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FRANCE 2030: 80 MILLIONS D'EUROS POUR LA RECHERCHE EN PSYCHIATRIE DE PRÉCISION
La ministre Sylvie Retailleau a présenté les lauréats de la deuxième vague de l'appel à projets PEPR, qui "constituent le volet amont/recherche des stratégies de France 2030", lors d'un déplacement, lundi, à Montpellier, ville choisie pour sa place connue et reconnue au niveau international dans le domaine de l'écologie, de l'environnement et de la biodiversité.
Parmi les 13 projets retenus par un jury international, PROPSY est le seul à s'inscrire spécifiquement dans le champ de la santé. Piloté par l'Inserm et le CNRS, ce projet a "pour ambition de déployer une médecine de précision en psychiatrie, pour les quatre troubles les plus invalidants: les troubles bipolaires, les troubles dépressifs majeurs, les schizophrénies et les troubles du spectre de l'autisme", expose la ministre dans une copie de son discours.
Il a été demandé au porteur du projet d'inclure "une attention et des actions particulières sur la santé mentale des jeunes", ajoute-t-elle.
Sylvie Retailleau rappelle par ailleurs avoir rendu visite -début juillet- au laboratoire à Créteil, auquel est rattachée la responsable scientifique du projet, le Pr Marion Leboyer, codirectrice du laboratoire "Neuropsychiatrie translationnelle" au sein de l'Institut Mondor de recherche biomédicale (IMRB, unité 955 Inserm/Université Paris-Est Créteil, Upec).
Selon le dossier de presse, les défis de la médecine de précision en psychiatrie sont:
- découvrir des biomarqueurs pronostiques et de stratification
- mieux comprendre les causes et mécanismes sous-jacents
- développer des stratégies thérapeutiques ciblées
- réduire la stigmatisation et les fausses représentations
- diminuer les coûts.
Pour réaliser les progrès nécessaires au déploiement de cette psychiatrie de précision, une base de données harmonisée multimodale sera créée, provenant de "plus de 10.000 patients phénotypés de manière complète et systématique", issus des cohortes existantes et d'une nouvelle cohorte dite "French Minds". Celle-ci doit inclure 3.000 patients adultes, évalués de manière exhaustive sur le plan clinique, comportemental, environnemental, à l'aide d'outils numériques, de marqueurs biologiques et d'imagerie cérébrale.
"De nouvelles stratégies thérapeutiques allant de la e-santé aux immunomodulateurs, à la stimulation cérébrale ou aux biothérapies seront testées dans des sous-groupes de patients stratifiés sur des biomarqueurs", poursuivent le ministère chargé de la recherche et le secrétariat général pour l'investissement.
"Le développement d'une nouvelle filière biomédicale française en santé mentale, incluant pharma, medtech et digital sera soutenue par des partenariats public-privé."
Le programme vise également à "créer une nouvelle génération de scientifiques et de soignants en psychiatrie grâce à des actions de formation et en augmentant l'attractivité".
Dans un communiqué commun, l'Inserm et le CNRS se félicitent du fait que ce "programme d'envergure" prévu sur cinq ans, avec pour objectif de "révolutionner le diagnostic de ces troubles et la prise en charge des patients", ait été retenu par le gouvernement.
"C'est une décision extrêmement importante et porteuse d'espoir pour des millions de patients, de leurs familles, et aussi des chercheurs et des soignants, alors que la santé mentale s'est dégradée avec la crise sanitaire (+ 30% de dépressions)", soulignent le PDG de l'Inserm, Gilles Bloch, et le Pr Leboyer dans le communiqué.
"Le projet s'appuiera sur des partenaires aux compétences reconnues et complémentaires", poursuivent les deux organismes de recherche, citant la Fondation FondaMental, le CEA, Sorbonne Université, les universités de Bordeaux, Lille, Paris et l'Upec.
La Fondation FondaMental, dont le Pr Leboyer est par ailleurs la directrice, salue un "succès historique", "un effort à ce jour inégalé pour la recherche en psychiatrie".
Les pathologies psychiatriques sont des pathologies chroniques, débutant tôt au cours de la vie et figurant parmi cinq des 10 principales causes d'invalidité. En plus de leur impact psychosocial, elles réduisent l'espérance de vie de 15 à 20 ans à cause des comorbidités somatiques et du suicide. Leur coût total en France était estimé à 160 milliards d'euros en 2018, majoritairement lié aux coûts indirects, positionnant les pathologies psychiatriques comme un enjeu majeur du XXIe siècle, rappelle la fondation dans un communiqué.
Parmi les 12 autres projets retenus, plusieurs pourront avoir un impact de la santé, selon le dossier de presse. Le projet LUMA (40,38 millions d'euros), pour valoriser les interactions lumière-matière, vise notamment à utiliser la lumière pour "protéger" l'environnement, le patrimoine culturel ou la santé. O2R sur la robotique organique (34 millions d'euros) prévoit d'avoir des effets "à court terme sur le domaine de la santé et plus généralement sur l'assistance à la personne".
Le programme SPIN d'innovations spintroniques pour un numérique "frugal, agile et durable" (38,13 millions d'euros) doit permettre de répondre à terme à des enjeux forts de souveraineté en technologie de l'information, de la sécurité, de l'énergie et de la santé.
Un total de 600 millions d'euros a été attribué à ces 13 nouveaux programmes. Par ailleurs, six projets correspondant à la thématique environnement et quatre relèvent du thème "technologie et numérique".
ld/nc/APMnews
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La ministre Sylvie Retailleau a présenté les lauréats de la deuxième vague de l'appel à projets PEPR, qui "constituent le volet amont/recherche des stratégies de France 2030", lors d'un déplacement, lundi, à Montpellier, ville choisie pour sa place connue et reconnue au niveau international dans le domaine de l'écologie, de l'environnement et de la biodiversité.
Parmi les 13 projets retenus par un jury international, PROPSY est le seul à s'inscrire spécifiquement dans le champ de la santé. Piloté par l'Inserm et le CNRS, ce projet a "pour ambition de déployer une médecine de précision en psychiatrie, pour les quatre troubles les plus invalidants: les troubles bipolaires, les troubles dépressifs majeurs, les schizophrénies et les troubles du spectre de l'autisme", expose la ministre dans une copie de son discours.
Il a été demandé au porteur du projet d'inclure "une attention et des actions particulières sur la santé mentale des jeunes", ajoute-t-elle.
Sylvie Retailleau rappelle par ailleurs avoir rendu visite -début juillet- au laboratoire à Créteil, auquel est rattachée la responsable scientifique du projet, le Pr Marion Leboyer, codirectrice du laboratoire "Neuropsychiatrie translationnelle" au sein de l'Institut Mondor de recherche biomédicale (IMRB, unité 955 Inserm/Université Paris-Est Créteil, Upec).
Selon le dossier de presse, les défis de la médecine de précision en psychiatrie sont:
- découvrir des biomarqueurs pronostiques et de stratification
- mieux comprendre les causes et mécanismes sous-jacents
- développer des stratégies thérapeutiques ciblées
- réduire la stigmatisation et les fausses représentations
- diminuer les coûts.
Pour réaliser les progrès nécessaires au déploiement de cette psychiatrie de précision, une base de données harmonisée multimodale sera créée, provenant de "plus de 10.000 patients phénotypés de manière complète et systématique", issus des cohortes existantes et d'une nouvelle cohorte dite "French Minds". Celle-ci doit inclure 3.000 patients adultes, évalués de manière exhaustive sur le plan clinique, comportemental, environnemental, à l'aide d'outils numériques, de marqueurs biologiques et d'imagerie cérébrale.
"De nouvelles stratégies thérapeutiques allant de la e-santé aux immunomodulateurs, à la stimulation cérébrale ou aux biothérapies seront testées dans des sous-groupes de patients stratifiés sur des biomarqueurs", poursuivent le ministère chargé de la recherche et le secrétariat général pour l'investissement.
"Le développement d'une nouvelle filière biomédicale française en santé mentale, incluant pharma, medtech et digital sera soutenue par des partenariats public-privé."
Le programme vise également à "créer une nouvelle génération de scientifiques et de soignants en psychiatrie grâce à des actions de formation et en augmentant l'attractivité".
Dans un communiqué commun, l'Inserm et le CNRS se félicitent du fait que ce "programme d'envergure" prévu sur cinq ans, avec pour objectif de "révolutionner le diagnostic de ces troubles et la prise en charge des patients", ait été retenu par le gouvernement.
"C'est une décision extrêmement importante et porteuse d'espoir pour des millions de patients, de leurs familles, et aussi des chercheurs et des soignants, alors que la santé mentale s'est dégradée avec la crise sanitaire (+ 30% de dépressions)", soulignent le PDG de l'Inserm, Gilles Bloch, et le Pr Leboyer dans le communiqué.
"Le projet s'appuiera sur des partenaires aux compétences reconnues et complémentaires", poursuivent les deux organismes de recherche, citant la Fondation FondaMental, le CEA, Sorbonne Université, les universités de Bordeaux, Lille, Paris et l'Upec.
La Fondation FondaMental, dont le Pr Leboyer est par ailleurs la directrice, salue un "succès historique", "un effort à ce jour inégalé pour la recherche en psychiatrie".
Les pathologies psychiatriques sont des pathologies chroniques, débutant tôt au cours de la vie et figurant parmi cinq des 10 principales causes d'invalidité. En plus de leur impact psychosocial, elles réduisent l'espérance de vie de 15 à 20 ans à cause des comorbidités somatiques et du suicide. Leur coût total en France était estimé à 160 milliards d'euros en 2018, majoritairement lié aux coûts indirects, positionnant les pathologies psychiatriques comme un enjeu majeur du XXIe siècle, rappelle la fondation dans un communiqué.
Parmi les 12 autres projets retenus, plusieurs pourront avoir un impact de la santé, selon le dossier de presse. Le projet LUMA (40,38 millions d'euros), pour valoriser les interactions lumière-matière, vise notamment à utiliser la lumière pour "protéger" l'environnement, le patrimoine culturel ou la santé. O2R sur la robotique organique (34 millions d'euros) prévoit d'avoir des effets "à court terme sur le domaine de la santé et plus généralement sur l'assistance à la personne".
Le programme SPIN d'innovations spintroniques pour un numérique "frugal, agile et durable" (38,13 millions d'euros) doit permettre de répondre à terme à des enjeux forts de souveraineté en technologie de l'information, de la sécurité, de l'énergie et de la santé.
Un total de 600 millions d'euros a été attribué à ces 13 nouveaux programmes. Par ailleurs, six projets correspondant à la thématique environnement et quatre relèvent du thème "technologie et numérique".
ld/nc/APMnews
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