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13/01 2020
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AU CH SUD-FRANCILIEN, AGNÈS BUZYN DÉFEND LES PREMIÈRES AVANCÉES DES PLANS POUR LES URGENCES ET L'HÔPITAL PUBLIC

(Par Geoffroy LANG, au CH Sud-Francilien à Corbeil-Essonnes)

CORBEIL-ESSONNES (Essonne), 13 janvier 2020 (APMnews) - La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a visité lundi plusieurs services du centre hospitalier Sud-Francilien (CHSF) pour constater les premières avancées de la mise en oeuvre du "pacte de refondation des urgences" et du plan "Investir pour l'hôpital".

"Je suis venue dans cet hôpital qui commence à mettre en oeuvre les mesures que j'avais annoncées, notamment en faveur de la refondation des urgences pour alléger le travail des soignants dans les services d'urgence", a déclaré la ministre lundi à l'issue de sa visite dans les services d'urgence, de chirurgie vasculaire et de néonatalogie du CHSF.

Lors de sa visite du service d'urgence, Agnès Buzyn a notamment salué le travail de l'équipe de gériatrie mobile mise en place par le service hospitalier, qui a notamment été retenue par l'agence régionale de santé (ARS) Île-de-France pour participer à un projet pilote pour l'hospitalisation directe des personnes âgées.

"Ça nous a permis d'avoir de la visibilité et de créer du lien avec les Ehpad [établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes], on a déjà des retours positifs", a rapporté une soignante du service des urgences au passage de la ministre, "mais on a toujours besoin de lits".

"Avec la progression de 4% par an de l'activité de votre hôpital, il est évident d'avoir plus de lits", a acquiescé Agnès Buzyn, en pointant l'importance du besoin journalier minimal en lits (BJML) afin d'anticiper les tensions dans chaque établissement (cf dépêche du 27/11/2019 à 18:40).

Elle a également salué l'arrivée depuis un an d'un "bed-manager" au sein du CHSF, mais a fait remarquer que la cadre de santé rattachée à la direction des soins qui occupait cette fonction était "un peu seule pour gérer 1.000 lits" sans solution logicielle.

Un hôpital lourdement endetté

"C'est un hôpital qui est incroyablement endetté, tous les ans, avant même d'avoir payé le moindre salaire, l'hôpital doit rembourser 33 M€ aux banques pour se désendetter parce qu'il s'est énormément endetté pour se construire", a souligné la ministre lors de sa visite.

"Typiquement, c'est un hôpital très récent [2012, ndlr], il a un niveau d'activité extrêmement fort, un rayonnement sur son territoire, il assume du recours, il a vraiment toutes les caractéristiques d'un bon investissement hospitalier", avait indiqué Aurélien Rousseau, le directeur général de l'ARS Île-de-France, lors d'un entretien accordé plus tôt à APMnews (cf APM CB9Q41T94).

"Il se trouve aujourd'hui que le niveau d'endettement de cet hôpital lui rend impossibles [...] des investissements qui ne sont pas, par rapport à son budget, des choses inaccessibles", a-t-il ajouté alors que la dette du CHSF s'élève à 361 M€ début 2020.

"Aujourd'hui, avec la reprise de la dette qui a été annoncée par le premier ministre (cf dépêche du 20/11/2019 à 16:26), nous allons proposer à cet hôpital de reprendre une partie de cette charge financière, ce qui va lui donner plusieurs millions d'euros de trésorerie chaque année, lui permettant de pouvoir employer du personnel là où il en manque et d'ouvrir des lits là où il y en a besoin", a insisté la ministre des solidarités et de la santé.

La reprise d'une partie de la dette de l'hôpital francilien lui permettrait notamment d'investir 2 M€ pour construire une mezzanine afin de créer une unité post-urgence adossée au service d'urgence.

Agnès Buzyn a également salué la mise place de consultations de télémédecine avec tous les hôpitaux de la région sur la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC) par l'unité neuro-vasculaire, qui effectue 30% de l'activité de télé-AVC d'Île de France, soit 900 actes par an.

"Si on reprend 30% de la dette, c'est autant de millions d'euros qui iront pour de nouveaux projets comme cela, pour recruter des gens et ouvrir des lits", a-t-elle martelé.

Un premier financement de 820.000 euros pour les investissements courants

Elle a assuré que le CHSF bénéficierait "dès cette semaine" d'un premier financement de 820.000 euros issus de l'enveloppe de 150 millions annoncée pour les investissements courants lors du plan "Investir pour l'hôpital".

"Pour la reprise de la dette, il nous faut un texte de loi qui sera voté au second semestre, normalement avant l'été", a-t-elle ajouté.

Le ministère des solidarités et de la santé avait annoncé plus tôt dans la journée qu'une mission de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale des finances (IGF) avait été lancée sur la reprise de la dette des hôpitaux (cf dépêche du 13/01/2020 à 12:41).

Lors de ses échanges avec les équipes du service de néonatalogie sur l'organisation des équipes soignantes travaillant en 12 heures et notamment de nuit, Agnès Buzyn a réaffirmé que le compte professionnel de prévention (C2P) serait étendu à la fonction publique dans le cadre de la réforme des retraites: "Dès demain, on commence à travailler sur la pénibilité dans la fonction publique hospitalière [FPH] et les secondes parties de carrière".

"Pour la pénibilité, on a tout le côté psychologique avec des prises en charge très lourdes", a fait remarquer une cadre de santé du service.

Alors que 17 chefs de services du CHSF font partie des 1.200 médecins (dont 600 chefs de service) du collectif Inter-Hôpitaux menaçant de démissionner de leurs fonctions administratives, la ministre a indiqué qu'elle n'était pas "sûre qu'ils aient bien perçu l'intérêt de la reprise de la dette".

"J'ai prévu de les recevoir dans les jours qui viennent pour leur expliquer et expliciter de nouveau les mesures mises en oeuvre pour qu'ils voient mon engagement en faveur de l'hôpital", a-t-elle ajouté.

gl/ab/APMnews

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