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06/01 2026
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GRÈVE DES MÉDECINS LIBÉRAUX: LE MOUVEMENT PEU SUIVI DANS LES HÔPITAUX, MAIS DES PERTURBATIONS SUR DES ACTIVITÉS

(Par la rédaction d'APMnews)

PARIS, 6 janvier 2026 (APMnews) - Le mouvement de grève de 10 jours entamé lundi à l'appel des syndicats de médecins libéraux, d'internes et d'étudiants en médecine est peu suivi du côté des jeunes praticiens dans les hôpitaux, mais entraîne des perturbations dans certains établissements du fait notamment d'un accroissement du recours aux urgences, selon des informations recueillies par APMnews lundi et mardi auprès de centres hospitaliers, de CHU et de syndicats.

Ce mouvement de grève, annoncé fin novembre, a débuté lundi et doit durer dix jours (cf dépêche du 27/11/2025 à 12:03). Une manifestation est par ailleurs prévue le samedi 10 janvier à Paris à partir de 13 heures.

Selon les syndicats de médecins libéraux et la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), contactés lundi, le mouvement devrait être très suivi en ville, marqué par de nombreuses fermetures de cabinets médicaux (cf dépêche du 05/01/2026 à 18:31).

A l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), les chiffres de la mobilisation étaient faibles dans les quatre groupements hospitalo-universitaires (GHU) Sorbonne-Université, Henri-Mondor, Centre-Université Paris Cité et Université Paris Saclay.

Les taux de mobilisation et de participation s'élevaient à 0,7% pour les hospitalo-universitaires et les praticiens hospitaliers et à 3,6% pour les internes et les externes. Au lendemain du début de la grève, l'AP-HP a communiqué n'avoir détecté "aucun impact" sur ses activités.

Les Hospices civils de Lyon (HCL), qui comptaient, fin 2024, 5.606 personnels médicaux, dont 2.395 personnels médicaux juniors (étudiants, internes, faisant fonction d'interne), 2.901 médecins seniors (avec 370 médecins hospitalo-universitaires seniors), ont également noté lundi une faible mobilisation, dénombrant au total, parmi les grévistes déclarés, "50 internes, huit externes et 15 seniors".

Le CHU d'Angers rapportait quant à lui lundi soir un taux de participation de 2,2% seulement pour la grève des internes.

Le CHU de Lille a enregistré 17 grévistes chez les internes et externes lundi, dont 8 sont en stage au CHU (les autres en stage extérieur). Mardi, il comptait 17 grévistes déclarés, dont six sont en stage au CHU (les autres en stage extérieur).

La direction du CHU de Besançon a rapporté lundi à APMnews que le mouvement social n'avait "pas d'impact" sur son fonctionnement, tandis qu'aucun gréviste n'était recensé "à ce stade" parmi les régulateurs libéraux du service d'accès aux soins (SAS) ni parmi les médecins de la maison médicale de garde adossée au CHU.

Au CHU de Nancy, l'établissement a rapporté lundi que la grève n'avait "aucun impact sur l'affluence au SAU [service d'accueil des urgences]", tandis que le CHU dénombrait 18 internes ou docteurs juniors grévistes déclarés "sur des effectifs totaux de 590, soit 3,05% de grévistes", mais aucun externe en grève, soit un taux de mobilisation global de 1%.

A Dijon, le CHU a compté 18 internes ou docteurs juniors grévistes lundi et 15 mardi, mais aucun gréviste parmi les régulateurs libéraux du SAS. La direction a assuré à APMnews que "ces mouvements de grève n'[avaie]nt donc pas d'impact pour l'établissement".

Le CHU de Nantes a relevé pour la journée de lundi un taux de mobilisation à 0,1% pour les docteurs seniors, de 2,1% pour les internes et de 0,01% pour les externes. La direction note que la grève des médecins libéraux semble "soutenue" et que, dans un contexte d'épidémie hivernale, la situation implique "des reports de consultation vers la permanence des soins ou les services d'urgence du territoire".

En Nouvelle-Aquitaine, les CHU n'étaient pas encore en mesure mardi de fournir des estimations. Toutefois, quelques centres hospitaliers ont communiqué.

Au CH de Pau, la grève est "non suivie ou très peu suivie" au niveau des internes et des externes. "Cela n'a pas d'impact particulier sur l'activité", a souligné l'établissement. "Cependant, le mouvement affecte le fonctionnement des urgences mais surtout du Samu avec un doublement du nombre d'appels sur la journée de lundi."

Au CH d'Angoulême, il y avait mardi trois internes grévistes sur 60, soit 5% des effectifs.

Au CH de Niort, la grève des praticiens libéraux "n'a pas d'impact véritablement visible sur l'hôpital, sans mobilisation en interne", a relevé la direction.

Contactés lundi, les syndicats d'internes ont assuré ne pas avoir de chiffres consolidés à cette date. Ils ont reconnu que la mobilisation n'entraînait pas, à ce stade, de perturbation majeure dans les services hospitaliers.

"Malheureusement, les hôpitaux sont très dépendants des internes et le leur font ressentir. Nombre d'internes hésitent à se mettre en grève, ou alors seulement sur quelques heures pour ne pas en faire pâtir leurs maîtres de stage universitaires (MSU) ou leurs patients", a expliqué Pierre-Alexandre Lecomte, porte-parole de l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG), lundi.

Le syndicat a toutefois relevé une mobilisation plus importante parmi les internes de médecine générale que parmi les autres spécialités.

Ces derniers "se rendent bien compte des risques que fait courir la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) sur notre profession, majoritairement ambulatoire", et "même si on a peu de grévistes en semaine, on peut attendre une forte mobilisation de leur part ce samedi à Paris", a assuré Pierre-Alexandre Lecomte.

"Une hausse de 30% à 50% d'appels urgents" selon SUdF

Dans un communiqué diffusé mardi, le syndicat Samu-Urgences de France (SUdF) estimait que "l'impact" du mouvement sur les Samu, SAS et centres 15 se traduisait "par une hausse de 30% à 50% d'appels urgents pris en charge par les assistants de régulation médicale (ARM), les médecins urgentistes et par les généralistes libéraux non grévistes", en précisant toutefois à APMnews ce chiffrage était "issu d'estimations réalisées à partir des données d'activités semaine 1 ou semaine 2 [de l'année], dont le niveau était déjà très important".

"La situation varie effectivement selon les territoires", a cependant souligné SUdF auprès d'APMnews, en notant que "dans certains départements, les médecins libéraux rest[ai]ent fortement mobilisés au niveau de la régulation, notamment au 15, y compris pendant le mouvement de grève".

"En revanche, l'impact est souvent plus marqué sur le versant 'ville' du SAS, avec des difficultés pour mobiliser des médecins effecteurs", a ajouté le syndicat de médecins urgentistes. "Globalement, les maisons médicales de garde continuent toutefois de fonctionner, ce qui permet de maintenir une réponse a minima pour les soins non programmés, même si des ajustements RH sont nécessaires."

Des déprogrammations au CH Métropole Savoie, impact sur les urgences au CHU de Montpellier

Certains hôpitaux ou groupements hospitaliers de territoire (GHT) ont annoncé qu'ils déclenchaient leur plan blanc pour faire face au mouvement de grève des libéraux, comme le GHT Savoie-Belley, ou qu'ils organisaient un tri pour réorienter les patients non urgents en amont de leur service d'urgences, comme le CHU de La Réunion, le centre hospitalier Ouest Réunion (CHOR) et le groupe hospitalier Est Réunion (GHER) (cf dépêche du 05/01/2026 à 17:35).

Mardi, le centre hospitalier Métropole Savoie (CHMS, Chambéry et Aix-les-Bains) a précisé dans un nouveau communiqué qu'"afin de mobiliser les ressources humaines et matérielles nécessaires, [il] procédait à la déprogrammation des actes médicaux et interventions chirurgicales non urgents, incluant une hospitalisation, et programmés entre le mardi 6 et le vendredi 9 janvier inclus".

Les prises en charge en cancérologie, la pédiatrie, la chirurgie ambulatoire, les activités ambulatoires de médecine, les interventions dont le report pourrait entraîner une perte de chance pour l'état de santé du patient, les consultations et les examens d'imagerie ne sont pas concernés par ces déprogrammations, a-t-il souligné.

Lundi, le CHU de Montpellier a déclaré qu'il avait déclenché son plan "hôpital en tension" le 24 décembre 2025 du fait d'une "très forte activité, toutes spécialités confondues, en cette période épidémique".

"La grève du secteur privé débutée ce 5 janvier (médecins et cliniques) accroît fortement les recours et les passages aux urgences", a-t-il ajouté en recommandant "fortement" d'appeler le 15 avant tout déplacement.

Mouvement contenu en Ile-de-France

En revanche, interrogée, l'agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France a expliqué mardi que dans la région, "le mouvement de grève [était] pour l'instant contenu", donnant le chiffre d'une "vingtaine de professionnels de santé réquisitionnés sur la région, pour assurer la continuité des soins".

S'agissant des répercussions sur l'activité hospitalière, les derniers chiffres "sur l'activité aux urgences en Ile-de-France au 5 janvier montrent une diminution globale du passage dans les SAU de 11% par rapport à la semaine dernière et 18% par rapport à l'année dernière, sans préjuger de l'évolution avec la reprise scolaire", a-t-elle précisé.

L'ARS "est en lien étroit avec les établissements de santé afin de suivre les capacités de prise en charge, d'en évaluer les impacts locaux et de garantir la continuité et la sécurité des soins, en particulier pour les activités urgentes ou vitales" et "les établissements de santé transmettent leurs plannings de garde et d'astreinte ainsi que la liste des personnels grévistes, permettant à l'agence d'anticiper et de prendre les mesures nécessaires pour garantir l'accès aux soins".

Soutien de syndicats de médecins hospitaliers

La grève est soutenue parmi les syndicats de médecins hospitaliers.

Action Praticiens Hôpital (APH) a, lundi dans un communiqué, exprimé sa "solidarité" avec les médecins libéraux, ainsi qu'avec les internes.

"La crise que traverse actuellement la médecine ambulatoire rejoint celle vécue depuis plusieurs années par le secteur hospitalier: perte d'attractivité, surcharge administrative, désorganisation du parcours de soins, désengagement de l'Etat dans la reconnaissance du travail médical. Ces difficultés sont le symptôme d'une même fragilisation du système de santé français", estime le syndicat.

"Sans médecins libéraux en mesure d'assurer un suivi de proximité, l'hôpital public se voit contraint d'absorber une demande croissante de prises en charge, en particulier en urgence, pour laquelle il n'est pas dimensionné", appuie-t-il, en appelant le gouvernement "à ouvrir sans délai un dialogue structurel avec l'ensemble des représentants de la profession médicale, hospitaliers comme libéraux".

Dans un autre communiqué, Alliance Hôpital (Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes, biologistes et pharmaciens des hôpitaux publics -Snam-HP- et Coordination médicale hospitalière -CMH) "apporte son soutien" à "la journée d'action du 10 janvier".

"L'évolution du financement des établissements de santé votée dans le PLFSS [projet de loi de financement de la sécurité sociale] 2026, qui passe de 109,7 milliards d'euros à 112 Md€, soit une augmentation de 2,83%, est loin de couvrir l'augmentation des besoins en santé de la population et inscrit déjà un appauvrissement du système de santé et une détérioration des conditions d'exercice à l'hôpital public ainsi qu'une aggravation des difficultés d'accès aux soins des Français", déplore l'organisation.

jr-ah-gl-san-bd-syl-mlb/nc/APMnews

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(Par la rédaction d'APMnews)

PARIS, 6 janvier 2026 (APMnews) - Le mouvement de grève de 10 jours entamé lundi à l'appel des syndicats de médecins libéraux, d'internes et d'étudiants en médecine est peu suivi du côté des jeunes praticiens dans les hôpitaux, mais entraîne des perturbations dans certains établissements du fait notamment d'un accroissement du recours aux urgences, selon des informations recueillies par APMnews lundi et mardi auprès de centres hospitaliers, de CHU et de syndicats.

Ce mouvement de grève, annoncé fin novembre, a débuté lundi et doit durer dix jours (cf dépêche du 27/11/2025 à 12:03). Une manifestation est par ailleurs prévue le samedi 10 janvier à Paris à partir de 13 heures.

Selon les syndicats de médecins libéraux et la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), contactés lundi, le mouvement devrait être très suivi en ville, marqué par de nombreuses fermetures de cabinets médicaux (cf dépêche du 05/01/2026 à 18:31).

A l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), les chiffres de la mobilisation étaient faibles dans les quatre groupements hospitalo-universitaires (GHU) Sorbonne-Université, Henri-Mondor, Centre-Université Paris Cité et Université Paris Saclay.

Les taux de mobilisation et de participation s'élevaient à 0,7% pour les hospitalo-universitaires et les praticiens hospitaliers et à 3,6% pour les internes et les externes. Au lendemain du début de la grève, l'AP-HP a communiqué n'avoir détecté "aucun impact" sur ses activités.

Les Hospices civils de Lyon (HCL), qui comptaient, fin 2024, 5.606 personnels médicaux, dont 2.395 personnels médicaux juniors (étudiants, internes, faisant fonction d'interne), 2.901 médecins seniors (avec 370 médecins hospitalo-universitaires seniors), ont également noté lundi une faible mobilisation, dénombrant au total, parmi les grévistes déclarés, "50 internes, huit externes et 15 seniors".

Le CHU d'Angers rapportait quant à lui lundi soir un taux de participation de 2,2% seulement pour la grève des internes.

Le CHU de Lille a enregistré 17 grévistes chez les internes et externes lundi, dont 8 sont en stage au CHU (les autres en stage extérieur). Mardi, il comptait 17 grévistes déclarés, dont six sont en stage au CHU (les autres en stage extérieur).

La direction du CHU de Besançon a rapporté lundi à APMnews que le mouvement social n'avait "pas d'impact" sur son fonctionnement, tandis qu'aucun gréviste n'était recensé "à ce stade" parmi les régulateurs libéraux du service d'accès aux soins (SAS) ni parmi les médecins de la maison médicale de garde adossée au CHU.

Au CHU de Nancy, l'établissement a rapporté lundi que la grève n'avait "aucun impact sur l'affluence au SAU [service d'accueil des urgences]", tandis que le CHU dénombrait 18 internes ou docteurs juniors grévistes déclarés "sur des effectifs totaux de 590, soit 3,05% de grévistes", mais aucun externe en grève, soit un taux de mobilisation global de 1%.

A Dijon, le CHU a compté 18 internes ou docteurs juniors grévistes lundi et 15 mardi, mais aucun gréviste parmi les régulateurs libéraux du SAS. La direction a assuré à APMnews que "ces mouvements de grève n'[avaie]nt donc pas d'impact pour l'établissement".

Le CHU de Nantes a relevé pour la journée de lundi un taux de mobilisation à 0,1% pour les docteurs seniors, de 2,1% pour les internes et de 0,01% pour les externes. La direction note que la grève des médecins libéraux semble "soutenue" et que, dans un contexte d'épidémie hivernale, la situation implique "des reports de consultation vers la permanence des soins ou les services d'urgence du territoire".

En Nouvelle-Aquitaine, les CHU n'étaient pas encore en mesure mardi de fournir des estimations. Toutefois, quelques centres hospitaliers ont communiqué.

Au CH de Pau, la grève est "non suivie ou très peu suivie" au niveau des internes et des externes. "Cela n'a pas d'impact particulier sur l'activité", a souligné l'établissement. "Cependant, le mouvement affecte le fonctionnement des urgences mais surtout du Samu avec un doublement du nombre d'appels sur la journée de lundi."

Au CH d'Angoulême, il y avait mardi trois internes grévistes sur 60, soit 5% des effectifs.

Au CH de Niort, la grève des praticiens libéraux "n'a pas d'impact véritablement visible sur l'hôpital, sans mobilisation en interne", a relevé la direction.

Contactés lundi, les syndicats d'internes ont assuré ne pas avoir de chiffres consolidés à cette date. Ils ont reconnu que la mobilisation n'entraînait pas, à ce stade, de perturbation majeure dans les services hospitaliers.

"Malheureusement, les hôpitaux sont très dépendants des internes et le leur font ressentir. Nombre d'internes hésitent à se mettre en grève, ou alors seulement sur quelques heures pour ne pas en faire pâtir leurs maîtres de stage universitaires (MSU) ou leurs patients", a expliqué Pierre-Alexandre Lecomte, porte-parole de l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG), lundi.

Le syndicat a toutefois relevé une mobilisation plus importante parmi les internes de médecine générale que parmi les autres spécialités.

Ces derniers "se rendent bien compte des risques que fait courir la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) sur notre profession, majoritairement ambulatoire", et "même si on a peu de grévistes en semaine, on peut attendre une forte mobilisation de leur part ce samedi à Paris", a assuré Pierre-Alexandre Lecomte.

"Une hausse de 30% à 50% d'appels urgents" selon SUdF

Dans un communiqué diffusé mardi, le syndicat Samu-Urgences de France (SUdF) estimait que "l'impact" du mouvement sur les Samu, SAS et centres 15 se traduisait "par une hausse de 30% à 50% d'appels urgents pris en charge par les assistants de régulation médicale (ARM), les médecins urgentistes et par les généralistes libéraux non grévistes", en précisant toutefois à APMnews ce chiffrage était "issu d'estimations réalisées à partir des données d'activités semaine 1 ou semaine 2 [de l'année], dont le niveau était déjà très important".

"La situation varie effectivement selon les territoires", a cependant souligné SUdF auprès d'APMnews, en notant que "dans certains départements, les médecins libéraux rest[ai]ent fortement mobilisés au niveau de la régulation, notamment au 15, y compris pendant le mouvement de grève".

"En revanche, l'impact est souvent plus marqué sur le versant 'ville' du SAS, avec des difficultés pour mobiliser des médecins effecteurs", a ajouté le syndicat de médecins urgentistes. "Globalement, les maisons médicales de garde continuent toutefois de fonctionner, ce qui permet de maintenir une réponse a minima pour les soins non programmés, même si des ajustements RH sont nécessaires."

Des déprogrammations au CH Métropole Savoie, impact sur les urgences au CHU de Montpellier

Certains hôpitaux ou groupements hospitaliers de territoire (GHT) ont annoncé qu'ils déclenchaient leur plan blanc pour faire face au mouvement de grève des libéraux, comme le GHT Savoie-Belley, ou qu'ils organisaient un tri pour réorienter les patients non urgents en amont de leur service d'urgences, comme le CHU de La Réunion, le centre hospitalier Ouest Réunion (CHOR) et le groupe hospitalier Est Réunion (GHER) (cf dépêche du 05/01/2026 à 17:35).

Mardi, le centre hospitalier Métropole Savoie (CHMS, Chambéry et Aix-les-Bains) a précisé dans un nouveau communiqué qu'"afin de mobiliser les ressources humaines et matérielles nécessaires, [il] procédait à la déprogrammation des actes médicaux et interventions chirurgicales non urgents, incluant une hospitalisation, et programmés entre le mardi 6 et le vendredi 9 janvier inclus".

Les prises en charge en cancérologie, la pédiatrie, la chirurgie ambulatoire, les activités ambulatoires de médecine, les interventions dont le report pourrait entraîner une perte de chance pour l'état de santé du patient, les consultations et les examens d'imagerie ne sont pas concernés par ces déprogrammations, a-t-il souligné.

Lundi, le CHU de Montpellier a déclaré qu'il avait déclenché son plan "hôpital en tension" le 24 décembre 2025 du fait d'une "très forte activité, toutes spécialités confondues, en cette période épidémique".

"La grève du secteur privé débutée ce 5 janvier (médecins et cliniques) accroît fortement les recours et les passages aux urgences", a-t-il ajouté en recommandant "fortement" d'appeler le 15 avant tout déplacement.

Mouvement contenu en Ile-de-France

En revanche, interrogée, l'agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France a expliqué mardi que dans la région, "le mouvement de grève [était] pour l'instant contenu", donnant le chiffre d'une "vingtaine de professionnels de santé réquisitionnés sur la région, pour assurer la continuité des soins".

S'agissant des répercussions sur l'activité hospitalière, les derniers chiffres "sur l'activité aux urgences en Ile-de-France au 5 janvier montrent une diminution globale du passage dans les SAU de 11% par rapport à la semaine dernière et 18% par rapport à l'année dernière, sans préjuger de l'évolution avec la reprise scolaire", a-t-elle précisé.

L'ARS "est en lien étroit avec les établissements de santé afin de suivre les capacités de prise en charge, d'en évaluer les impacts locaux et de garantir la continuité et la sécurité des soins, en particulier pour les activités urgentes ou vitales" et "les établissements de santé transmettent leurs plannings de garde et d'astreinte ainsi que la liste des personnels grévistes, permettant à l'agence d'anticiper et de prendre les mesures nécessaires pour garantir l'accès aux soins".

Soutien de syndicats de médecins hospitaliers

La grève est soutenue parmi les syndicats de médecins hospitaliers.

Action Praticiens Hôpital (APH) a, lundi dans un communiqué, exprimé sa "solidarité" avec les médecins libéraux, ainsi qu'avec les internes.

"La crise que traverse actuellement la médecine ambulatoire rejoint celle vécue depuis plusieurs années par le secteur hospitalier: perte d'attractivité, surcharge administrative, désorganisation du parcours de soins, désengagement de l'Etat dans la reconnaissance du travail médical. Ces difficultés sont le symptôme d'une même fragilisation du système de santé français", estime le syndicat.

"Sans médecins libéraux en mesure d'assurer un suivi de proximité, l'hôpital public se voit contraint d'absorber une demande croissante de prises en charge, en particulier en urgence, pour laquelle il n'est pas dimensionné", appuie-t-il, en appelant le gouvernement "à ouvrir sans délai un dialogue structurel avec l'ensemble des représentants de la profession médicale, hospitaliers comme libéraux".

Dans un autre communiqué, Alliance Hôpital (Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes, biologistes et pharmaciens des hôpitaux publics -Snam-HP- et Coordination médicale hospitalière -CMH) "apporte son soutien" à "la journée d'action du 10 janvier".

"L'évolution du financement des établissements de santé votée dans le PLFSS [projet de loi de financement de la sécurité sociale] 2026, qui passe de 109,7 milliards d'euros à 112 Md€, soit une augmentation de 2,83%, est loin de couvrir l'augmentation des besoins en santé de la population et inscrit déjà un appauvrissement du système de santé et une détérioration des conditions d'exercice à l'hôpital public ainsi qu'une aggravation des difficultés d'accès aux soins des Français", déplore l'organisation.

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