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01/12 2021
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AVEC LE SÉGUR, LE CH DE CHERBOURG VA ACCÉLÉRER LE DÉVELOPPEMENT DE SON OFFRE DE SOINS POUR LA POPULATION

CHERBOURG-EN-COTENTIN (Manche), 1er décembre 2021 (APMnews) - Les financements obtenus dans le cadre du Ségur de la santé vont permettre au centre hospitalier public du Cotentin (CHPC) d'accélérer le développement de son offre de soins pour mieux répondre aux besoins de la population de son territoire, a indiqué à APMnews sa directrice, Séverine Karrer.

Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a annoncé le 8 novembre à Gisors (Eure) les aides à l'investissement pour la Normandie dont une enveloppe de 21,2 millions d'euros (M€) pour le CHPC, rappelle-t-on (cf dépêche du 08/11/2021 à 15:02).

"Nous avions préparé 42 fiches de demande d'investissement pour un total de 40 M€ et nous avons eu 5-6 fiches pour 21 M€ dont une aide au désendettement de 16,5 M€", a précisé la directrice du CHPC à APMnews.

Cela représente donc de l'ordre de 5 M€ pour les investissements. Le CHPC est susceptible de recevoir aussi une subvention du conseil régional qui a annoncé accompagner les investissements Ségur avec une enveloppe équivalente à celle de l'Etat (cf dépêche du 21/07/2021 à 12:57). Mais la date de ces annonces projet par projet n'est pas encore connue. Ce sera "au cours de la mandature", indique Séverine Karrer.

Parmi les projets retenus pour être accompagnés par le Ségur figure l'acquisition d'un 2e accélérateur de radiothérapie pour 2,8 M€ prévu pour avril 2023. L'unique appareil du CHPC est en cours de renouvellement. Le nouvel appareil (Versa HD*, Elekta) est arrivé et est en cours d'installation dans un nouveau bunker. Il devrait être opérationnel en avril 2022.

Ces deux accélérateurs permettront de compléter l'offre de soins pour éviter à de nombreux patients d'aller à Caen et ces investissements permettront une modernisation de l'outil. Les deux modèles choisis sont des appareils faisant de la radiothérapie conformationnelle avec modulation d'intensité (IMRT/RCMI).

La création d'un internat de médecine fait aussi partie des projets sélectionnés. Ce projet qui vise à attirer plus d'internes est également soutenu par la Région et l'agglomération.

Les financements Ségur sont également fléchés sur le réaménagement du plateau technique de cardiologie et la réfection de l'unité de soins intensifs de cardiologie (Usic), un projet d'environ 900.000 €. L'activité de rythmologie est très sollicitée depuis l'ouverture de la coronarographie fin 2020 et nécessite une augmentation de capacité, explique la directrice.

Emarge aussi au Ségur un projet de réaménagement de l'accueil des urgences sur le pôle femme-enfant pour accompagner les flux d'urgences pédiatriques, obstétriques et gynécologiques qui sont en augmentation chaque année du fait de la fragilité de l'offre de soins en ville et dont les locaux ne sont plus adaptés (pour environ 500.000-600.000 €).

Le déploiement de l'offre de soins dentaires est aussi concerné par le Ségur pour augmenter l'offre de formation et les capacités d'accueil de patients. Le plateau dentaire nécessite un investissement de 900.000 € qui s'inscrit dans un projet régional qui associe ARS, Région et UFR médecine pour corriger le déficit en soins dentaires de la région (cf dépêche du 02/02/2021 à 17:22). Il faut rénover les installations à Cherbourg et Valognes et créer un plateau dentaire avec antenne en ophtalmologie et ORL en ville. Ce projet sera réalisé sous 2 ans.

La Manche est le tout dernier département en matière de ratio nombre de dentistes sur la population avant la Guyane. Beaucoup d'habitants doivent aller se faire soigner à Caen ou même changent de région en allant en Bretagne ou à Paris. Le délai de prise de rendez-vous est de 6 à 7 mois, sans parler du renoncement aux soins, note Séverine Karrer.

Une aide au désendettement importante

L'aide au désendettement devrait soulager l'établissement dont l'encours de la dette bancaire est de 9 M€.

Le déficit du CHPC s'est fortement réduit en 2020 mais sa situation financière reste "critique", ont noté les commissaires aux comptes dans leur rapport financier pour 2020. Le déficit comptable au budget principal s'est élevé à 4,7 M€ en 2020 contre 10,5 M€ en 2019. Entre 2019 et 2020, le déficit retraité des aides exceptionnelles pures est passé de 15,5 M€ à 10,7 M€ (6 M€ d'aides en 2020).

En 2020, le CHPC a pu retrouver une "dynamique de trajectoire plus positive", met en avant sa directrice. "Nous avons été très accompagnés avec la garantie de financement et l'aide pour le surcoût Covid", note-t-elle. Le soutien de l'ARS avoisine en exploitation 14,2 M€ dont 6 M€ d'aide exceptionnelle et plus de 8 M€ au titre des compensations de surcoûts Covid/Ségur pour 2020, selon le rapport financier.

Cependant, l'établissement n'a pas encore bénéficié des recettes issues du développement de son activité de cardiologie avec la coronarographie en 2020 et 2021 puisque l'année de référence est 2019 pour la garantie de financements, mais cela se fera en 2022.

"L'important c'est que l'établissement répond mieux en termes d'offre pour ses habitants et 1.600 patients sur un an pour la coronarographie (depuis novembre 2020), c'est au-delà des espérances. Cela confirme qu'il y a un vrai besoin et que cette offre améliore la prise en charge en évitant d'aller jusqu'à Caen à 1h30 de voiture", poursuit-elle.

Les financements obtenus dans le cadre du Ségur de la santé vont permettre de renforcer l'attractivité du CHPC et de développer certaines activités. Ils sont donc bienvenus "car cet établissement doit pouvoir répondre aux besoins de santé de son territoire", commente sa directrice.

"Le Ségur va accélérer ce processus initié avec l'ouverture de l'activité de coronarographie, notamment pour augmenter l'offre de soins en cancérologie", estime-t-elle.

En plus des appareils de radiothérapie qui permettront de prendre en charge beaucoup plus de patients atteints de cancer à Cherbourg, la polyclinique du Cotentin à Equeurdreville-Hainneville qui a été autorisée à installer un TEP-Scan à l'automne (cf dépêche du 19/10/2021 à 16:06) prévoit de l'installer en 2023-2024.

Cela permettra de réduire le renoncement aux soins car actuellement un patient très fatigué hésite à faire de la route pour aller passer un TEP-Scan, cite Séverine Karrer. "Nous travaillons la filière" de cancérologie.

"Nous avons beaucoup de projets en cours et nous allons lancer la réflexion sur le plan stratégique d'établissement avec un projet médical pour donner de la cohérence à ces projets et faire vivre aussi les projets non retenus par le Ségur", indique-t-elle.

Le plan stratégique et le projet médical sont attendus pour le 1er trimestre 2022 puis le schéma directeur immobilier au cours du 1er semestre 2022.

sl/ab/APMnews

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CHERBOURG-EN-COTENTIN (Manche), 1er décembre 2021 (APMnews) - Les financements obtenus dans le cadre du Ségur de la santé vont permettre au centre hospitalier public du Cotentin (CHPC) d'accélérer le développement de son offre de soins pour mieux répondre aux besoins de la population de son territoire, a indiqué à APMnews sa directrice, Séverine Karrer.

Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a annoncé le 8 novembre à Gisors (Eure) les aides à l'investissement pour la Normandie dont une enveloppe de 21,2 millions d'euros (M€) pour le CHPC, rappelle-t-on (cf dépêche du 08/11/2021 à 15:02).

"Nous avions préparé 42 fiches de demande d'investissement pour un total de 40 M€ et nous avons eu 5-6 fiches pour 21 M€ dont une aide au désendettement de 16,5 M€", a précisé la directrice du CHPC à APMnews.

Cela représente donc de l'ordre de 5 M€ pour les investissements. Le CHPC est susceptible de recevoir aussi une subvention du conseil régional qui a annoncé accompagner les investissements Ségur avec une enveloppe équivalente à celle de l'Etat (cf dépêche du 21/07/2021 à 12:57). Mais la date de ces annonces projet par projet n'est pas encore connue. Ce sera "au cours de la mandature", indique Séverine Karrer.

Parmi les projets retenus pour être accompagnés par le Ségur figure l'acquisition d'un 2e accélérateur de radiothérapie pour 2,8 M€ prévu pour avril 2023. L'unique appareil du CHPC est en cours de renouvellement. Le nouvel appareil (Versa HD*, Elekta) est arrivé et est en cours d'installation dans un nouveau bunker. Il devrait être opérationnel en avril 2022.

Ces deux accélérateurs permettront de compléter l'offre de soins pour éviter à de nombreux patients d'aller à Caen et ces investissements permettront une modernisation de l'outil. Les deux modèles choisis sont des appareils faisant de la radiothérapie conformationnelle avec modulation d'intensité (IMRT/RCMI).

La création d'un internat de médecine fait aussi partie des projets sélectionnés. Ce projet qui vise à attirer plus d'internes est également soutenu par la Région et l'agglomération.

Les financements Ségur sont également fléchés sur le réaménagement du plateau technique de cardiologie et la réfection de l'unité de soins intensifs de cardiologie (Usic), un projet d'environ 900.000 €. L'activité de rythmologie est très sollicitée depuis l'ouverture de la coronarographie fin 2020 et nécessite une augmentation de capacité, explique la directrice.

Emarge aussi au Ségur un projet de réaménagement de l'accueil des urgences sur le pôle femme-enfant pour accompagner les flux d'urgences pédiatriques, obstétriques et gynécologiques qui sont en augmentation chaque année du fait de la fragilité de l'offre de soins en ville et dont les locaux ne sont plus adaptés (pour environ 500.000-600.000 €).

Le déploiement de l'offre de soins dentaires est aussi concerné par le Ségur pour augmenter l'offre de formation et les capacités d'accueil de patients. Le plateau dentaire nécessite un investissement de 900.000 € qui s'inscrit dans un projet régional qui associe ARS, Région et UFR médecine pour corriger le déficit en soins dentaires de la région (cf dépêche du 02/02/2021 à 17:22). Il faut rénover les installations à Cherbourg et Valognes et créer un plateau dentaire avec antenne en ophtalmologie et ORL en ville. Ce projet sera réalisé sous 2 ans.

La Manche est le tout dernier département en matière de ratio nombre de dentistes sur la population avant la Guyane. Beaucoup d'habitants doivent aller se faire soigner à Caen ou même changent de région en allant en Bretagne ou à Paris. Le délai de prise de rendez-vous est de 6 à 7 mois, sans parler du renoncement aux soins, note Séverine Karrer.

Une aide au désendettement importante

L'aide au désendettement devrait soulager l'établissement dont l'encours de la dette bancaire est de 9 M€.

Le déficit du CHPC s'est fortement réduit en 2020 mais sa situation financière reste "critique", ont noté les commissaires aux comptes dans leur rapport financier pour 2020. Le déficit comptable au budget principal s'est élevé à 4,7 M€ en 2020 contre 10,5 M€ en 2019. Entre 2019 et 2020, le déficit retraité des aides exceptionnelles pures est passé de 15,5 M€ à 10,7 M€ (6 M€ d'aides en 2020).

En 2020, le CHPC a pu retrouver une "dynamique de trajectoire plus positive", met en avant sa directrice. "Nous avons été très accompagnés avec la garantie de financement et l'aide pour le surcoût Covid", note-t-elle. Le soutien de l'ARS avoisine en exploitation 14,2 M€ dont 6 M€ d'aide exceptionnelle et plus de 8 M€ au titre des compensations de surcoûts Covid/Ségur pour 2020, selon le rapport financier.

Cependant, l'établissement n'a pas encore bénéficié des recettes issues du développement de son activité de cardiologie avec la coronarographie en 2020 et 2021 puisque l'année de référence est 2019 pour la garantie de financements, mais cela se fera en 2022.

"L'important c'est que l'établissement répond mieux en termes d'offre pour ses habitants et 1.600 patients sur un an pour la coronarographie (depuis novembre 2020), c'est au-delà des espérances. Cela confirme qu'il y a un vrai besoin et que cette offre améliore la prise en charge en évitant d'aller jusqu'à Caen à 1h30 de voiture", poursuit-elle.

Les financements obtenus dans le cadre du Ségur de la santé vont permettre de renforcer l'attractivité du CHPC et de développer certaines activités. Ils sont donc bienvenus "car cet établissement doit pouvoir répondre aux besoins de santé de son territoire", commente sa directrice.

"Le Ségur va accélérer ce processus initié avec l'ouverture de l'activité de coronarographie, notamment pour augmenter l'offre de soins en cancérologie", estime-t-elle.

En plus des appareils de radiothérapie qui permettront de prendre en charge beaucoup plus de patients atteints de cancer à Cherbourg, la polyclinique du Cotentin à Equeurdreville-Hainneville qui a été autorisée à installer un TEP-Scan à l'automne (cf dépêche du 19/10/2021 à 16:06) prévoit de l'installer en 2023-2024.

Cela permettra de réduire le renoncement aux soins car actuellement un patient très fatigué hésite à faire de la route pour aller passer un TEP-Scan, cite Séverine Karrer. "Nous travaillons la filière" de cancérologie.

"Nous avons beaucoup de projets en cours et nous allons lancer la réflexion sur le plan stratégique d'établissement avec un projet médical pour donner de la cohérence à ces projets et faire vivre aussi les projets non retenus par le Ségur", indique-t-elle.

Le plan stratégique et le projet médical sont attendus pour le 1er trimestre 2022 puis le schéma directeur immobilier au cours du 1er semestre 2022.

sl/ab/APMnews

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