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09/01 2026
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GRÈVE DES MÉDECINS LIBÉRAUX: STÉPHANIE RIST PRÊTE À RENCONTRER LES SYNDICATS SAMEDI

PARIS, 9 janvier 2026 (APMnews) - Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, propose aux syndicats de médecins libéraux de les rencontrer samedi, à l'occasion de leur manifestation, qui s'inscrit dans le cadre d'un mouvement de grève commencé lundi, a-t-elle annoncé vendredi matin au micro de Franceinfo.

L'ensemble des syndicats de médecins libéraux ont appelé tous leurs confrères des soins de ville, internes et étudiants en médecine à se mettre en grève à partir du 5 janvier pour dix jours, rappelle-t-on (cf dépêche du 27/11/2025 à 12:03).

Interrogée sur l'ampleur du mouvement, que les syndicats ainsi que la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) ont décrit comme très suivi en ville et dans les cliniques (cf dépêche du 05/01/2026 à 18:31), Stéphanie Rist a redonné les taux, pour "mardi, de 12% des spécialistes et 19% des généralistes" en grève. Elle a expliqué qu'il s'agissait des chiffres de l'assurance maladie sur le "nombre médecins qui n'ont pas fait de feuille de soins".

"Ce qui compte, c'est que même s'il y a peu de médecins en colère et inquiets, nous devons échanger, nous devons renforcer [le] dialogue", a-t-elle fait valoir. La ministre a annoncé avoir adressé "un courrier hier soir" aux syndicats pour leur dire qu'elle serait "samedi au ministère pour les recevoir puisqu'ils vont faire une manifestation et que nous devons absolument recréer cette confiance, travailler ensemble pour les enjeux d'avenir".

"Ma méthode, celle de mon cabinet et de mon ministère, est claire: le dialogue n'est pour moi pas un simple préalable, mais la condition même à partir de laquelle je veux conduire mon action pour notre système de santé et de protection sociale", assure-t-elle aux syndicats dans la lettre, qu'elle a rendue publique.

"Aussi, et dans un esprit d'échange constructif, je vous informe de ma pleine disponibilité pour recevoir, samedi 10 janvier, une délégation des représentants des médecins, internes et étudiants, afin d'engager un dialogue direct et sincère sur les enjeux qui vous mobilisent."

"Parce que je considère que le cadre conventionnel est un pilier de notre modèle, je souhaite pouvoir ouvrir avec vous des travaux pour reprendre et renforcer les discussions conventionnelles, dans la confiance", ajoute la ministre.

Quelques heures après la promulgation de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026, Stéphanie Rist avait déjà tenté, dans une lettre ouverte, de dissiper les inquiétudes et les malentendus concernant plusieurs des mesures de la loi (cf dépêche du 02/01/2026 à 13:07).

Ma porte "reste ouverte" pour échanger "sur les craintes, mais aussi voir comment nous pouvons avancer pour travailler sur les sujets pour lesquels [les syndicats] ont soit des inquiétudes, soit même parfois de la colère", a-t-elle insisté vendredi.

"Les médecins n'ont plus confiance dans les négociations conventionnelles qu'ils ont avec l'assurance maladie", "je veux que l'on recrée cette confiance", a-t-elle poursuivi. "C'est de ça dont nous pouvons discuter samedi et, en parallèle de ça, nous devons travailler à préparer l'avenir dans un contexte de budget de notre sécurité sociale contraint."

Interrogée sur le sentiment de "coercition" pour l'installation des médecins, Stéphanie Rist a rappelé qu'il y avait des "débats parlementaires en cours sur ce sujet" et estimé qu'une mesure coercitive aboutirait à "l'inverse" de l'objectif souhaité.

"Il y a des mesures dans le budget de la sécurité sociale qui font râler les médecins actuellement, auxquelles j'ai été défavorable. [Celui-ci] a été adopté et la ministre que je suis fera appliquer la loi", a-t-elle pointé.

Mise en tension des urgences

Concernant les conséquences de la grève des médecins libéraux sur les urgences hospitalières, la ministre a souligné la concomitance des épidémies hivernales, de l'épisode neigeux et de la grève des médecins libéraux, qui a entraîné une hausse d'activité et une mise en tension des services d'urgence.

Janvier "est toujours, notamment à la rentrée des congés, une période difficile pour les services d'urgence et pour la prise en charge, que ce soit aux Samu ou aux services d'accès aux soins [SAS]", a-t-elle relevé.

Les appels au Samu "ont augmenté de 24% [par rapport à la semaine du 8 décembre 2025] selon les derniers chiffres que j'ai", mais "on ne sait pas dire, sur ces 24%, quel est le rôle de la grève, de la grippe ou des événements climatiques. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a une montée en puissance".

"On passe le pic de la grippe en ville, c'est plutôt une bonne nouvelle, mais pas encore à l'hôpital" (cf dépêche du 07/01/2026 à 18:32), a-t-elle précisé, ajoutant qu'il "est encore temps de se faire vacciner".

"A ce jour, on est à 54% des patients vaccinés" parmi les plus de 65 ans et ceux qui ont des comorbidités, contre "45% l'année dernière", a-t-elle chiffré.

Stéphanie Rist a par ailleurs remercié "les soignants qui permettent d'organiser la permanence des soins, que ce soient les soignants libéraux ou à l'hôpital" et a souligné l'efficacité des SAS.

C'est "ce qui fait que nos urgences tiennent, j'ai pu le constater hier en allant à Saint-Antoine, d'ailleurs, à Paris", a-t-elle illustré.

Organisation anticipée à l'hôpital Saint-Antoine (Paris)

Jeudi après-midi, lors d'une visite du service des urgences de l'hôpital Saint-Antoine (Assistance publique-hôpitaux de Paris -AP-HP), la ministre a en effet remercié les soignants des urgences qui assurent la continuité des soins, ainsi que les autres professionnels hospitaliers qui libèrent des lits afin de fluidifier l'aval des urgences, et les médecins libéraux qui travaillent dans le cadre de la permanence des soins et dans les services d'accès aux soins (SAS).

A l'hôpital Saint-Antoine, il y a eu, mercredi, 240 passages aux urgences contre 180 habituellement, mais cette suractivité a été absorbée grâce à une organisation anticipée notamment dans le cadre du plan "Tensions hivernales-organisation de la réponse" (Thor), ont souligné Pierre-Alexis Raynal, chef de service, et Jennifer Sobotka, urgentiste, lors de la visite.

Parmi les mesures mises en place, ils ont notamment mentionné un rééquilibrage entre les soins programmés et non programmés et la possibilité de dédoubler les lits d'une chambre par unité pour arriver, par exemple, à 10 lits à effectifs médicaux et paramédicaux constants dans une unité de neuf lits habituellement.

Le directeur général de l'AP-HP, Nicolas Revel, a mis en avant la tenue d'une cellule de crise tous les lundis avec tous les chefs de service, qui permet notamment de s'entraider entre les sites d'un même groupement hospitalo-universitaire (GHU).

Pour Jennifer Sobotka, la situation est plus facile à gérer par rapport à l'année dernière, notamment en raison du nombre plus élevé de lits ouverts en général dans l'hôpital.

Parmi les difficultés actuelles, ils ont surtout pointé la présence aux urgences de patients nécessitant une prise en charge en psychiatrie, qui occupent de nombreux boxes de consultation -six des 10 boxes, par exemple, au plus fort de l'activité au cours des derniers jours- et pour lesquels les soignants des urgences ont du mal à trouver une solution. Ils souhaiteraient recruter un professionnel paramédical spécialisé en psychiatrie pour les prendre en charge.

mlb-cb/lb/APMnews

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PARIS, 9 janvier 2026 (APMnews) - Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, propose aux syndicats de médecins libéraux de les rencontrer samedi, à l'occasion de leur manifestation, qui s'inscrit dans le cadre d'un mouvement de grève commencé lundi, a-t-elle annoncé vendredi matin au micro de Franceinfo.

L'ensemble des syndicats de médecins libéraux ont appelé tous leurs confrères des soins de ville, internes et étudiants en médecine à se mettre en grève à partir du 5 janvier pour dix jours, rappelle-t-on (cf dépêche du 27/11/2025 à 12:03).

Interrogée sur l'ampleur du mouvement, que les syndicats ainsi que la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) ont décrit comme très suivi en ville et dans les cliniques (cf dépêche du 05/01/2026 à 18:31), Stéphanie Rist a redonné les taux, pour "mardi, de 12% des spécialistes et 19% des généralistes" en grève. Elle a expliqué qu'il s'agissait des chiffres de l'assurance maladie sur le "nombre médecins qui n'ont pas fait de feuille de soins".

"Ce qui compte, c'est que même s'il y a peu de médecins en colère et inquiets, nous devons échanger, nous devons renforcer [le] dialogue", a-t-elle fait valoir. La ministre a annoncé avoir adressé "un courrier hier soir" aux syndicats pour leur dire qu'elle serait "samedi au ministère pour les recevoir puisqu'ils vont faire une manifestation et que nous devons absolument recréer cette confiance, travailler ensemble pour les enjeux d'avenir".

"Ma méthode, celle de mon cabinet et de mon ministère, est claire: le dialogue n'est pour moi pas un simple préalable, mais la condition même à partir de laquelle je veux conduire mon action pour notre système de santé et de protection sociale", assure-t-elle aux syndicats dans la lettre, qu'elle a rendue publique.

"Aussi, et dans un esprit d'échange constructif, je vous informe de ma pleine disponibilité pour recevoir, samedi 10 janvier, une délégation des représentants des médecins, internes et étudiants, afin d'engager un dialogue direct et sincère sur les enjeux qui vous mobilisent."

"Parce que je considère que le cadre conventionnel est un pilier de notre modèle, je souhaite pouvoir ouvrir avec vous des travaux pour reprendre et renforcer les discussions conventionnelles, dans la confiance", ajoute la ministre.

Quelques heures après la promulgation de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026, Stéphanie Rist avait déjà tenté, dans une lettre ouverte, de dissiper les inquiétudes et les malentendus concernant plusieurs des mesures de la loi (cf dépêche du 02/01/2026 à 13:07).

Ma porte "reste ouverte" pour échanger "sur les craintes, mais aussi voir comment nous pouvons avancer pour travailler sur les sujets pour lesquels [les syndicats] ont soit des inquiétudes, soit même parfois de la colère", a-t-elle insisté vendredi.

"Les médecins n'ont plus confiance dans les négociations conventionnelles qu'ils ont avec l'assurance maladie", "je veux que l'on recrée cette confiance", a-t-elle poursuivi. "C'est de ça dont nous pouvons discuter samedi et, en parallèle de ça, nous devons travailler à préparer l'avenir dans un contexte de budget de notre sécurité sociale contraint."

Interrogée sur le sentiment de "coercition" pour l'installation des médecins, Stéphanie Rist a rappelé qu'il y avait des "débats parlementaires en cours sur ce sujet" et estimé qu'une mesure coercitive aboutirait à "l'inverse" de l'objectif souhaité.

"Il y a des mesures dans le budget de la sécurité sociale qui font râler les médecins actuellement, auxquelles j'ai été défavorable. [Celui-ci] a été adopté et la ministre que je suis fera appliquer la loi", a-t-elle pointé.

Mise en tension des urgences

Concernant les conséquences de la grève des médecins libéraux sur les urgences hospitalières, la ministre a souligné la concomitance des épidémies hivernales, de l'épisode neigeux et de la grève des médecins libéraux, qui a entraîné une hausse d'activité et une mise en tension des services d'urgence.

Janvier "est toujours, notamment à la rentrée des congés, une période difficile pour les services d'urgence et pour la prise en charge, que ce soit aux Samu ou aux services d'accès aux soins [SAS]", a-t-elle relevé.

Les appels au Samu "ont augmenté de 24% [par rapport à la semaine du 8 décembre 2025] selon les derniers chiffres que j'ai", mais "on ne sait pas dire, sur ces 24%, quel est le rôle de la grève, de la grippe ou des événements climatiques. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a une montée en puissance".

"On passe le pic de la grippe en ville, c'est plutôt une bonne nouvelle, mais pas encore à l'hôpital" (cf dépêche du 07/01/2026 à 18:32), a-t-elle précisé, ajoutant qu'il "est encore temps de se faire vacciner".

"A ce jour, on est à 54% des patients vaccinés" parmi les plus de 65 ans et ceux qui ont des comorbidités, contre "45% l'année dernière", a-t-elle chiffré.

Stéphanie Rist a par ailleurs remercié "les soignants qui permettent d'organiser la permanence des soins, que ce soient les soignants libéraux ou à l'hôpital" et a souligné l'efficacité des SAS.

C'est "ce qui fait que nos urgences tiennent, j'ai pu le constater hier en allant à Saint-Antoine, d'ailleurs, à Paris", a-t-elle illustré.

Organisation anticipée à l'hôpital Saint-Antoine (Paris)

Jeudi après-midi, lors d'une visite du service des urgences de l'hôpital Saint-Antoine (Assistance publique-hôpitaux de Paris -AP-HP), la ministre a en effet remercié les soignants des urgences qui assurent la continuité des soins, ainsi que les autres professionnels hospitaliers qui libèrent des lits afin de fluidifier l'aval des urgences, et les médecins libéraux qui travaillent dans le cadre de la permanence des soins et dans les services d'accès aux soins (SAS).

A l'hôpital Saint-Antoine, il y a eu, mercredi, 240 passages aux urgences contre 180 habituellement, mais cette suractivité a été absorbée grâce à une organisation anticipée notamment dans le cadre du plan "Tensions hivernales-organisation de la réponse" (Thor), ont souligné Pierre-Alexis Raynal, chef de service, et Jennifer Sobotka, urgentiste, lors de la visite.

Parmi les mesures mises en place, ils ont notamment mentionné un rééquilibrage entre les soins programmés et non programmés et la possibilité de dédoubler les lits d'une chambre par unité pour arriver, par exemple, à 10 lits à effectifs médicaux et paramédicaux constants dans une unité de neuf lits habituellement.

Le directeur général de l'AP-HP, Nicolas Revel, a mis en avant la tenue d'une cellule de crise tous les lundis avec tous les chefs de service, qui permet notamment de s'entraider entre les sites d'un même groupement hospitalo-universitaire (GHU).

Pour Jennifer Sobotka, la situation est plus facile à gérer par rapport à l'année dernière, notamment en raison du nombre plus élevé de lits ouverts en général dans l'hôpital.

Parmi les difficultés actuelles, ils ont surtout pointé la présence aux urgences de patients nécessitant une prise en charge en psychiatrie, qui occupent de nombreux boxes de consultation -six des 10 boxes, par exemple, au plus fort de l'activité au cours des derniers jours- et pour lesquels les soignants des urgences ont du mal à trouver une solution. Ils souhaiteraient recruter un professionnel paramédical spécialisé en psychiatrie pour les prendre en charge.

mlb-cb/lb/APMnews

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