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05/01 2026
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LA GRÈVE DES MÉDECINS LIBÉRAUX S'ANNONCE "TRÈS SUIVIE", SELON LES SYNDICATS ET LA FHP

PARIS, 5 janvier 2026 (APMnews) - Alors que les médecins de ville entament depuis lundi un mouvement de grève de 10 jours, celui-ci s'annonce très suivi sur l'ensemble du territoire national, selon la plupart des syndicats de médecins libéraux et la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), contactés lundi par APMnews.

Contactés lundi, l'Union française pour une médecine libre (UFML-S), la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), le syndicat de médecins généralistes MG France, la Fédération des médecins de France (FMF) et le syndicat de spécialistes Avenir Spé-Le Bloc ont prédit un mouvement de grève massif.

Côté spécialistes, près de 80% des adhérents ont déclaré fermer leurs cabinets, ont détaillé l'UFML-S, la FMF et la CSMF à APMnews.

Pour les médecins généralistes, "nous n'avons pas de chiffre global mais nous savons d'ores et déjà qu'elle sera très suivie chez nos adhérents au moins sous forme de fermetures ciblées dans la journée", a expliqué à APMnews le Dr Jean-Christophe Nogrette, secrétaire général de MG France.

Le syndicat Jeunes médecins Ile-de-France a de son côté lancé une plateforme permettant aux grévistes de se déclarer. Lundi soir, plus de 16.000 avaient été enregistrés.

Le mouvement d'exil symbolique à Bruxelles, concernant spécifiquement les chirurgiens libéraux (cf dépêche du 06/11/2025 à 16:09) s'annonce aussi très suivi, a expliqué lundi à APMnews le Dr Philippe Cuq, président du syndicat Le Bloc.

"Nous sommes près de 2.000 inscrits pour aller à Bruxelles et nous pouvons multiplier par quatre les praticiens de bloc opératoire en arrêt d'activité à partir du 9 janvier", a-t-il assuré, notant également l'envoi de "réquisitions massives" de la part des agences régionales de santé (ARS).

Une manifestation est par ailleurs prévue le samedi 10 janvier à Paris à partir de 13 heures.

Dans un entretien à La République du Centre publié dimanche, la ministre chargée de la santé, Stéphanie Rist, a assuré avoir pris "depuis plusieurs jours" des "mesures pour organiser la permanence des soins avec les agences régionales de santé [ARS], les établissements, les professionnels eux-mêmes pour que nos concitoyens ne soient pas en danger pendant cette mobilisation".

Elle a également confirmé le recours aux "réquisitions" et a plus généralement assuré "prendre ses responsabilités" pour que les "citoyens ne soient pas en danger".

"Colère immense"

Ce mouvement de grève avait été annoncé fin novembre par les syndicats de médecins, qui dénonçaient notamment plusieurs mesures inscrites dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, rappelle-t-on (cf dépêche du 27/11/2025 à 12:03).

Plusieurs mesures contestées, parmi lesquelles l'obligation de remplir le dossier médical partagé (DMP) ou la surtaxation des honoraires pour les praticiens de secteur 2, ont depuis été supprimées de la LFSS 2026 promulguée fin décembre, note-t-on (cf dépêche du 31/12/2025 à 08:55).

Par ailleurs, dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière, Stéphanie Rist avait tenté de calmer le jeu et de dissiper les malentendus des médecins au sujet du PLFSS (cf dépêche du 02/01/2026 à 13:07).

Malgré cela, "la colère reste immense", chez les médecins libéraux, a observé le Dr Jérôme Marty, qui a confirmé le maintien du mouvement.

"Nous avons interrogé notre base et, ce qui ressort, c'est que les médecins n'en peuvent plus. Certes, la LFSS a supprimé certaines mesures, mais là, il y a une part d'irrationnel et c'est cela qui est inquiétant", a-t-il analysé.

En cause notamment, selon lui: une médecine de ville sous-financée, une politique gouvernementale hostile à la tradition conventionnelle et une absence de garanties effectives de la part du gouvernement pour protéger la médecine libérale.

Dans une lettre ouverte en réponse à la ministre, publiée lundi, la CSMF a confirmé le maintien de la grève, déplorant des "paroles [ministérielles] qui ne sont plus à la hauteur de la colère qui traverse la médecine libérale".

"Le gouvernement et certains parlementaires ont fait le choix d'attaquer frontalement la médecine libérale. Celle qui, malgré une baisse de près de 15% de ses effectifs en dix ans, assure chaque jour l'essentiel des soins de la population", a-t-il poursuivi.

Le syndicat de généralistes MG France a quant à lui déploré le "tournant autoritaire dans la manière de conduire les politiques de santé", dans un communiqué publié ce week-end.

Il a en outre rappelé son opposition aux campagnes obligatoires de mise sous objectifs (MSO) prévues dans le projet de loi "relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales" dont l'examen commencera la semaine prochaine à l'Assemblée nationale après son adoption en première lecture au Sénat en décembre 2025 (cf dépêche du 17/12/2025 à 15:19).

Les cliniques en grève à partir du 10 janvier

Du côté des cliniques, la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) a annoncé un fonctionnement "allégé" avec des cliniques qui "tournent à 70%" avant le début de leur mobilisation le 10 janvier (cf dépêche du 30/12/2025 à 17:48), date de la manifestation des médecins libéraux.

"Les cliniques ont reporté toutes les opérations un peu lourdes qui nécessitaient une hospitalisation de plus de cinq jours pour que nos établissements soient vides en fin de semaine", a déclaré son président, Lamine Gharbi.

Le président de la FHP a confirmé des réquisitions collectives opérées par certaines agences régionales de santé dans "40% à 50% du territoire".

"On va vu certaines ARS passer par les établissements pour diffuser les réquisitions. Ce n'est pas à nous, établissements, de transmettre la réquisition aux praticiens. Donc on va demander assez fermement aux ARS de bien vouloir informer directement les médecins", a-t-il attesté.

Il a assuré qu'un mail serait envoyé aux ARS pour leur demander de transmettre des réquisitions nominatives et aux directeurs d'établissements pour leur enjoindre de ne pas transmettre les réquisitions.

Concernant les réquisitions menées dans le cadre de la permanence des soins, Lamine Gharbi a affirmé que "la continuité des soins était assurée par tous les médecins".

"La permanence des soins devait s'appuyer sur une ligne officielle, tarifée et reconnue par l'ARS. Après, si des directeurs estiment que pour leur fonctionnement, ils doivent réquisitionner certains médecins, pourquoi pas?" a-t-il déclaré, en précisant que certains directeurs pouvaient "informer l'ARS des difficultés sur le fonctionnement vital de telle ligne ou de telle spécialité pour que l'ARS réquisitionne".

Lamine Gharbi a dit s'attendre à une mobilisation également très importante des cliniques à partir du 11 janvier, prévoyant "90% des cliniques à l'arrêt". Il a garanti que les services d'urgence seront également en grève mais réquisitionnés, opérant "en mode dégradé".

Il a justifié le mouvement de grève par "l'absence de dégel du coefficient prudentiel", la stabilité des tarifs pour la campagne 2026 (cf dépêche du 26/12/2025 à 15:55), la politique sociale "qui n'a pas été respectée" (cf dépêche du 12/03/2025 à 16:09) et la pluri-annualité qui n'a pas été mise en place (cf dépêche du 17/11/2025 à 19:19 et dépêche du 10/09/2025 à 15:15).

jr-ah/nc/APMnews

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PARIS, 5 janvier 2026 (APMnews) - Alors que les médecins de ville entament depuis lundi un mouvement de grève de 10 jours, celui-ci s'annonce très suivi sur l'ensemble du territoire national, selon la plupart des syndicats de médecins libéraux et la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), contactés lundi par APMnews.

Contactés lundi, l'Union française pour une médecine libre (UFML-S), la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), le syndicat de médecins généralistes MG France, la Fédération des médecins de France (FMF) et le syndicat de spécialistes Avenir Spé-Le Bloc ont prédit un mouvement de grève massif.

Côté spécialistes, près de 80% des adhérents ont déclaré fermer leurs cabinets, ont détaillé l'UFML-S, la FMF et la CSMF à APMnews.

Pour les médecins généralistes, "nous n'avons pas de chiffre global mais nous savons d'ores et déjà qu'elle sera très suivie chez nos adhérents au moins sous forme de fermetures ciblées dans la journée", a expliqué à APMnews le Dr Jean-Christophe Nogrette, secrétaire général de MG France.

Le syndicat Jeunes médecins Ile-de-France a de son côté lancé une plateforme permettant aux grévistes de se déclarer. Lundi soir, plus de 16.000 avaient été enregistrés.

Le mouvement d'exil symbolique à Bruxelles, concernant spécifiquement les chirurgiens libéraux (cf dépêche du 06/11/2025 à 16:09) s'annonce aussi très suivi, a expliqué lundi à APMnews le Dr Philippe Cuq, président du syndicat Le Bloc.

"Nous sommes près de 2.000 inscrits pour aller à Bruxelles et nous pouvons multiplier par quatre les praticiens de bloc opératoire en arrêt d'activité à partir du 9 janvier", a-t-il assuré, notant également l'envoi de "réquisitions massives" de la part des agences régionales de santé (ARS).

Une manifestation est par ailleurs prévue le samedi 10 janvier à Paris à partir de 13 heures.

Dans un entretien à La République du Centre publié dimanche, la ministre chargée de la santé, Stéphanie Rist, a assuré avoir pris "depuis plusieurs jours" des "mesures pour organiser la permanence des soins avec les agences régionales de santé [ARS], les établissements, les professionnels eux-mêmes pour que nos concitoyens ne soient pas en danger pendant cette mobilisation".

Elle a également confirmé le recours aux "réquisitions" et a plus généralement assuré "prendre ses responsabilités" pour que les "citoyens ne soient pas en danger".

"Colère immense"

Ce mouvement de grève avait été annoncé fin novembre par les syndicats de médecins, qui dénonçaient notamment plusieurs mesures inscrites dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, rappelle-t-on (cf dépêche du 27/11/2025 à 12:03).

Plusieurs mesures contestées, parmi lesquelles l'obligation de remplir le dossier médical partagé (DMP) ou la surtaxation des honoraires pour les praticiens de secteur 2, ont depuis été supprimées de la LFSS 2026 promulguée fin décembre, note-t-on (cf dépêche du 31/12/2025 à 08:55).

Par ailleurs, dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière, Stéphanie Rist avait tenté de calmer le jeu et de dissiper les malentendus des médecins au sujet du PLFSS (cf dépêche du 02/01/2026 à 13:07).

Malgré cela, "la colère reste immense", chez les médecins libéraux, a observé le Dr Jérôme Marty, qui a confirmé le maintien du mouvement.

"Nous avons interrogé notre base et, ce qui ressort, c'est que les médecins n'en peuvent plus. Certes, la LFSS a supprimé certaines mesures, mais là, il y a une part d'irrationnel et c'est cela qui est inquiétant", a-t-il analysé.

En cause notamment, selon lui: une médecine de ville sous-financée, une politique gouvernementale hostile à la tradition conventionnelle et une absence de garanties effectives de la part du gouvernement pour protéger la médecine libérale.

Dans une lettre ouverte en réponse à la ministre, publiée lundi, la CSMF a confirmé le maintien de la grève, déplorant des "paroles [ministérielles] qui ne sont plus à la hauteur de la colère qui traverse la médecine libérale".

"Le gouvernement et certains parlementaires ont fait le choix d'attaquer frontalement la médecine libérale. Celle qui, malgré une baisse de près de 15% de ses effectifs en dix ans, assure chaque jour l'essentiel des soins de la population", a-t-il poursuivi.

Le syndicat de généralistes MG France a quant à lui déploré le "tournant autoritaire dans la manière de conduire les politiques de santé", dans un communiqué publié ce week-end.

Il a en outre rappelé son opposition aux campagnes obligatoires de mise sous objectifs (MSO) prévues dans le projet de loi "relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales" dont l'examen commencera la semaine prochaine à l'Assemblée nationale après son adoption en première lecture au Sénat en décembre 2025 (cf dépêche du 17/12/2025 à 15:19).

Les cliniques en grève à partir du 10 janvier

Du côté des cliniques, la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) a annoncé un fonctionnement "allégé" avec des cliniques qui "tournent à 70%" avant le début de leur mobilisation le 10 janvier (cf dépêche du 30/12/2025 à 17:48), date de la manifestation des médecins libéraux.

"Les cliniques ont reporté toutes les opérations un peu lourdes qui nécessitaient une hospitalisation de plus de cinq jours pour que nos établissements soient vides en fin de semaine", a déclaré son président, Lamine Gharbi.

Le président de la FHP a confirmé des réquisitions collectives opérées par certaines agences régionales de santé dans "40% à 50% du territoire".

"On va vu certaines ARS passer par les établissements pour diffuser les réquisitions. Ce n'est pas à nous, établissements, de transmettre la réquisition aux praticiens. Donc on va demander assez fermement aux ARS de bien vouloir informer directement les médecins", a-t-il attesté.

Il a assuré qu'un mail serait envoyé aux ARS pour leur demander de transmettre des réquisitions nominatives et aux directeurs d'établissements pour leur enjoindre de ne pas transmettre les réquisitions.

Concernant les réquisitions menées dans le cadre de la permanence des soins, Lamine Gharbi a affirmé que "la continuité des soins était assurée par tous les médecins".

"La permanence des soins devait s'appuyer sur une ligne officielle, tarifée et reconnue par l'ARS. Après, si des directeurs estiment que pour leur fonctionnement, ils doivent réquisitionner certains médecins, pourquoi pas?" a-t-il déclaré, en précisant que certains directeurs pouvaient "informer l'ARS des difficultés sur le fonctionnement vital de telle ligne ou de telle spécialité pour que l'ARS réquisitionne".

Lamine Gharbi a dit s'attendre à une mobilisation également très importante des cliniques à partir du 11 janvier, prévoyant "90% des cliniques à l'arrêt". Il a garanti que les services d'urgence seront également en grève mais réquisitionnés, opérant "en mode dégradé".

Il a justifié le mouvement de grève par "l'absence de dégel du coefficient prudentiel", la stabilité des tarifs pour la campagne 2026 (cf dépêche du 26/12/2025 à 15:55), la politique sociale "qui n'a pas été respectée" (cf dépêche du 12/03/2025 à 16:09) et la pluri-annualité qui n'a pas été mise en place (cf dépêche du 17/11/2025 à 19:19 et dépêche du 10/09/2025 à 15:15).

jr-ah/nc/APMnews

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