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INTUBATION EN RÉANIMATION: LE VIDÉOLARYNGOSCOPE PAS PLUS EFFICACE, MAIS ASSOCIÉ À PLUS DE COMPLICATIONS MAJEURES
PARIS, 16 janvier 2017 (APM) - L'utilisation d'un vidéolaryngoscope pour l'intubation programmée en réanimation n'améliore pas le taux de succès d'intubation par rapport à un laryngoscope classique, et est associée à plus de complications vitales majeures, selon une étude randomisée française présentée vendredi au congrès de la Société de réanimation de langue française (SRLF) à Paris.
L'intubation reste un défi chez les patients de réanimation présentant des défaillances aiguës respiratoires, neurologiques ou cardiovasculaires. L'arrivée de la vidéolaryngoscopie permet d'envisager une facilitation de l'intubation chez ces patients à haut risque de complications, en particulier pour les opérateurs non experts, a rappelé Jean-Baptiste Lascarrou du centre hospitalier départemental de La Roche-sur-Yon, lors d'une session du congrès consacrée aux grandes études multicentriques.
L'étude MACMAN a comparé les performances de l'intubation orotrachéale utilisant le vidéolaryngoscope McGrath Mac par rapport à un laryngoscope conventionnel (Macintosh), chez 371 patients randomisés entre les deux techniques. Dans cette étude, plus de 80% des opérateurs (un tiers d'urgentistes, un tiers d'anesthésistes-réanimateurs et un tiers d'autres spécialités médicales) n'étaient pas qualifiés d'experts en intubation, a souligné le Dr Lascarrou.
Le taux de succès d'intubation à la première laryngoscopie a été de 67,7% avec la vidéolaryngoscopie contre 71,4% avec la laryngoscopie classique, sans différence statistiquement significative entre les deux groupes.
Il n'y avait pas de différence de nombre de laryngoscopies entre les deux groupes (une laryngoscopie en médiane), ni de durée d'intubation.
Même chez les patients classés à haut risque d'intubation difficile (score Macocha supérieur à 3), il n'y avait pas de différence significative en termes de taux de succès entre les deux techniques.
Les données présentées montrent qu'avec l'une ou l'autre technique, l'expert fait mieux que le non-expert, avec plus de 90% de réussite à la première laryngoscopie, a souligné le Dr Lascarrou.
Il n'y avait pas de différence en termes de fréquence des complications en général entre les deux groupes, mais il y a eu significativement plus de complications vitales majeures dans le groupe vidéolaryngoscopie (9,5%) que dans le groupe laryngoscopie classique (2,8%).
Cela pourrait s'expliquer par une désaturation plus rapide chez les patients du groupe vidéolaryngoscopie: comme la glotte est bien visible avec cette technique, on laisse plus de temps à l'opérateur non expert pour essayer d'intuber, a évoqué le Dr Lascarrou.
Ces résultats sont discordants par rapport aux études observationnelles mais sont en ligne avec ceux des études randomisées, a-t-il noté.
"D'autres études sont nécessaires pour sécuriser la procédure d'intubation", a-t-il estimé.
cd/ab/APM
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INTUBATION EN RÉANIMATION: LE VIDÉOLARYNGOSCOPE PAS PLUS EFFICACE, MAIS ASSOCIÉ À PLUS DE COMPLICATIONS MAJEURES
PARIS, 16 janvier 2017 (APM) - L'utilisation d'un vidéolaryngoscope pour l'intubation programmée en réanimation n'améliore pas le taux de succès d'intubation par rapport à un laryngoscope classique, et est associée à plus de complications vitales majeures, selon une étude randomisée française présentée vendredi au congrès de la Société de réanimation de langue française (SRLF) à Paris.
L'intubation reste un défi chez les patients de réanimation présentant des défaillances aiguës respiratoires, neurologiques ou cardiovasculaires. L'arrivée de la vidéolaryngoscopie permet d'envisager une facilitation de l'intubation chez ces patients à haut risque de complications, en particulier pour les opérateurs non experts, a rappelé Jean-Baptiste Lascarrou du centre hospitalier départemental de La Roche-sur-Yon, lors d'une session du congrès consacrée aux grandes études multicentriques.
L'étude MACMAN a comparé les performances de l'intubation orotrachéale utilisant le vidéolaryngoscope McGrath Mac par rapport à un laryngoscope conventionnel (Macintosh), chez 371 patients randomisés entre les deux techniques. Dans cette étude, plus de 80% des opérateurs (un tiers d'urgentistes, un tiers d'anesthésistes-réanimateurs et un tiers d'autres spécialités médicales) n'étaient pas qualifiés d'experts en intubation, a souligné le Dr Lascarrou.
Le taux de succès d'intubation à la première laryngoscopie a été de 67,7% avec la vidéolaryngoscopie contre 71,4% avec la laryngoscopie classique, sans différence statistiquement significative entre les deux groupes.
Il n'y avait pas de différence de nombre de laryngoscopies entre les deux groupes (une laryngoscopie en médiane), ni de durée d'intubation.
Même chez les patients classés à haut risque d'intubation difficile (score Macocha supérieur à 3), il n'y avait pas de différence significative en termes de taux de succès entre les deux techniques.
Les données présentées montrent qu'avec l'une ou l'autre technique, l'expert fait mieux que le non-expert, avec plus de 90% de réussite à la première laryngoscopie, a souligné le Dr Lascarrou.
Il n'y avait pas de différence en termes de fréquence des complications en général entre les deux groupes, mais il y a eu significativement plus de complications vitales majeures dans le groupe vidéolaryngoscopie (9,5%) que dans le groupe laryngoscopie classique (2,8%).
Cela pourrait s'expliquer par une désaturation plus rapide chez les patients du groupe vidéolaryngoscopie: comme la glotte est bien visible avec cette technique, on laisse plus de temps à l'opérateur non expert pour essayer d'intuber, a évoqué le Dr Lascarrou.
Ces résultats sont discordants par rapport aux études observationnelles mais sont en ligne avec ceux des études randomisées, a-t-il noté.
"D'autres études sont nécessaires pour sécuriser la procédure d'intubation", a-t-il estimé.
cd/ab/APM
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