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10/01 2019
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LES ÉPISODES DE POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE FAVORISENT LES EXACERBATIONS DE BPCO (ÉTUDE CHU D'AMIENS)

AMIENS, 10 janvier 2019 (APMnews) - Les épisodes de pollution atmosphérique observés dans la Somme en 2017 ont entraîné une augmentation des passages aux services d'accueil des urgences du CHU d'Amiens pour exacerbations de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), selon une étude menée par l'établissement et l'observatoire régional de l'air, Atmo Hauts-de-France.

Des études ont montré que la pollution de l'air extérieur figure parmi les facteurs de risque d'exacerbations de BPCO, qui sont associées à un risque d'hospitalisation et de décès. Dans les Hauts-de-France, le taux d'hospitalisation et de mortalité lié à la BPCO est supérieur de 20% à la moyenne nationale, selon le dossier de presse diffusé mardi.

Le CHU d'Amiens et Atmo Hauts-de-France ont voulu savoir quel était l'impact de la pollution de l'air chez les patients atteints de BPCO dans le territoire d'Amiens Métropole.

Pour cela, une étude a été menée sur toutes les consultations pour exacerbations de BPCO diagnostiquées aux urgences du CHU d'Amiens ou de la clinique de l'Europe à Amiens, qu'elles aient conduit ou non à une hospitalisation, sur toute l'année 2017.

L'analyse a porté sur 240 consultations aux urgences pour 168 patients: 35,1% étaient au stade III de la BPCO et 35,1% au stade IV; 6,5% étaient au stade I. Les patients du CHU avaient une BPCO plus sévère que ceux de la clinique. La grande majorité des patients (96,4%) avaient des antécédents de tabagisme.

Près des deux tiers (65%) des consultations aux urgences ont abouti à une hospitalisation. Parmi ces 168 patients, 16,7% ont fait deux exacerbations sur l'année et 7,7% plus de deux. En outre, deux sont passés 7 fois aux urgences, et un autre 12 fois.

En 2017, le nombre moyen de consultations pour cause d'exacerbations de la BPCO est de 0,65 patient par jour. L'analyse des données d'inclusions a permis de considérer une augmentation à 6 patients ou plus sur 3 jours comme un pic de consultations.

La majorité des patients ont consulté durant les périodes hivernales (janvier à avril et décembre), ainsi qu'en juin. Août a été le mois le plus calme, probablement en raison des départs en vacances et de l'absence de grippe, de pic de pollution et de pollens.

L'Atmo Hauts-de-France a fourni les données de surveillance de la qualité de l'air sur la métropole amiénoise en 2017. Sur les trois stations de mesure, les concentrations de polluants étaient dans les valeurs réglementaires annuelles, sauf les objectifs à long terme pour la protection de la santé pour l'ozone, ainsi que l'objectif de qualité pour les particules fines PM2,5.

Le département de la Somme a été concerné par 3 des 10 épisodes déclenchés dans la région Hauts-de-France: deux épisodes de pollution aux particules du 21 au 26 janvier 2017 et du 9 au 12 février 2017 puis une alerte de persistance à l'ozone les 20 et 21 juin 2017, en raison des conditions météorologiques (chaleur et fort ensoleillement).

Les données localisées de la qualité de l'air, obtenues par la modélisation à fine échelle, ont permis d'estimer les concentrations journalières de 4 polluants au domicile de 58 patients.

L'analyse couplée des données cliniques et atmosphériques montre que les pics de consultations (petites flèches bleues horizontales sur le schéma) correspondent aux épisodes de pollution occasionnés par les particules PM10 en janvier et février, ainsi qu'au pic d'ozone de fin juin.

En hiver, le taux moyen d'hospitalisation est aussi plus élevé (0,94 en janvier et de 1,07 en février, contre une moyenne à 0,65 sur l'année). Cette période correspond aussi à l'épidémie de grippe (flèche horizontale en violet).

Source: CHU Amiens-Picardie, Atmo Hauts-de-France

Ces pics de consultations ont eu lieu en général entre 3 et 5 jours après le début du pic de pollution. A l'inverse, de juin à septembre, il n'a été constaté aucun pic de pollution aux particules PM10 et aucun pic d'exacerbations de BPCO.

Les niveaux des particules PM10 et PM2,5, de dioxyde d'azote et d'ozone n'expliquent pas, à eux seuls, l'augmentation des consultations aux urgences pour exacerbations de BPCO mais leur rôle est significativement établi. La grippe joue aussi un rôle et peut-être aussi les pollens, même si leur impact est moins clair.

L'étude PolluPBCO a mis en évidence, dans la métropole d'Amiens, un lien entre les concentrations plus élevées des particules fines et ultrafines, du dioxyde d'azote et de l'ozone avec une augmentation des consultations aux urgences pour exacerbation de BPCO, concluent les deux promoteurs.

En revanche, l'association entre exacerbations de BPCO et allergies polliniques, humidité ou nuisances olfactives n'est pas démontrée.

La modélisation des polluants dans l'atmosphère "peut être une aide dans l'accompagnement du patient", commentent le CHU et l'observatoire.

Des travaux se poursuivent, avec notamment en 2019 le suivi des 12 patients ayant eu plus de deux exacerbations en 2017 et en 2020, une analyse de l'association éventuelle des métaux lourds présents dans l'air et des exacerbations de BPCO.

"L'objectif immédiat de cette étude est de sensibiliser les patients à la thématique de la pollution atmosphérique et de proposer des actions spécifiques à leur pathologie", indiquent les partenaires. Un document avec des informations sur la qualité de l'air et des recommandations sanitaires sera remis aux patients lors de leur visite.

ld/nc/APMnews

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