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LE CH DU MANS COMPTE RÉORGANISER LES URGENCES TERRITORIALES ET RAMENER SON DÉFICIT SOUS LES 10 M€ EN 2026
LE MANS, 16 janvier 2026 (APMnews) - Le centre hospitalier (CH) du Mans, en direction commune avec cinq autres hôpitaux de la Sarthe, prévoit de valider et pérenniser une nouvelle organisation des services d'urgence sarthois, et de travailler à une réduction de ses déficits budgétaires à un niveau inférieur à 10 millions d'euros (M€) en 2026, a rapporté mercredi le directeur général de l'établissement, Guillaume Laurent, au cours d'un entretien avec APMnews.
Le CH du Lude, le CH de Château-du-Loir à Montval-sur-Loir et le CH de Saint-Calais sont en direction commune avec le CH du Mans depuis 2019. En mars 2025, la direction commune a intégré le Pôle santé Sarthe et Loir (PSSL) et le CH de La Ferté-Bernard, et formé une entité de six établissements qui a pris l'appellation des Hôpitaux de Sarthe (cf dépêche du 05/03/2025 à 17:00).
Dans son projet d'établissement 2025-2030, présenté en septembre 2025, le CH du Mans avait mis l'accent sur ses enjeux "d'ouverture vers le territoire", dans un contexte de "pénurie médicale très forte" dans le département, rappelle-t-on (cf dépêche du 23/09/2025 à 19:24).
La direction commune a notamment abouti à un projet de refonte de l'organisation des services d'urgence du département. "Nous avons arrêté un schéma d'organisation des urgences au niveau territorial. Cette organisation a été soumise à la validation de l'agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire", fait savoir Guillaume Laurent.
Au CH de La Ferté-Bernard, une réorganisation des services d'urgence a été testée fin 2025, consistant en une fermeture de l'accès la nuit, "afin de récupérer du temps médical le jour", décrit Guillaume Laurent.
"La continuité du service est désormais bien meilleure: elle se situe autour de 90% ou 95% de taux d'ouverture en journée, contre environ 60% auparavant", mesure-t-il.
Une demande d'autorisation a été déposée à l'ARS pour mettre en place quatre antennes de médecine d'urgence (AMU) au CH de Montval, au CH de Saint-Calais, au PSSL, et au CH de La Ferté-Bernard. Ces demandes sont en cours d'étude.
"Sous réserve d'une validation, l'accès aux urgences pourrait être ouvert entre 8h30 et 22h30 ou 23h sur ces sites", détaille le directeur général. Il souhaite aussi pérenniser dans ces établissements des équipes paramédicales d'urgence et les transformer en unité mobile hospitalière paramédicalisée (UMHP).
Deux lignes de Smur sont localisées au CH du Mans. Une troisième ligne reste autorisée au PSSL. "Cette ligne ne fonctionne pas 24h sur 24, mais plutôt en journée. La nuit, elle se transforme en UMHP", précise Guillaume Laurent. "L'enjeu est de pérenniser ces organisations en 2026."
Les Hôpitaux de Sarthe doivent aussi finaliser en 2026 le déploiement d'un "ordonnancement territorial des lits", facilitant les transferts de patients entre les établissements du département.
Un enjeu de réduction des déficits à long terme
Le CH du Mans a achevé l'année 2025 avec un déficit d'environ 14 M€ au budget principal hospitalier, rapporté à 445 M€ de recettes. Le déficit s'établissait à 17 M€ en 2024.
Pour 2026, le directeur général a fixé un cap de réduction du déficit de l'établissement à moins de 10 M€. Il ambitionne un retour à l'équilibre financier de l'établissement en 2028.
"Notre approche se veut progressive. Il s'agit de faire évoluer nos organisations, pour les rendre plus efficientes, sans toutefois créer de tensions contre-productives au sein des équipes, par des mesures abruptes ou non accompagnées", a déclaré Guillaume Laurent dans son discours de vœux prononcé au cours d'une cérémonie organisée lundi au CH du Mans.
Il explique à APMnews vouloir réduire ce déficit grâce à "une meilleure valorisation de l'activité", mais aussi grâce au développement d'activités ambulatoires.
Le directeur général souhaite réduire les dépenses de recours à l'intérim médical et non médical. "En 2021, nous comptions 7 M€ de dépenses d'intérim médical. En 2025, ces dépenses ont été ramenées 2,5 M€, grâce notamment au recrutement d'une centaine de médecins ou d'internes. Nous souhaitons descendre sous les 2 M€ de dépenses en 2026", prévoit Guillaume Laurent.
Il espère aussi optimiser les temps de travail des personnels soignants, à travers "une meilleure synchronisation" des temps médicaux et non médicaux. "Des amplitudes horaires en 10 heures ou 12 heures sont demandées aux équipes, et celles-ci nous permettent, même si ce n'est pas l'objectif premier, de réduire éventuellement le nombre de postes nécessaires pour faire tourner un service", traduit le directeur général.
Il note aussi des enjeux "d'adaptation des effectifs" aux activités du centre hospitalier, et prévoit de remplacer le logiciel de gestion du temps de travail du CH du Mans.
Livraisons d'un entrepôt de données de santé et d'une crèche attendues en 2026
Le CH du Mans prévoit la livraison, après l'été 2026, d'un entrepôt de données de santé (EDS). Celui-ci est réalisé dans le cadre du projet porté par le groupement de coopération sanitaire (GCS) des Hôpitaux universitaires du Grand Ouest (Hugo), dont font notamment partie les CHU de Nantes, d'Angers, de Rennes, de Brest, d'Orléans et de Tours. Cet entrepôt doit notamment servir à des fins de recherche clinique.
Le dossier patient informatisé (DPI) Orbis* doit également être déployé sur l'ensemble des Hôpitaux de Sarthe, au-delà du seul CH du Mans, communique le directeur général.
L'établissement s'apprête aussi à numériser ses activités d'anatomopathologie, en partenariat avec le CHU d'Angers, afin de "moderniser la façon de faire des diagnostics". Le CH du Mans doit aussi être prochainement autorisé à réaliser des prélèvements d'organes après arrêt circulatoire.
Par ailleurs, un nouveau parcours de soins en cancérologie, centré sur les cancers du poumon et du sein, verra le jour au Pôle santé Sarthe et Loir ainsi qu'au CH de La Ferté-Bernard.
Une filière femme-mère-enfant doit aussi être structurée à l'échelle des Hôpitaux de Sarthe, "notamment pour accompagner la transformation de l'offre de soins périnataux au PSSL".
"Cette direction commune a permis d'accélérer et d'amplifier des projets, en particulier des activités avancées de consultations ou de chirurgie sur différents sites", se réjouit le directeur général du CH du Mans.
En septembre, l'établissement ouvrira également une nouvelle crèche réservée à ses personnels. Celle-ci accueillera jusqu'à 90 enfants.
Une "universitarisation" et un plan de transition écologique en perspective
L'hôpital manceau entend toujours développer une "universitarisation" de ses activités. Il compte actuellement quatre seniors universitaires, deux maîtres de conférences et deux professeurs associés, et espère "quasiment doubler" leur nombre d'ici 2030. Pour ce faire, le CH du Mans doit valider un plan de financement en lien avec les collectivités locales, la faculté de médecine d'Angers, et l'ARS Pays de la Loire. Le directeur général a reçu quelques "premières candidatures" pour de futurs postes d'enseignants.
Cet universitarisation s'accompagne d'un projet immobilier d'amélioration des conditions d'accueil des internes au CH du Mans. Le démarrage de travaux pour construire un lieu de vie et du deuxième bâtiment d'hébergement de 75 logements vont être lancés en 2026, pour une ouverture prévue "au printemps 2027".
Avec l'aide d'un prestataire extérieur, le CH du Mans prépare un bilan carbone, qui sera réalisé au cours du premier semestre et dont les résultats sont attendus "après l'été".
"Au-delà du bilan carbone, ce prestataire nous permettra de travailler à un plan de transition écologique. Le bilan carbone va permettre de nourrir ce plan avec des actions précises", anticipe le directeur général. Ce plan pourrait intégrer un plan de mobilité, permettant de trouver des alternatives aux trajets automobiles.
L'établissement prévoit aussi de concrétiser en 2026 un nouveau plan de végétalisation, qui portera sur l'aménagement du jardin historique de l'hôpital.
al/nc/APMnews
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LE MANS, 16 janvier 2026 (APMnews) - Le centre hospitalier (CH) du Mans, en direction commune avec cinq autres hôpitaux de la Sarthe, prévoit de valider et pérenniser une nouvelle organisation des services d'urgence sarthois, et de travailler à une réduction de ses déficits budgétaires à un niveau inférieur à 10 millions d'euros (M€) en 2026, a rapporté mercredi le directeur général de l'établissement, Guillaume Laurent, au cours d'un entretien avec APMnews.
Le CH du Lude, le CH de Château-du-Loir à Montval-sur-Loir et le CH de Saint-Calais sont en direction commune avec le CH du Mans depuis 2019. En mars 2025, la direction commune a intégré le Pôle santé Sarthe et Loir (PSSL) et le CH de La Ferté-Bernard, et formé une entité de six établissements qui a pris l'appellation des Hôpitaux de Sarthe (cf dépêche du 05/03/2025 à 17:00).
Dans son projet d'établissement 2025-2030, présenté en septembre 2025, le CH du Mans avait mis l'accent sur ses enjeux "d'ouverture vers le territoire", dans un contexte de "pénurie médicale très forte" dans le département, rappelle-t-on (cf dépêche du 23/09/2025 à 19:24).
La direction commune a notamment abouti à un projet de refonte de l'organisation des services d'urgence du département. "Nous avons arrêté un schéma d'organisation des urgences au niveau territorial. Cette organisation a été soumise à la validation de l'agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire", fait savoir Guillaume Laurent.
Au CH de La Ferté-Bernard, une réorganisation des services d'urgence a été testée fin 2025, consistant en une fermeture de l'accès la nuit, "afin de récupérer du temps médical le jour", décrit Guillaume Laurent.
"La continuité du service est désormais bien meilleure: elle se situe autour de 90% ou 95% de taux d'ouverture en journée, contre environ 60% auparavant", mesure-t-il.
Une demande d'autorisation a été déposée à l'ARS pour mettre en place quatre antennes de médecine d'urgence (AMU) au CH de Montval, au CH de Saint-Calais, au PSSL, et au CH de La Ferté-Bernard. Ces demandes sont en cours d'étude.
"Sous réserve d'une validation, l'accès aux urgences pourrait être ouvert entre 8h30 et 22h30 ou 23h sur ces sites", détaille le directeur général. Il souhaite aussi pérenniser dans ces établissements des équipes paramédicales d'urgence et les transformer en unité mobile hospitalière paramédicalisée (UMHP).
Deux lignes de Smur sont localisées au CH du Mans. Une troisième ligne reste autorisée au PSSL. "Cette ligne ne fonctionne pas 24h sur 24, mais plutôt en journée. La nuit, elle se transforme en UMHP", précise Guillaume Laurent. "L'enjeu est de pérenniser ces organisations en 2026."
Les Hôpitaux de Sarthe doivent aussi finaliser en 2026 le déploiement d'un "ordonnancement territorial des lits", facilitant les transferts de patients entre les établissements du département.
Un enjeu de réduction des déficits à long terme
Le CH du Mans a achevé l'année 2025 avec un déficit d'environ 14 M€ au budget principal hospitalier, rapporté à 445 M€ de recettes. Le déficit s'établissait à 17 M€ en 2024.
Pour 2026, le directeur général a fixé un cap de réduction du déficit de l'établissement à moins de 10 M€. Il ambitionne un retour à l'équilibre financier de l'établissement en 2028.
"Notre approche se veut progressive. Il s'agit de faire évoluer nos organisations, pour les rendre plus efficientes, sans toutefois créer de tensions contre-productives au sein des équipes, par des mesures abruptes ou non accompagnées", a déclaré Guillaume Laurent dans son discours de vœux prononcé au cours d'une cérémonie organisée lundi au CH du Mans.
Il explique à APMnews vouloir réduire ce déficit grâce à "une meilleure valorisation de l'activité", mais aussi grâce au développement d'activités ambulatoires.
Le directeur général souhaite réduire les dépenses de recours à l'intérim médical et non médical. "En 2021, nous comptions 7 M€ de dépenses d'intérim médical. En 2025, ces dépenses ont été ramenées 2,5 M€, grâce notamment au recrutement d'une centaine de médecins ou d'internes. Nous souhaitons descendre sous les 2 M€ de dépenses en 2026", prévoit Guillaume Laurent.
Il espère aussi optimiser les temps de travail des personnels soignants, à travers "une meilleure synchronisation" des temps médicaux et non médicaux. "Des amplitudes horaires en 10 heures ou 12 heures sont demandées aux équipes, et celles-ci nous permettent, même si ce n'est pas l'objectif premier, de réduire éventuellement le nombre de postes nécessaires pour faire tourner un service", traduit le directeur général.
Il note aussi des enjeux "d'adaptation des effectifs" aux activités du centre hospitalier, et prévoit de remplacer le logiciel de gestion du temps de travail du CH du Mans.
Livraisons d'un entrepôt de données de santé et d'une crèche attendues en 2026
Le CH du Mans prévoit la livraison, après l'été 2026, d'un entrepôt de données de santé (EDS). Celui-ci est réalisé dans le cadre du projet porté par le groupement de coopération sanitaire (GCS) des Hôpitaux universitaires du Grand Ouest (Hugo), dont font notamment partie les CHU de Nantes, d'Angers, de Rennes, de Brest, d'Orléans et de Tours. Cet entrepôt doit notamment servir à des fins de recherche clinique.
Le dossier patient informatisé (DPI) Orbis* doit également être déployé sur l'ensemble des Hôpitaux de Sarthe, au-delà du seul CH du Mans, communique le directeur général.
L'établissement s'apprête aussi à numériser ses activités d'anatomopathologie, en partenariat avec le CHU d'Angers, afin de "moderniser la façon de faire des diagnostics". Le CH du Mans doit aussi être prochainement autorisé à réaliser des prélèvements d'organes après arrêt circulatoire.
Par ailleurs, un nouveau parcours de soins en cancérologie, centré sur les cancers du poumon et du sein, verra le jour au Pôle santé Sarthe et Loir ainsi qu'au CH de La Ferté-Bernard.
Une filière femme-mère-enfant doit aussi être structurée à l'échelle des Hôpitaux de Sarthe, "notamment pour accompagner la transformation de l'offre de soins périnataux au PSSL".
"Cette direction commune a permis d'accélérer et d'amplifier des projets, en particulier des activités avancées de consultations ou de chirurgie sur différents sites", se réjouit le directeur général du CH du Mans.
En septembre, l'établissement ouvrira également une nouvelle crèche réservée à ses personnels. Celle-ci accueillera jusqu'à 90 enfants.
Une "universitarisation" et un plan de transition écologique en perspective
L'hôpital manceau entend toujours développer une "universitarisation" de ses activités. Il compte actuellement quatre seniors universitaires, deux maîtres de conférences et deux professeurs associés, et espère "quasiment doubler" leur nombre d'ici 2030. Pour ce faire, le CH du Mans doit valider un plan de financement en lien avec les collectivités locales, la faculté de médecine d'Angers, et l'ARS Pays de la Loire. Le directeur général a reçu quelques "premières candidatures" pour de futurs postes d'enseignants.
Cet universitarisation s'accompagne d'un projet immobilier d'amélioration des conditions d'accueil des internes au CH du Mans. Le démarrage de travaux pour construire un lieu de vie et du deuxième bâtiment d'hébergement de 75 logements vont être lancés en 2026, pour une ouverture prévue "au printemps 2027".
Avec l'aide d'un prestataire extérieur, le CH du Mans prépare un bilan carbone, qui sera réalisé au cours du premier semestre et dont les résultats sont attendus "après l'été".
"Au-delà du bilan carbone, ce prestataire nous permettra de travailler à un plan de transition écologique. Le bilan carbone va permettre de nourrir ce plan avec des actions précises", anticipe le directeur général. Ce plan pourrait intégrer un plan de mobilité, permettant de trouver des alternatives aux trajets automobiles.
L'établissement prévoit aussi de concrétiser en 2026 un nouveau plan de végétalisation, qui portera sur l'aménagement du jardin historique de l'hôpital.
al/nc/APMnews
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