Actualités de l'Urgence - APM

11/09 2019
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PLUSIEURS CENTAINES DE PERSONNELS DES SECTEURS SANITAIRE ET MÉDICO-SOCIAL ONT MANIFESTÉ À PARIS

PARIS, 11 septembre 2019 (APMnews) - Plusieurs centaines de personnels des secteurs sanitaire, social et médico-social ont manifesté mercredi à Paris, à l'appel de la fédération santé et action sociale de la CGT, pour obtenir davantage de moyens et des revalorisations salariales, a constaté APMnews.

Les manifestants sont partis mercredi vers 14h de la place d'Italie en direction du ministère des solidarités et de la santé.

Dinan (Bretagne), Vichy (Auvergne-Rhône-Alpes), Angoulême (Nouvelle Aquitaine), Lille, Toulon, Paris, Metz... Les professionnels sont venus de plusieurs régions, exerçant à l'hôpital, dans des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), non lucratifs ou lucratifs, des établissements et services pour personnes handicapées, ou encore dans le secteur de la santé mentale.

(Photo Maryannick Le Bris)

Des personnalités, telles la députée Caroline Fiat (Meurthe-et-Moselle, France insoumise) et la sénatrice Laurence Cohen (Val-de-Marne, Groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste), sont venues apporter leur soutien.

La mobilisation lancée à l'appel de la CGT santé et action sociale, à Paris et en régions, est intervenue deux jours après la présentation, lundi par la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, d'un "pacte de refondation des urgences" (cf dépêche du 09/09/2019 à 17:13).

Dans un communiqué de mardi, la fédération a exprimé son insatisfaction face aux mesures annoncées, à l'instar du collectif Inter-Urgences et de Force ouvrière (FO). D'autres organisations ont affiché leurs inquiétudes (cf dépêche du 11/09/2019 à 09:53, dépêche du 11/09/2019 à 16:47, dépêche du 11/09/2019 à 15:32 et dépêche du 11/09/2019 à 18:49).

La CGT réclame un renforcement des effectifs, "la reconnaissance des qualifications et de la pénibilité pour tous les personnels des établissements de santé et d'action sociale" par des revalorisations salariales et un moratoire sur les fermetures d’établissements et de lits.

Plusieurs prises de parole se sont succédé avant le départ du cortège. "J'ai 30 ans de service et j'adore mon métier", a déclaré une aide-soignante d'un Ehpad du Nord de la France. "On est trois aides-soignants pour 40 résidents, le soir deux pour 40. On travaille à la chaîne, le relationnel, n'en parlons même pas..."

(photo Maryannick Le Bris)

Les urgences de l'hôpital de Grasse (Alpes-Maritimes) "sont en grève depuis deux mois", a témoigné une représentante du service. "Le nombre de passages aux urgences est passé de 24.000 à 48.000 en quelques années, sans augmentation de personnel, il y a entre 4h et 6h d'attente tous les jours".

Mais, grâce à la mobilisation, "nous avons été entendus [par la direction]. On va probablement se retirer de la grève locale", car "nous avons obtenu de vraies avancées, mais pas nationales, pour continuer à soutenir les personnels de tous les secteurs hospitaliers".

Une salariée de l'hôpital psychiatrique Ravenel, dans les Vosges, a confié à APMnews être venue "soutenir les jeunes générations", après 15 ans d'expérience en milieu pénitentiaire et un "burn-out" qui l'a contrainte à changer de poste. Faute de moyens, mais aussi de formation et d'organisations adaptées, "ceux qui débutent ne tiendront pas 42 ans", a-t-elle commenté.

(Photo Maryannick Le Bris)

Plusieurs pompiers étaient également dans le cortège. "Quand on ferme des lits, on va faire parfois 60 km en plus de transport, avec un coût plus important pour les établissements", a expliqué à APMnews Sébastien Delavoux, animateur du collectif CGT des services départementaux d'incendie et de secours (Sdis).

Il arrive que les pompiers se fassent "agresser par les victimes [qu'ils transportent], car elles attendent 40 min en raison du manque de personnel aux urgences. Quand [ces services] n'ont pas les moyens de travailler, cela dégrade aussi nos conditions de travail".

Pendant la manifestation, plusieurs actions locales ont été annoncées. Une professionnelle du CH de Pontoise a ainsi fait part d'une manifestation du personnel hospitalier et des pompiers devant la délégation de l’agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France à Cergy-Pontoise, le mardi 17 septembre.

Le Dr Fabien Cohen, porte-parole de la coordination du GHU Henri-Mondor, a annoncé l'organisation d'états généraux "des hôpitaux et du médico-social", le 29 novembre à Créteil, avec l'appui du conseil départemental du Val-de-Marne. La coordination espère aussi avoir celui des départements de Seine-et-Marne, de l'Essonne et des Hauts-de-Seine", a-t-il précisé à APMnews.

(Photo Maryannick Le Bris)

Une délégation de la CGT Santé et action sociale devait être reçue au cabinet de la ministre en milieu d'après-midi.

"Ce qui est demandé aujourd'hui, c'est que, dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale, on ait une augmentation significative du budget des hôpitaux et des Ehpad, de plus de 5%, avec un moyen très simple, qui est la suppression de la taxe sur les salaires", a souligné auprès d'APMnews Christophe Prudhomme, représentant de la fédération et de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf), contacté avant le début de la manifestation.

"On est maintenant dans une séquence très politique où on demande des arbitrages au plus haut niveau sur une question budgétaire fondamentale: est-ce que le gouvernement aujourd'hui est prêt à remettre des moyens dans l'hôpital public face à une crise d'ampleur", a-t-il insisté.

La CFDT et SUD attendent aussi des moyens supplémentaires

Dans un communiqué de mercredi, la CFDT santé-sociaux, qui n'appelait pas à manifester, a fait part de ses doutes sur le "pacte de refondation des urgences".

"Si l’ensemble de ces annonces sont pertinentes et adaptées, la fédération CFDT santé-sociaux reste sceptique sur la capacité du secteur hospitalier, au vu de son état actuel, à supporter certains efforts envisagés [...] avec les moyens prévus par le programme", considère-t-elle.

La fédération estime que "la crise du système de soins ne trouvera une issue favorable qu’à la faveur d’un investissement humain et financier majeur. Cela doit se traduire dans un projet de loi de financement de la sécurité sociale à la hauteur des enjeux".

Dans un communiqué de mercredi, la fédération SUD santé sociaux estime que "si l’on veut vraiment résoudre le problème des urgences à plus long terme, il faut résoudre le problème de l’hôpital public qui est malade des mesures 'austéritaires' qu’il subit depuis des années". Elle exige "comme chaque année une augmentation de l’Ondam [objectif national de dépenses d'assurance maladie] bien au-delà des 2,3% proposés par le gouvernement".

mlb/ab/APMnews

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