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28/04 2026
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LA POLLUTION DE L'AIR ASSOCIÉE À UN RISQUE ACCRU DE MIGRAINE

WASHINGTON, 28 avril 2026 (APMnews) - L'exposition à la pollution atmosphérique, et en particulier à des taux élevés de dioxyde d'azote, a été associée à un risque significativement accru de passages aux urgences pour migraine ainsi qu'à une hausse des délivrances de triptans, dans une étude rétrospective israélienne publiée dans Neurology.

Même si les bases biologiques de la migraine incluent une prédisposition génétique et une sensibilisation du système nerveux central, en prédire la survenue reste compliqué, et cette incertitude limite la capacité des cliniciens à fournir des soins préventifs ainsi que celle des patients à empêcher la crise de s'intensifier, notent Ido Peles de la Ben-Gurion University of the Negev à Be'er Sheva en Israël et ses collègues.


Les facteurs environnementaux pourraient avoir une influence sur la susceptibilité intrinsèque du cerveau et contribuer au côté fluctuant du déclenchement des migraines, mais les différentes études menées à ce jour sont contradictoires, ajoutent-ils.


Pour mieux comprendre l'impact de la pollution de l'air sur la survenue de migraines, les chercheurs ont conduit une étude de cas croisée rétrospective, en population, chez des adultes ayant participé à la Negev Migraine Cohort entre 2002 et 2023 et résidant à Be'er Sheva.


Ce travail a permis de suivre, pendant 10 ans en moyenne, 7.032 personnes (47 ans en moyenne, 77% de femmes) concernées par un diagnostic de migraine ou une prescription de triptans. Leur exposition à la pollution atmosphérique (provenant de la circulation routière, des rejets industriels et de la poussière), ainsi que les conditions météorologiques, ont été mesurées quotidiennement grâce à des stations de surveillance fixes réparties dans la zone d'étude.


Les données montrent qu'au cours du suivi, 32% des participants sont passés aux urgences au moins une fois en raison d'une migraine aiguë, et que 47% ont eu une délivrance de triptans (avec une moyenne de deux comprimés par mois).


Les chercheurs relèvent que le jour où l'activité aux urgences pour migraine a été maximale, les concentrations de polluants dans l'atmosphère étaient supérieures aux moyennes recensées sur l'ensemble de la période, que ce soit pour les particules fines PM10 et PM2.5 ou le dioxyde d'azote (NO2), et qu'à l'inverse, elles étaient inférieures aux moyennes le jour où il y a eu le moins de passages.


Après ajustement sur les covariables, seul le NO2 est ressorti comme un facteur favorisant le déclenchement de migraines lors des pics de pollution, avec une hausse significative de 41% du risque de passages aux urgences pour migraine en cas d'exposition ponctuelle à des niveaux élevés de ce polluant, qui provient essentiellement du trafic routier.


Les chercheurs ont aussi constaté que des niveaux élevés de radiations solaires augmentaient ce risque de façon significative (+23%).


Au-delà des pics de pollution, les chercheurs ont observé qu'une exposition chronique à des niveaux élevés de NO2 et de PM2.5 au cours du trimestre précédent était associée à un risque respectivement augmenté de 10% et 9% de devoir recourir à des triptans.


Ils ont aussi identifié une influence des conditions climatiques, dans le sens où des températures élevées et un faible taux d'humidité l'été amplifiaient les risques liés au NO2, tandis que le froid et l'humidité l'hiver amplifiaient ceux induits par les PM2.5.


"Ces résultats montrent qu'il peut être possible d'anticiper les besoins en matière de soins", commente Ido Peles, cité dans un communiqué de l'American Academy of Neurology (AAN). "Quand des périodes à haut risque d'exposition sont prévues, les médecins peuvent conseiller aux patients de limiter leurs activités à l'extérieur et d'utiliser des purificateurs d'air, de prendre des traitements préventifs de façon ponctuelle et de commencer leurs antimigraineux dès les premiers signes."


(Neurology, publication en ligne du 15 avril)


sb/rm/APMnews

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WASHINGTON, 28 avril 2026 (APMnews) - L'exposition à la pollution atmosphérique, et en particulier à des taux élevés de dioxyde d'azote, a été associée à un risque significativement accru de passages aux urgences pour migraine ainsi qu'à une hausse des délivrances de triptans, dans une étude rétrospective israélienne publiée dans Neurology.

Même si les bases biologiques de la migraine incluent une prédisposition génétique et une sensibilisation du système nerveux central, en prédire la survenue reste compliqué, et cette incertitude limite la capacité des cliniciens à fournir des soins préventifs ainsi que celle des patients à empêcher la crise de s'intensifier, notent Ido Peles de la Ben-Gurion University of the Negev à Be'er Sheva en Israël et ses collègues.


Les facteurs environnementaux pourraient avoir une influence sur la susceptibilité intrinsèque du cerveau et contribuer au côté fluctuant du déclenchement des migraines, mais les différentes études menées à ce jour sont contradictoires, ajoutent-ils.


Pour mieux comprendre l'impact de la pollution de l'air sur la survenue de migraines, les chercheurs ont conduit une étude de cas croisée rétrospective, en population, chez des adultes ayant participé à la Negev Migraine Cohort entre 2002 et 2023 et résidant à Be'er Sheva.


Ce travail a permis de suivre, pendant 10 ans en moyenne, 7.032 personnes (47 ans en moyenne, 77% de femmes) concernées par un diagnostic de migraine ou une prescription de triptans. Leur exposition à la pollution atmosphérique (provenant de la circulation routière, des rejets industriels et de la poussière), ainsi que les conditions météorologiques, ont été mesurées quotidiennement grâce à des stations de surveillance fixes réparties dans la zone d'étude.


Les données montrent qu'au cours du suivi, 32% des participants sont passés aux urgences au moins une fois en raison d'une migraine aiguë, et que 47% ont eu une délivrance de triptans (avec une moyenne de deux comprimés par mois).


Les chercheurs relèvent que le jour où l'activité aux urgences pour migraine a été maximale, les concentrations de polluants dans l'atmosphère étaient supérieures aux moyennes recensées sur l'ensemble de la période, que ce soit pour les particules fines PM10 et PM2.5 ou le dioxyde d'azote (NO2), et qu'à l'inverse, elles étaient inférieures aux moyennes le jour où il y a eu le moins de passages.


Après ajustement sur les covariables, seul le NO2 est ressorti comme un facteur favorisant le déclenchement de migraines lors des pics de pollution, avec une hausse significative de 41% du risque de passages aux urgences pour migraine en cas d'exposition ponctuelle à des niveaux élevés de ce polluant, qui provient essentiellement du trafic routier.


Les chercheurs ont aussi constaté que des niveaux élevés de radiations solaires augmentaient ce risque de façon significative (+23%).


Au-delà des pics de pollution, les chercheurs ont observé qu'une exposition chronique à des niveaux élevés de NO2 et de PM2.5 au cours du trimestre précédent était associée à un risque respectivement augmenté de 10% et 9% de devoir recourir à des triptans.


Ils ont aussi identifié une influence des conditions climatiques, dans le sens où des températures élevées et un faible taux d'humidité l'été amplifiaient les risques liés au NO2, tandis que le froid et l'humidité l'hiver amplifiaient ceux induits par les PM2.5.


"Ces résultats montrent qu'il peut être possible d'anticiper les besoins en matière de soins", commente Ido Peles, cité dans un communiqué de l'American Academy of Neurology (AAN). "Quand des périodes à haut risque d'exposition sont prévues, les médecins peuvent conseiller aux patients de limiter leurs activités à l'extérieur et d'utiliser des purificateurs d'air, de prendre des traitements préventifs de façon ponctuelle et de commencer leurs antimigraineux dès les premiers signes."


(Neurology, publication en ligne du 15 avril)


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