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19/01 2026
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L'INTERSYNDICALE DES MÉDECINS LIBÉRAUX ANNONCE LA SUSPENSION DE LA GRÈVE

PARIS, 19 janvier 2026 (APMnews) - L'intersyndicale des médecins libéraux, les organisations de jeunes médecins et étudiants, associées à la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), ont annoncé vendredi soir dans un communiqué commun la suspension de la grève engagée le 5 janvier, au regard des engagements pris par le gouvernement.

Dans un communiqué commun, les 14 organisations annoncent, "au regard des récents développements des échanges, et en responsabilité […] de suspendre [leur] mobilisation", soulignant toutefois qu'une telle décision "doit impérativement être suivie dans les prochains jours, de la part des tutelles, de mesures concrètes et étayées, assorties du bon cadre de déploiement".

La ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, Stéphanie Rist, avait dévoilé plus tôt dans la matinée une série de propositions destinées à "renouer le dialogue" avec les syndicats de médecins libéraux (cf dépêche du 16/01/2026 à 11:00).

Elle s'est notamment engagée à abandonner la mesure tendant à rendre obligatoire la mise sous objectifs (MSO) par l'assurance maladie des praticiens jugés surprescripteurs, à déployer des mesures pour favoriser l'accompagnement des médecins sur la gestion des arrêts maladie complexes et favoriser la réinsertion professionnelle, à relancer des discussions sur le protocole imagerie, et a promis la suppression des dispositifs votés en loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026 permettant au gouvernement de faire évoluer la nomenclature et d'en fixer les tarifs sans négociation.

"Nous saluons sa volonté de restaurer durablement la confiance", réagissent les organisations signataires. "Ces propositions doivent à présent être suivies d'effets: des engagements fermes dans un cadre opposable sont attendus pour chacune d'entre elles. Une méthode de suivi de leur mise en œuvre dans les meilleurs délais devra consacrer ces engagements", préviennent les organisations signataires.

Elles estiment qu'une première étape devra se concrétiser dès lundi, à l'occasion d'une rencontre entre la ministre et les organisations d'internes, s'agissant de l'aménagement de la quatrième année d'internat du diplôme d'études spécialisées (DES) de médecine générale, toujours programmé pour la rentrée universitaire 2026.

"Nous comptons sur le respect des engagements pris: plus jamais une telle situation, visant à mettre à mal le secteur libéral ne doit se reproduire", insistent les organisations, qui considèrent que "l'efficience et la soutenabilité de notre système de santé et l'accès aux soins passent par un changement drastique de méthode et le respect de notre secteur d'activité".

Dans un communiqué distinct diffusé vendredi, la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) estime que "si certaines propositions traduisent une avancée, celles-ci sont concentrées vers certaines spécialités et laissent de côté les autres, notamment l'imagerie".

Elle réclame, avant l'ouverture de toute négociation, "la suppression immédiate" des mesures de baisses tarifaires sur les forfaits d'imagerie décidées par l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) en octobre 2025 (cf dépêche du 17/10/2025 à 16:56). Dans ses propositions, Stéphanie Rist souhaitait qu'un nouvel accord négocié puisse se substituer à cette baisse d'autorité.

Les syndicats de médecins libéraux, qui avaient refusé de rencontrer la ministre samedi à l'issue de la grande manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers de blouses blanches (cf dépêche du 12/01/2026 à 16:48) dans le cadre de leur mouvement de grève entamé le 5 janvier (cf dépêche du 27/11/2025 à 12:03), avaient participé pendant la semaine à une série d'entretiens bilatéraux avec Stéphanie Rist.

Au cours de ces échanges, la ministre avait réaffirmé son souhait de renouer le dialogue, ainsi que son attachement au système conventionnel (cf dépêche du 09/01/2026 à 11:55), et donné des gages afin d'apaiser la colère des syndicats, proposant de revenir sur plusieurs mesures législatives déjà adoptées ou en cours d'examen.

La grève des médecins libéraux s'est traduite par des fermetures de cabinets et différents types de débrayages, un "exil" symbolique de trois jours des spécialistes de bloc opératoire à Bruxelles, poussant les autorités à procéder à des centaines de réquisitions afin d'assurer les lignes de garde (cf dépêche du 14/01/2026 à 16:40).

Le directeur général de la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam), Thomas Fatôme, avait indiqué mercredi aux sénateurs que la mobilisation s'était traduite par des baisses d'activité oscillant autour de 10% à 15% selon les jours pour les généralistes et environ 5% pour les spécialistes (hors blocs opératoires) pendant la semaine passée, contre environ 30% lors de la précédente mobilisation d'ampleur, en octobre 2023, pendant les négociations conventionnelles (cf dépêche du 16/10/2023 à 12:53).

Dans un contexte toujours marqué par les difficultés des services d'urgence et par l'épidémie de grippe, la grève a eu un impact notable sur les services hospitaliers (cf dépêche du 13/01/2026 à 18:47).

Les organisations signataires

Les signataires du communiqué intersyndical sont Avenir Spé-Le Bloc; la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF); la Fédération des médecins de France (FMF); MG France; le Syndicat des médecins libéraux (SML); l'Union française pour une médecine libre (UFML-S); l'Intersyndicale nationale autonome représentative de médecine générale (Isnar-IMG); l'Intersyndicale nationale des internes (Isni); Jeunes médecins; le regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (Reagjir); l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf); la coordination Médecins pour demain; la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP).

vg/lb/APMnews

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PARIS, 19 janvier 2026 (APMnews) - L'intersyndicale des médecins libéraux, les organisations de jeunes médecins et étudiants, associées à la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), ont annoncé vendredi soir dans un communiqué commun la suspension de la grève engagée le 5 janvier, au regard des engagements pris par le gouvernement.

Dans un communiqué commun, les 14 organisations annoncent, "au regard des récents développements des échanges, et en responsabilité […] de suspendre [leur] mobilisation", soulignant toutefois qu'une telle décision "doit impérativement être suivie dans les prochains jours, de la part des tutelles, de mesures concrètes et étayées, assorties du bon cadre de déploiement".

La ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, Stéphanie Rist, avait dévoilé plus tôt dans la matinée une série de propositions destinées à "renouer le dialogue" avec les syndicats de médecins libéraux (cf dépêche du 16/01/2026 à 11:00).

Elle s'est notamment engagée à abandonner la mesure tendant à rendre obligatoire la mise sous objectifs (MSO) par l'assurance maladie des praticiens jugés surprescripteurs, à déployer des mesures pour favoriser l'accompagnement des médecins sur la gestion des arrêts maladie complexes et favoriser la réinsertion professionnelle, à relancer des discussions sur le protocole imagerie, et a promis la suppression des dispositifs votés en loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026 permettant au gouvernement de faire évoluer la nomenclature et d'en fixer les tarifs sans négociation.

"Nous saluons sa volonté de restaurer durablement la confiance", réagissent les organisations signataires. "Ces propositions doivent à présent être suivies d'effets: des engagements fermes dans un cadre opposable sont attendus pour chacune d'entre elles. Une méthode de suivi de leur mise en œuvre dans les meilleurs délais devra consacrer ces engagements", préviennent les organisations signataires.

Elles estiment qu'une première étape devra se concrétiser dès lundi, à l'occasion d'une rencontre entre la ministre et les organisations d'internes, s'agissant de l'aménagement de la quatrième année d'internat du diplôme d'études spécialisées (DES) de médecine générale, toujours programmé pour la rentrée universitaire 2026.

"Nous comptons sur le respect des engagements pris: plus jamais une telle situation, visant à mettre à mal le secteur libéral ne doit se reproduire", insistent les organisations, qui considèrent que "l'efficience et la soutenabilité de notre système de santé et l'accès aux soins passent par un changement drastique de méthode et le respect de notre secteur d'activité".

Dans un communiqué distinct diffusé vendredi, la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) estime que "si certaines propositions traduisent une avancée, celles-ci sont concentrées vers certaines spécialités et laissent de côté les autres, notamment l'imagerie".

Elle réclame, avant l'ouverture de toute négociation, "la suppression immédiate" des mesures de baisses tarifaires sur les forfaits d'imagerie décidées par l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) en octobre 2025 (cf dépêche du 17/10/2025 à 16:56). Dans ses propositions, Stéphanie Rist souhaitait qu'un nouvel accord négocié puisse se substituer à cette baisse d'autorité.

Les syndicats de médecins libéraux, qui avaient refusé de rencontrer la ministre samedi à l'issue de la grande manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers de blouses blanches (cf dépêche du 12/01/2026 à 16:48) dans le cadre de leur mouvement de grève entamé le 5 janvier (cf dépêche du 27/11/2025 à 12:03), avaient participé pendant la semaine à une série d'entretiens bilatéraux avec Stéphanie Rist.

Au cours de ces échanges, la ministre avait réaffirmé son souhait de renouer le dialogue, ainsi que son attachement au système conventionnel (cf dépêche du 09/01/2026 à 11:55), et donné des gages afin d'apaiser la colère des syndicats, proposant de revenir sur plusieurs mesures législatives déjà adoptées ou en cours d'examen.

La grève des médecins libéraux s'est traduite par des fermetures de cabinets et différents types de débrayages, un "exil" symbolique de trois jours des spécialistes de bloc opératoire à Bruxelles, poussant les autorités à procéder à des centaines de réquisitions afin d'assurer les lignes de garde (cf dépêche du 14/01/2026 à 16:40).

Le directeur général de la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam), Thomas Fatôme, avait indiqué mercredi aux sénateurs que la mobilisation s'était traduite par des baisses d'activité oscillant autour de 10% à 15% selon les jours pour les généralistes et environ 5% pour les spécialistes (hors blocs opératoires) pendant la semaine passée, contre environ 30% lors de la précédente mobilisation d'ampleur, en octobre 2023, pendant les négociations conventionnelles (cf dépêche du 16/10/2023 à 12:53).

Dans un contexte toujours marqué par les difficultés des services d'urgence et par l'épidémie de grippe, la grève a eu un impact notable sur les services hospitaliers (cf dépêche du 13/01/2026 à 18:47).

Les organisations signataires

Les signataires du communiqué intersyndical sont Avenir Spé-Le Bloc; la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF); la Fédération des médecins de France (FMF); MG France; le Syndicat des médecins libéraux (SML); l'Union française pour une médecine libre (UFML-S); l'Intersyndicale nationale autonome représentative de médecine générale (Isnar-IMG); l'Intersyndicale nationale des internes (Isni); Jeunes médecins; le regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (Reagjir); l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf); la coordination Médecins pour demain; la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP).

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