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LE CH SUD ESSONNE SE PRÉPARE À UN NOUVEAU PLAN DE REDRESSEMENT EN 2026
Le projet d'établissement du CHSE (environ 420 lits et places) pour 2021-2025 a prévu une répartition de ses activités entre le site de Dourdan, hôpital de proximité et spécialisé en gériatrie, et celui d'Etampes, misant sur une attractivité renforcée, notamment par le développement des coopérations (cf dépêche du 23/01/2024 à 15:17).
Selon la CRC Ile-de-France, qui a arrêté en avril ses observations définitives, entre 2018 et 2023, l'activité globale de l'établissement a baissé de 9% en nombre de séjours. "Ce recul est plus marqué sur le site de Dourdan, ce qui doit alerter l'établissement sur sa stratégie et les mesures à prendre", suggère-t-elle.
L'activité d'hospitalisation, "dominée par des activités de proximité, est alimentée à 47% par les deux services d'urgence. En revanche, l'offre sur les spécialités d'organes reste captée par les hôpitaux de spécialités du sud de l'Ile-de-France", selon la chambre.
"En dépit de plusieurs plans et mesures de retour à l'équilibre et [des] importantes aides financières perçues, le CHSE n'est pas parvenu à restaurer une situation financière positive", pointe-t-elle. "Entre 2018 et 2024, il a accumulé plus de 30 M€ [millions d'euros] de déficits."
Dans ce contexte, "l'établissement connaît des problèmes de trésorerie, ce qui l'oblige à allonger irrégulièrement les délais de paiement de ses fournisseurs, et à souscrire de coûteuses lignes de trésorerie, le financement de son programme global de financement pluriannuel 2024-2028 apparaissant dès lors incertain".
Le CH Sud Essonne se trouve "dans une spirale de déficit" malgré des plans d'efficience successifs, dont celui engagé en 2023, a confirmé auprès d'APMnews Julien Jouny, directeur de l'établissement depuis mai.
Pour 2025, il prévoit un résultat aggravé, du fait de la disparition de la sécurisation modulée à l'activité (SMA) et d'un repli d'activité, entraîné notamment "par des départs de chefs de service".
Le service de gériatrie aiguë, qui a retrouvé une nouvelle cheffe de service après l'été, "est redevenu performant", a-t-il relevé, notant également une "augmentation de l'activité en chirurgie et aux urgences pour les deux sites".
L'établissement a bénéficié en 2024 d'aides importantes de l'agence régionale de santé (ARS), "de 10 millions d'euros", qui n'ont "pas pu être reproduites à la même hauteur" en 2025, a-t-il ajouté.
"On était en 2024 à 13 M€ de déficit hors aides tous budgets confondus (110 M€)", a précisé le directeur. "On est en train de mettre en place un plan d'apurement des dettes fournisseurs", a-t-il signalé.
Un nouveau plan de redressement est actuellement "construit avec les équipes et passera aux instances en mars-avril", a-t-il précisé. Ce "plan de transformation" est élaboré avec le soutien de l'ARS et un "accompagnement '360' de l'Anap" (Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale).
Julien Journy a évoqué l'optimisation des processus de recrutement, de gestion, ou encore la nécessité de "renforcer l'interopérabilité des systèmes d'information". Un projet de laboratoire de biologie médicale commun au CH Sud francilien, établissement support du groupement hospitalier du territoire (GHT) Ile-de-France Sud, et au CH d'Arpajon, qui ne serait pas "unique" mais reposerait "sur les particularités" de chaque site, doit également participer à la démarche d'efficience.
La CRC rapporte qu'en 2024, "45,5 ETPR [équivalents temps plein rémunérés] de personnels non médicaux (PNM) et 14,5 de personnels médicaux (PM), soit un total de 60 ETP, ont été supprimés sur le budget principal" du CHSE.
Cette mesure de diminution d'effectifs a produit un effet "limité car elle a entraîné un recours très important à l'intérim", a pointé Julien Jouny. "Depuis que je suis arrivé, on a réduit fortement les dépenses d'intérim médical et non médical", a-t-il souligné, mentionnant la piste des recrutements, mais aussi une adaptation "de la maquette organisationnelle au capacitaire".
"Soutenir l'offre sur les deux sites"
Du fait des réductions de postes précédemment engagées, "le service de médecine de Dourdan est passé de 48 lits de médecine et de SMR [soins médicaux et de réadaptation] à 28", a-t-il chiffré, notant que cette diminution expliquait en partie la chute de l'activité du site en 2024.
Dans leur rapport, les magistrats financiers estiment que le rôle du site de Dourdan doit être "interrogé dans l'élaboration du prochain projet médical", invitant l'établissement à réfléchir à la fois au déploiement d'activités de chirurgie sur le site de Dourdan et au regroupement des soins critiques et de la pédiatrie sur le site d'Etampes.
Pour rappel, l'offre d'hospitalisation complète en pédiatrie sur le site de Dourdan a été au cœur de vifs débats qui ont précédé l'adoption du projet médical 2021-2025 du CHSE. Cette offre a été maintenue et l'établissement a affirmé sa volonté d'organiser les complémentarités.
"Les deux sites sont importants pour répondre aux besoins du territoire et il faut soutenir l'offre sur les deux sites de façon intelligente", a fait valoir Julien Jouny auprès d'APMnews.
Le prochain projet d'établissement du CHSE, qui sera logiquement lié au plan de redressement, sera présenté aux instances en juin.
Pour son élaboration, le directeur a souligné sa volonté d'instaurer un mode de travail "très collaboratif", de "renforcer à la fois le rôle et la place des instances, mais aussi les espaces d'échanges entre les professionnels".
Pour "limiter la pression sur les urgences", "on souhaite renforcer les consultations sur les deux sites, permettre l'accès direct aux services spécialisés et renforcer la coopération avec la médecine de ville", a-t-il développé. Le CHSE a été reconnu centre de ressources territorial, en vue de faciliter la prise en charge des personnes âgées dépendantes à leur domicile.
L'hôpital d'Etampes devrait par ailleurs accueillir en 2026 une activité d'hospitalisation à domicile (HAD), implantée à la suite de demandes d'opérateurs partenaires.
Sur le plan des projets immobiliers, la situation financière du CHSE a retardé le lancement de l'opération dite du "Nouveau Potelet", c'est-à-dire la reconstruction sur le site de Dourdan d'un bâtiment de soins gériatriques comportant 60 lits d'unité de soins de longue durée (USLD) et 40 lits de SMR gériatriques.
Le projet a été "décalé temporellement, le temps de [lui] assurer une meilleure soutenabilité financière".
"Pour 2026 sont visés des travaux d'infrastructure électrique et de chaufferie", a spécifié Julien Jouny.
Les nouveaux locaux des urgences de l'hôpital de Dourdan ont néanmoins été livrés et devraient être inaugurés en 2026.
Une autre priorité sera le lancement de la restructuration des urgences du site d'Etampes, initialement prévu pour 2026, "sous réserve de trouver des crédits d'investissement".
Le projet de construction par le groupe privé Clinalliance d'une clinique de SMR sur le site d'Etampes (100 lits et 80 places) a été retardé en raison d'un problème de mise en compatibilité du plan local d'urbanisme et de contraintes environnementales, mais est toujours d'actualité. "Les travaux devraient commencer en 2026", selon le directeur du CHSE.
L'établissement avait par ailleurs entrepris de vendre à Clariane les locaux d'un ancien Ehpad, également sur le site d'Etampes, pour que le groupe puisse y installer sa clinique actuellement à Saclas. Les négociations n'ont pas abouti et le projet est abandonné, a informé Julien Jouny, évoquant des considérations économiques du côté du groupe privé.
(CRC Ile-de-France, rapport sur le CHSE, novembre 2025)
mlb/nc/APMnews
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Le projet d'établissement du CHSE (environ 420 lits et places) pour 2021-2025 a prévu une répartition de ses activités entre le site de Dourdan, hôpital de proximité et spécialisé en gériatrie, et celui d'Etampes, misant sur une attractivité renforcée, notamment par le développement des coopérations (cf dépêche du 23/01/2024 à 15:17).
Selon la CRC Ile-de-France, qui a arrêté en avril ses observations définitives, entre 2018 et 2023, l'activité globale de l'établissement a baissé de 9% en nombre de séjours. "Ce recul est plus marqué sur le site de Dourdan, ce qui doit alerter l'établissement sur sa stratégie et les mesures à prendre", suggère-t-elle.
L'activité d'hospitalisation, "dominée par des activités de proximité, est alimentée à 47% par les deux services d'urgence. En revanche, l'offre sur les spécialités d'organes reste captée par les hôpitaux de spécialités du sud de l'Ile-de-France", selon la chambre.
"En dépit de plusieurs plans et mesures de retour à l'équilibre et [des] importantes aides financières perçues, le CHSE n'est pas parvenu à restaurer une situation financière positive", pointe-t-elle. "Entre 2018 et 2024, il a accumulé plus de 30 M€ [millions d'euros] de déficits."
Dans ce contexte, "l'établissement connaît des problèmes de trésorerie, ce qui l'oblige à allonger irrégulièrement les délais de paiement de ses fournisseurs, et à souscrire de coûteuses lignes de trésorerie, le financement de son programme global de financement pluriannuel 2024-2028 apparaissant dès lors incertain".
Le CH Sud Essonne se trouve "dans une spirale de déficit" malgré des plans d'efficience successifs, dont celui engagé en 2023, a confirmé auprès d'APMnews Julien Jouny, directeur de l'établissement depuis mai.
Pour 2025, il prévoit un résultat aggravé, du fait de la disparition de la sécurisation modulée à l'activité (SMA) et d'un repli d'activité, entraîné notamment "par des départs de chefs de service".
Le service de gériatrie aiguë, qui a retrouvé une nouvelle cheffe de service après l'été, "est redevenu performant", a-t-il relevé, notant également une "augmentation de l'activité en chirurgie et aux urgences pour les deux sites".
L'établissement a bénéficié en 2024 d'aides importantes de l'agence régionale de santé (ARS), "de 10 millions d'euros", qui n'ont "pas pu être reproduites à la même hauteur" en 2025, a-t-il ajouté.
"On était en 2024 à 13 M€ de déficit hors aides tous budgets confondus (110 M€)", a précisé le directeur. "On est en train de mettre en place un plan d'apurement des dettes fournisseurs", a-t-il signalé.
Un nouveau plan de redressement est actuellement "construit avec les équipes et passera aux instances en mars-avril", a-t-il précisé. Ce "plan de transformation" est élaboré avec le soutien de l'ARS et un "accompagnement '360' de l'Anap" (Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale).
Julien Journy a évoqué l'optimisation des processus de recrutement, de gestion, ou encore la nécessité de "renforcer l'interopérabilité des systèmes d'information". Un projet de laboratoire de biologie médicale commun au CH Sud francilien, établissement support du groupement hospitalier du territoire (GHT) Ile-de-France Sud, et au CH d'Arpajon, qui ne serait pas "unique" mais reposerait "sur les particularités" de chaque site, doit également participer à la démarche d'efficience.
La CRC rapporte qu'en 2024, "45,5 ETPR [équivalents temps plein rémunérés] de personnels non médicaux (PNM) et 14,5 de personnels médicaux (PM), soit un total de 60 ETP, ont été supprimés sur le budget principal" du CHSE.
Cette mesure de diminution d'effectifs a produit un effet "limité car elle a entraîné un recours très important à l'intérim", a pointé Julien Jouny. "Depuis que je suis arrivé, on a réduit fortement les dépenses d'intérim médical et non médical", a-t-il souligné, mentionnant la piste des recrutements, mais aussi une adaptation "de la maquette organisationnelle au capacitaire".
"Soutenir l'offre sur les deux sites"
Du fait des réductions de postes précédemment engagées, "le service de médecine de Dourdan est passé de 48 lits de médecine et de SMR [soins médicaux et de réadaptation] à 28", a-t-il chiffré, notant que cette diminution expliquait en partie la chute de l'activité du site en 2024.
Dans leur rapport, les magistrats financiers estiment que le rôle du site de Dourdan doit être "interrogé dans l'élaboration du prochain projet médical", invitant l'établissement à réfléchir à la fois au déploiement d'activités de chirurgie sur le site de Dourdan et au regroupement des soins critiques et de la pédiatrie sur le site d'Etampes.
Pour rappel, l'offre d'hospitalisation complète en pédiatrie sur le site de Dourdan a été au cœur de vifs débats qui ont précédé l'adoption du projet médical 2021-2025 du CHSE. Cette offre a été maintenue et l'établissement a affirmé sa volonté d'organiser les complémentarités.
"Les deux sites sont importants pour répondre aux besoins du territoire et il faut soutenir l'offre sur les deux sites de façon intelligente", a fait valoir Julien Jouny auprès d'APMnews.
Le prochain projet d'établissement du CHSE, qui sera logiquement lié au plan de redressement, sera présenté aux instances en juin.
Pour son élaboration, le directeur a souligné sa volonté d'instaurer un mode de travail "très collaboratif", de "renforcer à la fois le rôle et la place des instances, mais aussi les espaces d'échanges entre les professionnels".
Pour "limiter la pression sur les urgences", "on souhaite renforcer les consultations sur les deux sites, permettre l'accès direct aux services spécialisés et renforcer la coopération avec la médecine de ville", a-t-il développé. Le CHSE a été reconnu centre de ressources territorial, en vue de faciliter la prise en charge des personnes âgées dépendantes à leur domicile.
L'hôpital d'Etampes devrait par ailleurs accueillir en 2026 une activité d'hospitalisation à domicile (HAD), implantée à la suite de demandes d'opérateurs partenaires.
Sur le plan des projets immobiliers, la situation financière du CHSE a retardé le lancement de l'opération dite du "Nouveau Potelet", c'est-à-dire la reconstruction sur le site de Dourdan d'un bâtiment de soins gériatriques comportant 60 lits d'unité de soins de longue durée (USLD) et 40 lits de SMR gériatriques.
Le projet a été "décalé temporellement, le temps de [lui] assurer une meilleure soutenabilité financière".
"Pour 2026 sont visés des travaux d'infrastructure électrique et de chaufferie", a spécifié Julien Jouny.
Les nouveaux locaux des urgences de l'hôpital de Dourdan ont néanmoins été livrés et devraient être inaugurés en 2026.
Une autre priorité sera le lancement de la restructuration des urgences du site d'Etampes, initialement prévu pour 2026, "sous réserve de trouver des crédits d'investissement".
Le projet de construction par le groupe privé Clinalliance d'une clinique de SMR sur le site d'Etampes (100 lits et 80 places) a été retardé en raison d'un problème de mise en compatibilité du plan local d'urbanisme et de contraintes environnementales, mais est toujours d'actualité. "Les travaux devraient commencer en 2026", selon le directeur du CHSE.
L'établissement avait par ailleurs entrepris de vendre à Clariane les locaux d'un ancien Ehpad, également sur le site d'Etampes, pour que le groupe puisse y installer sa clinique actuellement à Saclas. Les négociations n'ont pas abouti et le projet est abandonné, a informé Julien Jouny, évoquant des considérations économiques du côté du groupe privé.
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