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Performance de la règle PERC (Pulmonary Embolism Rule-out Criteria) en association à la probabilité clinique implicite d’embolie pulmonaire chez les patients ayant une douleur thoracique

Auteurs

Emilie Friou (1), Vanessa Richard-Jourjon (1), Thomas Moumneh (1), Betty Mazet-Guillaume (1), Jacques  Choukroun (2), Thibault Schotte (1), Andrea Penaloza (3), Pierre-Marie Roy (1)

1. Département de médecine d'urgence, CHU Angers, Angers, France

2. Département de médecine d'urgence, CH LE MANS, Le Mans, France

3. Service des Urgences, Cliniques universitaires St-Luc, Bruxelles, Belgique

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Introduction

La règle PERC a été développée pour exclure une embolie pulmonaire (EP) sans recours aux examens complémentaires lorsque 8 critères sont absents (PERC (-)): âge ≥50 ans, fréquence cardiaque ≥100/min, saturation en oxygène <94%, œdème d’un membre inférieur, chirurgie dans les 4 semaines, hémoptysie, antécédent d’EP ou de thrombose veineuse profonde, traitement hormonal. Contrairement aux Etats-Unis, la règle PERC n’a pas été validée dans les populations européennes de patients suspects d’EP aux urgences, le taux de faux négatifs (FN) dépassant 5%. Une étude rétrospective suggère son intérêt en association avec l’estimation de la probabilité clinique implicite (PCI) d’EP. L’objectif de ce travail est de confirmer l’intérêt de cette association chez des patients admis aux urgences pour une douleur thoracique non traumatique.

Méthodes

Etude prospective, bi-centrique, observationnelle. L’évaluation de la PCI était réalisée avant toute investigation, la probabilité était considérée très faible lorsqu’aucun examen recherchant une EP n’était réalisé. Les critères de PERC étaient recueillis prospectivement et la règle calculée a posteriori. Les évènements thrombo-emboliques (ETE) étaient recherchés à 45 jours. Le taux d’ETE devant être <2% chez les patients PERC(-) pour considérer la règle sûre.

Résultats

Parmi les 628 patients inclus : 11 ont présenté un ETE (1,8%), 204 (32%) étaient PERC(-) et aucun des patients PERC(-) n’a présenté d’ETE pendant le suivi. Les taux de faux négatifs et leurs intervalles de confiance à 95% en fonction de la PCI étaient : PCI très faible 0/122 [0-3.1%], PCI faible 0/79 [0-4.6%], PCI intermédiaire 0/3 [0-56%], PCI forte 0/0. Dix scanners thoraciques et 75 dosages de D-Dimères ont été réalisés chez les patients PERC(-) et faible PCI.

Discussion

Notre prévalence d’EP est très faible comparée aux autres études sur la règle PERC. Cette différence est due à l’inclusion des patients ayant une douleur thoracique, y compris lorsque l’EP n’était pas suspectée (très faible PCI). L’IC des patients ayant un PERC(-) et une PCI faible est ainsi large avec une borne supérieure dépassant 2%.

Conclusion

L’association règle PERC négative et faible PCI chez des patients admis aux urgences pour une douleur thoracique semble permettre d’éviter le recours à des investigations complémentaires à la recherche d’une EP. Ce résultat devra être confirmé par une étude prospective de plus grande ampleur.

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