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30/01 2026
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LE CH BRETAGNE ATLANTIQUE DANS L'ATTENTE DU FEU VERT POUR SON PROJET ARCHITECTURAL, QUI LUI REDONNERA DU SOUFFLE

(Par Sylvie LAPOSTOLLE, à Vannes)

VANNES, 30 janvier 2026 (APMnews) - Le centre hospitalier Bretagne Atlantique (CHBA), à l'étroit dans ses murs, est plus que jamais dans l'attente du feu vert pour son grand programme immobilier, qui lui permettra de mieux organiser les prises en charge et de mieux répondre à la pression démographique, a déclaré sa gouvernance lors de la cérémonie des vœux de l'établissement jeudi à Vannes.

De gauche à droite: David Robo, Philippe Couturier et le Dr Cédric Pépion. Photo Sylvie Lapostolle/APMnews
De gauche à droite: David Robo, Philippe Couturier et le Dr Cédric Pépion. Photo Sylvie Lapostolle/APMnews

"Tous les ans, nous nous préparons" à l'hiver "et son lot de virus", "mais cette année encore, la conjonction d'une grippe sévère, avec des aléas climatiques (tempête, verglas) et la grève des médecins libéraux, nous a, comme de nombreux hôpitaux, particulièrement impactés dans un contexte où nous manquons de lits, dans l'attente de notre reconstruction. C'est une des principales difficultés de notre établissement; cela devient urgent", a déclaré le directeur, Philipe Couturier, dans son discours.

Le CHBA (1.464 lits et places) a commencé 2026 en plan blanc. "Chaque jour, dès la mi-journée, nous n'avions plus de lits disponibles pour hospitaliser ces patients venus aux urgences", a-t-il décrit. Jeudi, le CHBA et le centre hospitalier (CH) de Ploërmel, en direction commune, ont pu lever le plan blanc, activé depuis le 2 janvier, ayant retrouvé un nombre de lits disponibles suffisant pour répondre aux besoins. Les établissements restent vigilants et le dispositif "hôpital en tension" est maintenu, de même que l'ouverture d'une zone d'accueil post-soins aux urgences du CHBA et la régulation des urgences de 18h30 à 8h30.

"Nous sommes dans l'attente d'une ambition. Le projet de modernisation est passé en Cnis [Conseil national de l'investissement en santé] le 18 décembre 2025. On attend aujourd'hui la réponse pour pouvoir travailler dans de meilleures conditions, mieux accueillir les patients et développer de nouvelles activités", a déclaré le maire de Vannes, David Robo, président du conseil de surveillance de l'hôpital.

Philippe Couturier, qui quittera son poste à l'été après 10 ans de direction, attend impatiemment la confirmation écrite de cette validation. "Nous devrions franchir très prochainement la troisième et dernière étape de la validation de notre schéma directeur immobilier et architectural après trois ans et demi d'instruction", a-t-il déclaré. Début 2025, il attendait ce "go" pour l'été suivant alors que le projet arrivait dans sa dernière étape, celle du secrétariat général pour l'investissement (SGPI), rappelle-t-on (cf dépêche du 13/02/2025 à 19:11).

"Ainsi, nous allons nous lancer dans le projet Rivage en 2026, [projet] qui comporte trois opérations majeures d'un peu moins de 300 millions d'euros [M€], avec le bâtiment Boedic, la plateforme pharmaco-logistique et le parking silo", a-t-il décrit. Le projet immobilier du CHBA était évalué à 410 M€ début 2025, dont 350 M€ pour le sanitaire, dans le cadre d'un projet territorial pour le groupe hospitalier Brocéliande Atlantique de près de 500 M€, rappelle-t-on.

Le directeur a exprimé sa satisfaction d'avoir un nouvel hôpital, qui s'annonce "plus robuste encore, plus en phase avec les besoins du territoire, plus accueillant pour les patients, plus adapté pour les professionnels […] car nous manquons cruellement de lits, d'espace aux urgences, en maternité, sur notre plateau technique, en radiologie…"

"Le Cnis nous a beaucoup challengés", a-t-il noté, saluant la capacité de l'établissement à se concerter et à y répondre de manière collective.

L'appui financier pour cette réalisation atteint désormais 95 M€, contre 35 M€ au début de l'instruction.

Le CHBA a pris l'engagement auprès de l'agence régionale de santé (ARS) Bretagne de travailler sur l'efficience de ses organisations et d'avoir une bonne gestion. Il a pu stabiliser son déficit en 2025, qui devrait être du même ordre qu'en 2024 (soit 10 M€ sur 368 M€, cf dépêche du 22/07/2025 à 11:24), et l'état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) 2026 a été fixé à -6,5 M€.

D'ici à l'été, Philippe Couturier a expliqué qu'en plus de la mise en œuvre du projet Rivage, il poursuivrait le déploiement de la transformation de l'offre de soins territoriale et qu'il serait "attentif à la trajectoire financière en préservant une approche humaine des organisations".

"Notre bâtiment principal est plein, et cela empêche des réorganisations et des développements, ce qui nous pénalise sur l'activité dans un contexte de besoins croissants et alors que nous sommes attractifs. Il nous faut donc construire un bâtiment pour y transférer des activités qui libéreront de la place", a-t-il expliqué à APMnews. La deuxième étape du programme immobilier sera une restructuration du bloc opératoire.

Une nécessité pour mieux travailler

Le Dr Cédric Pépion, président de la commission médicale d'établissement (CME), réélu en novembre 2025, a aussi formulé le vœu d'obtenir "enfin" l'autorisation du Cnis pour lancer la première phase du projet immobilier. "L'instruction a débuté en 2022. Le Cnis, par son conseil scientifique, a beaucoup fait évoluer le projet en tenant compte avant tout de la dynamique médicale", a-t-il retracé.

Le Conseil scientifique de l'investissement en santé (Csis) a d'abord simplifié le projet en diminuant le nombre d'opérations et par la projection de la construction d'un grand bâtiment en avant des urgences. Ensuite, "ils nous ont aidés à dimensionner l'établissement par rapport aux évolutions démographiques projetées en 2040".

Les fondamentaux sont restés les mêmes: regrouper les activités qui, aujourd'hui, ne sont pas connectées, comme la gériatrie et le secteur de médecine physique et de réadaptation (MPR); de nouvelles urgences; une nouvelle maternité; le regroupement des activités interventionnelles dans un plateau technique au centre de l'hôpital; et une plateforme pharmaco-logistique "dont on attend beaucoup en termes d'évolution technologique et encore plus par l'intégration plus avancée de la pharmacie clinique au sein de nos unités".

"Ce qui a changé, c'est le redimensionnement capacitaire de l'établissement, avec 113 lits supplémentaires plus 21 en période de crise et quasiment le doublement des places d'HDJ [hôpital de jour]", a souligné Cédric Pépion.

"Je n'envisage pas un seul instant que ce projet soit retoqué" car "il a été construit avec le Cnis lui-même", a-t-il estimé.

"En attendant, il y a la nécessité de nous adapter et de continuer à investir pour faire face aux besoins de santé de la population auxquels nous avons du mal à répondre. On sort tout juste d'un plan blanc et ils se multiplient, parce qu'on manque de lits. Les délais opératoires s'allongent. Les délais de dépistage et de prise en charge des cancers nous préoccupent tous les jours et les sollicitations des spécialistes par la ville et en interne se multiplient", a-t-il témoigné.

Des actions immédiates à conduire avant les travaux

Dès 2026, dans le cadre du projet médical d'établissement adopté en 2025, le CHBA va chercher à améliorer ses prises en charge en urgence et pour l'activité non programmée en médecine et en chirurgie. Il va ouvrir d'ici fin 2026 une unité de 12 lits d'hospitalisation pour faire diminuer les temps d'attente aux urgences et mieux faire face aux différentes crises (sans attendre le prochain plan blanc début 2027).

"Nous allons créer de l'espace aux urgences en réaffectant la destination d'anciens locaux qui sont attenants", a-t-il esquissé. Il est aussi prévu d'améliorer le parcours des enfants aux urgences avec un circuit spécifique et en continuant un travail entrepris sur la prise en charge des urgences chirurgicales pédiatriques.

Le travail en cours sur la gestion des lits sera poursuivi pour améliorer la visibilité et les règles d'affectation afin de ne pas perdre de temps.

Autre chantier: la création d'une deuxième salle interventionnelle en radiologie et l'extension du nombre de places en salle de réveil du bloc opératoire pour absorber plus d'activité. Ces travaux se feront dans un cadre budgétaire très contraint en poussant les murs au moindre coût, a commenté le Dr Pépion.

Sa troisième priorité concerne le renforcement "des actions de lutte contre le cancer immédiatement", en augmentant dès 2026 la capacité de reconstitution des chimiothérapies par une troisième unité de production et en mettant en œuvre l'autorisation obtenue pour une activité en soins médicaux et de réadaptation (SMR) spécialisée en oncologie.

"Il nous faut conserver l'attractivité de notre établissement, qui recrute en gros 15 médecins de plus par an pour les équipes interétablissements dans le territoire (équipes territoriales) et pour faire face à la hausse d'activité", a-t-il noté. L'activité a progressé de 3,7% en 2025 (en moyenne +3,1% par an pour la médecine, chirurgie et obstétrique -MCO- depuis huit ans), a-t-il chiffré.

Il a plaidé pour une gestion des projets plus en proximité en faisant confiance aux équipes, aux responsables médicaux, aux cadres infirmiers… pour un management plus participatif.

Un big bang numérique

En janvier, le CHBA a aussi eu à relever un défi numérique, avec la bascule en "big bang" -d'un coup- vers le dossier patient informatisé (DPI) Sillage* (Numih) plutôt que service par service. "C'est un choix assez exceptionnel et concerté de faire la bascule un jour donné. Il faut beaucoup de préparation", a noté le directeur. Le changement s'est fait à deux dates, les 13 et 20 janvier, d'abord pour toute l'hospitalisation à temps complet puis pour l'hospitalisation de jour. Auparavant, le CHBA utilisait le logiciel Crossway* (Maincare). "C'est une réussite, globalement, même si tout n'est pas résolu", a-t-il relaté.

Presque tous les établissements du groupement hospitalier de territoire (GHT) Brocéliande Atlantique partagent le même DPI. Sillage* doit encore être installé en juin au bloc opératoire à Vannes, puis en janvier 2027 au CH de Ploërmel, qui a déjà une version ancienne de Sillage*. Il restera ensuite un dernier site, le CH Basse-Vilaine à Nivillac, qui changera en 2027, a précisé le directeur à APMnews.

Le CHBA mène par ailleurs une démarche d'universitarisation, avec bientôt un deuxième professeur associé. La première année de médecine accueille environ 80 étudiants à Vannes, a mentionné le président de la CME.

Enfin, le CHBA aura en 2026 un défi qualité à relever, puisqu'il accueillera en fin d'année les experts de la Haute autorité de santé (HAS) pour une visite de certification. Il a été certifié "qualité des soins confirmée" en mars 2023.

sl/lb/APMnews

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(Par Sylvie LAPOSTOLLE, à Vannes)

VANNES, 30 janvier 2026 (APMnews) - Le centre hospitalier Bretagne Atlantique (CHBA), à l'étroit dans ses murs, est plus que jamais dans l'attente du feu vert pour son grand programme immobilier, qui lui permettra de mieux organiser les prises en charge et de mieux répondre à la pression démographique, a déclaré sa gouvernance lors de la cérémonie des vœux de l'établissement jeudi à Vannes.

De gauche à droite: David Robo, Philippe Couturier et le Dr Cédric Pépion. Photo Sylvie Lapostolle/APMnews
De gauche à droite: David Robo, Philippe Couturier et le Dr Cédric Pépion. Photo Sylvie Lapostolle/APMnews

"Tous les ans, nous nous préparons" à l'hiver "et son lot de virus", "mais cette année encore, la conjonction d'une grippe sévère, avec des aléas climatiques (tempête, verglas) et la grève des médecins libéraux, nous a, comme de nombreux hôpitaux, particulièrement impactés dans un contexte où nous manquons de lits, dans l'attente de notre reconstruction. C'est une des principales difficultés de notre établissement; cela devient urgent", a déclaré le directeur, Philipe Couturier, dans son discours.

Le CHBA (1.464 lits et places) a commencé 2026 en plan blanc. "Chaque jour, dès la mi-journée, nous n'avions plus de lits disponibles pour hospitaliser ces patients venus aux urgences", a-t-il décrit. Jeudi, le CHBA et le centre hospitalier (CH) de Ploërmel, en direction commune, ont pu lever le plan blanc, activé depuis le 2 janvier, ayant retrouvé un nombre de lits disponibles suffisant pour répondre aux besoins. Les établissements restent vigilants et le dispositif "hôpital en tension" est maintenu, de même que l'ouverture d'une zone d'accueil post-soins aux urgences du CHBA et la régulation des urgences de 18h30 à 8h30.

"Nous sommes dans l'attente d'une ambition. Le projet de modernisation est passé en Cnis [Conseil national de l'investissement en santé] le 18 décembre 2025. On attend aujourd'hui la réponse pour pouvoir travailler dans de meilleures conditions, mieux accueillir les patients et développer de nouvelles activités", a déclaré le maire de Vannes, David Robo, président du conseil de surveillance de l'hôpital.

Philippe Couturier, qui quittera son poste à l'été après 10 ans de direction, attend impatiemment la confirmation écrite de cette validation. "Nous devrions franchir très prochainement la troisième et dernière étape de la validation de notre schéma directeur immobilier et architectural après trois ans et demi d'instruction", a-t-il déclaré. Début 2025, il attendait ce "go" pour l'été suivant alors que le projet arrivait dans sa dernière étape, celle du secrétariat général pour l'investissement (SGPI), rappelle-t-on (cf dépêche du 13/02/2025 à 19:11).

"Ainsi, nous allons nous lancer dans le projet Rivage en 2026, [projet] qui comporte trois opérations majeures d'un peu moins de 300 millions d'euros [M€], avec le bâtiment Boedic, la plateforme pharmaco-logistique et le parking silo", a-t-il décrit. Le projet immobilier du CHBA était évalué à 410 M€ début 2025, dont 350 M€ pour le sanitaire, dans le cadre d'un projet territorial pour le groupe hospitalier Brocéliande Atlantique de près de 500 M€, rappelle-t-on.

Le directeur a exprimé sa satisfaction d'avoir un nouvel hôpital, qui s'annonce "plus robuste encore, plus en phase avec les besoins du territoire, plus accueillant pour les patients, plus adapté pour les professionnels […] car nous manquons cruellement de lits, d'espace aux urgences, en maternité, sur notre plateau technique, en radiologie…"

"Le Cnis nous a beaucoup challengés", a-t-il noté, saluant la capacité de l'établissement à se concerter et à y répondre de manière collective.

L'appui financier pour cette réalisation atteint désormais 95 M€, contre 35 M€ au début de l'instruction.

Le CHBA a pris l'engagement auprès de l'agence régionale de santé (ARS) Bretagne de travailler sur l'efficience de ses organisations et d'avoir une bonne gestion. Il a pu stabiliser son déficit en 2025, qui devrait être du même ordre qu'en 2024 (soit 10 M€ sur 368 M€, cf dépêche du 22/07/2025 à 11:24), et l'état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) 2026 a été fixé à -6,5 M€.

D'ici à l'été, Philippe Couturier a expliqué qu'en plus de la mise en œuvre du projet Rivage, il poursuivrait le déploiement de la transformation de l'offre de soins territoriale et qu'il serait "attentif à la trajectoire financière en préservant une approche humaine des organisations".

"Notre bâtiment principal est plein, et cela empêche des réorganisations et des développements, ce qui nous pénalise sur l'activité dans un contexte de besoins croissants et alors que nous sommes attractifs. Il nous faut donc construire un bâtiment pour y transférer des activités qui libéreront de la place", a-t-il expliqué à APMnews. La deuxième étape du programme immobilier sera une restructuration du bloc opératoire.

Une nécessité pour mieux travailler

Le Dr Cédric Pépion, président de la commission médicale d'établissement (CME), réélu en novembre 2025, a aussi formulé le vœu d'obtenir "enfin" l'autorisation du Cnis pour lancer la première phase du projet immobilier. "L'instruction a débuté en 2022. Le Cnis, par son conseil scientifique, a beaucoup fait évoluer le projet en tenant compte avant tout de la dynamique médicale", a-t-il retracé.

Le Conseil scientifique de l'investissement en santé (Csis) a d'abord simplifié le projet en diminuant le nombre d'opérations et par la projection de la construction d'un grand bâtiment en avant des urgences. Ensuite, "ils nous ont aidés à dimensionner l'établissement par rapport aux évolutions démographiques projetées en 2040".

Les fondamentaux sont restés les mêmes: regrouper les activités qui, aujourd'hui, ne sont pas connectées, comme la gériatrie et le secteur de médecine physique et de réadaptation (MPR); de nouvelles urgences; une nouvelle maternité; le regroupement des activités interventionnelles dans un plateau technique au centre de l'hôpital; et une plateforme pharmaco-logistique "dont on attend beaucoup en termes d'évolution technologique et encore plus par l'intégration plus avancée de la pharmacie clinique au sein de nos unités".

"Ce qui a changé, c'est le redimensionnement capacitaire de l'établissement, avec 113 lits supplémentaires plus 21 en période de crise et quasiment le doublement des places d'HDJ [hôpital de jour]", a souligné Cédric Pépion.

"Je n'envisage pas un seul instant que ce projet soit retoqué" car "il a été construit avec le Cnis lui-même", a-t-il estimé.

"En attendant, il y a la nécessité de nous adapter et de continuer à investir pour faire face aux besoins de santé de la population auxquels nous avons du mal à répondre. On sort tout juste d'un plan blanc et ils se multiplient, parce qu'on manque de lits. Les délais opératoires s'allongent. Les délais de dépistage et de prise en charge des cancers nous préoccupent tous les jours et les sollicitations des spécialistes par la ville et en interne se multiplient", a-t-il témoigné.

Des actions immédiates à conduire avant les travaux

Dès 2026, dans le cadre du projet médical d'établissement adopté en 2025, le CHBA va chercher à améliorer ses prises en charge en urgence et pour l'activité non programmée en médecine et en chirurgie. Il va ouvrir d'ici fin 2026 une unité de 12 lits d'hospitalisation pour faire diminuer les temps d'attente aux urgences et mieux faire face aux différentes crises (sans attendre le prochain plan blanc début 2027).

"Nous allons créer de l'espace aux urgences en réaffectant la destination d'anciens locaux qui sont attenants", a-t-il esquissé. Il est aussi prévu d'améliorer le parcours des enfants aux urgences avec un circuit spécifique et en continuant un travail entrepris sur la prise en charge des urgences chirurgicales pédiatriques.

Le travail en cours sur la gestion des lits sera poursuivi pour améliorer la visibilité et les règles d'affectation afin de ne pas perdre de temps.

Autre chantier: la création d'une deuxième salle interventionnelle en radiologie et l'extension du nombre de places en salle de réveil du bloc opératoire pour absorber plus d'activité. Ces travaux se feront dans un cadre budgétaire très contraint en poussant les murs au moindre coût, a commenté le Dr Pépion.

Sa troisième priorité concerne le renforcement "des actions de lutte contre le cancer immédiatement", en augmentant dès 2026 la capacité de reconstitution des chimiothérapies par une troisième unité de production et en mettant en œuvre l'autorisation obtenue pour une activité en soins médicaux et de réadaptation (SMR) spécialisée en oncologie.

"Il nous faut conserver l'attractivité de notre établissement, qui recrute en gros 15 médecins de plus par an pour les équipes interétablissements dans le territoire (équipes territoriales) et pour faire face à la hausse d'activité", a-t-il noté. L'activité a progressé de 3,7% en 2025 (en moyenne +3,1% par an pour la médecine, chirurgie et obstétrique -MCO- depuis huit ans), a-t-il chiffré.

Il a plaidé pour une gestion des projets plus en proximité en faisant confiance aux équipes, aux responsables médicaux, aux cadres infirmiers… pour un management plus participatif.

Un big bang numérique

En janvier, le CHBA a aussi eu à relever un défi numérique, avec la bascule en "big bang" -d'un coup- vers le dossier patient informatisé (DPI) Sillage* (Numih) plutôt que service par service. "C'est un choix assez exceptionnel et concerté de faire la bascule un jour donné. Il faut beaucoup de préparation", a noté le directeur. Le changement s'est fait à deux dates, les 13 et 20 janvier, d'abord pour toute l'hospitalisation à temps complet puis pour l'hospitalisation de jour. Auparavant, le CHBA utilisait le logiciel Crossway* (Maincare). "C'est une réussite, globalement, même si tout n'est pas résolu", a-t-il relaté.

Presque tous les établissements du groupement hospitalier de territoire (GHT) Brocéliande Atlantique partagent le même DPI. Sillage* doit encore être installé en juin au bloc opératoire à Vannes, puis en janvier 2027 au CH de Ploërmel, qui a déjà une version ancienne de Sillage*. Il restera ensuite un dernier site, le CH Basse-Vilaine à Nivillac, qui changera en 2027, a précisé le directeur à APMnews.

Le CHBA mène par ailleurs une démarche d'universitarisation, avec bientôt un deuxième professeur associé. La première année de médecine accueille environ 80 étudiants à Vannes, a mentionné le président de la CME.

Enfin, le CHBA aura en 2026 un défi qualité à relever, puisqu'il accueillera en fin d'année les experts de la Haute autorité de santé (HAS) pour une visite de certification. Il a été certifié "qualité des soins confirmée" en mars 2023.

sl/lb/APMnews

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