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18/05 2026
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LE CHI DE CRÉTEIL RÉORGANISE SON BLOC OPÉRATOIRE AFIN D'AUGMENTER L'ACTIVITÉ

(Par Anna HUOT HERMANN)

PARIS, 18 mai 2026 (APMnews) - Le centre hospitalier intercommunal de Créteil (Chic) a mis en place une nouvelle organisation de son bloc opératoire, testée depuis janvier et opérationnelle depuis le 1ᵉʳ avril, qui a permis d'augmenter le nombre de vacations hebdomadaires de 67 à 75, ont expliqué plusieurs professionnels à l'origine du projet dans une interview à APMnews lundi.


Cette réorganisation avait déjà été évoquée par la directrice générale du groupement hospitalier de territoire (GHT) Hôpitaux Confluence, composé du Chic et du centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges (Chiv), Laurence Garo, en janvier, rappelle-t-on (cf dépêche du 27/01/2026 à 15:38).


Le Chic compte 16 salles de bloc opératoire.


Avant le lancement de la réorganisation, les équipes ont analysé l'activité et les taux d'occupation des blocs opératoires depuis 2024. "Que ce soit au niveau de l'activité programmée ou au niveau de l'activité d'urgence, on voyait que le taux d'occupation était supérieur à celui de 85%, recommandé par l'ARS [agence régionale de santé]", a expliqué la Dr Jennifer Uzan, présidente du conseil de bloc et praticienne hospitalière en chirurgie gynécologique oncologique et sénologique.


Les spécialités les plus en tension étaient la gynécologie, l'ORL et la chirurgie digestive. Venaient ensuite l'anesthésie, l'urologie et l'endoscopie interventionnelle. Cela s'explique notamment par le case-mix de l'établissement, qui consacre la moitié de son activité à la cancérologie et dispose d'une autorisation de chirurgie gynécologique oncologique complexe. Le Chic est également connu pour sa pratique de la chirurgie robotique (cf dépêche du 17/11/2022 à 17:53 et dépêche du 13/10/2022 à 14:55). "On est aussi un centre référent pour l'obésité, donc on a beaucoup de chirurgie. Au niveau ophtalmologique, notre réputation n'est plus à faire sur la chirurgie de la rétine", a complété la Dr Uzan.


Consolider les effectifs


"Force est de constater que nous étions en surchauffe. Le point bloquant était que nous avions des problèmes d'effectifs au niveau des médecins anesthésistes-réanimateurs", a-t-elle poursuivi. Un travail a été mené pour fidéliser deux étudiants faisant fonction d'internes [FFI] dans cette spécialité. Pour les effectifs paramédicaux, afin de limiter le recours à l'intérim, la stratégie a été de fidéliser neuf infirmiers anesthésistes (Iade) et huit infirmiers de bloc opératoire (Ibode) vacataires.


L'établissement a regroupé les chirurgies de spécialité consacrées aux enfants. "En ORL, par exemple, on réservait une salle en matinée pour les enfants et l'après-midi, on s'occupait de l'adulte. On perdait donc un demi-médecin anesthésiste l'après-midi qui aurait pu être sur deux salles, et qui n'était que sur une seule. L'idée était d'essayer d'augmenter l'offre de pédiatrie pour les spécialités, tout en les regroupant sur un même bloc opératoire. Désormais, on a extrait ces vacations, qui étaient un peu éparpillées dans toutes les spécialités, pour les mettre sur des vacations de spécialités réservées à la pédiatrie", a expliqué le Dr Arnaud Maréchal, chef du pôle "Acuité vision dynamique ambulatoire" (AVDA) et chef de service d'anesthésie.


Un travail a été mené au niveau des urgences adultes, qui représentaient 15% à 17% de l'activité de journée. "Cette activité transversale d'urgence adulte […] se retrouvait en fin de programme, donc avec une qualité moyenne pour les patients et pour les chirurgiens. Parfois, des chirurgies qui ne pouvaient pas attendre interrompaient les programmes, différaient des patients, voire les annulaient. Nous avons réussi, après avoir réparti toutes les activités au prorata, à obtenir trois demi-salles pour les urgences par semaine: lundi, mercredi, vendredi. Cela donne un peu de souplesse et allège les nuits", a développé la Dr Uzan.


En aval, pour fluidifier le flux de patients, les protocoles ont été simplifiés en salle de réveil et la sortie s'effectue désormais via la réalisation du score de Chung, par exemple. Pour l'ambulatoire, les protocoles ont été modifiés pour augmenter le turn-over et utiliser deux à trois fois le même siège.


Une valorisation espérée de 2,6 millions d'euros sur un an


Entre janvier et fin mars, cette nouvelle organisation a permis de réaliser huit vacations supplémentaires, par rapport à la même période en 2025. Le temps de vacation offert est passé de 448 heures à 552 heures, soit 64 heures supplémentaires par semaine.


"On a une augmentation globale de l'activité, adulte et pédiatrique, sur cette période-là de 7%", a soutenu la Dr Uzan. Sur un an, ce nouveau modèle devrait conduire à une hausse de 12,7% l'activité, soit 1.606 séjours supplémentaires. Le gain financier pourrait s'établir à 2,6 millions d'euros (M€) en un an, selon les projections.


"L'effet subjectif est que l'on a beaucoup parlé de cette réorganisation, mais désormais, c'est comme si elle avait toujours existé. Le vécu est plutôt positif", a souligné la Dr Uzan.


En matière de ressources humaines, "on n'est pas plus attractif et les gens ne viennent pas plus au Chic qu'avant, puisqu'on a les mêmes spécialités […]. Par contre, cela nous a permis de fidéliser et de stopper la fuite qu'on aurait pu avoir vers l'extérieur. Je ne sais pas s'il y a une relation de cause à effet, mais autant, l'année dernière, nous avions une fuite d'infirmiers anesthésistes, puisque c'est quand même plus attractif ailleurs et dans le secteur privé, autant, depuis le début de l'année, nous n'en avons pas eu", a noté Isabelle Duhem, cadre supérieure de santé et cadre paramédicale du pôle AVDA.


Dans les chantiers encore en cours, un audit logistique est mené pour améliorer les flux de matériel.


ah/lb/APMnews

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(Par Anna HUOT HERMANN)

PARIS, 18 mai 2026 (APMnews) - Le centre hospitalier intercommunal de Créteil (Chic) a mis en place une nouvelle organisation de son bloc opératoire, testée depuis janvier et opérationnelle depuis le 1ᵉʳ avril, qui a permis d'augmenter le nombre de vacations hebdomadaires de 67 à 75, ont expliqué plusieurs professionnels à l'origine du projet dans une interview à APMnews lundi.


Cette réorganisation avait déjà été évoquée par la directrice générale du groupement hospitalier de territoire (GHT) Hôpitaux Confluence, composé du Chic et du centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges (Chiv), Laurence Garo, en janvier, rappelle-t-on (cf dépêche du 27/01/2026 à 15:38).


Le Chic compte 16 salles de bloc opératoire.


Avant le lancement de la réorganisation, les équipes ont analysé l'activité et les taux d'occupation des blocs opératoires depuis 2024. "Que ce soit au niveau de l'activité programmée ou au niveau de l'activité d'urgence, on voyait que le taux d'occupation était supérieur à celui de 85%, recommandé par l'ARS [agence régionale de santé]", a expliqué la Dr Jennifer Uzan, présidente du conseil de bloc et praticienne hospitalière en chirurgie gynécologique oncologique et sénologique.


Les spécialités les plus en tension étaient la gynécologie, l'ORL et la chirurgie digestive. Venaient ensuite l'anesthésie, l'urologie et l'endoscopie interventionnelle. Cela s'explique notamment par le case-mix de l'établissement, qui consacre la moitié de son activité à la cancérologie et dispose d'une autorisation de chirurgie gynécologique oncologique complexe. Le Chic est également connu pour sa pratique de la chirurgie robotique (cf dépêche du 17/11/2022 à 17:53 et dépêche du 13/10/2022 à 14:55). "On est aussi un centre référent pour l'obésité, donc on a beaucoup de chirurgie. Au niveau ophtalmologique, notre réputation n'est plus à faire sur la chirurgie de la rétine", a complété la Dr Uzan.


Consolider les effectifs


"Force est de constater que nous étions en surchauffe. Le point bloquant était que nous avions des problèmes d'effectifs au niveau des médecins anesthésistes-réanimateurs", a-t-elle poursuivi. Un travail a été mené pour fidéliser deux étudiants faisant fonction d'internes [FFI] dans cette spécialité. Pour les effectifs paramédicaux, afin de limiter le recours à l'intérim, la stratégie a été de fidéliser neuf infirmiers anesthésistes (Iade) et huit infirmiers de bloc opératoire (Ibode) vacataires.


L'établissement a regroupé les chirurgies de spécialité consacrées aux enfants. "En ORL, par exemple, on réservait une salle en matinée pour les enfants et l'après-midi, on s'occupait de l'adulte. On perdait donc un demi-médecin anesthésiste l'après-midi qui aurait pu être sur deux salles, et qui n'était que sur une seule. L'idée était d'essayer d'augmenter l'offre de pédiatrie pour les spécialités, tout en les regroupant sur un même bloc opératoire. Désormais, on a extrait ces vacations, qui étaient un peu éparpillées dans toutes les spécialités, pour les mettre sur des vacations de spécialités réservées à la pédiatrie", a expliqué le Dr Arnaud Maréchal, chef du pôle "Acuité vision dynamique ambulatoire" (AVDA) et chef de service d'anesthésie.


Un travail a été mené au niveau des urgences adultes, qui représentaient 15% à 17% de l'activité de journée. "Cette activité transversale d'urgence adulte […] se retrouvait en fin de programme, donc avec une qualité moyenne pour les patients et pour les chirurgiens. Parfois, des chirurgies qui ne pouvaient pas attendre interrompaient les programmes, différaient des patients, voire les annulaient. Nous avons réussi, après avoir réparti toutes les activités au prorata, à obtenir trois demi-salles pour les urgences par semaine: lundi, mercredi, vendredi. Cela donne un peu de souplesse et allège les nuits", a développé la Dr Uzan.


En aval, pour fluidifier le flux de patients, les protocoles ont été simplifiés en salle de réveil et la sortie s'effectue désormais via la réalisation du score de Chung, par exemple. Pour l'ambulatoire, les protocoles ont été modifiés pour augmenter le turn-over et utiliser deux à trois fois le même siège.


Une valorisation espérée de 2,6 millions d'euros sur un an


Entre janvier et fin mars, cette nouvelle organisation a permis de réaliser huit vacations supplémentaires, par rapport à la même période en 2025. Le temps de vacation offert est passé de 448 heures à 552 heures, soit 64 heures supplémentaires par semaine.


"On a une augmentation globale de l'activité, adulte et pédiatrique, sur cette période-là de 7%", a soutenu la Dr Uzan. Sur un an, ce nouveau modèle devrait conduire à une hausse de 12,7% l'activité, soit 1.606 séjours supplémentaires. Le gain financier pourrait s'établir à 2,6 millions d'euros (M€) en un an, selon les projections.


"L'effet subjectif est que l'on a beaucoup parlé de cette réorganisation, mais désormais, c'est comme si elle avait toujours existé. Le vécu est plutôt positif", a souligné la Dr Uzan.


En matière de ressources humaines, "on n'est pas plus attractif et les gens ne viennent pas plus au Chic qu'avant, puisqu'on a les mêmes spécialités […]. Par contre, cela nous a permis de fidéliser et de stopper la fuite qu'on aurait pu avoir vers l'extérieur. Je ne sais pas s'il y a une relation de cause à effet, mais autant, l'année dernière, nous avions une fuite d'infirmiers anesthésistes, puisque c'est quand même plus attractif ailleurs et dans le secteur privé, autant, depuis le début de l'année, nous n'en avons pas eu", a noté Isabelle Duhem, cadre supérieure de santé et cadre paramédicale du pôle AVDA.


Dans les chantiers encore en cours, un audit logistique est mené pour améliorer les flux de matériel.


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