Actualités de l'Urgence - APM

19/12 2025
Retour

L'ENDOSCOPIE DIGESTIVE MARQUÉE PAR DE FORTES INÉGALITÉS GÉOGRAPHIQUES ET ÉCONOMIQUES (DREES)

PARIS, 19 décembre 2025 (APMnews) - Il existe de grandes inégalités dans l'accès aux examens d'endoscopie digestive en France, que ce soit entre les régions et entre les patients de niveaux économiques différents, révèle une étude publiée jeudi par la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

Entre 2014 et 2023, 29 millions d'actes d'endoscopie digestive ont été réalisés sur 13,3 millions de patients. Cela représente environ 2,1 millions de séjours par an, soit 8% des hospitalisations (ambulatoires ou conventionnelles) dans les unités de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO).

Globalement, le nombre annuel d'actes a augmenté de 9% sur la période, notamment du fait du vieillissement de la population, mais le taux de recours standardisé sur l'âge et le sexe est resté stable à environ 270 examens pour 10.000 habitants.

Il y a cependant sur ce taux de recours "des écarts territoriaux allant du simple au double selon le département de résidence du bénéficiaire".

En moyenne sur la période, le taux le plus élevé a été mesuré dans les Alpes-Maritimes avec 409 actes pour 10.000 habitants, devant la Haute-Corse (401/10.000) et les Bouches-du-Rhône (355/10.000). A l'inverse, le plus faible taux de recours revient à la Guyane (169/10.000), suivie de la Charente (170/10.000) et de la Martinique (173/10.000).

Pour la Drees, "ces disparités territoriales reflètent en partie l'hétérogénéité de l'offre de soins locale" et "sont corrélées à la démographie médicale et, dans une moindre mesure, à la disponibilité des équipements hospitaliers".

Il existe aussi de grandes inégalités selon le profil économique des patients. Le taux de recours à la coloscopie varie ainsi de 157 examens pour 10.000 habitants, chez les 10% les plus modestes, à 256/10.000, chez les 10% les plus aisés. La variation entre les deux milieux est de 63%.

Chez les 50-74 ans, qui sont la cible du dépistage du cancer colorectal, l'écart est plus grand. Le taux de recours est 2,3 fois plus élevé chez les plus aisés (511/10.000) que chez les plus défavorisés (225/10.000).

Ces écarts "traduisent vraisemblablement un accès inégal au dépistage organisé et individuel" car il n'y a "aucune donnée épidémiologique [suggérant] que les besoins d'examen endoscopique, et de coloscopie en particulier, sont substantiellement plus élevés chez les patients aisés", commentent les auteurs.

Les inégalités ne portent pas seulement sur le recours mais aussi "sur le moment et les conditions d'accès à l'examen": les patients les plus modestes sont plus fréquemment pris en charge en hospitalisation complète ou en urgence, et donc pour des "symptômes plus avancés" avec "un recours plus tardif au système de soins".

La Drees fait la même analyse concernant le délai d'accès à l'examen, plus court chez les plus modestes car présentant des "symptômes potentiellement plus avancés" (cf dépêche du 19/12/2025 à 12:23).

Les prises en charge dans un contexte d'urgence ont ainsi été plus fréquentes chez les plus modestes, représentant 11% de leurs endoscopies, contre 4% de celles des plus aisés. A l'inverse, ces derniers ont été plus souvent dirigés vers des cliniques (73%) et pris en charge en ambulatoire (88%) que les patients de milieux plus défavorisés (54% et 69%).

Globalement, le secteur privé concentre 71% de l'activité totale d'endoscopie digestive, dont 61 points pour les cliniques et 9 points pour les établissements à but non lucratif.

De plus, les patients ont en majorité été pris en charge en ambulatoire (77%), et dans ce cas, presque toutes les endoscopies ont été effectuées sous anesthésie générale. En revanche, pour les endoscopies sur patient en hospitalisation conventionnelle (15%) ou pris en charge en urgence (8%), seulement 52% et 26% respectivement ont été réalisées sous anesthésie.

Pour rappel, l'endoscopie digestive est un examen central dans le dépistage et le diagnostic, notamment des cancers digestifs (colorectaux et gastriques) et dans la surveillance de maladies chroniques. Elle peut aussi être utilisée à des fins thérapeutiques, par exemple avec la résection de polypes.

Cette étude a été réalisée à partir du système national des données de santé (SNDS) sur les actes d'endoscopie digestive, notamment des coloscopies et des endoscopies œso-gastro-duodénales (EOGD), réalisés en France entre 2014 et 2023.

(Drees, Etudes & résultats, décembre 2025, n°1359)

pl/nc/APMnews

Les données APM Santé sont la propriété de APM International. Toute copie, republication ou redistribution des données APM Santé, notamment via la mise en antémémoire, l'encadrement ou des moyens similaires, est expressément interdite sans l'accord préalable écrit de APM. APM ne sera pas responsable des erreurs ou des retards dans les données ou de toutes actions entreprises en fonction de celles-ci ou toutes décisions prises sur la base du service. APM, APM Santé et le logo APM International, sont des marques d'APM International dans le monde. Pour de plus amples informations sur les autres services d'APM, veuillez consulter le site Web public d'APM à l'adresse www.apmnews.com

Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés.

Informations professionnelles

19/12 2025
Retour

L'ENDOSCOPIE DIGESTIVE MARQUÉE PAR DE FORTES INÉGALITÉS GÉOGRAPHIQUES ET ÉCONOMIQUES (DREES)

PARIS, 19 décembre 2025 (APMnews) - Il existe de grandes inégalités dans l'accès aux examens d'endoscopie digestive en France, que ce soit entre les régions et entre les patients de niveaux économiques différents, révèle une étude publiée jeudi par la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

Entre 2014 et 2023, 29 millions d'actes d'endoscopie digestive ont été réalisés sur 13,3 millions de patients. Cela représente environ 2,1 millions de séjours par an, soit 8% des hospitalisations (ambulatoires ou conventionnelles) dans les unités de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO).

Globalement, le nombre annuel d'actes a augmenté de 9% sur la période, notamment du fait du vieillissement de la population, mais le taux de recours standardisé sur l'âge et le sexe est resté stable à environ 270 examens pour 10.000 habitants.

Il y a cependant sur ce taux de recours "des écarts territoriaux allant du simple au double selon le département de résidence du bénéficiaire".

En moyenne sur la période, le taux le plus élevé a été mesuré dans les Alpes-Maritimes avec 409 actes pour 10.000 habitants, devant la Haute-Corse (401/10.000) et les Bouches-du-Rhône (355/10.000). A l'inverse, le plus faible taux de recours revient à la Guyane (169/10.000), suivie de la Charente (170/10.000) et de la Martinique (173/10.000).

Pour la Drees, "ces disparités territoriales reflètent en partie l'hétérogénéité de l'offre de soins locale" et "sont corrélées à la démographie médicale et, dans une moindre mesure, à la disponibilité des équipements hospitaliers".

Il existe aussi de grandes inégalités selon le profil économique des patients. Le taux de recours à la coloscopie varie ainsi de 157 examens pour 10.000 habitants, chez les 10% les plus modestes, à 256/10.000, chez les 10% les plus aisés. La variation entre les deux milieux est de 63%.

Chez les 50-74 ans, qui sont la cible du dépistage du cancer colorectal, l'écart est plus grand. Le taux de recours est 2,3 fois plus élevé chez les plus aisés (511/10.000) que chez les plus défavorisés (225/10.000).

Ces écarts "traduisent vraisemblablement un accès inégal au dépistage organisé et individuel" car il n'y a "aucune donnée épidémiologique [suggérant] que les besoins d'examen endoscopique, et de coloscopie en particulier, sont substantiellement plus élevés chez les patients aisés", commentent les auteurs.

Les inégalités ne portent pas seulement sur le recours mais aussi "sur le moment et les conditions d'accès à l'examen": les patients les plus modestes sont plus fréquemment pris en charge en hospitalisation complète ou en urgence, et donc pour des "symptômes plus avancés" avec "un recours plus tardif au système de soins".

La Drees fait la même analyse concernant le délai d'accès à l'examen, plus court chez les plus modestes car présentant des "symptômes potentiellement plus avancés" (cf dépêche du 19/12/2025 à 12:23).

Les prises en charge dans un contexte d'urgence ont ainsi été plus fréquentes chez les plus modestes, représentant 11% de leurs endoscopies, contre 4% de celles des plus aisés. A l'inverse, ces derniers ont été plus souvent dirigés vers des cliniques (73%) et pris en charge en ambulatoire (88%) que les patients de milieux plus défavorisés (54% et 69%).

Globalement, le secteur privé concentre 71% de l'activité totale d'endoscopie digestive, dont 61 points pour les cliniques et 9 points pour les établissements à but non lucratif.

De plus, les patients ont en majorité été pris en charge en ambulatoire (77%), et dans ce cas, presque toutes les endoscopies ont été effectuées sous anesthésie générale. En revanche, pour les endoscopies sur patient en hospitalisation conventionnelle (15%) ou pris en charge en urgence (8%), seulement 52% et 26% respectivement ont été réalisées sous anesthésie.

Pour rappel, l'endoscopie digestive est un examen central dans le dépistage et le diagnostic, notamment des cancers digestifs (colorectaux et gastriques) et dans la surveillance de maladies chroniques. Elle peut aussi être utilisée à des fins thérapeutiques, par exemple avec la résection de polypes.

Cette étude a été réalisée à partir du système national des données de santé (SNDS) sur les actes d'endoscopie digestive, notamment des coloscopies et des endoscopies œso-gastro-duodénales (EOGD), réalisés en France entre 2014 et 2023.

(Drees, Etudes & résultats, décembre 2025, n°1359)

pl/nc/APMnews

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites.