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05/03/2010   La thrombolyse pourrait être proposée même si l'avc est survenu en l'absence de témoin


SAN ANTONIO (Texas), 5 mars (APM Santé) - Le traitement par thrombolyse d'un accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique pourrait être proposé même lorsque l'AVC est survenu en l'absence de témoin, en se fondant sur le dernier moment où le patient a été vu dans un état normal, selon une étude présentée lors de l'International Stroke Conference qui se déroule cette semaine à San Antonio.


Le traitement par le rt-PA (Actilyse*, Boehringer Ingelheim), par son action thrombolytique, permet d'améliorer le devenir de l'AVC, mais il doit être réalisé dans un délai suffisamment court après l'AVC pour minimiser le risque hémorragique.


Jusqu'à aujourd'hui, la plupart des patients inclus dans les études évaluant la thrombolyse par rt-PA intraveineux étaient des patients ayant eu un AVC en présence de témoin. Cela permettait de "dater" l'AVC et ainsi de respecter un délai maximum après le début des symptômes.


Le délai maximum initialement recommandé était de trois heures. L'American Heart Association (AHA) a cependant étendu ce délai, pour certains patients, à quatre heures et demie, rappellent les auteurs dans le communiqué de l'AHA. En France, une étude a même suggéré d'étendre ce délai jusqu'à sept heures après le début des symptômes.


Avec cette nouvelle étude, une équipe canadienne suggère de prendre en considération le traitement thrombolytique pour les patients "vus pour la dernière fois en bonne santé quelques heures auparavant".


Demetrios Sahlas, de la McMaster University d'Hamilton (Ontario, Canada), et ses collègues ont utilisé les données du Registry of the Canadian Stroke Network (RCSN) afin de comparer le devenir de 480 patients traités par thrombolyse sur la base du moment où ils avaient été vus pour la dernière fois en bonne santé, à celui de 1.082 patients traités sur la base du début des symptômes observés par un témoin.


Les patients "vus pour la dernière fois dans un état normal" n'ont pas présenté plus de problèmes à la sortie de l'hôpital et n'ont pas été davantage orientés en soins infirmiers que les patients "avec témoin". De plus, ils avaient 35% de risque en moins de présenter une hémorragie cérébrale (7,9% contre 12,1%).


Les patients "vus pour la dernière fois dans un état normal" sont "de meilleurs candidats pour le rt-PA que ceux de l'essai ECASS, qui n'incluait que les patients ayant fait un AVC devant témoin", commentent les auteurs.


Beaucoup des patients inclus dans le RCSN n'auraient d'ailleurs pas été inclus dans l'étude ECASS-3 parce qu'ils avaient plus de 80 ans, des antécédents d'AVC ou un diabète, précisent-ils.


Cette étude confirme ainsi la possibilité d'étendre la fenêtre de traitement et de prendre tous les arrivants- pas seulement ceux ayant fait un AVC devant témoin-, concluent les auteurs, qui estiment désormais nécessaire de confirmer ces résultats dans une étude prospective./arg/vr/tn

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