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22/10 2020
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CLINIQUES DE PACA ET CORSE: "LA COORDINATION AVEC LE PUBLIC SE PASSE BIEN ET NOUS SOMMES PRÊTS" (FHP SUD-EST)

(Par Sylvain LABAUNE)

MARSEILLE, 22 octobre 2020 (APMnews) - La coordination des cliniques avec l'hôpital public pour la répartition des patients Covid-19 en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) et en Corse "se passe bien" et "nous sommes prêts à les recevoir", malgré des tensions sur les ressources humaines (RH), a déclaré mercredi à APMnews Jean-Louis Maurizi, réélu ce jour président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) Sud-Est.

La FHP Sud-Est couvre le territoire de Paca et de Corse. Elle compte 179 établissements adhérents (dont 16 en Corse) et dont 68 de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO).

Jean-Louis Maurizi a été réélu mercredi président de la fédération régionale lors d'un vote en conseil d'administration pour une durée de 3 ans. Il occupe ce poste depuis 2009 (voir encadré pour la composition du bureau), parallèlement à sa fonction de PDG de l'établissement de soins de suite et de réadaptation (SSR) Paul-Cézanne, à Mimet (Bouches-du-Rhône).

Il a expliqué que les cliniques des deux régions sont davantage mobilisées pendant cette deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 qu'en mars ou avril, du fait d'une répartition régionale des patients par les agences régionales de santé (ARS) dès les premières répliques cet été, au prorata des capacités de chacun des secteurs public, privé lucratif et non lucratif.

"Pendant la première vague, nous avons eu la chance de ne pas être impactés comme ont pu l'être les régions Grand Est et Ile-de-France. Nous avions eu le temps de se préparer et de se parler", a-t-il déclaré.

"Nous avons actuellement deux réunions toutes les semaines" en Paca sous l'égide du directeur général de l'ARS, Philippe De Mester. Une première réunion entre le directeur de l'organisation des soins, Anthony Valdez, et les trois autres fédérations: Fédération hospitalière de France (FHF), Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne privés solidaires (Fehap) et Unicancer. La seconde réunion se déroule avec les coordonnateurs des services de soins intensifs de la région.

"On se parle" et "on arrive à bien coopérer", "nous avions déjà l'habitude de travailler ensemble", a-t-il assuré.

"Je ne dis pas que tout a été idéal dès le début. Comme toujours, il peut y avoir des petites anicroches ou retards, mais c'est plus parce que les gens n'ont pas eu le bon numéro de téléphone ou réflexe. Il n'y a pas de sujet à faire polémique en Paca comme en Corse sur la collaboration entre le public et le privé", a-t-il affirmé.

En Paca, mercredi, 246 patients Covid étaient pris en charge en réanimation, a-t-il souligné. La répartition entre les différents secteurs était la suivante:

  • 160 patients dans les établissements de santé publics, soit 65%
  • 52 patients dans les cliniques et hôpitaux privés de statut commercial, soit 21%
  • 34 patients dans les établissements de santé privés de statut associatif, soit 14%.

Les réanimations du public représentent 63% des capacités de réanimation installées en Paca et celles du privé 37%, précise la FHP Sud-Est mercredi dans un point de situation dont APMnews a eu copie en complément de l'interview.

Le taux d'occupation des lits de réanimation (Covid et non Covid) dans la région était mercredi de 88%, avec 535 lits occupés sur 607 lits.

Dans les Bouches-du-Rhône, mercredi, sur les 165 patients Covid en réanimation, la répartition était de:

  • 95 patients dans les établissements de santé publics, soit 58%
  • 45 dans les cliniques et hôpitaux privés de statut commercial, soit 27%
  • 25 dans les établissements de santé privés de statut associatif, soit 15%.

Le taux d'occupation des lits de réanimation (Covid et non Covid) dans le département était mercredi de 91%, avec 337 lits occupés sur 371.

En ce qui concerne la Corse, le CHU de Nice est établissement de recours pour la réanimation, a précisé Jean-Louis Maurizi.

De nombreuses autorisations temporaires de réanimation

De nombreuses autorisations temporaires d'activité pour l'accueil de patients Covid ont été attribuées depuis septembre aux cliniques du territoire par l'ARS.

En réanimation, les autorisations "éphémères" délivrées fin mars dernier ont ainsi été "réactivées", a expliqué Jean-Louis Maurizi. C'est le cas notamment dans les Bouches-du-Rhône à la Clinique générale de Marignane et de l'Etang de l'Olivier à Istres (Almaviva Santé), ou de la clinique Rhône Durance à Avignon (Elsan).

Dans les Alpes-Maritimes, il s'agit notamment de la polyclinique Saint-Georges à Nice (Kantys) et de la polyclinique Saint-Jean de Cagnes-sur-Mer.

En médecine, des unités Covid "ont été recréées ou créées, avec également des capacités plus importantes". De même pour les établissements de SSR "qui se sont préparés à accueillir des patients Covid, après leur séjour en réanimation ou médecine".

Des lits de médecine Covid ont notamment été ouverts à la clinique du Parc impérial à Nice (Almaviva Santé), a souligné le président de la FHP Sud-Est.

Neuf cliniques ont un service d'urgence en Paca. Si "toutes n'avaient pas de réanimation", elles ont pu bénéficier depuis septembre de ces autorisations exceptionnelles. Par exemple, la clinique de Marignane, "qui a un gros service d'urgence mais pas de réanimation" en temps normal, accueillait mardi soir 6 malades Covid en réanimation.

Dans ces 9 établissements, les patients Covid arrivent "directement par les urgences et sont envoyés vers les services de médecine ou de réanimation", a-t-il continué.

Dans les cliniques possédant un service de réanimation mais pas d'urgence, les malades Covid sont transférés directement depuis les autres établissements. C'est le cas à la polyclinique Les Fleurs à Ollioules (Var, Elsan) "qui possède un important service de cardiologie et une réanimation", où les patients réanimatoires "avec un profil de difficulté cardiaque" sont notamment adressés par le centre hospitalier intercommunal (CHI) de Toulon/La Seyne-sur-Mer.

"Nous travaillons depuis trois semaines à toutes ces ouvertures de lits Covid et nous sommes aujourd'hui prêts à recevoir les patients", en tout cas, "il n'y a pas de difficultés au niveau du matériel" (masques, respirateurs, etc.), a déclaré Jean-Louis Maurizi.

Des difficultés RH mais pas de déprogrammation pour l'instant

Comme pour le secteur public, les RH sont "la difficulté" des cliniques du Sud-Est. "Pour armer 2 lits de réanimation, il faut 4 infirmières et 2 aides-soignantes." Et la différence essentielle entre la 1re et la 2e vague, "c'est qu'on ne peut plus utiliser les salles de réveil et les blocs opératoires" qui avaient été libérés par la déprogrammation, a-t-il souligné.

Il est nécessaire de trouver rapidement "du personnel formé". Après la première vague, "nous avons essayé d'en former en médecine et chirurgie", mais les cliniques sont notamment confrontées depuis par des cas d'infection du personnel. "Mardi soir, 15 professionnels d'un établissement de SSR des Bouches-du-Rhône étaient touchés et nous avons dû trouver une solution pour les remplacer."

Jusqu'à présent, "nous n'avons pas eu à déprogrammer dans nos cliniques". Cependant, "les réanimations sont pratiquement pleines" en Paca. "Si on prend le cas de l'hôpital privé Clairval à Marseille (Ramsay Santé), qui est l'établissement de référence ayant l'activité la plus lourde dans les Bouches-du-Rhône, il y avait mardi 27 patients non Covid en réanimation" et "tout le personnel était déjà utilisé".

Une discussion est en cours au sein de la FHP Sud-Est pour un éventuel passage au "palier suivant", c'est-à-dire "potentiellement un ralentissement plus important des programmations", indique-t-elle dans son point de situation de mercredi.

Le bureau de la FHP Sud-Est

Le conseil d’administration de la FHP Sud-Est a reconduit mercredi le bureau qui était précédemment en place. Sont ainsi réélus pour un nouveau mandat de 3 ans:

  • Président: Jean-Louis Maurizi
    Jean-Louis Maurizi
    Jean-Louis Maurizi

  • Président adjoint pour la Corse: Dr Jean Canarelli

  • Secrétaire général: Xavier Vaillant

  • Secrétaire générale adjointe: Sabine Giordano

  • Trésorière: Odile Agopian

  • Trésorier adjoint: Jean-Henri Gauthier

syl/ab/APMnews

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(Par Sylvain LABAUNE)

MARSEILLE, 22 octobre 2020 (APMnews) - La coordination des cliniques avec l'hôpital public pour la répartition des patients Covid-19 en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) et en Corse "se passe bien" et "nous sommes prêts à les recevoir", malgré des tensions sur les ressources humaines (RH), a déclaré mercredi à APMnews Jean-Louis Maurizi, réélu ce jour président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) Sud-Est.

La FHP Sud-Est couvre le territoire de Paca et de Corse. Elle compte 179 établissements adhérents (dont 16 en Corse) et dont 68 de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO).

Jean-Louis Maurizi a été réélu mercredi président de la fédération régionale lors d'un vote en conseil d'administration pour une durée de 3 ans. Il occupe ce poste depuis 2009 (voir encadré pour la composition du bureau), parallèlement à sa fonction de PDG de l'établissement de soins de suite et de réadaptation (SSR) Paul-Cézanne, à Mimet (Bouches-du-Rhône).

Il a expliqué que les cliniques des deux régions sont davantage mobilisées pendant cette deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 qu'en mars ou avril, du fait d'une répartition régionale des patients par les agences régionales de santé (ARS) dès les premières répliques cet été, au prorata des capacités de chacun des secteurs public, privé lucratif et non lucratif.

"Pendant la première vague, nous avons eu la chance de ne pas être impactés comme ont pu l'être les régions Grand Est et Ile-de-France. Nous avions eu le temps de se préparer et de se parler", a-t-il déclaré.

"Nous avons actuellement deux réunions toutes les semaines" en Paca sous l'égide du directeur général de l'ARS, Philippe De Mester. Une première réunion entre le directeur de l'organisation des soins, Anthony Valdez, et les trois autres fédérations: Fédération hospitalière de France (FHF), Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne privés solidaires (Fehap) et Unicancer. La seconde réunion se déroule avec les coordonnateurs des services de soins intensifs de la région.

"On se parle" et "on arrive à bien coopérer", "nous avions déjà l'habitude de travailler ensemble", a-t-il assuré.

"Je ne dis pas que tout a été idéal dès le début. Comme toujours, il peut y avoir des petites anicroches ou retards, mais c'est plus parce que les gens n'ont pas eu le bon numéro de téléphone ou réflexe. Il n'y a pas de sujet à faire polémique en Paca comme en Corse sur la collaboration entre le public et le privé", a-t-il affirmé.

En Paca, mercredi, 246 patients Covid étaient pris en charge en réanimation, a-t-il souligné. La répartition entre les différents secteurs était la suivante:

  • 160 patients dans les établissements de santé publics, soit 65%
  • 52 patients dans les cliniques et hôpitaux privés de statut commercial, soit 21%
  • 34 patients dans les établissements de santé privés de statut associatif, soit 14%.

Les réanimations du public représentent 63% des capacités de réanimation installées en Paca et celles du privé 37%, précise la FHP Sud-Est mercredi dans un point de situation dont APMnews a eu copie en complément de l'interview.

Le taux d'occupation des lits de réanimation (Covid et non Covid) dans la région était mercredi de 88%, avec 535 lits occupés sur 607 lits.

Dans les Bouches-du-Rhône, mercredi, sur les 165 patients Covid en réanimation, la répartition était de:

  • 95 patients dans les établissements de santé publics, soit 58%
  • 45 dans les cliniques et hôpitaux privés de statut commercial, soit 27%
  • 25 dans les établissements de santé privés de statut associatif, soit 15%.

Le taux d'occupation des lits de réanimation (Covid et non Covid) dans le département était mercredi de 91%, avec 337 lits occupés sur 371.

En ce qui concerne la Corse, le CHU de Nice est établissement de recours pour la réanimation, a précisé Jean-Louis Maurizi.

De nombreuses autorisations temporaires de réanimation

De nombreuses autorisations temporaires d'activité pour l'accueil de patients Covid ont été attribuées depuis septembre aux cliniques du territoire par l'ARS.

En réanimation, les autorisations "éphémères" délivrées fin mars dernier ont ainsi été "réactivées", a expliqué Jean-Louis Maurizi. C'est le cas notamment dans les Bouches-du-Rhône à la Clinique générale de Marignane et de l'Etang de l'Olivier à Istres (Almaviva Santé), ou de la clinique Rhône Durance à Avignon (Elsan).

Dans les Alpes-Maritimes, il s'agit notamment de la polyclinique Saint-Georges à Nice (Kantys) et de la polyclinique Saint-Jean de Cagnes-sur-Mer.

En médecine, des unités Covid "ont été recréées ou créées, avec également des capacités plus importantes". De même pour les établissements de SSR "qui se sont préparés à accueillir des patients Covid, après leur séjour en réanimation ou médecine".

Des lits de médecine Covid ont notamment été ouverts à la clinique du Parc impérial à Nice (Almaviva Santé), a souligné le président de la FHP Sud-Est.

Neuf cliniques ont un service d'urgence en Paca. Si "toutes n'avaient pas de réanimation", elles ont pu bénéficier depuis septembre de ces autorisations exceptionnelles. Par exemple, la clinique de Marignane, "qui a un gros service d'urgence mais pas de réanimation" en temps normal, accueillait mardi soir 6 malades Covid en réanimation.

Dans ces 9 établissements, les patients Covid arrivent "directement par les urgences et sont envoyés vers les services de médecine ou de réanimation", a-t-il continué.

Dans les cliniques possédant un service de réanimation mais pas d'urgence, les malades Covid sont transférés directement depuis les autres établissements. C'est le cas à la polyclinique Les Fleurs à Ollioules (Var, Elsan) "qui possède un important service de cardiologie et une réanimation", où les patients réanimatoires "avec un profil de difficulté cardiaque" sont notamment adressés par le centre hospitalier intercommunal (CHI) de Toulon/La Seyne-sur-Mer.

"Nous travaillons depuis trois semaines à toutes ces ouvertures de lits Covid et nous sommes aujourd'hui prêts à recevoir les patients", en tout cas, "il n'y a pas de difficultés au niveau du matériel" (masques, respirateurs, etc.), a déclaré Jean-Louis Maurizi.

Des difficultés RH mais pas de déprogrammation pour l'instant

Comme pour le secteur public, les RH sont "la difficulté" des cliniques du Sud-Est. "Pour armer 2 lits de réanimation, il faut 4 infirmières et 2 aides-soignantes." Et la différence essentielle entre la 1re et la 2e vague, "c'est qu'on ne peut plus utiliser les salles de réveil et les blocs opératoires" qui avaient été libérés par la déprogrammation, a-t-il souligné.

Il est nécessaire de trouver rapidement "du personnel formé". Après la première vague, "nous avons essayé d'en former en médecine et chirurgie", mais les cliniques sont notamment confrontées depuis par des cas d'infection du personnel. "Mardi soir, 15 professionnels d'un établissement de SSR des Bouches-du-Rhône étaient touchés et nous avons dû trouver une solution pour les remplacer."

Jusqu'à présent, "nous n'avons pas eu à déprogrammer dans nos cliniques". Cependant, "les réanimations sont pratiquement pleines" en Paca. "Si on prend le cas de l'hôpital privé Clairval à Marseille (Ramsay Santé), qui est l'établissement de référence ayant l'activité la plus lourde dans les Bouches-du-Rhône, il y avait mardi 27 patients non Covid en réanimation" et "tout le personnel était déjà utilisé".

Une discussion est en cours au sein de la FHP Sud-Est pour un éventuel passage au "palier suivant", c'est-à-dire "potentiellement un ralentissement plus important des programmations", indique-t-elle dans son point de situation de mercredi.

Le bureau de la FHP Sud-Est

Le conseil d’administration de la FHP Sud-Est a reconduit mercredi le bureau qui était précédemment en place. Sont ainsi réélus pour un nouveau mandat de 3 ans:

  • Président: Jean-Louis Maurizi
    Jean-Louis Maurizi
    Jean-Louis Maurizi

  • Président adjoint pour la Corse: Dr Jean Canarelli

  • Secrétaire général: Xavier Vaillant

  • Secrétaire générale adjointe: Sabine Giordano

  • Trésorière: Odile Agopian

  • Trésorier adjoint: Jean-Henri Gauthier

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