Actualités de l'Urgence - APM

12/03 2018
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LYON: PLAINTE APRÈS LE DÉCÈS D'UNE JEUNE FILLE DES SUITES D'UNE OTITE, MALGRÉ DEUX PASSAGES AUX URGENCES

LYON, 12 mars 2018 (APMnews) - La mère d'une jeune fille de 19 ans a déposé plainte pour "homicide involontaire" contre l'hôpital Edouard-Herriot (Hospices civils de Lyon, HCL) après son décès des suites d'une otite le 23 février, a révélé le quotidien Le Progrès dans son édition de samedi.

Dans son article, le quotidien raconte que Leana, qui était âgée de 19 ans, était originaire du Nicaragua et était arrivée en août 2017 en France pour étudier la littérature à l'université Lyon 2.

La maman a porté plainte contre l'hôpital Edouard-Herriot car elle estime que sa fille, décédée d'une hypertension intra-crânienne consécutive à un abcès cérébral, a été victime d'une "erreur médicale". Selon Le Progrès, la jeune fille qui est décédée le 23 février avait été transportée deux jours plus tôt par les pompiers dans un état critique à l'hôpital Edouard Herriot où les médecins n'ont pu que constater l'état de mort cérébrale.

Dans des déclarations reprises par Le Progrès, la mère raconte que sa fille s'était rendue auparavant deux fois aux services des urgences de l'hôpital, le 9 février puis le 12 février.

La mère estime que les médecins "n'ont pas pris le temps de diagnostiquer correctement le mal dont souffrait [sa] fille, pas su voir le caractère urgent de la situation, disant à [sa] fille qu'une otite n'était pas une urgence".

Les amis de la jeune fille qui l'avaient accompagnées aux urgences ont indiqué que le 12 février, elle avait attendu 8 heures. Or elle était "très faible, avait des maux de tête et vomissait", a rapporté la mère.

Des examens normaux mais une très longue attente

Dans une réponse communiquée au Progrès et transmise lundi à APMnews par les HCL, le chef du service des urgences de l'hôpital Edouard Herriot, Pr Karim Tazarourte, précise qu'il comprend la douleur de la mère et indique qu'il n'est pas question "d'argumenter" contre une famille ayant perdu une jeune fille des suites d’une otite.

Détaillant la chronologie des faits, il explique qu'à sa première venue, le 9 février, la jeune fille a été "vue rapidement pour une otalgie simple, avec une température de 39 degrés, comme cela se voit pour les otites".

Un traitement initial "adapté" lui a été prescrit, fondé sur des antalgiques et des antibiotiques.

Le chef de service confirme qu'elle est revenue le 12 février à 10 heures. "C'est là que la jeune femme attend 8 heures avant de voir un médecin", confirme-t-il.

Il précise que ce délai n'est pas lié à la grève touchant le pavillon N depuis le 2 février, l'effectif restant le même du fait des assignations. Il est lié à l'embolisation des urgences, dont 40% de l'activité relève de la médecine générale, selon le Pr Tazarourte.

La jeune fille a été vue "dans la demi-heure" suivant son arrivée par l'infirmière d'accueil et d'orientation. Leana a été évaluée "tri 4", c'est-à-dire ne relevant pas de l'urgence. Selon l'affluence, ces patients peuvent attendre "6, 8 voire 10 heures", souligne le chef de service.

La jeune fille a été vue en fin de journée par un médecin senior expérimenté. Elle avait reçu entre temps des antalgiques et avait envoyé à sa mère des photos de cotons imbibés d'un liquide sortant de son oreille, reconnaissent les HCL.

Mais les examens faits ont été "strictement normaux", dont l'examen neurologique et la pression artérielle, assure le chef de service. Il indique aussi que sa température était de 37,7°C et qu'"aucun vomissement" n'a été constaté pendant son séjour aux urgences. Le médecin a prescrit d'autres traitements.

Aujourd'hui, le chef des urgences de l'hôpital Edouard-Herriot réfléchit à "ce qui pourrait être fait" pour éviter ce type de drame.

Ainsi, s'il est impossible de faire passer un scanner ou un IRM à tous les patients souffrant d'otite pour déceler un abcès cérébral dont l'incidence est rare, la remise d'une fiche alertant sur les risques de complications et la procédure à adopter pourrait être remise aux malades, comme cela se fait pour les traumatismes crâniens et les accidents ischémiques transitoires, rapportent les HCL.

Des précisions sur l'abcès au cerveau

"L’abcès au cerveau est une pathologie rare dont l’incidence est de 1 sur 100.000 habitants/an dans les pays développés. Les services de neurochirurgie en traitent 4 à 8 par an. Dans 45% à 50% des cas, cette poche de pus se forme par contiguïté à partir d’un foyer infectieux ORL, le plus souvent une otite suivie de la sinusite et de l’abcès dentaire. L’abcès cérébral provoque une hypertension intra-crânienne dont les symptômes ressemblent à ceux d’une méningite: maux de tête, fièvre, nausées/vomissements par jets, incapacité à tenir debout, somnolence, troubles de la conscience... Le diagnostic se fait par scanner ou IRM et le traitement associe chirurgie et antibiotiques. Selon les études, la mortalité est évaluée entre 10% et 40 %" (communiqué des HCL).

san/eh/APMnews

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