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12/03 2026
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L'UTILISATION D'UNE IA INTÉGRÉE AU PORTAIL NUMÉRIQUE D'UN RÉSEAU DE CLINIQUES PERMET DES RECOURS AUX SOINS PLUS ADAPTÉS

WASHINGTON, 12 mars 2026 (APMnews) - L'intégration d'un outil d'aide à l'évaluation des symptômes et de prise de rendez-vous utilisant l'intelligence artificielle (IA) au portail numérique d'un réseau de cliniques semble avoir conduit les patients à prévoir des recours aux soins plus adaptés, suggère une étude germano-portugaise publiée dans NEJM AI.

Face à la progression des maladies chroniques et au vieillissement de la population, mais aussi face à un manque de personnels soignants, les systèmes de santé cherchent des moyens d'optimiser les soins. La porte d'entrée numérique pour les établissements apparaît comme une solution: il s'agit d'outils intégrant l'IA, disponibles en ligne, pour évaluer les symptômes, opérer un triage des cas prioritaires, prendre les rendez-vous, orienter les patients et réduire les demandes inutiles, expliquent Fabienne Cotte de la société allemande Ada Health de solutions d'IA en médecine et ses collègues.


Des données suggèrent que les patients reconsidèrent leur demande de soins après un triage assisté par l'IA, mais sans évaluer ce qu'ils ont fait ensuite ou si les soins mis en œuvre étaient finalement appropriés.


Dans cette étude prospective, financée dans le cadre d'un programme européen de recherche, les chercheurs ont examiné comment l'outil développé par Ada Health, intégré au portail numérique du groupe portugais de cliniques privées CUF, avait influencé le comportement des patients, l'utilisation des services et les soins en vie réelle.


L'analyse a porté sur 1.338 patients adultes (38,5 ans en moyenne, 57,7% de femmes), qui ont utilisé l'onglet MyCUF sur la page d'accueil du groupe ou l'application correspondante pour remplir un autoquestionnaire sur leurs symptômes. Ils ont rapporté quels types de soins ils recherchaient ou envisageaient avant et après avoir évalué leurs symptômes avec l'outil.


L'analyse des données disponibles pour 717 patients montre un changement significatif entre les intentions des patients avant l'utilisation de l'outil et les comportements observés ensuite, puisque finalement 41% d'entre eux seulement ont fait ce qu'ils avaient initialement déclaré.


En particulier, 28,9% des patients ont eu un recours à des soins moins urgents que ce qu'ils avaient envisagé initialement et inversement, 17,2% ont opté pour des soins plus urgents qu'envisagé.


Les patients évitent des passages inutiles aux urgences


Les données pour 363 patients concernant la pertinence de leur demande de soins montrent que les intentions appropriées augmentent de manière significative après l'usage de l'outil, passant de 30% à 35,3%. La part des intentions inappropriées reste stable (de 59,2% à 59,5%), mais la part des patients se déclarant incertains sur la gestion de leurs symptômes diminue, de 10,7% à 5,2%.


Ainsi, 42,1% des patients ont consulté un généraliste alors qu'initialement, 16,3% avaient pensé le faire et inversement, seulement 29,8% ont vu un spécialiste alors que 49,7% en avaient initialement l'intention.


Parmi les 96 patients qui avaient prévu en particulier de passer aux urgences, 38,5% ont finalement choisi une autre solution. La prise en charge de 29 d'entre eux a été évaluée par un médecin, qui a considéré que dans 93%, ils ont bien évité un passage inutile aux urgences.


Les données disponibles pour 382 patients sans besoins urgents montrent que 64,4% ont reçu des soins appropriés, alors que cette proportion aurait été de 29,8% sur la base des intentions déclarées avant l'évaluation par l'outil basé sur l'IA.


Globalement, cette étude montre qu'un outil d'autoévaluation des symptômes utilisant l'IA était associé à un changement dans les intentions et les comportements des patients, avec une réduction des incertitudes et des demandes plus alignées avec la pertinence clinique, concluent les auteurs.


Des évaluations plus larges sont nécessaires pour évaluer la pertinence d'une généralisation de ces outils, en parallèle d'études médico-économiques évaluant les coûts et l'impact sur les systèmes de santé, ajoutent-ils.


(NEJM IA, publication en ligne du 5 mars)


ld/lb/APMnews

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WASHINGTON, 12 mars 2026 (APMnews) - L'intégration d'un outil d'aide à l'évaluation des symptômes et de prise de rendez-vous utilisant l'intelligence artificielle (IA) au portail numérique d'un réseau de cliniques semble avoir conduit les patients à prévoir des recours aux soins plus adaptés, suggère une étude germano-portugaise publiée dans NEJM AI.

Face à la progression des maladies chroniques et au vieillissement de la population, mais aussi face à un manque de personnels soignants, les systèmes de santé cherchent des moyens d'optimiser les soins. La porte d'entrée numérique pour les établissements apparaît comme une solution: il s'agit d'outils intégrant l'IA, disponibles en ligne, pour évaluer les symptômes, opérer un triage des cas prioritaires, prendre les rendez-vous, orienter les patients et réduire les demandes inutiles, expliquent Fabienne Cotte de la société allemande Ada Health de solutions d'IA en médecine et ses collègues.


Des données suggèrent que les patients reconsidèrent leur demande de soins après un triage assisté par l'IA, mais sans évaluer ce qu'ils ont fait ensuite ou si les soins mis en œuvre étaient finalement appropriés.


Dans cette étude prospective, financée dans le cadre d'un programme européen de recherche, les chercheurs ont examiné comment l'outil développé par Ada Health, intégré au portail numérique du groupe portugais de cliniques privées CUF, avait influencé le comportement des patients, l'utilisation des services et les soins en vie réelle.


L'analyse a porté sur 1.338 patients adultes (38,5 ans en moyenne, 57,7% de femmes), qui ont utilisé l'onglet MyCUF sur la page d'accueil du groupe ou l'application correspondante pour remplir un autoquestionnaire sur leurs symptômes. Ils ont rapporté quels types de soins ils recherchaient ou envisageaient avant et après avoir évalué leurs symptômes avec l'outil.


L'analyse des données disponibles pour 717 patients montre un changement significatif entre les intentions des patients avant l'utilisation de l'outil et les comportements observés ensuite, puisque finalement 41% d'entre eux seulement ont fait ce qu'ils avaient initialement déclaré.


En particulier, 28,9% des patients ont eu un recours à des soins moins urgents que ce qu'ils avaient envisagé initialement et inversement, 17,2% ont opté pour des soins plus urgents qu'envisagé.


Les patients évitent des passages inutiles aux urgences


Les données pour 363 patients concernant la pertinence de leur demande de soins montrent que les intentions appropriées augmentent de manière significative après l'usage de l'outil, passant de 30% à 35,3%. La part des intentions inappropriées reste stable (de 59,2% à 59,5%), mais la part des patients se déclarant incertains sur la gestion de leurs symptômes diminue, de 10,7% à 5,2%.


Ainsi, 42,1% des patients ont consulté un généraliste alors qu'initialement, 16,3% avaient pensé le faire et inversement, seulement 29,8% ont vu un spécialiste alors que 49,7% en avaient initialement l'intention.


Parmi les 96 patients qui avaient prévu en particulier de passer aux urgences, 38,5% ont finalement choisi une autre solution. La prise en charge de 29 d'entre eux a été évaluée par un médecin, qui a considéré que dans 93%, ils ont bien évité un passage inutile aux urgences.


Les données disponibles pour 382 patients sans besoins urgents montrent que 64,4% ont reçu des soins appropriés, alors que cette proportion aurait été de 29,8% sur la base des intentions déclarées avant l'évaluation par l'outil basé sur l'IA.


Globalement, cette étude montre qu'un outil d'autoévaluation des symptômes utilisant l'IA était associé à un changement dans les intentions et les comportements des patients, avec une réduction des incertitudes et des demandes plus alignées avec la pertinence clinique, concluent les auteurs.


Des évaluations plus larges sont nécessaires pour évaluer la pertinence d'une généralisation de ces outils, en parallèle d'études médico-économiques évaluant les coûts et l'impact sur les systèmes de santé, ajoutent-ils.


(NEJM IA, publication en ligne du 5 mars)


ld/lb/APMnews

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