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Relation entre l’auto perception de la somnolence et la qualité de vie des médecins de garde aux Urgences

Auteurs

J. Belayachi (1), O. Benjelloun (1), M. Louriz (1), N. Madani (2), K. Abidi (2), T. Dendane (2),  AA. Zeggwaagh (2), R. Abouqal (1).

1. Service des Urgences Médicales Hospitalières, CHU Ibn Sina, Rabat, Maroc
2. Service de Réanimation Médicale, CHU Ibn Sina, Rabat, Maroc

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Introduction

Les gardes des urgences exposent à un manque de sommeil, celui-ci peut être responsable d’une somnolence diurne. L’objectif de ce travail était de déterminer la prévalence de la somnolence chez les médecins de garde aux Urgences  et d’établir la relation entre la somnolence et la qualité de vie de ces médecins.

Méthodes

Il s’agissait d’une enquête menée, entre Janvier et Avril 2011, aux services des urgences d’un centre hospitalier universitaire Marocain. Ont participé à l‘étude les médecins ayant assuré en moins une garde aux urgences durant le mois précédant l'enquête. Des caractéristiques socio-démographiques et liées au sommeil ont été recueillies, puis les médecins ont complété la version arabe de Epworth sleepiness scale (ESS) qui permettait d’évaluer l’auto perception de la somnolence, et la version arabe validée de l’EuroQol-5 dimensions (EQ-5D) qui permettait une évaluation de la qualité de vie en général.

Résultats

Quatre-vingt et un médecins (49H/32F), âgés en moyenne 26,1 ± 3,4 ans étaient inclus, L’absence de somnolence était retrouvée chez 23,4% (n=19), une somnolence excessive chez 39,5% (n=32), et une somnolence sévère chez 27,2% (n=22). En analyse univariée, les facteurs associés à une qualité de vie médiocre étaient ; le sexe féminin (ß= -0,12, IC95% : -0,25 à 0,00; p=0,05), entre 4 et 6 heures de sommeil le jour de garde (ß= -0,3, IC95%: -0,6 à -0,006; p=0,04) et hors jours de garde (ß= -0,12 ; IC95%: -0,2 à-0,005; p=0,04) et  l’absence d’activité physique (ß= -0,18 ; IC95%: -0,009 à -0,35; p=0,04). En analyse multi variée, cinq facteurs étaient associés à une qualité de vie médiocre; le célibat  (ß=-0,2 ; IC95%: -0,36 à -0,02; p=0,02), l’absence de pratique d’exercice physique  (ß= -0,2 ; IC95%: -0,39 à 0,006; p=0,04), moins de 6 heures de sommeil hors jours de garde (ß= -0,13 ; IC95%: -0 ,24 à-0,02; p=0,01), et une somnolence sévère (ß= -0,2 ; IC95%: -0,38 à -0,2; p=0,02).

Conclusion

Cette étude a montré que près des deux tiers des médecins de gardes aux urgences souffraient de somnolence. Il y avait une association entre la mauvaise qualité de la vie et de la somnolence sévère chez les médecins célibataires, qui dormaient moins de 6 heures en dehors des jours de garde, et qui ne pratiquaient aucune activité physique. Ces résultats soulignent la nécessité de développer des approches permettant d'assurer un équilibre entre la continuité des soins aux patients, le bien être et  la formation adéquate des médecins.

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