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Circonstances de procuration du médicament chez l'intoxiqué

Auteurs

M. Hachelaf (1)

L. Lleras (2)

A. Khoury (1)

G. Capellier (1)

T. Desmettre (1)

1. Service d'Accueil des Urgences, CHU Jean Minjoz, Besançon, France.

2. Pharmacie, CHU Jean Minjoz, Besançon, France.

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Introduction

L’intoxication médicamenteuse volontaire (IMV) est le principal mode de tentative de suicide et la difficulté réside souvent dans la recherche du toxique incriminé lors de  la prise en charge médicale. L’objectif de notre travail est d’analyser les circonstances de procuration du médicament et son cadre thérapeutique lors de l’IMV.

Matériel et méthode

Etude prospective aux urgences du 01/06/2009 au 30/06/2010 analysant les circonstances d’obtention du toxique et le contexte de l’IMV.

Ont été colligés : âge, sexe, nature et provenance du toxique, doses ingérées, antécédents et stock de médicaments au domicile. Les données quantitatives et qualitatives ont été comparées en utilisant le test du Chi2 ou test de Fischer. Un p inférieur ou égal à 0,05 a été retenu comme significatif.

Résultats

Ont été inclus 564 patients d’âge moyen 37 +/- 15 ans (15-85 ans) dont 69 % de femmes et 45 % de récidivistes. Antécédent dépressif et IMV étaient significativement liées (p= 0,01). L’IMV se déroulait au domicile du patient dans 80 % des cas, 12 % chez un proche et 3,5 % au travail. Pour 67 % des intoxiqués un traitement psychotrope était suivi lors de l’IMV et 27 % ne suivaient aucun traitement. Des médicaments sous prescription étaient ingérés par 73 % des intoxiqués et par 27 % des médicaments en libre accès (p< 0,01). Pour 78 % des IMV, l’intoxiqué utilisait exclusivement des médicaments lui appartenant contre 21 % des médicaments de l’entourage. Le choix du toxique était en lien avec : sa disponibilité (53 %), l’effet obtenu (19 %), sa dangerosité (13%). Pour 64 % des IMV la prescription des médicaments incriminés dataient de moins d’un mois avant le geste. Les médicaments ingérés étaient prescrits pour 58 % par le médecin généraliste versus 36 % par le psychiatre. Pour 37 % des intoxiqués un stock important de médicaments existait au moment du geste (p< 0,001). Ce stock augmente avec l’âge pour atteindre 83 % au-delà de 65 ans.

Conclusion

Notre étude laisse apparaître que la principale source de procuration du toxique lors d’une IMV est générée par l’ordonnance du patient. La forte prescription de psychotropes et le stockage de médicaments au domicile influencent la survenue d’IMV. L’avènement du dossier médical personnel (DMP) devrait faciliter la traçabilité des traitements et limiter la  disponibilité des médicaments. La consultation systématique psychiatrique après l’IMV est également un gage de suivi et de prévention.

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