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26/11 2020
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COVID: "NOUS RESTONS À UN NIVEAU ASSEZ ÉLEVÉ DE PATIENTS HOSPITALISÉS" (DIRECTEUR DU CH MÉTROPOLE SAVOIE)

(Par Sabine NEULAT-ISARD)

CHAMBERY, 26 novembre 2020 (APMnews) - Malgré une "baisse" du nombre de patients Covid hospitalisés, "nous restons à un niveau assez élevé", "avec une décrue très progressive", a déclaré jeudi le directeur du centre hospitalier Métropole Savoie (Chambéry/Aix-les-Bains, CHMS), Florent Chambaz, dans un entretien à APMnews.

Interrogé jeudi, Florent Chambaz indique que dans son établissement, 171 patients Covid étaient toujours hospitalisés en médecine-chirurgie-obstétrique (MCO) et 26 en réanimation.

"La réanimation présente toujours un haut niveau d'occupation avec seulement 3 ou 4 places de disponibles", souligne-t-il.

Le CH Métropole Savoie, qui dispose habituellement de 18 lits de réanimation, en a ouvert jusqu'à 39 lors de cette deuxième vague épidémique. Actuellement, il en a encore 36 auxquels s'ajoutent 10 lits de surveillance continue.

Le pic de la deuxième vague a été atteint le 10 novembre, avec 350 patients en hospitalisation conventionnelle et réanimation, ce nombre étant porté à 500 en incluant les patients en soins de suite et réadaptation (SSR), en hospitalisation à domicile (HAD) et les résidents des établissements qui ont été positifs.

Lors de la première vague, le CHMS avait pris en charge, lors du pic, 93 patients Covid, souligne son directeur.

L'afflux de cas graves au cours des dernières semaines a conduit aux transferts de 23 patients qui étaient en réanimation vers des établissements d'autres régions. A jeudi midi, aucun nouveau transfert n'était prévu. Ceux qui ont été effectués l'ont été dans le cadre d'une "vraie organisation et coopération", aussi bien avec le territoire qu'avec l'agence régionale de santé (ARS) et les autres régions, salue Florent Chambaz.

Une situation toujours compliquée dans les Ehpad

Interrogé sur la situation des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), Florent Chambaz indique que la situation reste "très compliquée" (cf dépêche du 20/10/2020 à 17:58 et dépêche du 06/11/2020 à 17:52) et est toujours "une préoccupation au quotidien". Les Ehpad présents dans toute la Savoie ont été "assez touchés" par la deuxième vague, ce qui n'avait pas été le cas lors de la première.

Face à cette situation, les dirigeants ont dû arrêter les admissions et les visites des familles. "Aujourd'hui, on continue d'interdire les visites dans la plupart des Ehpad, même si la logique est appliquée établissement par établissement en fonction de la situation épidémiologique". "Tant qu'on a une épidémie qui est en cours, les visites ne sont pas autorisées", précise Florent Chambaz.

Comme d'autres dirigeants d'établissements, le responsable du CHMS confirme qu'un non-respect des gestes barrières avait été constaté avant l'arrivée de la vague de la part de "certaines familles". "J'ai été amené à faire des exclusions de familles. Malheureusement, cela n'a pas été suffisant", ajoute-t-il.

"La réouverture des Ehpad concernés se fera en fonction de la capacité qu'on aura à accueillir les familles et les résidents en toute sécurité", affirme-t-il.

Une autre différence entre la première et deuxième vague porte sur le niveau élevé de contaminations parmi les professionnels hospitaliers, comme pour la population générale. "Cela nous a beaucoup pénalisés", reconnaît Florent Chambaz.

Le CHMS a pu accueillir des étudiants en soins infirmiers, conformément à la décision prise au niveau régional de demander aux étudiants de deuxième année d'institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) d'aider les établissements pendant une période déterminée. "Plus de 80 étudiants de 2e année ont été mobilisés chez nous et pour les Ehpad du territoire", précise Florent Chambaz. Leur répartition entre les établissements médico-sociaux s'est faite sur la base d'un travail avec l'ARS et le conseil départemental.

Renforcement des coopérations

Interrogé sur les différences par rapport au printemps pour le CHMS et l'ensemble du département, il souligne "l'ampleur de la vague", ce qui a conduit à travailler "un peu différemment" et à renforcer des coopérations.

L'organisation de base mise en place dès le début de l'épidémie par l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes a été conservée. Elle repose sur un partage de la région en 8 territoires avec un établissement (les 4 CHU et 4 CH) missionné pour assurer le pilotage de l'ensemble des capacités d'accueil des patients Covid+ sur le territoire concerné et répartir les rôles entre chaque établissement.

Le CHMS, établissement support du groupement hospitalier de territoire (GHT) Savoie-Belley, a été missionné pour assurer la coordination des prises en charge dans tout son département et le secteur de Belley (Ain).

"Dès la première vague, nous avons travaillé avec l'ensemble du secteur public et privé, dont la clinique Herbert à Aix-les-Bains, le Médipôle de Savoie et les professionnels de santé libéraux. Tout le monde a joué le jeu", assure Florent Chambaz. "A chaque fois, on s'est organisé ensemble pour que les patients soient pris en charge au plus près de chez eux, en effectuant des transferts uniquement s'ils étaient utiles."

Le CHMS a fortement augmenté ses capacités en réanimation, étant le seul établissement de la Savoie à exercer cette activité. Le Médipôle de Savoie, le CH d'Albertville-Moûtiers et le CH de Belley ont pour leur part davantage augmenté les capacités de leurs unités de surveillance continue à l'occasion de la deuxième vague.

Actuellement, "avec les autres directeurs, les présidents des commissions médicales d'établissement (CME), des médecins, des infectiologues et les responsables médicaux en charge des situations sanitaires exceptionnelles, nous faisons une réunion deux fois par semaine", indique Florent Chambaz. "Nous essayons de nous coordonner sur des questions de prise en charge, de stratégie ou d'organisation, par rapport aux visites par exemple. Nous avons une vision collective des choses", se félicite-t-il.

Comme il l'a expliqué lors du Séminaire national des hospitaliers (SNHosp), organisé la semaine dernière en visioconférence, il indique que la crise a aussi permis d'"accélérer" des opérations inscrites dans le projet médical partagé du GHT.

Il cite en exemple le déplacement de chirurgiens gynécologues de Chambéry à l'hôpital d'Albertville-Moûtiers qui avait davantage de place pour qu'ils puissent effectuer des interventions. Il mentionne aussi les permanences assurées à l'hôpital de Saint-Jean de Maurienne par les gynécologues-obstétriciens de Chambéry, lors de la deuxième vague.

La crise a aussi conduit à "tripler voire quadrupler" l'activité de l'HAD. Tous les projets de coordination autour de l'infectiologie et de l'hygiène ont été également intensifiés, ajoute le directeur.

Des liens plus forts avec le secteur médico-social et la médecine de ville

Globalement, la crise aura permis d'installer de manière pérenne des "habitudes de coopération" entre établissements, et de développer des liens avec les Ehpad, des structures spécialisées dans la prise en charge du handicap ou des établissements de SSR, relève le directeur du CHMS. Les groupes contact qui avaient été mis en place lors de la première vague ont été maintenus et le resteront, assure-t-il.

En interne, la crise a permis de développer des groupes de travail associant plus étroitement des responsables administratifs et les médecins pour les prises de décision. Une évolution qui perdurera aussi, ajoute Florent Chambaz.

Elle a également conduit à "renforcer de manière très forte les liens avec la médecine de ville", se félicite-t-il.

Le projet de service d'accès aux soins (SAS) de la Savoie qui fait partie des 22 retenus au plan national pour une expérimentation en 2021 (cf dépêche du 23/11/2020 à 14:00) est une autre illustration de cette coopération avec la médecine de ville.

"Il existe déjà une coopération très forte entre la médecine de ville et le centre 15, avec des médecins libéraux qui participent à la régulation et se sont très fortement investis dans la gestion de la crise Covid." "Le SAS est la continuité de cette histoire et même un renforcement de cette coopération", assure Florent Chambaz.

La gouvernance du projet doit être prochainement arrêtée. Il s'agira d'une gouvernance "élargie" qui associera, en plus de la composition officielle, un chef de projet médical "identifié" et toutes les composantes médicales de ville pour permettre une adhésion globale au projet, promet-il.

san/ld/APMnews

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COVID: "NOUS RESTONS À UN NIVEAU ASSEZ ÉLEVÉ DE PATIENTS HOSPITALISÉS" (DIRECTEUR DU CH MÉTROPOLE SAVOIE)

(Par Sabine NEULAT-ISARD)

CHAMBERY, 26 novembre 2020 (APMnews) - Malgré une "baisse" du nombre de patients Covid hospitalisés, "nous restons à un niveau assez élevé", "avec une décrue très progressive", a déclaré jeudi le directeur du centre hospitalier Métropole Savoie (Chambéry/Aix-les-Bains, CHMS), Florent Chambaz, dans un entretien à APMnews.

Interrogé jeudi, Florent Chambaz indique que dans son établissement, 171 patients Covid étaient toujours hospitalisés en médecine-chirurgie-obstétrique (MCO) et 26 en réanimation.

"La réanimation présente toujours un haut niveau d'occupation avec seulement 3 ou 4 places de disponibles", souligne-t-il.

Le CH Métropole Savoie, qui dispose habituellement de 18 lits de réanimation, en a ouvert jusqu'à 39 lors de cette deuxième vague épidémique. Actuellement, il en a encore 36 auxquels s'ajoutent 10 lits de surveillance continue.

Le pic de la deuxième vague a été atteint le 10 novembre, avec 350 patients en hospitalisation conventionnelle et réanimation, ce nombre étant porté à 500 en incluant les patients en soins de suite et réadaptation (SSR), en hospitalisation à domicile (HAD) et les résidents des établissements qui ont été positifs.

Lors de la première vague, le CHMS avait pris en charge, lors du pic, 93 patients Covid, souligne son directeur.

L'afflux de cas graves au cours des dernières semaines a conduit aux transferts de 23 patients qui étaient en réanimation vers des établissements d'autres régions. A jeudi midi, aucun nouveau transfert n'était prévu. Ceux qui ont été effectués l'ont été dans le cadre d'une "vraie organisation et coopération", aussi bien avec le territoire qu'avec l'agence régionale de santé (ARS) et les autres régions, salue Florent Chambaz.

Une situation toujours compliquée dans les Ehpad

Interrogé sur la situation des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), Florent Chambaz indique que la situation reste "très compliquée" (cf dépêche du 20/10/2020 à 17:58 et dépêche du 06/11/2020 à 17:52) et est toujours "une préoccupation au quotidien". Les Ehpad présents dans toute la Savoie ont été "assez touchés" par la deuxième vague, ce qui n'avait pas été le cas lors de la première.

Face à cette situation, les dirigeants ont dû arrêter les admissions et les visites des familles. "Aujourd'hui, on continue d'interdire les visites dans la plupart des Ehpad, même si la logique est appliquée établissement par établissement en fonction de la situation épidémiologique". "Tant qu'on a une épidémie qui est en cours, les visites ne sont pas autorisées", précise Florent Chambaz.

Comme d'autres dirigeants d'établissements, le responsable du CHMS confirme qu'un non-respect des gestes barrières avait été constaté avant l'arrivée de la vague de la part de "certaines familles". "J'ai été amené à faire des exclusions de familles. Malheureusement, cela n'a pas été suffisant", ajoute-t-il.

"La réouverture des Ehpad concernés se fera en fonction de la capacité qu'on aura à accueillir les familles et les résidents en toute sécurité", affirme-t-il.

Une autre différence entre la première et deuxième vague porte sur le niveau élevé de contaminations parmi les professionnels hospitaliers, comme pour la population générale. "Cela nous a beaucoup pénalisés", reconnaît Florent Chambaz.

Le CHMS a pu accueillir des étudiants en soins infirmiers, conformément à la décision prise au niveau régional de demander aux étudiants de deuxième année d'institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) d'aider les établissements pendant une période déterminée. "Plus de 80 étudiants de 2e année ont été mobilisés chez nous et pour les Ehpad du territoire", précise Florent Chambaz. Leur répartition entre les établissements médico-sociaux s'est faite sur la base d'un travail avec l'ARS et le conseil départemental.

Renforcement des coopérations

Interrogé sur les différences par rapport au printemps pour le CHMS et l'ensemble du département, il souligne "l'ampleur de la vague", ce qui a conduit à travailler "un peu différemment" et à renforcer des coopérations.

L'organisation de base mise en place dès le début de l'épidémie par l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes a été conservée. Elle repose sur un partage de la région en 8 territoires avec un établissement (les 4 CHU et 4 CH) missionné pour assurer le pilotage de l'ensemble des capacités d'accueil des patients Covid+ sur le territoire concerné et répartir les rôles entre chaque établissement.

Le CHMS, établissement support du groupement hospitalier de territoire (GHT) Savoie-Belley, a été missionné pour assurer la coordination des prises en charge dans tout son département et le secteur de Belley (Ain).

"Dès la première vague, nous avons travaillé avec l'ensemble du secteur public et privé, dont la clinique Herbert à Aix-les-Bains, le Médipôle de Savoie et les professionnels de santé libéraux. Tout le monde a joué le jeu", assure Florent Chambaz. "A chaque fois, on s'est organisé ensemble pour que les patients soient pris en charge au plus près de chez eux, en effectuant des transferts uniquement s'ils étaient utiles."

Le CHMS a fortement augmenté ses capacités en réanimation, étant le seul établissement de la Savoie à exercer cette activité. Le Médipôle de Savoie, le CH d'Albertville-Moûtiers et le CH de Belley ont pour leur part davantage augmenté les capacités de leurs unités de surveillance continue à l'occasion de la deuxième vague.

Actuellement, "avec les autres directeurs, les présidents des commissions médicales d'établissement (CME), des médecins, des infectiologues et les responsables médicaux en charge des situations sanitaires exceptionnelles, nous faisons une réunion deux fois par semaine", indique Florent Chambaz. "Nous essayons de nous coordonner sur des questions de prise en charge, de stratégie ou d'organisation, par rapport aux visites par exemple. Nous avons une vision collective des choses", se félicite-t-il.

Comme il l'a expliqué lors du Séminaire national des hospitaliers (SNHosp), organisé la semaine dernière en visioconférence, il indique que la crise a aussi permis d'"accélérer" des opérations inscrites dans le projet médical partagé du GHT.

Il cite en exemple le déplacement de chirurgiens gynécologues de Chambéry à l'hôpital d'Albertville-Moûtiers qui avait davantage de place pour qu'ils puissent effectuer des interventions. Il mentionne aussi les permanences assurées à l'hôpital de Saint-Jean de Maurienne par les gynécologues-obstétriciens de Chambéry, lors de la deuxième vague.

La crise a aussi conduit à "tripler voire quadrupler" l'activité de l'HAD. Tous les projets de coordination autour de l'infectiologie et de l'hygiène ont été également intensifiés, ajoute le directeur.

Des liens plus forts avec le secteur médico-social et la médecine de ville

Globalement, la crise aura permis d'installer de manière pérenne des "habitudes de coopération" entre établissements, et de développer des liens avec les Ehpad, des structures spécialisées dans la prise en charge du handicap ou des établissements de SSR, relève le directeur du CHMS. Les groupes contact qui avaient été mis en place lors de la première vague ont été maintenus et le resteront, assure-t-il.

En interne, la crise a permis de développer des groupes de travail associant plus étroitement des responsables administratifs et les médecins pour les prises de décision. Une évolution qui perdurera aussi, ajoute Florent Chambaz.

Elle a également conduit à "renforcer de manière très forte les liens avec la médecine de ville", se félicite-t-il.

Le projet de service d'accès aux soins (SAS) de la Savoie qui fait partie des 22 retenus au plan national pour une expérimentation en 2021 (cf dépêche du 23/11/2020 à 14:00) est une autre illustration de cette coopération avec la médecine de ville.

"Il existe déjà une coopération très forte entre la médecine de ville et le centre 15, avec des médecins libéraux qui participent à la régulation et se sont très fortement investis dans la gestion de la crise Covid." "Le SAS est la continuité de cette histoire et même un renforcement de cette coopération", assure Florent Chambaz.

La gouvernance du projet doit être prochainement arrêtée. Il s'agira d'une gouvernance "élargie" qui associera, en plus de la composition officielle, un chef de projet médical "identifié" et toutes les composantes médicales de ville pour permettre une adhésion globale au projet, promet-il.

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