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Le programme de prélèvement de reins sur donneur décédé après arrêt cardiaque a été mis en place en 2006 par l'agence de la biomédecine pour proposer de nouvelles sources face à la pénurie d'organes prélevés sur donneurs en état de mort encéphalique (EME). Le Samu 94 participe depuis deux ans à la procédure de prélèvement qui débute en préhospitalier, au cours de l'intervention du Smur.
Les patients concernés par un éventuel don d'organe à coeur arrêté sont ceux inclus dans la catégorie II de la classification internationale de Maastricht qui comprend les arrêts cardiaques survenant devant les équipes de secours. Pour les arrêts cardiaques survenant en dehors d'un contexte médicalisé (catégorie I de Maastricht), le prélèvement pourra être envisagé que si la réanimation a été engagée dans les 30 minutes suivant l'arrêt.
Dans ce contexte préhospitalier, le temps imparti à la procédure de prélèvement à coeur arrêté est extrêmement court. Avant l'arrivée du patient au centre hospitalier receveur habilité à ce type de prélèvement, pas plus de 120 minutes ne doivent s'écouler depuis l'effondrement du patient pour que la viabilité des futurs greffons soit assurée.
"Ce délai est une contrainte pour les équipes médicales qui doivent affronter et surmonter un sentiment d'échec devant l'absence de réanimation, tout en se lançant dans la procédure de prélèvement", explique le Dr Chollet-Xémard.
Concernant l'abord des proches, la procédure est également accélérée puisque la coordination dispose en tout de seulement trois à quatre heures contre en moyenne 11 heures pour les greffons prélevés sur donneur en état de mort encéphalique.
Selon le Dr Chollet-Xémard, l'annonce doit donc être abordée en préhospitalier afin de préparer au mieux les proches à l'idée du don. "Pour l'équipe, il faut alors gérer à la fois l'annonce du décès et l'éventuelle perspective du don".
"C'est d'autant plus difficile que les patients sont souvent jeunes, puisque ceux entrant dans le protocole doivent avoir entre 18 et 55 ans, et qu'ils sont sans antécédent", précise-t-elle.
Il est donc, selon elle, nécessaire d'anticiper ces annonces et de s'assurer que les proches, lorsqu'ils sont présents, ont bien compris la gravité de la situation. C'est alors au médecin d'informer régulièrement pendant la réanimation et de "faire prendre conscience de la réalité et du caractère peut être irréversible de l'arrêt cardiaque", indique le Dr Chollet-Xémard.
En deux années d'activité, le Samu 94 a initié ce protocole pour 24 patients. "Il semble que les familles acceptent mieux aujourd'hui l'idée du don par rapport au début de notre participation", estime le Dr Chollet-Xémard pour qui ce constat s'explique par une amélioration de l'annonce, objet d'une réflexion constante au sein de l'équipe.
Cependant, la gestion des proches en préhospitalier reste une étape très délicate, susceptible d'être entravée par les contraintes de la procédure, considère-t-elle. Elle ne remplace pas une prise en charge hospitalière des familles par une équipe spécialisée, mais peut contribuer à les préparer à l'acceptation du don.
Sur les 24 patients pris en charge par le Samu 94 et répondant aux critères pour intégrer le protocole, sept n'ont pas pu être prélevés en raison du refus des proches. Dans trois cas, le refus s'est exprimé d'emblée en préhospitalier et dans les quatre autres cas, les proches ont accepté avant de se rétracter en arrivant à l'hôpital.
Parmi 17 patients éligibles, sept n'ont pas pu être prélevés en raison d'un délai dépassé ou d'antécédents incompatibles avec le prélèvement. Au final, cinq patients ont été prélevés et quatre reins ont été greffés avec succès. Les autres greffons n'étaient pas viables pour des raisons anatomiques ou des défauts de perfusion.
Au niveau national, du 1er janvier 2007 au 1er janvier 2009, l'activité des huit centres initialement autorisés, rejoints par Nancy et Nantes en 2008, totalise 200 donneurs recensés (78 en 2007 et 122 en 2008), selon l'agence de la biomédecine. Au total, 86 ont pu être prélevés (43% des recensés), fournissant 98 greffons./vr/ar
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