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02/12 2019
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RÉFORME DES AUTORISATIONS D'ACTIVITÉS EN PÉRINATALITÉ: LES ANESTHÉSISTES CRAIGNENT POUR LA SÉCURITÉ

PARIS, 2 décembre 2019 (APMnews) - Le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHARE) s'inquiète pour la sécurité des patients dans les maternités, qu'il estime mise en danger alors que la concertation sur la réforme des autorisations d'activités de soins arrive bientôt à son terme, faute d'écoute des professionnels de terrain par les autorités.

Les discussions avec la direction générale de l'offre de soins (DGOS) du groupe de travail sur la réforme des autorisations d'activités de soins en périnatalité, prévue dans le programme "Ma santé 2022", devaient s'achever le 19 novembre, lors d'une dernière réunion à l'issue de laquelle une proposition de décret devait être soumise à concertation (cf dépêche du 18/10/2019 à 12:14).

Toutefois tous les points n'ont pu être abordés, et une réunion supplémentaire a été proposée, pour la mi-décembre, a-t-on appris auprès de plusieurs participants. Les discussions ont pris du retard en raison de désaccords entre les propositions des professionnels de santé et la DGOS.

"La concertation sur les maternités est un naufrage, mettant en péril la sécurité maternelle et néonatale", estime le SNPHARE, dans un communiqué publié mercredi.

Le SNPHARE "s’inquiète énormément de l’absence d’attention [portée] aux demandes des professionnels pour la révision du décret de périnatalité, qui s’inscrit dans la démarche d’autorisation et de gradation des soins: refus d’inscrire une gradation des soins maternels, refus d’implémenter le nombre de professionnels jugés nécessaires par l’ensemble des professionnels dans les maternités, qu’il s’agisse de très petites maternités, de maternités éloignées des plateaux techniques, ou de très grosses maternités, lesquelles sont en nombre croissant".

"Nous nous retrouvons dans une situation ubuesque, où les professionnels de santé ont été convoqués pour préciser le minimum sécuritaire et où l’on vient de nous répondre 'oui, mais nous ne sommes pas d’accord sur votre appréciation'. Les projets de décrets, en l’état, valident donc des organisations non sécuritaires, sur des arguments purement économiques et/ou électoralistes, et mettent en danger la santé des mères, des enfants à naître et des nouveau-nés", tempête le syndicat.

Evoquant le fait que les anesthésistes-réanimateurs n'avaient pas été prévus initialement dans le groupe de travail, il dénonce la "méconnaissance du soin par les organisateurs des groupes de travail", rejoignant ainsi l'analyse du représentant du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) dans le groupe de travail, le Pr Philippe Deruelle, un peu avant la tenue de la réunion du 19 novembre (cf dépêche du 18/10/2019 à 12:14).

"Il y a eu 11 réunions, et nous ne sommes rentrés dans le groupe de travail qu'à la 6e ou 7e réunion. On nous avait oubliés!" témoigne Anne Geffroy-Wernet, présidente du SNPHARE, interrogée mercredi par APMnews.

Les discussions achoppent le plus sur les ratios d'effectifs. Ceux prévus dans les décrets périnatalité de 1998 "étaient faits pour aller jusqu'à 2.000 naissances, pas 4.000" ou plus comme c'est le cas aujourd'hui, souligne-t-elle.

La situation actuelle impose 1 anesthésiste-réanimateur de garde ou en astreinte opérationnelle exclusive (AOE) pour le site. A partir de 1.500 naissances, un anesthésiste-réanimateur doit être présent dans l'établissement, sur le site -et dans l'unité à partir de 2.000 naissances.

Les propositions du Conseil national professionnel d'anesthésie-réanimation (CNP-AR) sur les effectifs de médecins anesthésistes-réanimateurs (MAR) sont les suivantes:

  • 1 MAR dédié sur place quelle que soit la taille H24
  • dans la journée: une équipe d'au moins 2 MAR physiquement présents
  • la nuit:
    - au moins 1 MAR présent
    - à partir de 2.000 naissances: 1 MAR supplémentaire mobilisable ou sur place dédié à la maternité
    - à partir de 4.000 accouchements et recours maternel et/ou recours foetal et/ou urgences: 2 MAR présents + 1 MAR mobilisable
    - dans les maternités de recours maternel: 1 MAR supplémentaire.

Les propositions de la DGOS, selon le SNPHARE, reposent sur le schéma actuel, et ajoutent un anesthésiste-réanimateur d'astreinte opérationnelle à partir de 3.000 naissances.

"Si on est déjà dans une situation compliquée, cela va être de moins en moins attractif. Il faut mettre les conditions de sécurité. [Les représentants de la DGOS] nous ont opposé que cela coûtait cher et qu'il n'y avait pas assez de médecins. Or il y a plein d'intérimaires!", constate Anne Geffroy-Wernet. "Il faut de l'attractivité", insiste-t-elle.

"Lors de la dernière réunion, on nous a fait venir comme des gens du terrain, qui savent le minimum de la sécurité, c'est-à-dire qu'un anesthésiste ne peut pas être à 2 endroits à la fois. Leur réponse est qu'ils ne sont pas d'accord. Je pense vraiment qu'il y a un danger pour les mères et les bébés", ajoute-t-elle.

cd/nc/APMnews

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