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29/07 2021
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COVID-19: EN OUTRE-MER, LA SITUATION EST "DRAMATIQUE" (JEAN CASTEX)

PARIS, 29 juillet 2021 (APMnews) - Le premier ministre, Jean Castex, a alerté jeudi sur la situation "dramatique" des territoires d'outre-mer face à la 4e vague de l'épidémie de Covid, tandis que les autorités martiniquaises et guadeloupéennes ont annoncé de nouvelles mesures de restriction pour freiner l'explosion du nombre de cas.

"Nous avons déclaré l'état d’urgence [sanitaire] dans un certain nombre de territoires d’outre-mer où la situation est, je vous le dis, dramatique", a souligné jeudi Jean Castex lors d'un discours à la mairie d'Agen, à l'occasion d'un déplacement dans la ville.

Le premier ministre a présenté mercredi lors du conseil des ministres un décret instaurant jusqu'au 30 septembre l'état d'urgence sanitaire à la Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, qui rejoignent ainsi la Guyane, la Martinique et La Réunion, rappelle-t-on (cf dépêche du 28/07/2021 à 16:51).

Jean Castex a déploré une forte réticence à la vaccination dans ces territoires d'outre-mer, constatant que "le système sanitaire est en conséquence extrêmement impacté". Et de renchérir: "Il y a vraiment une différence nette, visible [...] entre les populations qui se vaccinent et celles qui ne se vaccinent pas".

"La situation de la Martinique continue de s'aggraver", a pointé Olivier Coudin, directeur général adjoint de l'agence régionale de santé (ARS) Martinique lors d'une conférence de presse mercredi, retransmise sur le site de la chaîne Martinique La 1ère.

Cette situation se traduit par "une très forte augmentation du nombre de cas hebdomadaires la semaine dernière". Le directeur général adjoint de l'ARS a rapporté 3.537 cas de Covid "constatés sur la semaine dernière", avec une tendance qui "malheureusement se confirme, puisque sur les deux premiers jours de la semaine [en cours], nous sommes déjà à 1.100 cas".

"L'épidémie flambe en Martinique", a-t-il insisté. "Il y a deux semaines, nous étions sur un taux d'incidence de 280 pour 100.000 habitants, nous sommes désormais à 995/100.000, un taux de positivité à 16,4% et une situation hospitalière qui s'est très fortement dégradée ces derniers jours".

Par ailleurs, "26 clusters sont en cours d'investigation", ce qui représente "près de 400 personnes suivies" et atteste d'une "diffusion massive sur l'ensemble du territoire".

Un "module militaire de réanimation" attendu au CHU de Martinique

Le CHU, qui a ré-enclenché le plan blanc le 12 juillet (dépêche du 12/07/2021 à 19:16), "est aujourd'hui dans une situation de saturation", a déclaré Olivier Coudin. "La bascule dans cette situation de saturation s'est réalisée vendredi soir, caractérisée par un fort afflux de patients aux urgences", qui s'est ensuite confirmé les jours suivants.

Pour fluidifier les prises en charge, le CHU a mis en place "deux lignes distinctes aux urgences", dont une consacrée au Covid. Il s'est en outre organisé "pour pouvoir procéder à l'ouverture de plusieurs unités de médecine Covid", portant "la capacité d'hospitalisation en médecine de 11 lits à 142 lits", dont "128 sont occupés actuellement [chiffres de mardi soir] par des patients martiniquais souffrant de Covid".

Cette dégradation s'observe aussi en réanimation, "en particulier au service de réanimation Covid, puisque nous sommes passés de 16 à 27 lits", aujourd'hui tous occupés.

Olivier Coudin a précisé que "64 patients ont été transférés vers d'autres établissements" de santé martiniquais "pour permettre au CHU de continuer à accueillir des patients Covid", saluant la mobilisation des personnels et du système de santé du territoire. Il a évoqué le renfort de professionnels du secteur libéral, ainsi que de "médecins militaires qui sont venus aider au CHU pendant le week-end dernier".

"Nous utiliserons d'autres moyens, nous aurons bientôt l'arrivée d'un module militaire de réanimation pour soutenir les équipes du CHU et nous avons depuis 2 semaines des équipes de la réserve sanitaire", soit 34 professionnels médicaux et paramédicaux, a ajouté Olivier Coudin.

L'AP-HP prête à apporter son soutien (Martin Hirsch)

Interrogé jeudi matin sur RTL, Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), a évoqué de prochaines évacuations sanitaires de patients depuis la Martinique vers la métropole. "Je pense que c'est en train de se préparer, pour que l'on puisse très rapidement en accueillir quelques-uns", a-t-il indiqué, soulignant que s'organisait aussi une "solidarité avec nos équipes".

Il y a "dans les hôpitaux d'Ile-de-France un certain nombre de collègues d'origine martiniquaise, dont certains ont eu leurs congés et sont sur place. On va leur proposer de prendre quelques jours de volontariat" au CHU, a-t-il poursuivi.

"Chacun sait désormais la tristesse de la situation en Martinique, le rebond magistral dont nous souffrons, l'explosion de l'hôpital, les hésitations persistantes de la population face au vaccin", a souligné Stanislas Cazelles, préfet de Martinique, en ouverture de la conférence de presse.

La 4e vague de l'épidémie de Covid "dépasse largement" les deux pics d'octobre 2020 et d'avril 2021 "malgré les mesures prises", a-t-il ensuite relevé.

Le préfet a annoncé un nouveau confinement "mis en place à compter de ce week-end et pour 3 semaines, avec une clause de revoyure mi-août". Il s'appliquera de 5h à 19h (à partir de vendredi soir), avec une restriction des déplacements au-delà de 10 km autour du domicile, une attestation étant nécessaire au-delà de ce périmètre. Le couvre-feu est "ramené à 19h avec des conditions de circulation plus strictes".

"Compte tenu de la bonne application du port du masque dans les espaces clos et collectifs", les commerces pourront rester ouverts, ainsi que "la plupart des activités culturelles", dans la mesure "où elles sont avec un masque", a précisé le préfet. Les activités sans masque, notamment les restaurants, "ne pourront pas continuer leur activité".

Stanislas Cazelle a précisé que le confinement "a permis de baisser de façon importante les taux de contamination, de 75% lors du dernier confinement, de 45% en moyenne sur les trois confinements" précédents.

Il a également appelé la population martiniquaise à lever ses réticences concernant la vaccination contre le Covid. Parmi les personnes hospitalisés, "quatre [ont] un schéma vaccinal complet, aucune n'est en réanimation", et "les quatre ont de lourdes comorbidités", a-t-il fait valoir.

"Il y a donc 2% des personnes hospitalisées qui sont vaccinées alors que 22% de la population est vaccinée" en Martinique.

Le CHU de Guadeloupe a fait appel à la réserve sanitaire

Interrogé jeudi matin sur France Info, le préfet de Guadeloupe, Alexandre Rochatte, a alerté sur la "violence et la brutalité" du pic épidémique à venir.

Bien que l'effet sur les hôpitaux soit encore "mesuré", le CHU a déclenché une nouvelle fois le plan blanc lundi et a augmenté de 8 son nombre de lits de réanimation "sur des ressources humaines actuelles de l'hôpital", a-t-il souligné.

L'appui de la réserve sanitaire a été demandé en Guadeloupe, mais la situation encore plus préoccupante en Guyane et en Martinique la rend moins facilement mobilisable. L'archipel compte donc "sur un début de renforcement à compter du 2 août".

Dans une interview diffusée dans France Antilles mercredi, Gérard Cotellon, directeur général du CHU de Guadeloupe, a confirmé que "le directeur général de l'AP-HP a donné son feu vert pour que les agents en congés bonifiés puissent venir, s'ils le veulent, renforcer nos équipes hospitalières". Il a précisé que le CHU envisageait de recruter une trentaine d'infirmiers et avait fait appel à la réserve sanitaire.

Le préfet a expliqué la situation épidémique n'était pas due à l'arrivée de personnes, "extérieures" à l'île, qui étaient positives au coronavirus, mais était liée à un "relâchement évident" des gestes barrières au sein de la population guadeloupéenne et à une augmentation des rassemblements festifs.

Il a annoncé de nouvelles mesures de freinage, dont l'instauration du couvre-feu de 21 heures à 5 heures à partir de vendredi.

Parmi les Guadeloupéens, 17% ont un schéma vaccinal complet et 27% ont eu une première injection, a précisé le préfet.

mlb-san-jyp/ab/APMnews

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COVID-19: EN OUTRE-MER, LA SITUATION EST "DRAMATIQUE" (JEAN CASTEX)

PARIS, 29 juillet 2021 (APMnews) - Le premier ministre, Jean Castex, a alerté jeudi sur la situation "dramatique" des territoires d'outre-mer face à la 4e vague de l'épidémie de Covid, tandis que les autorités martiniquaises et guadeloupéennes ont annoncé de nouvelles mesures de restriction pour freiner l'explosion du nombre de cas.

"Nous avons déclaré l'état d’urgence [sanitaire] dans un certain nombre de territoires d’outre-mer où la situation est, je vous le dis, dramatique", a souligné jeudi Jean Castex lors d'un discours à la mairie d'Agen, à l'occasion d'un déplacement dans la ville.

Le premier ministre a présenté mercredi lors du conseil des ministres un décret instaurant jusqu'au 30 septembre l'état d'urgence sanitaire à la Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, qui rejoignent ainsi la Guyane, la Martinique et La Réunion, rappelle-t-on (cf dépêche du 28/07/2021 à 16:51).

Jean Castex a déploré une forte réticence à la vaccination dans ces territoires d'outre-mer, constatant que "le système sanitaire est en conséquence extrêmement impacté". Et de renchérir: "Il y a vraiment une différence nette, visible [...] entre les populations qui se vaccinent et celles qui ne se vaccinent pas".

"La situation de la Martinique continue de s'aggraver", a pointé Olivier Coudin, directeur général adjoint de l'agence régionale de santé (ARS) Martinique lors d'une conférence de presse mercredi, retransmise sur le site de la chaîne Martinique La 1ère.

Cette situation se traduit par "une très forte augmentation du nombre de cas hebdomadaires la semaine dernière". Le directeur général adjoint de l'ARS a rapporté 3.537 cas de Covid "constatés sur la semaine dernière", avec une tendance qui "malheureusement se confirme, puisque sur les deux premiers jours de la semaine [en cours], nous sommes déjà à 1.100 cas".

"L'épidémie flambe en Martinique", a-t-il insisté. "Il y a deux semaines, nous étions sur un taux d'incidence de 280 pour 100.000 habitants, nous sommes désormais à 995/100.000, un taux de positivité à 16,4% et une situation hospitalière qui s'est très fortement dégradée ces derniers jours".

Par ailleurs, "26 clusters sont en cours d'investigation", ce qui représente "près de 400 personnes suivies" et atteste d'une "diffusion massive sur l'ensemble du territoire".

Un "module militaire de réanimation" attendu au CHU de Martinique

Le CHU, qui a ré-enclenché le plan blanc le 12 juillet (dépêche du 12/07/2021 à 19:16), "est aujourd'hui dans une situation de saturation", a déclaré Olivier Coudin. "La bascule dans cette situation de saturation s'est réalisée vendredi soir, caractérisée par un fort afflux de patients aux urgences", qui s'est ensuite confirmé les jours suivants.

Pour fluidifier les prises en charge, le CHU a mis en place "deux lignes distinctes aux urgences", dont une consacrée au Covid. Il s'est en outre organisé "pour pouvoir procéder à l'ouverture de plusieurs unités de médecine Covid", portant "la capacité d'hospitalisation en médecine de 11 lits à 142 lits", dont "128 sont occupés actuellement [chiffres de mardi soir] par des patients martiniquais souffrant de Covid".

Cette dégradation s'observe aussi en réanimation, "en particulier au service de réanimation Covid, puisque nous sommes passés de 16 à 27 lits", aujourd'hui tous occupés.

Olivier Coudin a précisé que "64 patients ont été transférés vers d'autres établissements" de santé martiniquais "pour permettre au CHU de continuer à accueillir des patients Covid", saluant la mobilisation des personnels et du système de santé du territoire. Il a évoqué le renfort de professionnels du secteur libéral, ainsi que de "médecins militaires qui sont venus aider au CHU pendant le week-end dernier".

"Nous utiliserons d'autres moyens, nous aurons bientôt l'arrivée d'un module militaire de réanimation pour soutenir les équipes du CHU et nous avons depuis 2 semaines des équipes de la réserve sanitaire", soit 34 professionnels médicaux et paramédicaux, a ajouté Olivier Coudin.

L'AP-HP prête à apporter son soutien (Martin Hirsch)

Interrogé jeudi matin sur RTL, Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), a évoqué de prochaines évacuations sanitaires de patients depuis la Martinique vers la métropole. "Je pense que c'est en train de se préparer, pour que l'on puisse très rapidement en accueillir quelques-uns", a-t-il indiqué, soulignant que s'organisait aussi une "solidarité avec nos équipes".

Il y a "dans les hôpitaux d'Ile-de-France un certain nombre de collègues d'origine martiniquaise, dont certains ont eu leurs congés et sont sur place. On va leur proposer de prendre quelques jours de volontariat" au CHU, a-t-il poursuivi.

"Chacun sait désormais la tristesse de la situation en Martinique, le rebond magistral dont nous souffrons, l'explosion de l'hôpital, les hésitations persistantes de la population face au vaccin", a souligné Stanislas Cazelles, préfet de Martinique, en ouverture de la conférence de presse.

La 4e vague de l'épidémie de Covid "dépasse largement" les deux pics d'octobre 2020 et d'avril 2021 "malgré les mesures prises", a-t-il ensuite relevé.

Le préfet a annoncé un nouveau confinement "mis en place à compter de ce week-end et pour 3 semaines, avec une clause de revoyure mi-août". Il s'appliquera de 5h à 19h (à partir de vendredi soir), avec une restriction des déplacements au-delà de 10 km autour du domicile, une attestation étant nécessaire au-delà de ce périmètre. Le couvre-feu est "ramené à 19h avec des conditions de circulation plus strictes".

"Compte tenu de la bonne application du port du masque dans les espaces clos et collectifs", les commerces pourront rester ouverts, ainsi que "la plupart des activités culturelles", dans la mesure "où elles sont avec un masque", a précisé le préfet. Les activités sans masque, notamment les restaurants, "ne pourront pas continuer leur activité".

Stanislas Cazelle a précisé que le confinement "a permis de baisser de façon importante les taux de contamination, de 75% lors du dernier confinement, de 45% en moyenne sur les trois confinements" précédents.

Il a également appelé la population martiniquaise à lever ses réticences concernant la vaccination contre le Covid. Parmi les personnes hospitalisés, "quatre [ont] un schéma vaccinal complet, aucune n'est en réanimation", et "les quatre ont de lourdes comorbidités", a-t-il fait valoir.

"Il y a donc 2% des personnes hospitalisées qui sont vaccinées alors que 22% de la population est vaccinée" en Martinique.

Le CHU de Guadeloupe a fait appel à la réserve sanitaire

Interrogé jeudi matin sur France Info, le préfet de Guadeloupe, Alexandre Rochatte, a alerté sur la "violence et la brutalité" du pic épidémique à venir.

Bien que l'effet sur les hôpitaux soit encore "mesuré", le CHU a déclenché une nouvelle fois le plan blanc lundi et a augmenté de 8 son nombre de lits de réanimation "sur des ressources humaines actuelles de l'hôpital", a-t-il souligné.

L'appui de la réserve sanitaire a été demandé en Guadeloupe, mais la situation encore plus préoccupante en Guyane et en Martinique la rend moins facilement mobilisable. L'archipel compte donc "sur un début de renforcement à compter du 2 août".

Dans une interview diffusée dans France Antilles mercredi, Gérard Cotellon, directeur général du CHU de Guadeloupe, a confirmé que "le directeur général de l'AP-HP a donné son feu vert pour que les agents en congés bonifiés puissent venir, s'ils le veulent, renforcer nos équipes hospitalières". Il a précisé que le CHU envisageait de recruter une trentaine d'infirmiers et avait fait appel à la réserve sanitaire.

Le préfet a expliqué la situation épidémique n'était pas due à l'arrivée de personnes, "extérieures" à l'île, qui étaient positives au coronavirus, mais était liée à un "relâchement évident" des gestes barrières au sein de la population guadeloupéenne et à une augmentation des rassemblements festifs.

Il a annoncé de nouvelles mesures de freinage, dont l'instauration du couvre-feu de 21 heures à 5 heures à partir de vendredi.

Parmi les Guadeloupéens, 17% ont un schéma vaccinal complet et 27% ont eu une première injection, a précisé le préfet.

mlb-san-jyp/ab/APMnews

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