AuteursH Slimani, C Renfer, M Gandoin, M Mihalcea, S Hatsch, N Telitel, C Kam, P Bilbault Service d'Accueil des Urgences, CHRU de Strasbourg, France ![]() |
IntroductionLes infections urinaires sont un motif de consultation fréquent dans les services d’urgences. La bandelette urinaire (BU) a une place primordiale dans l’approche diagnostique, par sa facilité au lit du malade, mais aussi par sa haute valeur prédictive négative (VPN) de 92 à 99% (1). Le bon usage des BU permettrait de réduire d’un tiers le nombre examens cytobactériologiques des urines (ECBU) réalisés (2). Le but de notre travail est d’évaluer les indications et les interprétations des BU lors des prises en charge des infections urinaires. MéthodeNous avons réalisé une étude rétrospective, monocentrique, sur une période de six mois (1 Janvier au 30 juin 2012). Nous avons analysé tous les ECBU prescrits aux urgences (19000 passages) en les comparant avec les résultats des BU. RésultatsLe laboratoire de bactériologie a reçu et analysé 478 prélèvements urinaires. Le sex-ratio était de 2,7. L’âge moyen était de 60 ans [16 à 97 ans]. Dans 27% des cas les ECBU analysés étaient stériles et 234 ECBU étaient positifs (50 % des cas). La BU a été réalisée dans 90% des dossiers analysés et dans 28,89% des cas on notait l’absence de tout signe fonctionnel urinaire ou de fièvre. De plus, parmi les 212 patients pour qui la BU était négative, 35 patient avaient un ECBU positif (16%) et parmi les 218 patients pour qui la BU était positive, 12 patients avaient un ECBU négatif (5.5%). DiscussionNotre travail objective que la BU est prescrite en excès (en l’absence de tout signe urinaire). Plus inquiétant est le fait que 16% des BU considérés comme négative avaient conduit à l’envoi d’un ECBU et d’autre part que ce dernier fut positif. Cela pose la question de la pertinence et la fiabilité de notre lecture manuelle des BU avec une VPN de 83.5% ; largement inférieur aux données de la littérature ConclusionLe travail effectué dans notre service montre qu’il existe des erreurs importantes d’interprétation de la BU et de prescription de l’ECBU. Outre la sensibilisation des médecins et infirmiers à la bonne utilisation des BU et ECBU, l’introduction d’un lecteur automatisé de BU pourrait permettre de diminuer ces erreurs d’interprétations. |