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02/12 2019
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DÉPISTAGE DU CANCER DU SEIN: DE NOMBREUSES QUESTIONS ENCORE EN SUSPENS SUR LA PLACE DE LA TOMOSYNTHÈSE (HAS)

SAINT-DENIS (Seine-Saint-Denis), 2 décembre 2019 (APMnews) - De nombreuses questions restent en suspens et doivent faire l'objet d'une analyse avant que l'on envisage d'intégrer la tomosynthèse au dépistage organisé du cancer du sein, estime la Haute autorité de santé (HAS), en conclusion du premier volet d'un travail d'évaluation de cette technique.

La tomosynthèse permet d'obtenir un cliché numérique reconstitué en trois dimensions à partir d'images du sein obtenues sous différentes coupes. "Cette technique est indûment présentée parfois sous le nom de 'mammographie 3D', mais en réalité, l'appareil ne tourne que de façon limitée autour du sein et l'image totale de celui-ci est reconstruite grâce à un algorithme mathématique à partir des projections obtenues", note la HAS.

Il y a environ 500 machines installées en France. Et bien que la tomosynthèse ne soit pas recommandée dans le dépistage organisé du cancer du sein, en pratique, quand le centre en est équipé, elle est fréquemment utilisée, parfois sans que les patientes en soient informées, comme l'ont montré des résultats présentés au dernier congrès de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM) à Marseille en novembre (cf dépêche du 08/11/2019 à 11:16).

Devant cette évolution rapide, la HAS a été saisie en mars 2017 par l’Institut national du cancer (Inca). Elle conduit une l’évaluation en deux volets: le premier volet dont les conclusions sont rendues publiques a consisté à faire un état des lieux et une synthèse des données acquises et manquantes; dans le deuxième volet, la HAS devra se prononcer sur la place de la tomosynthèse dans le dépistage organisé.

En analysant les méta-analyses ainsi que des études publiées plus récemment, sur la performance comparative de la mammographie par tomosynthèse en association à la mammographie face à la mammographie seule, la HAS conclut qu'il y a bien une augmentation du taux de détection des cancers du sein invasifs et in situ.

Ces travaux "concernent quasi exclusivement les dispositifs d’un seul fabricant, ce qui ne permet pas d’extrapoler les résultats à d’autres dispositifs". Il y a donc une nécessité d'analyser séparément les performances de chaque appareil, notamment de se pencher sur "l’impact des choix techniques sur la qualité de l’image et la dose d’exposition".

Les études et méta-analyses ont aussi donné des résultats variables en ce qui concerne le taux de rappel.

La question de l'augmentation de la dose d'exposition aux rayons X est aussi posée.

La HAS souligne que ces travaux "ne peuvent être transposés en totalité au dépistage organisé français étant donné les différences de mise en oeuvre des programmes de dépistage". Il existe des différences entre les populations cibles des études et celle du dépistage organisé français; celui-ci a la particularité de bénéficier d'une double lecture; le rythme du dépistage n'est pas le même.

Elle note qu'actuellement aucun pays ne recommande d’utiliser la mammographie par tomosynthèse seule ou en association avec la mammographie en routine dans le cadre d’un programme de dépistage organisé (hormis des programmes locaux de dépistage aux Etats-Unis).

In fine, "bien que la mammographie par tomosynthèse soit présentée comme une avancée technologique qui pourrait permettre d’améliorer la détection des cancers du sein", et tout en reconnaissant "des éléments positifs quant à la performance de cette technologie", la HAS estime qu'il reste des "questions en suspens".

Notamment, "est-ce que la mammographie par tomosynthèse aurait une performance intrinsèque et clinique, ainsi qu’une efficience supérieure ou égale au dépistage organisé tel qu’il est mis en oeuvre en 2019 en France ? [...] Quelle pourrait être sa place dans le système actuel ? Cela permettrait-il d’améliorer le dépistage, concernant "le surdiagnostic et le surtraitement" ? Quel serait l’impact de l’intégration de la tomosynthèse sur l'organisation, le coût, et la sécurité du dépistage ?

Dans le 2e volet de son travail, la HAS va donc en particulier "évaluer la pertinence et l’efficience" d’intégrer la tomosynthèse dans le dépistage organisé et identifier les problèmes organisationnels potentiels.

Revue critique de la littérature sur la performance de la mammographie par tomosynthèse dans le dépistage organisé du cancer du sein; HAS, novembre 2019

fb/ab/APMnews

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