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AVC ISCHÉMIQUE: HAUSSE DU RISQUE D'HÉMORRAGIE EN CAS D'ADMISSION DIRECTE EN SALLE D'ANGIOGRAPHIE (ÉTUDE FRANÇAISE)
Un accueil plus rapide en salle d'angiographie pour la réalisation d'une thrombectomie pourrait favoriser une reperfusion cérébrale plus rapide et ainsi réduire la mortalité et les séquelles neurologiques fonctionnelles en cas d'AVC ischémique, pointent Benjamin Gory du CHU de Nancy et ses collègues.
A l'heure actuelle, la réalisation préalable d'une imagerie par IRM ou scanner est requise pour déterminer si un traitement endovasculaire est adapté (et notamment écarter la présence d'une hémorragie), mais il s'agit d'un facteur majeur de délai au traitement, notent les chercheurs.
L'essai prospectif national DIRECT ANGIO a été conduit entre juillet 2020 et avril 2023 dans 10 centres spécialisés AVC en France auprès de patients présentant une atteinte neurologique aiguë sévère hautement suggestive d'un AVC ischémique lié à une occlusion des gros vaisseaux, et susceptibles de tirer un bénéfice clinique de la thrombectomie en cas de reperfusion rapide.
Les 115 patients inclus (environ 66 ans en médiane et 44% de femmes) ont été randomisés, dans un délai maximal de 5 heures suivant le début des symptômes, entre une admission sans délai en salle d'angiographie (donc sans imagerie préalable mais avec un examen par CBCT -cone beam computed tomography ou tomographie volumique à faisceau conique- réalisé en salle d'angiographie) et une admission par la filière conventionnelle (comprenant une imagerie diagnostique préalable au transfert en salle d'angiographie en vue d'un traitement par thrombectomie, si nécessaire).
Le délai médian entre l'admission hospitalière et la ponction artérielle était de 51 minutes dans le groupe directement admis en salle d'angiographie et de 80 minutes pour celui pris en charge selon la procédure conventionnelle.
A l'issue d'une analyse intermédiaire conduite en septembre 2023, le comité de surveillance indépendant a recommandé l'arrêt prématuré de l'essai en raison d'une suspicion de risque hémorragique cérébral accru dans le groupe expérimental.
L'analyse en intention de traiter a confirmé cette hausse du risque d'hémorragie intracrânienne symptomatique, puisque 15% des patients (5 sur 34) du groupe "admission directe" versus aucun (sur 42) du groupe contrôle étaient concernés -soit un odds ratio -OR- ajusté de 11.
La mortalité toutes causes confondues n'était pas significativement différente entre les deux groupes, avec un taux de 18% dans le groupe "admission directe" et de 11% dans le groupe contrôle.
Une indépendance fonctionnelle (score de Rankin modifié -mRS- de 0-2) à 3 mois a concerné 36% des patients directement admis en salle d'angiographie (20 sur 56) versus 42% de ceux du groupe contrôle (22 sur 53). A 12 mois, le score mRS médian était comparable entre les deux groupes (3 points).
Les résultats de cet essai, qui est le premier à comparer l'admission directe en salle d'angiographie à une prise en charge conventionnelle pour des patients adressés pour suspicion d'AVC ischémique sévère, montrent que cette stratégie n'améliore pas les paramètres fonctionnels à 3 mois et à 1 an en dépit de délais de prise en charge raccourcis, et qu'elle s'accompagne d'une hausse des hémorragies intracrâniennes, concluent les chercheurs.
Ils soulignent toutefois que l'essai ayant été stoppé de façon prématurée pour des raisons de sécurité, l'effectif réduit sur lequel l'analyse a été réalisée limite la précision des estimations de l'effet sur le critère principal d'évaluation (l'indépendance fonctionnelle) ainsi que sur les critères secondaires.
(The Lancet Neurology, avril 2026, vol. 25, p346-356)
sb/cd/APMnews
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AVC ISCHÉMIQUE: HAUSSE DU RISQUE D'HÉMORRAGIE EN CAS D'ADMISSION DIRECTE EN SALLE D'ANGIOGRAPHIE (ÉTUDE FRANÇAISE)
Un accueil plus rapide en salle d'angiographie pour la réalisation d'une thrombectomie pourrait favoriser une reperfusion cérébrale plus rapide et ainsi réduire la mortalité et les séquelles neurologiques fonctionnelles en cas d'AVC ischémique, pointent Benjamin Gory du CHU de Nancy et ses collègues.
A l'heure actuelle, la réalisation préalable d'une imagerie par IRM ou scanner est requise pour déterminer si un traitement endovasculaire est adapté (et notamment écarter la présence d'une hémorragie), mais il s'agit d'un facteur majeur de délai au traitement, notent les chercheurs.
L'essai prospectif national DIRECT ANGIO a été conduit entre juillet 2020 et avril 2023 dans 10 centres spécialisés AVC en France auprès de patients présentant une atteinte neurologique aiguë sévère hautement suggestive d'un AVC ischémique lié à une occlusion des gros vaisseaux, et susceptibles de tirer un bénéfice clinique de la thrombectomie en cas de reperfusion rapide.
Les 115 patients inclus (environ 66 ans en médiane et 44% de femmes) ont été randomisés, dans un délai maximal de 5 heures suivant le début des symptômes, entre une admission sans délai en salle d'angiographie (donc sans imagerie préalable mais avec un examen par CBCT -cone beam computed tomography ou tomographie volumique à faisceau conique- réalisé en salle d'angiographie) et une admission par la filière conventionnelle (comprenant une imagerie diagnostique préalable au transfert en salle d'angiographie en vue d'un traitement par thrombectomie, si nécessaire).
Le délai médian entre l'admission hospitalière et la ponction artérielle était de 51 minutes dans le groupe directement admis en salle d'angiographie et de 80 minutes pour celui pris en charge selon la procédure conventionnelle.
A l'issue d'une analyse intermédiaire conduite en septembre 2023, le comité de surveillance indépendant a recommandé l'arrêt prématuré de l'essai en raison d'une suspicion de risque hémorragique cérébral accru dans le groupe expérimental.
L'analyse en intention de traiter a confirmé cette hausse du risque d'hémorragie intracrânienne symptomatique, puisque 15% des patients (5 sur 34) du groupe "admission directe" versus aucun (sur 42) du groupe contrôle étaient concernés -soit un odds ratio -OR- ajusté de 11.
La mortalité toutes causes confondues n'était pas significativement différente entre les deux groupes, avec un taux de 18% dans le groupe "admission directe" et de 11% dans le groupe contrôle.
Une indépendance fonctionnelle (score de Rankin modifié -mRS- de 0-2) à 3 mois a concerné 36% des patients directement admis en salle d'angiographie (20 sur 56) versus 42% de ceux du groupe contrôle (22 sur 53). A 12 mois, le score mRS médian était comparable entre les deux groupes (3 points).
Les résultats de cet essai, qui est le premier à comparer l'admission directe en salle d'angiographie à une prise en charge conventionnelle pour des patients adressés pour suspicion d'AVC ischémique sévère, montrent que cette stratégie n'améliore pas les paramètres fonctionnels à 3 mois et à 1 an en dépit de délais de prise en charge raccourcis, et qu'elle s'accompagne d'une hausse des hémorragies intracrâniennes, concluent les chercheurs.
Ils soulignent toutefois que l'essai ayant été stoppé de façon prématurée pour des raisons de sécurité, l'effectif réduit sur lequel l'analyse a été réalisée limite la précision des estimations de l'effet sur le critère principal d'évaluation (l'indépendance fonctionnelle) ainsi que sur les critères secondaires.
(The Lancet Neurology, avril 2026, vol. 25, p346-356)
sb/cd/APMnews
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