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22/09 2022
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CPTS: UNE "TRÈS FORTE DYNAMIQUE", AVEC DÉSORMAIS 311 SIGNATAIRES DE L'AVENANT CONVENTIONNEL (THOMAS FATÔME)

(Par Maryannick LE BRIS, aux journées nationales des CPTS)

NANTES, 22 septembre 2022 (APMnews) - La Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam) dénombre 311 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ayant signé l'avenant conventionnel interprofessionnel (ACI), a précisé mercredi son directeur général, Thomas Fatôme, se félicitant de la dynamique "très forte" de ce maillage territorial, lors des journées nationales organisées jusqu'à vendredi par la Fédération des CPTS.

Ce chiffre montre que "pas loin de 40% de la population [est] couverte par une CPTS créée et allée au bout du chemin administratif", a souligné Thomas Fatôme. "En trois ans, les CPTS se sont installées" dans le paysage institutionnel mais surtout "dans les territoires".

Il faut "continuer le maillage territorial" et couvrir également les "zones blanches", c'est-à-dire dans lesquelles "il y a peu de médecins, de professionnels de santé", donc des "difficultés à avoir des porteurs de projets", a-t-il ajouté. C'est "l'un des éléments sur lesquels on aura besoin de travailler dans les prochaines semaines, les prochains mois".

Le directeur général de l'assurance maladie a aussi souligné son souhait d'ériger en priorités la mission d'accès aux soins des CPTS et leur contribution dans la réponse aux soins non programmés. L'enjeu est de soutenir les CPTS dans ces actions, notamment "en matière de protocole de coopération, de délégation de tâches, de mobilisation d'autres professions de santé que les médecins".

La CPTS "ne va pas créer des médecins par un coup de baguette magique, mais c'est un élément d'attractivité sur le territoire", a-t-il également considéré, suggérant qu'elles figureront en bonne place dans les débats du Conseil national de la refondation (CNR)-Santé.

L'avenant 2 à l'ACI signé fin 2021 (cf dépêche du 22/12/2021 à 19:17) est le "marqueur d'un soutien renforcé aux CPTS", a fait valoir Thomas Fatôme. Il est notamment venu "consolider leur rôle d'acteurs dans la crise sanitaire" du Covid, avec une nouvelle mission socle portant sur "la réponse aux crises sanitaires graves".

L'avenant aborde aussi l'articulation de la mission "accès aux soins" des CPTS avec le dispositif de service d'accès aux soins (SAS), a-t-il rappelé.

"On a essayé de proposer dans l'avenant à la fois des moyens et des objectifs un peu plus clairs, mais probablement que ce sont des sujets sur lesquels on a besoin de travailler" davantage.

Thomas Fatôme répondait ainsi à des inquiétudes, notamment exprimées par le président de la Fédération des CPTS, Claude Leicher, sur le sujet des indicateurs, en particulier le taux de passages aux urgences s'agissant de la mission "accès aux soins".

"Je suis d'accord que les indices de fréquentation aux urgences ont un lien qui peut être indirect [avec le fonctionnement de la CPTS], sans doute que l'on doit continuer à travailler sur ces items, pour les simplifier", a-t-il admis.

"On met 40 millions d'euros sur la table par an pour les CPTS, ce sera sans doute 50% en plus en 2022, au moins 60-70 millions", a-t-il chiffré, considérant qu'il "n'est pas totalement absurde d'essayer de mesurer si elles produisent des actions et des résultats".

"On a sans doute été trop ambitieux sur certains indicateurs, essayons de mesurer ce qui est à la portée des acteurs mais sans diminuer le niveau d'exigence", a-t-il considéré.

Des attentes sur l'évolution des indicateurs de résultat

"Nous sommes aujourd'hui en difficulté en plein d'endroits avec des indicateurs de résultat", a observé Claude Leicher lors de son discours d'ouverture. "Il est évident que même si on a des process innovants, il n'est pas question de nous attribuer la responsabilité de la totalité de la fréquentation des urgences. Pour autant, on a la capacité d'aider les structures hospitalières à mieux fonctionner."

Le président de la Fédération des CPTS a également pointé la forte dynamique de développement des CPTS, faisant état de "733 réalisations ou projets" à fin juillet.

"Si les 733 projets aboutissent tous, nous couvrons potentiellement un peu plus de 60 millions d'habitants", sachant que "la moyenne populationnelle couverte par CPTS est de 82.000 habitants".

"Deux à trois ans est le temps minimum de rodage pour qu'elles se mettent vraiment en route", le chantier sera donc long, "mais n'ayons pas peur du temps" pour faire correctement monter en charge le dispositif, a-t-il estimé.

"La dynamique est aussi la capacité de s'adapter", comme l'ont montré les initiatives prises pendant la crise sanitaire du Covid, a poursuivi Claude Leicher.

Dans le cadre des mesures de la mission flash sur les urgences et les soins non programmés, les "protocoles pluriprofessionnels de prise en charge de situations que l'on peut analyser comme des demandes de soins non programmés" ont été étendus aux CPTS, a-t-il mentionné, faisant référence à des protocoles auparavant prévus pour les centres de santé et maisons de santé pluriprofessionnelles (cf dépêche du 12/07/2022 à 12:50 et dépêche du 13/07/2022 à 16:16).

Ces six protocoles ont été "déployés, de façon inégale", dans "32 CPTS" et dans "13 régions différentes", celui le plus mis en oeuvre concernant la prise en charge de la cystite.

Les CPTS "sont l'avenir du système de santé, puisque les pouvoirs publics commencent à nous ajouter des missions les unes après les autres", a ironisé le président de la fédération.

Mais "la mission la plus impérative est celle de prendre en charge les populations" qui ont des difficultés d'accès aux soins, a-t-il insisté. Ce qui nécessite à ses yeux une "bonne utilisation de la bonne compétence au bon moment pour avoir des perspectives d'amélioration de la prise en charge des patients", mais aussi des "souplesses conventionnelles" pour accompagner cette répartition des compétences sur le plan économique.

Les CPTS "sont devenues des outils de coordination incontournables pour les professionnels au bénéfice des territoires, mais surtout au bénéfice des patients", a félicité Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée chargée de l'organisation territoriale et des professions de santé, dans un message vidéo diffusé en ouverture de la journée.

"Avant le début de la crise sanitaire, beaucoup n'en voyaient pas l'intérêt, moi la première, je dois bien vous l'avouer", a-t-elle déclaré, avant d'ajouter que la mission de son "ministère sera de continuer à [les] développer".

mlb/ab/APMnews

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NANTES, 22 septembre 2022 (APMnews) - La Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam) dénombre 311 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ayant signé l'avenant conventionnel interprofessionnel (ACI), a précisé mercredi son directeur général, Thomas Fatôme, se félicitant de la dynamique "très forte" de ce maillage territorial, lors des journées nationales organisées jusqu'à vendredi par la Fédération des CPTS.

Ce chiffre montre que "pas loin de 40% de la population [est] couverte par une CPTS créée et allée au bout du chemin administratif", a souligné Thomas Fatôme. "En trois ans, les CPTS se sont installées" dans le paysage institutionnel mais surtout "dans les territoires".

Il faut "continuer le maillage territorial" et couvrir également les "zones blanches", c'est-à-dire dans lesquelles "il y a peu de médecins, de professionnels de santé", donc des "difficultés à avoir des porteurs de projets", a-t-il ajouté. C'est "l'un des éléments sur lesquels on aura besoin de travailler dans les prochaines semaines, les prochains mois".

Le directeur général de l'assurance maladie a aussi souligné son souhait d'ériger en priorités la mission d'accès aux soins des CPTS et leur contribution dans la réponse aux soins non programmés. L'enjeu est de soutenir les CPTS dans ces actions, notamment "en matière de protocole de coopération, de délégation de tâches, de mobilisation d'autres professions de santé que les médecins".

La CPTS "ne va pas créer des médecins par un coup de baguette magique, mais c'est un élément d'attractivité sur le territoire", a-t-il également considéré, suggérant qu'elles figureront en bonne place dans les débats du Conseil national de la refondation (CNR)-Santé.

L'avenant 2 à l'ACI signé fin 2021 (cf dépêche du 22/12/2021 à 19:17) est le "marqueur d'un soutien renforcé aux CPTS", a fait valoir Thomas Fatôme. Il est notamment venu "consolider leur rôle d'acteurs dans la crise sanitaire" du Covid, avec une nouvelle mission socle portant sur "la réponse aux crises sanitaires graves".

L'avenant aborde aussi l'articulation de la mission "accès aux soins" des CPTS avec le dispositif de service d'accès aux soins (SAS), a-t-il rappelé.

"On a essayé de proposer dans l'avenant à la fois des moyens et des objectifs un peu plus clairs, mais probablement que ce sont des sujets sur lesquels on a besoin de travailler" davantage.

Thomas Fatôme répondait ainsi à des inquiétudes, notamment exprimées par le président de la Fédération des CPTS, Claude Leicher, sur le sujet des indicateurs, en particulier le taux de passages aux urgences s'agissant de la mission "accès aux soins".

"Je suis d'accord que les indices de fréquentation aux urgences ont un lien qui peut être indirect [avec le fonctionnement de la CPTS], sans doute que l'on doit continuer à travailler sur ces items, pour les simplifier", a-t-il admis.

"On met 40 millions d'euros sur la table par an pour les CPTS, ce sera sans doute 50% en plus en 2022, au moins 60-70 millions", a-t-il chiffré, considérant qu'il "n'est pas totalement absurde d'essayer de mesurer si elles produisent des actions et des résultats".

"On a sans doute été trop ambitieux sur certains indicateurs, essayons de mesurer ce qui est à la portée des acteurs mais sans diminuer le niveau d'exigence", a-t-il considéré.

Des attentes sur l'évolution des indicateurs de résultat

"Nous sommes aujourd'hui en difficulté en plein d'endroits avec des indicateurs de résultat", a observé Claude Leicher lors de son discours d'ouverture. "Il est évident que même si on a des process innovants, il n'est pas question de nous attribuer la responsabilité de la totalité de la fréquentation des urgences. Pour autant, on a la capacité d'aider les structures hospitalières à mieux fonctionner."

Le président de la Fédération des CPTS a également pointé la forte dynamique de développement des CPTS, faisant état de "733 réalisations ou projets" à fin juillet.

"Si les 733 projets aboutissent tous, nous couvrons potentiellement un peu plus de 60 millions d'habitants", sachant que "la moyenne populationnelle couverte par CPTS est de 82.000 habitants".

"Deux à trois ans est le temps minimum de rodage pour qu'elles se mettent vraiment en route", le chantier sera donc long, "mais n'ayons pas peur du temps" pour faire correctement monter en charge le dispositif, a-t-il estimé.

"La dynamique est aussi la capacité de s'adapter", comme l'ont montré les initiatives prises pendant la crise sanitaire du Covid, a poursuivi Claude Leicher.

Dans le cadre des mesures de la mission flash sur les urgences et les soins non programmés, les "protocoles pluriprofessionnels de prise en charge de situations que l'on peut analyser comme des demandes de soins non programmés" ont été étendus aux CPTS, a-t-il mentionné, faisant référence à des protocoles auparavant prévus pour les centres de santé et maisons de santé pluriprofessionnelles (cf dépêche du 12/07/2022 à 12:50 et dépêche du 13/07/2022 à 16:16).

Ces six protocoles ont été "déployés, de façon inégale", dans "32 CPTS" et dans "13 régions différentes", celui le plus mis en oeuvre concernant la prise en charge de la cystite.

Les CPTS "sont l'avenir du système de santé, puisque les pouvoirs publics commencent à nous ajouter des missions les unes après les autres", a ironisé le président de la fédération.

Mais "la mission la plus impérative est celle de prendre en charge les populations" qui ont des difficultés d'accès aux soins, a-t-il insisté. Ce qui nécessite à ses yeux une "bonne utilisation de la bonne compétence au bon moment pour avoir des perspectives d'amélioration de la prise en charge des patients", mais aussi des "souplesses conventionnelles" pour accompagner cette répartition des compétences sur le plan économique.

Les CPTS "sont devenues des outils de coordination incontournables pour les professionnels au bénéfice des territoires, mais surtout au bénéfice des patients", a félicité Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée chargée de l'organisation territoriale et des professions de santé, dans un message vidéo diffusé en ouverture de la journée.

"Avant le début de la crise sanitaire, beaucoup n'en voyaient pas l'intérêt, moi la première, je dois bien vous l'avouer", a-t-elle déclaré, avant d'ajouter que la mission de son "ministère sera de continuer à [les] développer".

mlb/ab/APMnews

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