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12/08 2019
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CHU DE LA GUADELOUPE: LE TGI ORDONNE DE LEVER LES BARRAGES FILTRANTS, LES GRÉVISTES LES MAINTIENNENT

POINTE-A-PITRE, 12 août 2018 (APMnews) - Le tribunal de grande instance (TGI) de Pointe-à-Pitre, saisi en référé par la direction du CHU de la Guadeloupe, ordonne dans son jugement rendu vendredi soir à l’intersyndicale de lever les barrages filtrants limitant à l'accès à l'établissement, mais qui étaient toujours maintenus lundi, a-t-on appris auprès des protagonistes.

Des barrages filtrants ont été mis en place sur le site principal du CHU de la Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre, depuis le début de la grève générale lancée le 23 juillet à l'appel de l'intersyndicale, composée de l'Union des travailleurs de la santé-Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UTS-UGTG) et de la Confédération générale du travail de la Guadeloupe (CGTG)-CHU.

Sollicitée lundi par APMnews, la direction de l'établissement a fait savoir que, à la suite de sa saisine en référé pour obtenir la suppression de ces barrages, "le TGI de Pointe-à-Pitre a reconnu le CHU dans sa demande".

"Il a condamné l'intersyndicale à débloquer les entrées de l'hôpital, avec une astreinte de 1.000 euros par jour". Mais "aujourd'hui, les entrées sont toujours bloquées, on fera un constat d'huissier", a-t-elle ajouté.

La direction avait expliqué vendredi à APMnews que "l'accès principal est limité entre 7 heures du matin et 10h30. Les manifestants ont défini des quotas de personnes à laisser passer en fonction des secteurs où elles travaillent". Les agents des services administratifs et techniques sont, selon elle, les plus concernés par le barrage, à l'inverse des médecins et des soignants qui sont pour l'essentiel autorisés à pénétrer dans l'hôpital, en particulier ceux des secteurs des soins critiques comme les urgences ou le Samu.

"Le barrage filtrant est levé après 10h30 jusqu'au lendemain matin", a-t-elle poursuivi. D'une manière générale, l'hôpital fonctionne tout de même "plus ou moins normalement", selon la direction. Il est possible d'accéder depuis la semaine dernière au CHU par un autre d'accès (auparavant bloqué par les manifestants), à l'endroit de l'ancien hôpital Ricou, mais "il est situé à environ 1km du site principal et n'est pas prévu pour cela".

Le pôle logistique du CHU, situé à quelques kilomètres du site principal aux Abymes, est lui aussi en partie bloqué. Le fonctionnement de la blanchisserie est entièrement entravé, seuls les repas sont autorisés à passer, a fait savoir la direction. "Pour pallier cela, l'hôpital est obligé de commander des vêtements à usage unique, sachant que le site produit normalement 2,5 tonnes de linge par jour."

Les négociations toujours suspendues

Pour l'heure, les négociations avec les organisations syndicales, arrêtées depuis le lundi 5 août, à l'initiative de ces dernières qui ont protesté contre l'assignation en référé devant le TGI, "n'ont pas repris", a-t-elle précisé. "La direction générale du CHUG garde les portes ouvertes et est prête à négocier à tout moment."

Dans un communiqué diffusé lundi, l'intersyndicale annonce sa volonté de persister à "exiger, à dire que l’exigence de matériels, d’équipements et d’effectifs soignants pour exécuter nos obligations de soignants n’est pas négociable…".

Elle dénonce aussi l'inadaptation des lieux de soins, en particulier aux urgences et en gynécologie-obstétrique, après l'incendie de 2017 qui a détruit une partie de l'hôpital et a nécessité la délocalisation de certaines activités (cf dépêche du 21/06/2019 à 14:08).

"Notre contestation a pu transformer un prêt de 20 millions d’euros en dotation, et permis la commande de plusieurs centaines de milliers d’euros d’équipements et le paiement de petits fournisseurs", a-t-elle relevé lundi.

L'agence régionale de santé (ARS) Guadeloupe a annoncé mardi 6 août que l'attribution de la ligne de trésorerie de secours de 20 M€ "ne fera pas l'objet d'un remboursement de la part de l'établissement", rappelle-t-on. De plus, les remboursements de 40 M€, obtenus auprès de l'assurance après l'incendie, seront intégralement reversés à l’apurement de la dette fournisseurs (cf dépêche du 06/08/2019 à 18:00).

"Pour le reste", "il faut attendre 2020…. 2025!", s'insurge l'intersyndicale, qui évoque notamment la "sortie du pôle parents-enfants de la polyclinique" -un nouveau pôle est attendu fin 2020 (cf dépêche du 18/07/2019 à 17:20)-, "les équipements de la cuisine et de la buanderie, des véhicules pour le Samu, des scopes", ou encore "des boîtes complètes pour les interventions chirurgicales, des brancards, un ascenseur disponible, la titularisation des contractuels, un planning de travail équilibré, etc.)".

"Nous sommes toujours devant l'hôpital, nous maintenons notre piquet de grève", a confirmé lundi à APMnews Gaby Clavier, le secrétaire de section UTS-UGTG-CHU. "Arguer que l'obstacle devant l'hôpital pourrait pénaliser la qualité des soins est quand même un peu fort. Jamais nous n'allons mettre un bémol quelconque à notre mouvement de grève [sans accord] permettant la qualité et la continuité des soins, ce ne sont pas les décisions de justice qui nous feront reculer".

Pour l'heure, "nous ne changeons rien à notre dispositif [...] les malades, le personnel peuvent rentrer, mais on organise le service minimum depuis l'entrée" de l'établissement.

Une manifestation dans les rues de Pointe-à-Pitre en soutien au personnel gréviste du CHU a été organisée jeudi à l'appel de l'intersyndicale, après celle du 1er août. Près de 6.000 personnes selon les syndicats, et 2.500 selon la préfecture, ont défilé dans la ville, a rapporté le journal France-Antilles. Une nouvelle mobilisation générale est organisée mardi matin devant le CHU.

Soutien en Martinique

Dans un communiqué du samedi 3 août, l'association Sauvez la santé en Martinique (ASSM) s'est déclarée "totalement solidaire du mouvement de revendication des professionnels du CHU de Guadeloupe" et s'associe "à eux pour exiger des moyens conséquents pour les hôpitaux des Antilles et de la Guyane".

Le collectif Chum Douvan Douvan, qui réunit des médecins et des syndicats du CHU de la Martinique, et qui est partie prenante de l'ASSM, a dans un communiqué exprimé lundi "sa solidarité avec la mobilisation de la Guadeloupe prévue demain et appelle le personnel du Chum à se regrouper pour un temps de parole dans le hall de l'hôpital Pierre-Zobda Quitmann", à Fort-de-France, mardi matin.

syl/mlb/ab/APMnews

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