t-il souligné.

"La première question qui revient c'est 'qui fait quoi ?' et 'qui touche quoi?' à l'heure de la T2A [tarification à l'activité]. Ce sont des éléments sur lesquels il faut rassurer les professionnels de santé pour arriver à une déclinaison cohérente et que le GHT puisse apparaître comme 'gagnant-gagnant'".

"Aujourd'hui, il y a beaucoup d'inquiétudes, en particulier vis-à-vis des établissements supports, car les services et spécialités des établissements non supports peuvent facilement se considérer comme susceptibles d'être phagocytés", a mis en garde Christian Rabaud.

syl/sl/ab/APMnews

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