Actualités de l'Urgence - APM
Retour
LE CHU D'ANGERS VA LANCER UN SERVICE D'ACCÈS AUX SOINS EN PSYCHIATRIE ET UTILISER L'IA POUR CODER SES SÉJOURS LONGUE DURÉE EN 2026
"Adossé au Samu-centre 15, ce nouveau dispositif [le SAS psychiatrique] proposera un accompagnement téléphonique spécialisé, assuré par des infirmiers en psychiatrie", complète l'établissement dans un communiqué.
A terme, ce service sera disponible 7 jours sur 7 de 10h à 22h, et comptera six professionnels, soit trois équivalents temps plein (ETP). A son démarrage, trois personnels assureront des réponses téléphoniques du lundi au jeudi de 10h à 17h45.
"Ce SAS psychiatrique sera une réponse personnalisée aux patients qui appellent le 15. Une équipe d'infirmiers orientera ces patients pour éviter qu'ils viennent aux urgences s'ils n'ont pas de réponse en ville", décrit Cécile Jaglin-Grimonprez. "Cette équipe aura une bonne connaissance des acteurs disponibles en Maine-et-Loire, pour proposer des alternatives."
Cette annonce intervient dans un contexte de forte affluence au sein du service des urgences du CHU depuis début janvier, qui avait entraîné un certain nombre de reports d'actes de chirurgie (cf dépêche du 21/01/2026 à 11:06). Ces difficultés sont aussi à l'origine d'une grève des personnels paramédicaux des urgences depuis le 19 janvier.
La directrice générale assure qu'il s'agit d'un projet préparé "depuis six mois" et non d'une réponse ponctuelle à la crise des urgences du CHU. "Ce SAS devrait pouvoir soulager, en partie seulement, le nombre de passages psychiatriques dans notre service d'urgence, correspondant à des patients qui n'arrivent pas à obtenir un rendez-vous suffisamment rapide chez leur psychiatre traitant", déclare-t-elle.
"Dans les départements qui ont déjà déployé un SAS psychiatrique, on observe une baisse de 15% à 30% des passages aux urgences pour ce motif psychiatrique. C'est donc pour nous une offre très importante", souligne la directrice.
Ce dispositif complète entre autres l'ouverture d'une unité psychiatrique post-urgences centrée sur la Sarthe, l'Anjou et la Mayenne (appelée Upsam) en mars-avril 2025 (cf dépêche du 12/09/2025 à 09:52).
Une unité psychiatrique des urgences (Upsy), composée de 12 ETP, avait également été lancée en juillet 2024, afin d'accélérer la prise en charge psychiatrique des patients du CHU.
Un travail sur l'optimisation des recettes qui passe par un meilleur codage
L'établissement, qui s'attend à un déficit d'environ 2,5 millions d'euros (M€) sur 2025 (cf dépêche du 19/12/2025 à 12:00), a entamé, depuis, un plan de performance, dont l'objectif est le retour à l'équilibre financier en 2026.
Afin d'optimiser ses recettes, le CHU a choisi de centraliser le codage de ses activités. "Auparavant, le codage était réalisé par les médecins et les soignants, et contrôlé secondairement par le service d'information médicale. Nous avons changé notre fusil d'épaule: des techniciens d'information médicale travailleront directement sur le dossier du patient afin de transformer les traces des interventions et des actes médicaux en éléments de facturation", expose Cécile Jaglin-Grimonprez.
En 2025, quatre services du CHU ont adopté cette méthode de codage. "Nous allons poursuivre la démarche petit à petit, car cela ne se fait pas en un rapide 'big bang', il est nécessaire d'accompagner les équipes", décrit la directrice générale, qui exprime aussi le besoin de recruter de nouveaux techniciens d'information médicale au sein du CHU.
Le travail du CHU sur le codage lui a permis d'engranger 3 M€ supplémentaires en 2025, estime la directrice générale. L'année précédente, un audit au sein de l'établissement avait évalué à environ 10 M€ ses pertes de recettes liées à une sous-facturation de soins.
Pour compléter ce travail, le CHU conçoit un outil d'IA dont l'objectif sera de "repérer les éléments des séjours les plus lourds pratiqués au CHU, de manière automatisée, à partir de notre entrepôt de données de santé", rapporte Cécile Jaglin-Grimonprez.
"Les séjours les plus lourds sont ceux qui nous coûtent le plus cher, mais aussi ceux qui sont les mieux rémunérés par l'assurance maladie. L'idée est que l'on ne passe pas à côté d'éléments de codage importants", plaide-t-elle.
Une activité qui progresse, en parallèle de nouvelles offres de soins
Interrogée par APMnews, Cécile Jaglin-Grimonprez rapporte que l'activité du CHU d'Angers a continué d'augmenter en 2025, tout comme ses offres de soins.
L'établissement a recensé 219.991 patients en 2025 (contre 216.459 en 2024, soit une augmentation de 1,6%) et 520.839 prises en charge externes via des actes et des consultations (contre 541.439 en 2024, soit -3,8%).
Le nombre d'hospitalisations a atteint 128.451 (en tenant compte des activités de soins médicaux et de réadaptation -SMR- et d'Ehpad), parmi lesquelles 71.260 sont des hospitalisations de jour. Le CHU avait compté 124.278 hospitalisations en 2024, soit une hausse de 3,4%. La maternité a recensé 3.900 naissances en 2025, contre 3.759 en 2024 (+3,7%).
Le CHU a ouvert un hôpital de jour en septembre 2025, afin de prendre en charge les patients entrant dans un parcours de récupération accélérée après chirurgie (RAAC).
"Cet hôpital de jour vise à permettre au patient de retrouver au plus vite la fonction du membre ou de l'organe opéré, avec un retour à domicile plus rapide et une meilleure qualité de vie", décrit le CHU. La RAAC concerne environ 1.000 patients par an, opérés pour des remplacements prothétiques de la hanche, du genou ou de l'épaule.
Un second hôpital de jour a aussi ouvert en septembre 2025, réservé à la prise en charge de la douleur chronique. Il permet l'administration de deux traitements, à savoir les patches de Qutenza* (composés de dérivés de piment) et des injections de Botox*.
Depuis novembre 2025, une équipe mobile accompagne les personnes de 50 à 75 ans présentant des troubles neurocognitifs au CHU. Elle se compose d'un enseignant en activité physique adaptée (APA), qui sera accompagné par un psychologue en cours de recrutement. Financée par l'agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, cette équipe réunit des partenaires "répartis sur l'ensemble du département du Maine-et-Loire", communique l'établissement.
al/lb/APMnews
Informations professionnelles
- AFMU
- Agenda
- Annonces de postes
- Annuaire de l'urgence
- Audits
- Calculateurs
- Cas cliniques
- CNPMU
- Cochrane PEC
- COVID-19
- DynaMed
- E-learning
- Géodes
- Grand public
- Librairie
- Médecine factuelle
- Outils professionnels
- Podcast
- Portail de l'urgence
- Recherche avancée
- Recommandations
- Recommandations SFMU
- Référentiels SFMU
- Textes réglementaires
- UrgencesDPC
- Webinaire
- Weblettre
Retour
LE CHU D'ANGERS VA LANCER UN SERVICE D'ACCÈS AUX SOINS EN PSYCHIATRIE ET UTILISER L'IA POUR CODER SES SÉJOURS LONGUE DURÉE EN 2026
"Adossé au Samu-centre 15, ce nouveau dispositif [le SAS psychiatrique] proposera un accompagnement téléphonique spécialisé, assuré par des infirmiers en psychiatrie", complète l'établissement dans un communiqué.
A terme, ce service sera disponible 7 jours sur 7 de 10h à 22h, et comptera six professionnels, soit trois équivalents temps plein (ETP). A son démarrage, trois personnels assureront des réponses téléphoniques du lundi au jeudi de 10h à 17h45.
"Ce SAS psychiatrique sera une réponse personnalisée aux patients qui appellent le 15. Une équipe d'infirmiers orientera ces patients pour éviter qu'ils viennent aux urgences s'ils n'ont pas de réponse en ville", décrit Cécile Jaglin-Grimonprez. "Cette équipe aura une bonne connaissance des acteurs disponibles en Maine-et-Loire, pour proposer des alternatives."
Cette annonce intervient dans un contexte de forte affluence au sein du service des urgences du CHU depuis début janvier, qui avait entraîné un certain nombre de reports d'actes de chirurgie (cf dépêche du 21/01/2026 à 11:06). Ces difficultés sont aussi à l'origine d'une grève des personnels paramédicaux des urgences depuis le 19 janvier.
La directrice générale assure qu'il s'agit d'un projet préparé "depuis six mois" et non d'une réponse ponctuelle à la crise des urgences du CHU. "Ce SAS devrait pouvoir soulager, en partie seulement, le nombre de passages psychiatriques dans notre service d'urgence, correspondant à des patients qui n'arrivent pas à obtenir un rendez-vous suffisamment rapide chez leur psychiatre traitant", déclare-t-elle.
"Dans les départements qui ont déjà déployé un SAS psychiatrique, on observe une baisse de 15% à 30% des passages aux urgences pour ce motif psychiatrique. C'est donc pour nous une offre très importante", souligne la directrice.
Ce dispositif complète entre autres l'ouverture d'une unité psychiatrique post-urgences centrée sur la Sarthe, l'Anjou et la Mayenne (appelée Upsam) en mars-avril 2025 (cf dépêche du 12/09/2025 à 09:52).
Une unité psychiatrique des urgences (Upsy), composée de 12 ETP, avait également été lancée en juillet 2024, afin d'accélérer la prise en charge psychiatrique des patients du CHU.
Un travail sur l'optimisation des recettes qui passe par un meilleur codage
L'établissement, qui s'attend à un déficit d'environ 2,5 millions d'euros (M€) sur 2025 (cf dépêche du 19/12/2025 à 12:00), a entamé, depuis, un plan de performance, dont l'objectif est le retour à l'équilibre financier en 2026.
Afin d'optimiser ses recettes, le CHU a choisi de centraliser le codage de ses activités. "Auparavant, le codage était réalisé par les médecins et les soignants, et contrôlé secondairement par le service d'information médicale. Nous avons changé notre fusil d'épaule: des techniciens d'information médicale travailleront directement sur le dossier du patient afin de transformer les traces des interventions et des actes médicaux en éléments de facturation", expose Cécile Jaglin-Grimonprez.
En 2025, quatre services du CHU ont adopté cette méthode de codage. "Nous allons poursuivre la démarche petit à petit, car cela ne se fait pas en un rapide 'big bang', il est nécessaire d'accompagner les équipes", décrit la directrice générale, qui exprime aussi le besoin de recruter de nouveaux techniciens d'information médicale au sein du CHU.
Le travail du CHU sur le codage lui a permis d'engranger 3 M€ supplémentaires en 2025, estime la directrice générale. L'année précédente, un audit au sein de l'établissement avait évalué à environ 10 M€ ses pertes de recettes liées à une sous-facturation de soins.
Pour compléter ce travail, le CHU conçoit un outil d'IA dont l'objectif sera de "repérer les éléments des séjours les plus lourds pratiqués au CHU, de manière automatisée, à partir de notre entrepôt de données de santé", rapporte Cécile Jaglin-Grimonprez.
"Les séjours les plus lourds sont ceux qui nous coûtent le plus cher, mais aussi ceux qui sont les mieux rémunérés par l'assurance maladie. L'idée est que l'on ne passe pas à côté d'éléments de codage importants", plaide-t-elle.
Une activité qui progresse, en parallèle de nouvelles offres de soins
Interrogée par APMnews, Cécile Jaglin-Grimonprez rapporte que l'activité du CHU d'Angers a continué d'augmenter en 2025, tout comme ses offres de soins.
L'établissement a recensé 219.991 patients en 2025 (contre 216.459 en 2024, soit une augmentation de 1,6%) et 520.839 prises en charge externes via des actes et des consultations (contre 541.439 en 2024, soit -3,8%).
Le nombre d'hospitalisations a atteint 128.451 (en tenant compte des activités de soins médicaux et de réadaptation -SMR- et d'Ehpad), parmi lesquelles 71.260 sont des hospitalisations de jour. Le CHU avait compté 124.278 hospitalisations en 2024, soit une hausse de 3,4%. La maternité a recensé 3.900 naissances en 2025, contre 3.759 en 2024 (+3,7%).
Le CHU a ouvert un hôpital de jour en septembre 2025, afin de prendre en charge les patients entrant dans un parcours de récupération accélérée après chirurgie (RAAC).
"Cet hôpital de jour vise à permettre au patient de retrouver au plus vite la fonction du membre ou de l'organe opéré, avec un retour à domicile plus rapide et une meilleure qualité de vie", décrit le CHU. La RAAC concerne environ 1.000 patients par an, opérés pour des remplacements prothétiques de la hanche, du genou ou de l'épaule.
Un second hôpital de jour a aussi ouvert en septembre 2025, réservé à la prise en charge de la douleur chronique. Il permet l'administration de deux traitements, à savoir les patches de Qutenza* (composés de dérivés de piment) et des injections de Botox*.
Depuis novembre 2025, une équipe mobile accompagne les personnes de 50 à 75 ans présentant des troubles neurocognitifs au CHU. Elle se compose d'un enseignant en activité physique adaptée (APA), qui sera accompagné par un psychologue en cours de recrutement. Financée par l'agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, cette équipe réunit des partenaires "répartis sur l'ensemble du département du Maine-et-Loire", communique l'établissement.
al/lb/APMnews
Rechercher
Se connecter
Adhérer







Adhérer à la SFMU
Alerte sanitaire
Inscription newsletter