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2016-REC-06 Signalements de cas groupés d'infections invasives à méningocoque (IIM) W dans la région Bourgogne Franche-Comté

Date de publication sur le site SFMU : 28/12/2016

L’ARS de Bourgogne Franche-Comté a signalé, depuis octobre 2016, trois cas d’infections invasives à méningocoques dont 2 méningites sévères, chez des étudiants, parmi lesquels on déplore deux décès survenus par choc septique.

L’enquête épidémiologique a révélé que les personnes atteintes sont des étudiants des établissements d’enseignement supérieur de la région de Dijon. En raison des congés universitaires et du déplacement des populations pour les fêtes de fin d’année, vous pourriez être amené à examiner prochainement des étudiants provenant de cette région.

Cette forme d’infection d’IIM peut avoir une symptomatologie initiale atypique (arthrites septiques, péricardites septiques, épiglottites, pneumopathies invasives ainsi que des formes abdominales ...), difficile à interpréter dans un contexte d’épidémie grippale quasi nationale et pouvant retarder la prise en charge. Une vigilance particulière est donc nécessaire lors de l’interrogatoire pour déterminer le lieu de vie habituel.

Il est rappelé également que la vaccination contre le méningocoque C ne protège pas contre les IIM à méningocoque W.

Nous vous remercions de signaler tout cas suspect à votre ARS.

Référence(s)

Objet: INSTRUCTION N° DGS/RI1/DUS/2014/301 du 24 octobre 2014 relative à la prophylaxie des infections invasives à méningocoque

La  présente  instruction  actualise  les recommandations  de  prophylaxie  autour  d’un  cas  d’infection invasive à méningocoque (IIM).


Les mesures de prophylaxie visent à prévenir la maladie chez les sujets contacts et à interrompre la transmission  des  souches  virulentes, tout en  limitant  l’antibioprophylaxie  aux  justes  indications  dans une optique de lutte contre le développement des résistances bactériennes aux antibiotiques.
La  gravité  de  ces  infections  et  la  nécessité  de  mise  en  œuvre  de  mesures prophylactiques  rapides justifient  une  définition  aussi  précise  que  possible  du  rôle  des  différents  acteurs,  des  mesures prophylactiques et leurs  critères  de  mise  en œuvre.  Ces  précisions  et    les  informations  utiles  à la compréhension du sujet sont rassemblées dans le guide annexé à l’instruction. Les  évolutions  à  prendre  en  compte  depuis  la  précédente  instruction  n°DGS/RI1/2011/33  du  27 janvier 2011


Des vaccins tétravalents conjugués A,C,Y,W135 sont désormais disponibles et indiqués dès l’âge de un ou deux ans selon le cas, modifiant les possibilités de prophylaxie vaccinale.
 Un cas de résistance à  la  rifampicine  a  été  observé  en  2011,  justifiant  de nouvelles  recommandations  concernant  les traitements  prophylactiques  répétés
Un nouveau  vaccin  contre  les  IIM  de  sérogroupe  B  est disponible et recommandé dans certaines situations.
Les cellules  d’aide  à  la  décision  (CAD) ont  évolué au  profit  d’une  expertise  et  d’une  décision régionales, la DGS n’intervenant que dans les situations requérant des mesures de niveau national ou en appui et sur demande des ARS. Les évolutions dans la disponibilité des vaccins ne justifient plus la position  de  recours  de  la  DGS  et  permettent par  ailleurs aux  ARS  de  s’organiser  de  manière autonome
.  
Le  recours  aux antigènes  solubles  pour le diagnostic des IIM, déconseillé depuis  une  conférence de consensus en 2008 en raison d’une sensibilité et d’une spécificité insuffisantes, peut désormais être remplacé  par  la  PCR,  dont  l’usage  est  en  extension  et  l’inscription  à  la  nomenclature  des  actes biologiques en cours
.  
L’organisation des chimio prophylaxies est facilitée, puisque les établissements pharmaceutiques sont désormais  contraints  à  un  approvisionnement  en    rifampicine  en  urgence  des  pharmacies,  en application d’un nouveau décret.

Les modifications apportées au guide

Le guide précédemment élaboré a été conservé dans sa forme et sa structure.
Les principales modifications concernent :
- Les techniques de diagnostic biologique (fiche 2) ;
- L’actualisation des données épidémiologiques (fiche 4) ;
- La définition des cas avec la suppression des antigènes solubles (fiche 6 et annexe 4) ;
- La  précision  des  conditions  d’utilisation  de  la  ciprofloxacine,  en chimioprophylaxie  alternative,  chez les enfants et les femmes enceintes (fiche 7-2) ;
- La mise à jour des vaccins disponibles (fiche 8-1) ;
- La  prise  en  compte  du  nouveau  vaccin  contre  les  IIM  B  dans  les  explorations  en  cas  d’échec vaccinal (fiche 9 et annexe 7) ;
- L’actualisation et la précision des modalités de gestion des situations de cas groupés (fiches 10-1 et 10-2) ;
- L’intégration des  recommandations  de  changement  d’antibiotique  en  situation  de  cure  répétée dans  une  même  communauté  dans  une  fiche  commune  avec  les  indications  relatives  aux chimioprophylaxies élargies (fiche 10-3) ;
- L’introduction des recommandations de vaccination en situation de cas groupés d’IIM B (fiche 10-4) ;
- L’actualisation des conditions d’accessibilité aux antibiotiques et aux vaccins (fiche 11).
Le  document  intègre  d’autres  modifications,  comme l’usage  du  terme  de  liquide  cérébrospinal  (LCS) en  remplacement  du  liquide  céphalo-rachidien  (LCR)  conformément  à  la  nomenclature  en  cours,  la mention du type de précautions d’hygiène à prendre par les établissements (fiche 5).

Lien(s)

INSTRUCTION N° DGS/RI1/DUS/2014/301 du 24 octobre 2014 relative à la prophylaxie des infections invasives à méningocoque

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