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07/01 2026
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LA GRÈVE DES MÉDECINS LIBÉRAUX MET DES HÔPITAUX EN FORTES DIFFICULTÉS DANS LE CONTEXTE HIVERNAL

PARIS, 7 janvier 2026 (APMnews) - La mobilisation des médecins libéraux, ajoutée aux épidémies hivernales et aux conditions climatiques, met des hôpitaux en fortes difficultés, notamment en Bretagne où nombre d'entre eux ont déclenché leur plan blanc, selon plusieurs sources contactées mercredi par APMnews.

Ce mouvement de grève, à l'appel des syndicats de médecins libéraux, d'internes et d'étudiants en médecine, annoncé fin novembre 2025, a débuté lundi et doit durer 10 jours (cf dépêche du 27/11/2025 à 12:03). Les syndicats de médecins libéraux et la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) s'attendaient lundi à ce que le mouvement soit très suivi en ville, marqué par de nombreuses fermetures de cabinets médicaux (cf dépêche du 05/01/2026 à 18:31).

La ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, Stéphanie Rist, a cité mercredi au Sénat une hausse de 24% des appels au Samu par rapport à début décembre 2025 (cf dépêche du 07/01/2026 à 19:24).

"Le CHU de Rennes fait face à une situation de très forte tension affectant le Samu-centre 15/SAS 35 et le service d'accueil des urgences adultes, en raison de la conjonction de plusieurs facteurs majeurs: le mouvement de grève des médecins libéraux, concernant également les médecins généralistes participant habituellement à la régulation médicale au sein du SAS-centre 15 et qui ne sont actuellement plus présents, un pic épidémique hivernal important (grippe et infections respiratoires), des conditions météorologiques défavorables, entraînant une augmentation des accidents et des difficultés de déplacement", a relaté le CHU dans un communiqué mardi.

Le nombre d'appels au centre 15 a fortement augmenté ces derniers jours et les temps de décroché et de rappel sont allongés. Le service d'accueil des urgences enregistre "une activité extrêmement importante sous le double effet du pic épidémique à son plus haut niveau actuellement et d'une augmentation du nombre de passages spontanés faute d'alternative toujours possible en cabinet médical de ville", poursuit le CHU.

En conséquence, il a déclenché son plan blanc pour s'adapter à cette situation de manière à mobiliser des équipes. Il demande le soutien de "tous les établissements du territoire, publics et privés".

Même chose au CHU de Brest. "Depuis la semaine dernière, le groupement hospitalier de territoire (GHT) de Bretagne occidentale fait face à une très forte fréquentation des services d'urgence, associée à un nombre élevé d'hospitalisations. La situation s'est encore dégradée au cours du week-end et lundi, sous l'effet cumulé de la circulation de la grippe, de l'augmentation des prises en charge médicales et chirurgicales liées aux conditions de verglas et du contexte de la grève des médecins libéraux débutée [lundi]."

Les hôpitaux du GHT ont déclenché leur plan blanc respectif sur l'ensemble du territoire (tous les sites d'urgence de Brest, Carhaix, Landerneau et Morlaix).

"Cette décision vise à permettre la mobilisation rapide et coordonnée de l'ensemble des moyens humains et matériels nécessaires afin de garantir la continuité et la sécurité des prises en charge des patients. Le plan blanc permet notamment la réorganisation temporaire des activités non urgentes, le renforcement des équipes dans les secteurs en tension, l'adaptation des capacités d'hospitalisation et une coordination renforcée entre les établissements de santé du territoire", rappelle le CHU de Brest.

Le nombre de passages aux urgences reste à un niveau élevé (158 mardi après un pic historique à 196 vendredi pour une moyenne de 138 passages quotidiens en décembre 2025) avec un volume de patients ayant besoin d'une hospitalisation plus important qu'habituellement. Les appels au Samu sont également plus nombreux (environ 1.500 appels journaliers ces derniers jours contre une moyenne habituelle entre 1.100 et 1.200 appels par jour).

Le CHU de Brest a pris plusieurs mesures, dont l'ouverture d'une unité de crise de 10 lits dans le service de chirurgie plastique et orthopédie à compter de mardi, pour une durée minimale d'une semaine, avec un renfort 24/24 et 7/7 d'une infirmière et une aide-soignante. Des hospitalisations programmées non urgentes ont été reportées pour une vingtaine de patients de médecine, mais pas en chirurgie pour le moment.

Mercredi à la mi-journée, huit établissements avaient déclenché leur plan blanc en Bretagne (CH de Saint-Brieuc-Paimpol-Tréguier, CHU Brest-Carhaix, CH de Landerneau, CH des Pays de Morlaix, CH de Douarnenez, CH de Fougères, CHU de Rennes et CH Bretagne Atlantique à Vannes), a précisé à APMnews l'agence régionale de santé (ARS) Bretagne, qui a déclenché sa cellule régionale de veille.

"En appui des structures ayant déclenché leur plan blanc, [l'agence] favorise notamment les solidarités territoriales inter-établissements pour fluidifier les parcours des patients. Par ailleurs, elle procède à des réquisitions en tant que de besoin pour assurer la permanence des soins, que ce soit auprès des professionnels libéraux de ville ou exerçant dans les cliniques", a-t-elle rapporté.

La FHF Bretagne demande de l'aide au privé

Dans un communiqué diffusé mercredi, la FHF Bretagne alerte "sur les conditions difficiles auxquelles sont confrontés les établissements hospitaliers publics, porteurs de services d'urgences, de la région depuis ce début de semaine".

Tous les territoires bretons sont à ce stade concernés: les procédures Hôpital en tension (HET) et plans blancs ont été déclenchés. En plus des CHU de Brest (GHT Bretagne occidentale) et de Rennes, les CH de Saint-Brieuc, Vannes et Douarnenez ont également déclenché leur plan blanc, précise la délégation régionale.

"Si les établissements ont anticipé l'impact des épidémies hivernales grâce à des organisations adaptées, force est de constater que celles-ci, ajoutées aux conditions météorologiques et à l'impact de la grève de la médecine libérale provoquent de nombreuses difficultés depuis quelques jours. Les réunions de crise s'enchaînent", décrit la délégation régionale.

La régulation des urgences, via un appel préalable au 15, l'ouverture d'unités ou de lits supplémentaires, le report de programmation de certaines activités ont été les principales actions mises en œuvre depuis début 2026 pour mieux prendre en charge les patients.

"Ces décisions, prises au nom des valeurs du service public garantissent un accès aux soins pour tous les patients, mais elles déstabilisent l'organisation des activités programmées et font peser, encore une fois, la prise en charge de la population 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sur la seule hospitalisation publique. C'est la raison pour laquelle la FHF Bretagne appelle à la solidarité de tous les acteurs de santé."

"La grève des médecins libéraux, aussi légitime qu'elle puisse être, dans ce contexte régional atypique, fragilise les organisations et met en difficulté nos établissements dans les réponses à la population: surcharge des Samu-centres 15, dysfonctionnement des services d'accès aux soins (SAS), suspension des activités de traumatologie dans certaines cliniques, restriction d'accès des centres de soins non programmés… La solidarité régionale s'impose", fait-elle valoir.

En Grand Est, "si aucune augmentation de passages aux urgences pédiatriques n'est constatée pour l'heure, une hausse de 10% est enregistrée au niveau des urgences adultes", a rapporté la direction du CHU de Reims, jointe mercredi par APMnews.

"Au regard de la circulation des virus hivernaux et du mouvement de grève annoncé, des renforts ont été identifiés et sont en partie déjà mobilisés pour soutenir les secteurs d'urgences", a-t-elle ajouté.

L'HAD peut aider

"En cette période sensible, la Fnehad [Fédération nationale des établissements d'hospitalisation à domicile] rappelle le total engagement" de ces établissements "sur tout le territoire, pour soulager les tensions déjà présentes ou susceptibles de survenir dans les services hospitaliers", a-t-elle fait savoir mercredi dans un communiqué.

La fédération souligne que les HAD peuvent "fluidifier les parcours des patients après les urgences" et "intervenir au sein même des services d'urgence pour évaluer les besoins des malades et identifier les sorties possibles à court terme".

Dans ce contexte, Elisabeth Hubert, présidente de la Fnehad, "a adressé un message à toutes les directions d'ARS afin de rappeler le rôle clé des HAD dans le soutien aux hôpitaux avec hébergement et la fluidification des parcours patients".

sl-mlb-gl/nc/APMnews

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PARIS, 7 janvier 2026 (APMnews) - La mobilisation des médecins libéraux, ajoutée aux épidémies hivernales et aux conditions climatiques, met des hôpitaux en fortes difficultés, notamment en Bretagne où nombre d'entre eux ont déclenché leur plan blanc, selon plusieurs sources contactées mercredi par APMnews.

Ce mouvement de grève, à l'appel des syndicats de médecins libéraux, d'internes et d'étudiants en médecine, annoncé fin novembre 2025, a débuté lundi et doit durer 10 jours (cf dépêche du 27/11/2025 à 12:03). Les syndicats de médecins libéraux et la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) s'attendaient lundi à ce que le mouvement soit très suivi en ville, marqué par de nombreuses fermetures de cabinets médicaux (cf dépêche du 05/01/2026 à 18:31).

La ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, Stéphanie Rist, a cité mercredi au Sénat une hausse de 24% des appels au Samu par rapport à début décembre 2025 (cf dépêche du 07/01/2026 à 19:24).

"Le CHU de Rennes fait face à une situation de très forte tension affectant le Samu-centre 15/SAS 35 et le service d'accueil des urgences adultes, en raison de la conjonction de plusieurs facteurs majeurs: le mouvement de grève des médecins libéraux, concernant également les médecins généralistes participant habituellement à la régulation médicale au sein du SAS-centre 15 et qui ne sont actuellement plus présents, un pic épidémique hivernal important (grippe et infections respiratoires), des conditions météorologiques défavorables, entraînant une augmentation des accidents et des difficultés de déplacement", a relaté le CHU dans un communiqué mardi.

Le nombre d'appels au centre 15 a fortement augmenté ces derniers jours et les temps de décroché et de rappel sont allongés. Le service d'accueil des urgences enregistre "une activité extrêmement importante sous le double effet du pic épidémique à son plus haut niveau actuellement et d'une augmentation du nombre de passages spontanés faute d'alternative toujours possible en cabinet médical de ville", poursuit le CHU.

En conséquence, il a déclenché son plan blanc pour s'adapter à cette situation de manière à mobiliser des équipes. Il demande le soutien de "tous les établissements du territoire, publics et privés".

Même chose au CHU de Brest. "Depuis la semaine dernière, le groupement hospitalier de territoire (GHT) de Bretagne occidentale fait face à une très forte fréquentation des services d'urgence, associée à un nombre élevé d'hospitalisations. La situation s'est encore dégradée au cours du week-end et lundi, sous l'effet cumulé de la circulation de la grippe, de l'augmentation des prises en charge médicales et chirurgicales liées aux conditions de verglas et du contexte de la grève des médecins libéraux débutée [lundi]."

Les hôpitaux du GHT ont déclenché leur plan blanc respectif sur l'ensemble du territoire (tous les sites d'urgence de Brest, Carhaix, Landerneau et Morlaix).

"Cette décision vise à permettre la mobilisation rapide et coordonnée de l'ensemble des moyens humains et matériels nécessaires afin de garantir la continuité et la sécurité des prises en charge des patients. Le plan blanc permet notamment la réorganisation temporaire des activités non urgentes, le renforcement des équipes dans les secteurs en tension, l'adaptation des capacités d'hospitalisation et une coordination renforcée entre les établissements de santé du territoire", rappelle le CHU de Brest.

Le nombre de passages aux urgences reste à un niveau élevé (158 mardi après un pic historique à 196 vendredi pour une moyenne de 138 passages quotidiens en décembre 2025) avec un volume de patients ayant besoin d'une hospitalisation plus important qu'habituellement. Les appels au Samu sont également plus nombreux (environ 1.500 appels journaliers ces derniers jours contre une moyenne habituelle entre 1.100 et 1.200 appels par jour).

Le CHU de Brest a pris plusieurs mesures, dont l'ouverture d'une unité de crise de 10 lits dans le service de chirurgie plastique et orthopédie à compter de mardi, pour une durée minimale d'une semaine, avec un renfort 24/24 et 7/7 d'une infirmière et une aide-soignante. Des hospitalisations programmées non urgentes ont été reportées pour une vingtaine de patients de médecine, mais pas en chirurgie pour le moment.

Mercredi à la mi-journée, huit établissements avaient déclenché leur plan blanc en Bretagne (CH de Saint-Brieuc-Paimpol-Tréguier, CHU Brest-Carhaix, CH de Landerneau, CH des Pays de Morlaix, CH de Douarnenez, CH de Fougères, CHU de Rennes et CH Bretagne Atlantique à Vannes), a précisé à APMnews l'agence régionale de santé (ARS) Bretagne, qui a déclenché sa cellule régionale de veille.

"En appui des structures ayant déclenché leur plan blanc, [l'agence] favorise notamment les solidarités territoriales inter-établissements pour fluidifier les parcours des patients. Par ailleurs, elle procède à des réquisitions en tant que de besoin pour assurer la permanence des soins, que ce soit auprès des professionnels libéraux de ville ou exerçant dans les cliniques", a-t-elle rapporté.

La FHF Bretagne demande de l'aide au privé

Dans un communiqué diffusé mercredi, la FHF Bretagne alerte "sur les conditions difficiles auxquelles sont confrontés les établissements hospitaliers publics, porteurs de services d'urgences, de la région depuis ce début de semaine".

Tous les territoires bretons sont à ce stade concernés: les procédures Hôpital en tension (HET) et plans blancs ont été déclenchés. En plus des CHU de Brest (GHT Bretagne occidentale) et de Rennes, les CH de Saint-Brieuc, Vannes et Douarnenez ont également déclenché leur plan blanc, précise la délégation régionale.

"Si les établissements ont anticipé l'impact des épidémies hivernales grâce à des organisations adaptées, force est de constater que celles-ci, ajoutées aux conditions météorologiques et à l'impact de la grève de la médecine libérale provoquent de nombreuses difficultés depuis quelques jours. Les réunions de crise s'enchaînent", décrit la délégation régionale.

La régulation des urgences, via un appel préalable au 15, l'ouverture d'unités ou de lits supplémentaires, le report de programmation de certaines activités ont été les principales actions mises en œuvre depuis début 2026 pour mieux prendre en charge les patients.

"Ces décisions, prises au nom des valeurs du service public garantissent un accès aux soins pour tous les patients, mais elles déstabilisent l'organisation des activités programmées et font peser, encore une fois, la prise en charge de la population 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sur la seule hospitalisation publique. C'est la raison pour laquelle la FHF Bretagne appelle à la solidarité de tous les acteurs de santé."

"La grève des médecins libéraux, aussi légitime qu'elle puisse être, dans ce contexte régional atypique, fragilise les organisations et met en difficulté nos établissements dans les réponses à la population: surcharge des Samu-centres 15, dysfonctionnement des services d'accès aux soins (SAS), suspension des activités de traumatologie dans certaines cliniques, restriction d'accès des centres de soins non programmés… La solidarité régionale s'impose", fait-elle valoir.

En Grand Est, "si aucune augmentation de passages aux urgences pédiatriques n'est constatée pour l'heure, une hausse de 10% est enregistrée au niveau des urgences adultes", a rapporté la direction du CHU de Reims, jointe mercredi par APMnews.

"Au regard de la circulation des virus hivernaux et du mouvement de grève annoncé, des renforts ont été identifiés et sont en partie déjà mobilisés pour soutenir les secteurs d'urgences", a-t-elle ajouté.

L'HAD peut aider

"En cette période sensible, la Fnehad [Fédération nationale des établissements d'hospitalisation à domicile] rappelle le total engagement" de ces établissements "sur tout le territoire, pour soulager les tensions déjà présentes ou susceptibles de survenir dans les services hospitaliers", a-t-elle fait savoir mercredi dans un communiqué.

La fédération souligne que les HAD peuvent "fluidifier les parcours des patients après les urgences" et "intervenir au sein même des services d'urgence pour évaluer les besoins des malades et identifier les sorties possibles à court terme".

Dans ce contexte, Elisabeth Hubert, présidente de la Fnehad, "a adressé un message à toutes les directions d'ARS afin de rappeler le rôle clé des HAD dans le soutien aux hôpitaux avec hébergement et la fluidification des parcours patients".

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