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AU CH DE BÉZIERS, "LA PRÉOCCUPATION NUMÉRO UN, CE SONT LES URGENCES" (PHILIPPE BANYOLS, DIRECTEUR)
BÉZIERS, 21 avril 2026 (APMnews) - Le centre hospitalier (CH) de Béziers est confronté à un afflux important de patients aux urgences, mais mise sur deux projets visant à accroître ses capacités en aval pour désengorger le service, a expliqué vendredi à APMnews le directeur de l'établissement, Philippe Banyols.
L'hôpital biterrois a enregistré une hausse d'activité globale de 3% à 4% en 2025, portée par une forte progression des passages aux urgences (10%), mettant en difficulté le service.

Béziers se situe en effet sur un territoire caractérisé par une population en hausse et plutôt âgée, un taux de pauvreté élevé par rapport à la moyenne nationale, un tourisme important et une offre de médecine de ville insuffisante. "Sur le périmètre du groupement hospitalier de territoire (GHT) Ouest-Hérault [dont le CH de Béziers est l'établissement support], on est passé de 660 habitants par médecin généraliste en 2000 à 1.000 habitants par médecin généraliste en 2025", a mis en avant le chef d'établissement.
De quoi entraîner une forte augmentation du recours aux urgences, dont l'affluence est passée en moyenne de 173 passages par jour en 2024 à près de 200 en 2026, mais aussi, plus globalement, du secours à la personne par le service départemental d'incendie et de secours (Sdis).
"C'est important d'avoir des relations fluides avec le Sdis, car c'est un problème commun. Nous avons écrit une lettre de mission commune entre nos équipes, et nous travaillons également avec l'agence régionale de santé (ARS) Occitanie et le centre 15 pour améliorer la régulation", a fait valoir le directeur.
Un nouveau pôle commun de SMR
En réaction, le CH mène deux projets devant permettre d'accroître sa capacité de prise en charge en aval. "Pour désengorger les urgences, il faut commencer par travailler l'aval. Pour sortir plus vite du MCO (médecine, chirurgie et obstétrique), il faut des SMR (soins médicaux et de réadaptation)", a résumé Philippe Banyols.
Le plus ambitieux des deux porte sur la création d'un pôle commun de SMR, partagé avec le groupe privé des cliniques du Dr Ster (groupe Ster Santé). "Le tour de table financier avec l'ARS [agence régionale de santé Occitanie] a été bouclé, on a choisi le cabinet d'architectes, le projet va démarrer", s'est réjoui le directeur.
Le coût du projet est évalué à 31,5 millions d'euros (M€), dont 10 M€ financés par l'ARS. Il vise à créer un pôle commun d'une capacité de 167 lits et places de SMR sur un site de 7.700 m², à proximité de l'hôpital.
Dans le détail, 45 lits de SMR et 12 lits d'unité cognitivo-comportementale du CH vont être déplacés dans ce nouveau bâtiment et 15 places d'hospitalisation à temps partiel vont être créées. L'hôpital biterrois va également bénéficier des autorisations d'activité SMR des cliniques Ster: en neurologie, oncologie, cardiologie ou encore système digestif.
"On travaille aussi à l'ouverture de 10 lits de courts séjours gériatriques supplémentaires" afin de doubler la capacité actuelle, a noté Philippe Banyols.
Si aucun calendrier précis n'a été délivré pour ces projets, le chef d'établissement a souligné qu'ils devraient aboutir "rapidement".
"Pari gagnant"
Le CH pourra par ailleurs s'appuyer sur une situation financière saine, après avoir connu un déficit important, de 13 M€, en 2023.
"En 2021 et 2022, on a fait du recrutement la priorité, ce qui a produit ce déficit en 2023. Le pari qu'on a fait, et pour lequel l'ARS nous a fait confiance, était de retrouver l'équilibre en deux ou trois ans. Et on va finir 2025 avec un déficit de moins de 1% du budget (300 M€), donc c'est un pari gagnant", s'est félicité le directeur. Pour 2026, les projections laissent aussi à penser que le déficit sera nul.
Si l'hôpital n'a aucun secteur en crise, l'établissement évitant par ailleurs le recours à l'intérim, des tensions de ressources humaines existent encore en anesthésie-réanimation et en psychiatrie.

Un autre projet est prévu pour justement améliorer l'attractivité du territoire: la création d'un écocampus étudiant.
Les étudiants en médecine sont actuellement accueillis dans un internat datant de 1995 et dans plusieurs logements disséminés en ville.
Ce futur campus doit permettre de proposer 100 chambres individuelles et 10 studios, dans un bâtiment localisé à côté du CH, pour une ouverture espérée à la rentrée 2027.
Son coût est évalué à 12,6 M€ (TTC). Le tour de table financier est en cours, avec des financements déjà prévus de la part de l'État et de l'agglomération de Béziers. "On espère un soutien de l'ARS et de la Région", a glissé Philippe Banyols.
mg/lb/APMnews
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AU CH DE BÉZIERS, "LA PRÉOCCUPATION NUMÉRO UN, CE SONT LES URGENCES" (PHILIPPE BANYOLS, DIRECTEUR)
BÉZIERS, 21 avril 2026 (APMnews) - Le centre hospitalier (CH) de Béziers est confronté à un afflux important de patients aux urgences, mais mise sur deux projets visant à accroître ses capacités en aval pour désengorger le service, a expliqué vendredi à APMnews le directeur de l'établissement, Philippe Banyols.
L'hôpital biterrois a enregistré une hausse d'activité globale de 3% à 4% en 2025, portée par une forte progression des passages aux urgences (10%), mettant en difficulté le service.

Béziers se situe en effet sur un territoire caractérisé par une population en hausse et plutôt âgée, un taux de pauvreté élevé par rapport à la moyenne nationale, un tourisme important et une offre de médecine de ville insuffisante. "Sur le périmètre du groupement hospitalier de territoire (GHT) Ouest-Hérault [dont le CH de Béziers est l'établissement support], on est passé de 660 habitants par médecin généraliste en 2000 à 1.000 habitants par médecin généraliste en 2025", a mis en avant le chef d'établissement.
De quoi entraîner une forte augmentation du recours aux urgences, dont l'affluence est passée en moyenne de 173 passages par jour en 2024 à près de 200 en 2026, mais aussi, plus globalement, du secours à la personne par le service départemental d'incendie et de secours (Sdis).
"C'est important d'avoir des relations fluides avec le Sdis, car c'est un problème commun. Nous avons écrit une lettre de mission commune entre nos équipes, et nous travaillons également avec l'agence régionale de santé (ARS) Occitanie et le centre 15 pour améliorer la régulation", a fait valoir le directeur.
Un nouveau pôle commun de SMR
En réaction, le CH mène deux projets devant permettre d'accroître sa capacité de prise en charge en aval. "Pour désengorger les urgences, il faut commencer par travailler l'aval. Pour sortir plus vite du MCO (médecine, chirurgie et obstétrique), il faut des SMR (soins médicaux et de réadaptation)", a résumé Philippe Banyols.
Le plus ambitieux des deux porte sur la création d'un pôle commun de SMR, partagé avec le groupe privé des cliniques du Dr Ster (groupe Ster Santé). "Le tour de table financier avec l'ARS [agence régionale de santé Occitanie] a été bouclé, on a choisi le cabinet d'architectes, le projet va démarrer", s'est réjoui le directeur.
Le coût du projet est évalué à 31,5 millions d'euros (M€), dont 10 M€ financés par l'ARS. Il vise à créer un pôle commun d'une capacité de 167 lits et places de SMR sur un site de 7.700 m², à proximité de l'hôpital.
Dans le détail, 45 lits de SMR et 12 lits d'unité cognitivo-comportementale du CH vont être déplacés dans ce nouveau bâtiment et 15 places d'hospitalisation à temps partiel vont être créées. L'hôpital biterrois va également bénéficier des autorisations d'activité SMR des cliniques Ster: en neurologie, oncologie, cardiologie ou encore système digestif.
"On travaille aussi à l'ouverture de 10 lits de courts séjours gériatriques supplémentaires" afin de doubler la capacité actuelle, a noté Philippe Banyols.
Si aucun calendrier précis n'a été délivré pour ces projets, le chef d'établissement a souligné qu'ils devraient aboutir "rapidement".
"Pari gagnant"
Le CH pourra par ailleurs s'appuyer sur une situation financière saine, après avoir connu un déficit important, de 13 M€, en 2023.
"En 2021 et 2022, on a fait du recrutement la priorité, ce qui a produit ce déficit en 2023. Le pari qu'on a fait, et pour lequel l'ARS nous a fait confiance, était de retrouver l'équilibre en deux ou trois ans. Et on va finir 2025 avec un déficit de moins de 1% du budget (300 M€), donc c'est un pari gagnant", s'est félicité le directeur. Pour 2026, les projections laissent aussi à penser que le déficit sera nul.
Si l'hôpital n'a aucun secteur en crise, l'établissement évitant par ailleurs le recours à l'intérim, des tensions de ressources humaines existent encore en anesthésie-réanimation et en psychiatrie.

Un autre projet est prévu pour justement améliorer l'attractivité du territoire: la création d'un écocampus étudiant.
Les étudiants en médecine sont actuellement accueillis dans un internat datant de 1995 et dans plusieurs logements disséminés en ville.
Ce futur campus doit permettre de proposer 100 chambres individuelles et 10 studios, dans un bâtiment localisé à côté du CH, pour une ouverture espérée à la rentrée 2027.
Son coût est évalué à 12,6 M€ (TTC). Le tour de table financier est en cours, avec des financements déjà prévus de la part de l'État et de l'agglomération de Béziers. "On espère un soutien de l'ARS et de la Région", a glissé Philippe Banyols.
mg/lb/APMnews
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