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29/06 2020
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DES MÉDECINS PRÔNENT UNE SANCTUARISATION DE LA CHIRURGIE EN CAS DE NOUVELLE ÉPIDÉMIE

PARIS, 29 juin 2020 (APMnews) - Plusieurs acteurs de la chirurgie en Île-de-France ont appelé à sanctuariser la chirurgie, notamment celle réalisée en ambulatoire, en prévention d'une éventuelle nouvelle épidémie, lors d'un webinaire de l'observatoire régional de chirurgie ambulatoire (Orca), début juin.

Ce webinaire de l'Orca a été tenu le 9 juin, en remplacement du séminaire annuel de l'organisation prévu initialement pour le 2 juin.

"On a une obligation pour écrire ensemble un plan de sanctuarisation de la chirurgie en cas d'épidémie. Il y a un plan de catastrophe, en cas d'afflux des victimes", mais "on n'avait pas envisagé de plan en cas d'épidémie", a analysé le Pr Henri-Jean Philippe, gynécologue-obstétricien à l'hôpital Cochin (Paris, AP-HP) et coordinateur médical de l'Orca,

Selon lui, "on s'aperçoit aujourd'hui que c'est peut-être dommage d'avoir arrêté toute la chirurgie sous anesthésie locale, [...] d'avoir arrêté une partie de la chirurgie ambulatoire et une partie de la chirurgie qui se fait sous [anesthésie] locorégionale".

Le Dr François Venutolo, président de la commission médicale d'établissement (CME) du CH de Gonesse et anesthésiste, s'est interrogé sur l'intérêt éventuel d'arrêter la chirurgie ambulatoire en même temps que la chirurgie en hospitalisation conventionnelle en cas de deuxième vague de Covid-19. "La doctrine ARS Île-de-France a été 'vous arrêtez toutes les chirurgies. [...] Avec les retours d'expérience qu'on peut avoir par rapport à ce qui s'est passé, est-ce qu'on ne peut pas se dire que finalement, on peut avoir un décalage dans le temps, surtout s'il y avait une deuxième vague qui ne serait sûrement pas équivalente [...] à la première ? Est-ce qu'il faudrait arrêter cette chirurgie ambulatoire ?"

32.000 patients en attente d'une intervention à l'AP-HP début juin

A la lumière de cette crise, "il faut sûrement revoir la manière de faire fonctionner le plan blanc, notamment vis-à-vis de la chirurgie. [...] On voit la difficulté qu'on a pour reprendre le fonctionnement de la chirurgie", a ajouté le Pr François Richard, chirurgien urologue à l'AP-HP.

Il a indiqué que fin mai, l'activité en chirurgie à l'AP-HP représentait environ 60% de l'activité habituelle. Au total, 32.000 malades déprogrammés étaient en attente d’une intervention début juin, s'ajoutant "à ceux [...] qui sont déjà programmés ou vont l’être". Selon le praticien, "on a [...] presque doublé le nombre malades à opérer par rapport à 2019", avec des patients qui "nécessitent de ne pas laisser traîner trop compte tenu de leur pathologie". Au plus fort de la crise, en avril, "près de 90% de l'activité en ambulatoire" a été stoppée par rapport à l'activité normale, a-t-il précisé.

Il a ajouté que le temps non utilisé est de "une à deux heures par jour" dans les blocs opératoires, ce qui est "insuffisant pour effectuer un rattrapage de ce nombre de malades. Selon lui, "l'utilisation des chirurgies ambulatoires est un des moyens de corriger cela. Je pense qu'il faut se poser la question de la sanctuarisation en cas de problème épidémique ou autre d'une partie de la chirurgie et notamment de la chirurgie ambulatoire" qui permet "des temps de réaction beaucoup plus rapides".

Le Pr François Richard a mentionné comme prérequis pour le recours à l'ambulatoire en période de crise de revoir les organisations, calibrer les volumes (nombre de places, de salles et de vacations), les horaires et les personnels non médicaux, mais également l'accueil et le rythme des flux, les mesures barrières et de prévention, la protection du personnel, ou encore de recourir à la téléconsultation.

Le Dr. Jean-Félix Verrier, chirurgien cardiothoracique et vasculaire et membre de la direction des bonnes pratiques et relations médicales du groupe Ramsay Santé, qui a évoqué l'engagement des établissements privés pendant la crise, a abondé: "L'intégration de l'activité ambulatoire dans le plan blanc est [...] un point à développer" et ainsi que celle "des technologies d'information et de communication".

jyp/ab/APMnews

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