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"DES SIGNAUX POSITIFS" POUR LE RETOUR DES INTERNES AUX URGENCES DU CHU DE CAEN (DG DE L'ARS NORMANDIE)
Parmi les sujets du début de l'année, François Mengin Lecreulx a fait un focus sur le CHU de Caen, qui a dû renoncer, en novembre 2025, à accueillir des internes en médecine d'urgence et médecine générale dans son service d'urgence, du fait de difficultés de recrutement dans le service qui compromettaient la qualité de l'encadrement des jeunes professionnels, ce qui "alimente les inquiétudes" (cf dépêche du 31/10/2025 à 13:27 et dépêche du 13/11/2025 à 18:59).
Cette situation "assez rare pour un CHU" a suscité une mobilisation de l'établissement pour en sortir, avec en premier lieu un "énorme travail pour assurer la complétude des plannings dans les quatre secteurs d'urgence du service, en allant chercher la ressource des médecins des étages, des médecins de spécialités qui sont venus occuper des vacations aux urgences, notamment des anesthésistes-réanimateurs, et dans le territoire, avec beaucoup de praticiens qui sont venus et qui continuent à tenir des plages, venant de l'ensemble du territoire normand, bas-normand et même haut-normand", a décrit le directeur général (DG).
De plus, il y a eu l'appui de la réserve sanitaire nationale, avec "en continu au moins un praticien pendant plusieurs semaines".
"Bien sûr, il va falloir maintenant consolider par des recrutements pérennes. Mais ce bouquet de solutions a permis d'avoir des plannings complets pendant les fêtes et quasiment jusqu'à l'été, ce qui n'était jamais arrivé depuis trois ans au CHU", a-t-il noté.
La seconde réponse a porté sur la maîtrise de l'activité aux urgences, le directeur général décrivant "un effet spectaculaire de la mise sous régulation des urgences, avec une baisse de près de 30% en moyenne du nombre de passages, ce qui prouve qu'il y avait besoin d'initier cette mesure pour revenir sur des niveaux d'activité normale, une des conditions de la qualité du fonctionnement et de la capacité d'encadrement des internes".
Une analyse fine des flux est en cours pour s'assurer qu'il n'y a pas eu de renoncement aux soins de la part de la population. Une augmentation d'activité a été relevée dans les autres services d'urgence, sur la médecine de ville sur les créneaux de soins non programmés, ainsi que pour SOS Médecins (une antenne a été ouverte sur le site du CHU).
"Le flux s'est tellement atténué en termes de niveau de pression que certains internes ont fait la demande, en anticipation de la réouverture du stage, de pouvoir revenir faire des gardes fin 2025 et début 2026, ce qui est très positif pour le CHU en termes d'image, et de message que ces internes peuvent faire passer auprès de leurs collègues sur les conditions de réouverture du stage", a commenté le directeur de l'ARS.
Il y voit "des signaux positifs" et s'est dit "plutôt optimiste" sur la réouverture du terrain de stage en mai, tout en se montrant prudent car "il reste un certain nombre de points [de blocage] à lever" et cela dépendra du retour des représentants des internes sur les améliorations apportées. "Les échanges sont très fluides et très bons avec le doyen et les représentants des internes", a-t-il témoigné.
Le changement de chef de service aux urgences, avec l'arrivée de la Dr Corinne Lebourgeois, a apporté "du souffle et a contribué à changer l'état d'esprit", a-t-il mentionné.
Une activité dense mais maîtrisée début 2026
"Comme chaque année, on a vécu une activité hivernale assez dense liée au pic épidémiologique grippal et à celui de la bronchiolite avec le VRS. Nos hôpitaux ont été mis sous tension pendant la période des fêtes, puis la première semaine de janvier, et cela s'est prolongé un peu. L'activité forte est restée maîtrisée, plus que l'année précédente, montrant que l'équilibre entre la ville et l'hôpital a plutôt bien joué, avec une bonne coopération de la médecine de ville", a-t-il rapporté.
"Quelques hôpitaux ont dû déclencher leur plan blanc pour pouvoir justifier le rappel de ressources supplémentaires, notamment sur la Manche, sur Argentan. Les hôpitaux proches à Flers, Lisieux, Bayeux et Pont-Audemer se sont déclarés hôpitaux en tension", a-t-il ajouté.
Une forte activité a été aussi notée sur la régulation par le centre 15, sachant que presque tous les secteurs sont sous régulation préalable, sauf le bassin rouennais et le territoire de l'Orne.
L'ARS Normandie continue à accompagner les hôpitaux pour "recomposer l'offre dans les territoires pour amener la juste offre aux patients avec la gradation des soins", a poursuivi le DG.
Un dialogue stratégique a été mené fin 2025 avec chaque groupement hospitalier de territoire (GHT) pour définir des objectifs pour 2026, notamment sur les filières urgences, cardiologie, obstétrique, ou sur les pharmacies à usage intérieur (PUI), selon "une approche cousu-main". La filière urgences du Sud-Manche fonctionne bien depuis fin 2025 entre les hôpitaux d'Avranches, Granville et Saint-Hilaire; une organisation mutualisée est en place entre le CHU de Rouen et le CH de Dieppe, avec une équipe partagée de gynéco-obstétrique. Dans la Manche, il existe un projet de filière intégrée en cardiologie sur trois GHT autour du centre hospitalier public du Cotentin (CHPC) à Cherbourg.
Il reste une difficulté à Caen, avec le service des urgences de l'Hôpital privé Saint-Martin (groupe Ramsay Santé) qui se remet à fermer, après une période stable d'ouverture de l'été à Noël 2025. Le directeur général veut "une continuité d'ouverture cohérente" car c'est très difficile, sinon, pour le CHU voisin, notamment quand il y a une fermeture à 18h et qu'il faut transférer les patients.
Au CH de la Côte fleurie, à Cricquebœuf (Calvados), où la correction d'irrégularités salariales a provoqué "une érosion" des ressources médicales, notamment pour les urgences, la gériatrie et la cardiologie, une mission a été confiée en décembre 2025 à l'ancien directeur d'hôpital parisien Jean-Patrick Lajonchère pour remonter le projet d'établissement. Les orientations seront présentées début février. "Les urgences ont vocation à être pérennisées, la ligne de Smur aussi et l'activité de cardiologie, y compris opératoire, sera maintenue avec l'aide du CHU" de Caen, a assuré François Mengin Lecreulx.
La démolition de la haute tour du CHU de Caen, désormais actée (cf dépêche du 02/12/2025 à 17:51), fait l'objet d'une étude juridico-financière. La ministre de l'action et des comptes publics, Amélie de Montchalin, a mandaté l'inspection générale des finances (IGF). Son coût, ramené à 70-80 millions d'euros (M€), pourrait encore baisser à 60-70 M€ car une valorisation de l'emprise pourrait générer 10 M€ de ressources. Il faut définir d'ici à l'été comment ce coût sera absorbé entre le CHU, les collectivités et l'Etat. La destruction se profile pour l'horizon 2030.
Un déficit autour de 100 M€ pour les hôpitaux normands en 2025
Sur la performance hospitalière et l'accompagnement des hôpitaux dans les trajectoires de redressement financier -un tiers des hôpitaux normands sont en déficit-, l'agence a mis en place une nouvelle approche en confiant le suivi aux directeurs départementaux (cf dépêche du 24/09/2025 à 17:32).
"Le déficit cumulé des hôpitaux normands, qui était passé de 47 M€ en 2023 à 87 M€ en 2024, a pu être stabilisé à peu près. On est autour de 100 M€ en 2025. On a endigué l'hémorragie", a détaillé le DG.
Le suivi financier de proximité des hôpitaux a permis d'accélérer considérablement, sur le deuxième semestre, la préparation des plans de retour à l'équilibre (PRE), qui sont sur le point d'être contractualisés, a-t-il annoncé.
L'ARS essaie de renforcer l'offre hospitalière pour développer de l'activité additionnelle, notamment en oncologie car il y a une abondante fuite de patientèle en dehors du territoire. L'agence travaille en outre en lien étroit avec la direction générale des finances publiques et l'Urssaf.
Concernant le Ségur investissement, l'opération majeure de reconstruction du centre hospitalier intercommunal Alençon-Mamers (Chicam) devrait connaître "un point d'orgue" en 2026, avec le choix d'un maître-d'œuvre et la contractualisation financière. Tous les prérequis sont levés pour ce chantier de 140 M€ (cf dépêche du 25/11/2025 à 17:22).
Du côté de la médecine de ville, 26 médecins sont maintenant fidélisés pour proposer des consultations solidaires dans les sept zones identifiées comme moins bien pourvues (cf dépêche du 17/09/2025 à 12:07). "C'est un dispositif qui marche et qui apporte une réponse utile avec 1.984 consultations réalisées depuis début novembre", a souligné François Mengin Lecreulx.
Le label France santé a été délivré à 75 structures en Normandie (15 par département), a-t-il rappelé (cf dépêche du 22/01/2026 à 15:24). Ces structures ont accepté de s'engager dans une dynamique d'amélioration de l'offre, consistant par exemple à réinstaurer des visites à domicile, accueillir un docteur junior, développer des créneaux de soins non programmés.
De nombreux projets pour 2026
Sur la réponse en soins non programmés, la Normandie va tester un service d'accès aux soins (SAS) dentaire, avec une régulation dentaire qui va progressivement s'installer dans le Calvados et l'Orne dans les centres 15. Pour la psychiatrie, le SAS du CHU de Rouen teste l'intervention d'infirmiers spécialisés en psychiatrie pour répondre par exemple à des parents angoissés par la crise d'un adolescent et proposer en moins de 48 heures un créneau de rendez-vous en centre médico-psychologique (CMP). Cela s'étendra aux autres départements en 2026, a rappelé le DG.
L'agence continue à préparer des stages autonomes pour les étudiants de quatrième année de médecine générale pour novembre, en particulier dans des territoires ruraux et des quartiers de ville défavorisés. Presque tous les stages sont prêts dans l'ancienne Haute-Normandie et près des trois quarts en ex-Basse-Normandie. La carte doit être stabilisée pour les proposer aux internes en avril.
Tous les plans territoriaux de santé mentale (PTSM) ont été refondus pour mieux articuler les soins entre l'hôpital et la ville.
Sur la santé publique, la nouvelle stratégie nationale de lutte contre le cancer sera déclinée dans la région d'ici à l'été, notamment sur la prévention et le dépistage précoce des cancers de mauvais pronostic, comme celui du poumon, qui est particulièrement prévalent en Normandie. "Cela suppose de déployer plus d'imagerie et d'améliorer l'accès aux gestes de dépistage pour les personnes handicapées", a précisé le DG.
Dans le cadre de la politique des "1.000 premiers jours" de l'enfant, un appel à projets sera lancé sur la lutte contre l'exposition aux écrans au premier semestre.
Le DG de l'ARS s'est félicité aussi d'une campagne de vaccination antigrippale plus efficace cette année, qui a aidé les établissements à faire face à l'épidémie.
Sur l'autonomie, "on a tenu le calendrier du chantier de fusion des Ssiad [services de soins infirmiers à domicile] et des Saad [services d'aide et d'accompagnement à domicile]", a rapporté François Mengin Lecreulx. Tous les dossiers de rapprochement ont été déposés fin 2025.
Pour favoriser l'attractivité de la région auprès des soignants, l'agence travaille sur l'amélioration des conditions de travail. Elle a un projet d'école de management pour les soignants. "Beaucoup de médecins arrivent sur des fonctions managériales assez jeunes, vers 28 ans, [fonctions] auxquelles ils ne sont pas forcément préparés. Or on sait que cela joue aussi sur la dynamique d'attractivité. C'est valable aussi pour les cadres de santé et les infirmiers. Notre ambition serait de former nos médecins sur des réflexes managériaux, contribuant ainsi à la qualité de vie au travail." Il a parlé d'un marché commun qui pourrait être financé par l'ARS et sur lequel les hôpitaux auraient un droit de tirage. L'ARS va s'inspirer d'un programme de formation déployé au CHU de Rouen.
Concernant la démographie médicale en médecine générale, la moyenne est de 6,8 praticiens pour 10.000 habitants en Normandie (neuf dans le Calvados mais 4,5 seulement dans l'Eure) contre une moyenne nationale à huit pour 10.000. Il y a eu un tassement depuis 2024, avec autant de médecins qui arrivent que de médecins qui partent ou arrêtent. "On ne perd plus de médecin. L'hémorragie est stoppée."
sl/lb/APMnews
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"DES SIGNAUX POSITIFS" POUR LE RETOUR DES INTERNES AUX URGENCES DU CHU DE CAEN (DG DE L'ARS NORMANDIE)
Parmi les sujets du début de l'année, François Mengin Lecreulx a fait un focus sur le CHU de Caen, qui a dû renoncer, en novembre 2025, à accueillir des internes en médecine d'urgence et médecine générale dans son service d'urgence, du fait de difficultés de recrutement dans le service qui compromettaient la qualité de l'encadrement des jeunes professionnels, ce qui "alimente les inquiétudes" (cf dépêche du 31/10/2025 à 13:27 et dépêche du 13/11/2025 à 18:59).
Cette situation "assez rare pour un CHU" a suscité une mobilisation de l'établissement pour en sortir, avec en premier lieu un "énorme travail pour assurer la complétude des plannings dans les quatre secteurs d'urgence du service, en allant chercher la ressource des médecins des étages, des médecins de spécialités qui sont venus occuper des vacations aux urgences, notamment des anesthésistes-réanimateurs, et dans le territoire, avec beaucoup de praticiens qui sont venus et qui continuent à tenir des plages, venant de l'ensemble du territoire normand, bas-normand et même haut-normand", a décrit le directeur général (DG).
De plus, il y a eu l'appui de la réserve sanitaire nationale, avec "en continu au moins un praticien pendant plusieurs semaines".
"Bien sûr, il va falloir maintenant consolider par des recrutements pérennes. Mais ce bouquet de solutions a permis d'avoir des plannings complets pendant les fêtes et quasiment jusqu'à l'été, ce qui n'était jamais arrivé depuis trois ans au CHU", a-t-il noté.
La seconde réponse a porté sur la maîtrise de l'activité aux urgences, le directeur général décrivant "un effet spectaculaire de la mise sous régulation des urgences, avec une baisse de près de 30% en moyenne du nombre de passages, ce qui prouve qu'il y avait besoin d'initier cette mesure pour revenir sur des niveaux d'activité normale, une des conditions de la qualité du fonctionnement et de la capacité d'encadrement des internes".
Une analyse fine des flux est en cours pour s'assurer qu'il n'y a pas eu de renoncement aux soins de la part de la population. Une augmentation d'activité a été relevée dans les autres services d'urgence, sur la médecine de ville sur les créneaux de soins non programmés, ainsi que pour SOS Médecins (une antenne a été ouverte sur le site du CHU).
"Le flux s'est tellement atténué en termes de niveau de pression que certains internes ont fait la demande, en anticipation de la réouverture du stage, de pouvoir revenir faire des gardes fin 2025 et début 2026, ce qui est très positif pour le CHU en termes d'image, et de message que ces internes peuvent faire passer auprès de leurs collègues sur les conditions de réouverture du stage", a commenté le directeur de l'ARS.
Il y voit "des signaux positifs" et s'est dit "plutôt optimiste" sur la réouverture du terrain de stage en mai, tout en se montrant prudent car "il reste un certain nombre de points [de blocage] à lever" et cela dépendra du retour des représentants des internes sur les améliorations apportées. "Les échanges sont très fluides et très bons avec le doyen et les représentants des internes", a-t-il témoigné.
Le changement de chef de service aux urgences, avec l'arrivée de la Dr Corinne Lebourgeois, a apporté "du souffle et a contribué à changer l'état d'esprit", a-t-il mentionné.
Une activité dense mais maîtrisée début 2026
"Comme chaque année, on a vécu une activité hivernale assez dense liée au pic épidémiologique grippal et à celui de la bronchiolite avec le VRS. Nos hôpitaux ont été mis sous tension pendant la période des fêtes, puis la première semaine de janvier, et cela s'est prolongé un peu. L'activité forte est restée maîtrisée, plus que l'année précédente, montrant que l'équilibre entre la ville et l'hôpital a plutôt bien joué, avec une bonne coopération de la médecine de ville", a-t-il rapporté.
"Quelques hôpitaux ont dû déclencher leur plan blanc pour pouvoir justifier le rappel de ressources supplémentaires, notamment sur la Manche, sur Argentan. Les hôpitaux proches à Flers, Lisieux, Bayeux et Pont-Audemer se sont déclarés hôpitaux en tension", a-t-il ajouté.
Une forte activité a été aussi notée sur la régulation par le centre 15, sachant que presque tous les secteurs sont sous régulation préalable, sauf le bassin rouennais et le territoire de l'Orne.
L'ARS Normandie continue à accompagner les hôpitaux pour "recomposer l'offre dans les territoires pour amener la juste offre aux patients avec la gradation des soins", a poursuivi le DG.
Un dialogue stratégique a été mené fin 2025 avec chaque groupement hospitalier de territoire (GHT) pour définir des objectifs pour 2026, notamment sur les filières urgences, cardiologie, obstétrique, ou sur les pharmacies à usage intérieur (PUI), selon "une approche cousu-main". La filière urgences du Sud-Manche fonctionne bien depuis fin 2025 entre les hôpitaux d'Avranches, Granville et Saint-Hilaire; une organisation mutualisée est en place entre le CHU de Rouen et le CH de Dieppe, avec une équipe partagée de gynéco-obstétrique. Dans la Manche, il existe un projet de filière intégrée en cardiologie sur trois GHT autour du centre hospitalier public du Cotentin (CHPC) à Cherbourg.
Il reste une difficulté à Caen, avec le service des urgences de l'Hôpital privé Saint-Martin (groupe Ramsay Santé) qui se remet à fermer, après une période stable d'ouverture de l'été à Noël 2025. Le directeur général veut "une continuité d'ouverture cohérente" car c'est très difficile, sinon, pour le CHU voisin, notamment quand il y a une fermeture à 18h et qu'il faut transférer les patients.
Au CH de la Côte fleurie, à Cricquebœuf (Calvados), où la correction d'irrégularités salariales a provoqué "une érosion" des ressources médicales, notamment pour les urgences, la gériatrie et la cardiologie, une mission a été confiée en décembre 2025 à l'ancien directeur d'hôpital parisien Jean-Patrick Lajonchère pour remonter le projet d'établissement. Les orientations seront présentées début février. "Les urgences ont vocation à être pérennisées, la ligne de Smur aussi et l'activité de cardiologie, y compris opératoire, sera maintenue avec l'aide du CHU" de Caen, a assuré François Mengin Lecreulx.
La démolition de la haute tour du CHU de Caen, désormais actée (cf dépêche du 02/12/2025 à 17:51), fait l'objet d'une étude juridico-financière. La ministre de l'action et des comptes publics, Amélie de Montchalin, a mandaté l'inspection générale des finances (IGF). Son coût, ramené à 70-80 millions d'euros (M€), pourrait encore baisser à 60-70 M€ car une valorisation de l'emprise pourrait générer 10 M€ de ressources. Il faut définir d'ici à l'été comment ce coût sera absorbé entre le CHU, les collectivités et l'Etat. La destruction se profile pour l'horizon 2030.
Un déficit autour de 100 M€ pour les hôpitaux normands en 2025
Sur la performance hospitalière et l'accompagnement des hôpitaux dans les trajectoires de redressement financier -un tiers des hôpitaux normands sont en déficit-, l'agence a mis en place une nouvelle approche en confiant le suivi aux directeurs départementaux (cf dépêche du 24/09/2025 à 17:32).
"Le déficit cumulé des hôpitaux normands, qui était passé de 47 M€ en 2023 à 87 M€ en 2024, a pu être stabilisé à peu près. On est autour de 100 M€ en 2025. On a endigué l'hémorragie", a détaillé le DG.
Le suivi financier de proximité des hôpitaux a permis d'accélérer considérablement, sur le deuxième semestre, la préparation des plans de retour à l'équilibre (PRE), qui sont sur le point d'être contractualisés, a-t-il annoncé.
L'ARS essaie de renforcer l'offre hospitalière pour développer de l'activité additionnelle, notamment en oncologie car il y a une abondante fuite de patientèle en dehors du territoire. L'agence travaille en outre en lien étroit avec la direction générale des finances publiques et l'Urssaf.
Concernant le Ségur investissement, l'opération majeure de reconstruction du centre hospitalier intercommunal Alençon-Mamers (Chicam) devrait connaître "un point d'orgue" en 2026, avec le choix d'un maître-d'œuvre et la contractualisation financière. Tous les prérequis sont levés pour ce chantier de 140 M€ (cf dépêche du 25/11/2025 à 17:22).
Du côté de la médecine de ville, 26 médecins sont maintenant fidélisés pour proposer des consultations solidaires dans les sept zones identifiées comme moins bien pourvues (cf dépêche du 17/09/2025 à 12:07). "C'est un dispositif qui marche et qui apporte une réponse utile avec 1.984 consultations réalisées depuis début novembre", a souligné François Mengin Lecreulx.
Le label France santé a été délivré à 75 structures en Normandie (15 par département), a-t-il rappelé (cf dépêche du 22/01/2026 à 15:24). Ces structures ont accepté de s'engager dans une dynamique d'amélioration de l'offre, consistant par exemple à réinstaurer des visites à domicile, accueillir un docteur junior, développer des créneaux de soins non programmés.
De nombreux projets pour 2026
Sur la réponse en soins non programmés, la Normandie va tester un service d'accès aux soins (SAS) dentaire, avec une régulation dentaire qui va progressivement s'installer dans le Calvados et l'Orne dans les centres 15. Pour la psychiatrie, le SAS du CHU de Rouen teste l'intervention d'infirmiers spécialisés en psychiatrie pour répondre par exemple à des parents angoissés par la crise d'un adolescent et proposer en moins de 48 heures un créneau de rendez-vous en centre médico-psychologique (CMP). Cela s'étendra aux autres départements en 2026, a rappelé le DG.
L'agence continue à préparer des stages autonomes pour les étudiants de quatrième année de médecine générale pour novembre, en particulier dans des territoires ruraux et des quartiers de ville défavorisés. Presque tous les stages sont prêts dans l'ancienne Haute-Normandie et près des trois quarts en ex-Basse-Normandie. La carte doit être stabilisée pour les proposer aux internes en avril.
Tous les plans territoriaux de santé mentale (PTSM) ont été refondus pour mieux articuler les soins entre l'hôpital et la ville.
Sur la santé publique, la nouvelle stratégie nationale de lutte contre le cancer sera déclinée dans la région d'ici à l'été, notamment sur la prévention et le dépistage précoce des cancers de mauvais pronostic, comme celui du poumon, qui est particulièrement prévalent en Normandie. "Cela suppose de déployer plus d'imagerie et d'améliorer l'accès aux gestes de dépistage pour les personnes handicapées", a précisé le DG.
Dans le cadre de la politique des "1.000 premiers jours" de l'enfant, un appel à projets sera lancé sur la lutte contre l'exposition aux écrans au premier semestre.
Le DG de l'ARS s'est félicité aussi d'une campagne de vaccination antigrippale plus efficace cette année, qui a aidé les établissements à faire face à l'épidémie.
Sur l'autonomie, "on a tenu le calendrier du chantier de fusion des Ssiad [services de soins infirmiers à domicile] et des Saad [services d'aide et d'accompagnement à domicile]", a rapporté François Mengin Lecreulx. Tous les dossiers de rapprochement ont été déposés fin 2025.
Pour favoriser l'attractivité de la région auprès des soignants, l'agence travaille sur l'amélioration des conditions de travail. Elle a un projet d'école de management pour les soignants. "Beaucoup de médecins arrivent sur des fonctions managériales assez jeunes, vers 28 ans, [fonctions] auxquelles ils ne sont pas forcément préparés. Or on sait que cela joue aussi sur la dynamique d'attractivité. C'est valable aussi pour les cadres de santé et les infirmiers. Notre ambition serait de former nos médecins sur des réflexes managériaux, contribuant ainsi à la qualité de vie au travail." Il a parlé d'un marché commun qui pourrait être financé par l'ARS et sur lequel les hôpitaux auraient un droit de tirage. L'ARS va s'inspirer d'un programme de formation déployé au CHU de Rouen.
Concernant la démographie médicale en médecine générale, la moyenne est de 6,8 praticiens pour 10.000 habitants en Normandie (neuf dans le Calvados mais 4,5 seulement dans l'Eure) contre une moyenne nationale à huit pour 10.000. Il y a eu un tassement depuis 2024, avec autant de médecins qui arrivent que de médecins qui partent ou arrêtent. "On ne perd plus de médecin. L'hémorragie est stoppée."
sl/lb/APMnews
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