AuteursF. Laurent (1) C. Zak (2) N. Segal (3) L. Maman (1) P. Augustin (4) 1. Département de Médecine Buccale et de Chirurgie Buccale, Université Paris Descartes, Paris, France. 2. Département de Médecine Buccale et de Chirurgie Buccale, Faculté de chirurgie dentaire Paris Descartes, Paris, France. 3. Service d'Accueil des Urgences, Hôpital Lariboisière, Paris, France. 4. Réanimation chirurgicale, GH Bichat Claude Beranard, Paris, France. ![]() |
IntroductionLa défibrillation précoce est l’un des maillons important de la chaine de survie lors d’un arrêt cardiaque. Même si son incidence est faible, le chirurgien-dentiste peut y être confronté au cabinet dentaire (Resuscitation 1999;41:159-67). L’objectif de cette étude était d’évaluer l’équipement en défibrillateurs des cabinets dentaires, la prévision d’équipement dans l’année qui suivait et les raisons de non équipement. Matériel et MéthodesEntre octobre et décembre 2010, nous avons mené une étude téléphonique prospective en appelant tous les cabinets dentaires omnipraticiens de la ville de Paris (France). RésultatsLes 1624 cabinets dentaires omnipraticiens de Paris ont été appelés. 1287 (79%) ont été contactés. 24 (1.9%) ont refusé de répondre. Seuls 33 cabinets (2.6%) étaient équipés d’un défibrillateur. 10 (31%) d’un défibrillateur automatique, 14 (42%) d’un semi-automatique et 9 (27%) ne connaissaient pas le type du défibrillateur. 94.5% des cabinets dentaires non-équipés ne prévoyaient pas d’acquérir un défibrillateur dans les douze mois suivant. Les principales raisons données pour expliquer le non-équipement étaient : le sentiment d’inutilité d’un défibrillateur en cabinet dentaire (24.8%), le prix trop élevé (18.5%), l’absence de besoin antérieur (10.7%) et l’absence d’obligation d’avoir un défibrillateur en cabinet dentaire (6.9%). DiscussionCette étude a montré le sous-équipement des chirurgiens-dentistes en défibrillateur. Par ailleurs, elle révèle que cette catégorie de professionnels de santé ne souhaite pas s’équiper à court terme. Au vue des raisons invoquées, leur réticence à s’équiper semble difficilement surmontable. Il paraît donc nécessaire de trouver une solution alternative afin que la défibrillation soit disponible au cabinet dentaire. Sachant que l’ERC recommande l’équipement des zones résidentielles en défibrillateur et que la quasi-totalité des cabinets dentaires se trouve dans des bâtiments d’habitation, il pourrait être envisagé un investissement commun et la mutualisation d’un défibrillateur à l’échelle d’un même bâtiment, avec les résidents et les autres professionnels de santé : cabinet médical et pharmacie. ConclusionsCette étude a montré que malgré les recommandations scientifiques actuelles, les cabinets dentaires français sont sous équipés en défibrillateur. La possibilité de partager le coût de l’équipement entre plusieurs professionnels de santé d’un même immeuble pourrait être une solution. |