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LE NUMÉRO D'APPEL "PSY ILE-DE-FRANCE" PÉRENNISÉ AU-DELÀ DE LA CRISE SANITAIRE
Au cours de la première crise sanitaire liée au Covid-19, au printemps, de nombreuses plateformes téléphoniques de soutien ont été créées (cf dépêche du 01/04/2020 à 15:05 et dépêche du 09/04/2020 à 18:17), au succès variable (cf dépêche du 09/10/2020 à 18:19).
Ce numéro gratuit -01.48.00.48.00- a été instauré à l'origine pour les familles de personnes touchées par des troubles psychiques. "L'ARS Paris a sollicité l'AP-HP et le GHU pour offrir un système téléphonique qui permette de répondre aux questions, d'aider, d'orienter, de soutenir les familles des patients. C'était la commande" début avril, en plein confinement, a précisé Liova Yon.
"L'AP-HP et le GHU se sont réunis, et en trois jours, a été construit un projet de ligne téléphonique", a-t-il résumé.
"Indépendant de la crise du Covid, […] l'idée de proposer un numéro de première ligne, accessible, gratuit, pour la psychiatrie, était dans les tuyaux du GHU depuis 15-20 ans et le Covid a été une forme d'opportunité de pérenniser le dispositif", a-t-il fait remarquer.
"Psy Ile-de-France" a été ouvert avec une amplitude de "7 jours sur 7", et "des horaires qui sont à l'époque 13h-21h".
Les "points forts" du dispositif sont notamment la gratuité et l'anonymat, mais surtout "en ligne, vous tombez sur un professionnel de la souffrance psychique, un médecin interne, un psychologue, un infirmier [...]", et "une fois cette première ligne de répondants franchie, vous avez la possibilité d'avoir recours à des consultations avec un psychologue, à deux reprises après le coup de fil initial", a-t-il décrit. "C'est une chance d'avoir sur un numéro gratuit, des personnels formés" et même "aguerris", a fait valoir Isabelle Andreu, en rappelant que le contexte de la création du dispositif, en plein confinement et donc avec des services fermés, avait permis à des professionnels dégagés de leurs obligations d'y consacrer du temps.
Pendant les deux mois de confinement, le numéro a reçu "1.500 appels […] pour 762 dossiers constitués, c'est-à-dire 762 situations ayant donné lieu à une prise en charge par la première ligne", a détaillé Liova Yon.
Une plateforme complémentaire de l'offre existante
"Contre toute attente, ce sont finalement des patients qui se sont saisis de ce numéro", a-t-il souligné, citant "2/3 d'appels de patients et 1/3 d'appels des proches". Sur la totalité des situations traitées, "200 situations ont été adressées à la seconde ligne, c'est-à-dire aux consultations psychologiques", a-t-il ajouté.
Le Dr Isabelle Andreu a précisé que "trois types de patients nous ont appelés: des patients ayant déjà un diagnostic mais étant en rupture de suivi et ne sachant plus trop comment reprendre un suivi; les patients en cours de suivi mais en difficulté avec leurs soignants de référence, et pour lesquels notre objectif est d'entendre cette difficulté et voir comment on peut dénouer [la situation]; et les primo-accédants".
Parmi les primo-accédants, "dans le contexte du confinement, beaucoup de gens se sont adressés à nous, présentant principalement des troubles anxieux, attaques de panique, voire éléments dépressifs", a-t-elle précisé. Mais, a-t-elle ajouté, "nous avons eu aussi des patients, souvent jeunes, moins de 25 ans, qui ont appelé avec une problématique dont on sait qu'elle est la plus compliquée à entendre et surtout à faire venir aux soins", des patients "perplexes par rapport à des phénomènes d'étrangeté, de bizarrerie, probablement des éléments psychotiques naissants, qui les questionnaient beaucoup".
"Pour faire simple, ils avaient peur de devenir fous. C'est très compliqué d'en parler à quelqu'un et ils nous ont appelés probablement car nous n'étions pas considérés comme des professionnels de santé. [...] L'entretien peut se faire dans une espèce d'anonymat qui permet de se confier et c'est évidemment assez précieux."
Donc "la plateforme est une offre originale à côté des dispositifs sanitaires existants", a-t-elle fait valoir.
Accessible aussi aux professionnels de santé
Concernant la "guidance familiale", les objectifs étaient d'"entendre la souffrance psychologique, l'évaluer et aider à trouver des réponses adaptées, […] conseiller si besoin sur des ajustements relationnels à faire, orienter la stratégie de soins pour le patient désigné en fonction des éléments rapportés", a résumé Isabelle Andreu.
Le Dr Liova Yon a par ailleurs noté que "l'été a été plutôt été marqué par une certaine forme d'accalmie, avec une baisse des appels". Mais "le dispositif est pérenne et il est prévu qu'une deuxième tranche de financement soit proposée pour [le] consolider".
En revanche, "le fonctionnement est en cours de changement, car nous avons pu affiner le fait que les horaires devaient être décalés vers le matin pour en permettre un meilleur accès".
Surtout, "la plateforme est aujourd'hui conçue pour être accessible au public le plus large possible; bien entendu les patients, les familles, mais également les professionnels du champ sanitaire non spécialisés en psychiatrie [comme] les médecins généralistes, les médecins et infirmiers scolaires, les médecins du travail, [...], et des professionnels du champ non sanitaire [comme] les travailleurs sociaux, etc.", a-t-il listé.
L'une des missions de la plateforme est de "prendre très au sérieux la question de la coordination des soins", a confirmé Isabelle Andreu, prévenant que "c'est à mettre en place" et que ce sera "la phase 3" de la plateforme.
Elle a néanmoins raconté que déjà, "à plusieurs reprises, nous avons été en bonne position pour nous permettre de refaire du lien dans les soins." Ainsi, "toujours en accord avec la personne", contact a pu être pris à l'issue d'un appel avec le professionnel de soin habituel, et "pour les appelants non connus, on a appelé le médecin traitant".
Enfin, "on a tenu à distinguer la réponse à l'urgence et les missions de la plateforme", a précisé Liova Yon. "Les appels urgents peuvent être traités par le centre psychiatrique d’orientation et d’accueil (CPOA) du GHU ou les SAU [services d'accueil des urgences]" et les écoutants de la plateforme renvoient sur ces dispositifs le cas échéant.
"Ce n'est pas une ligne pour les urgences psychiatriques mais [cela peut l'être] pour la crise", a précisé Isabelle Andreu.
vl/ab/APMnews
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LE NUMÉRO D'APPEL "PSY ILE-DE-FRANCE" PÉRENNISÉ AU-DELÀ DE LA CRISE SANITAIRE
Au cours de la première crise sanitaire liée au Covid-19, au printemps, de nombreuses plateformes téléphoniques de soutien ont été créées (cf dépêche du 01/04/2020 à 15:05 et dépêche du 09/04/2020 à 18:17), au succès variable (cf dépêche du 09/10/2020 à 18:19).
Ce numéro gratuit -01.48.00.48.00- a été instauré à l'origine pour les familles de personnes touchées par des troubles psychiques. "L'ARS Paris a sollicité l'AP-HP et le GHU pour offrir un système téléphonique qui permette de répondre aux questions, d'aider, d'orienter, de soutenir les familles des patients. C'était la commande" début avril, en plein confinement, a précisé Liova Yon.
"L'AP-HP et le GHU se sont réunis, et en trois jours, a été construit un projet de ligne téléphonique", a-t-il résumé.
"Indépendant de la crise du Covid, […] l'idée de proposer un numéro de première ligne, accessible, gratuit, pour la psychiatrie, était dans les tuyaux du GHU depuis 15-20 ans et le Covid a été une forme d'opportunité de pérenniser le dispositif", a-t-il fait remarquer.
"Psy Ile-de-France" a été ouvert avec une amplitude de "7 jours sur 7", et "des horaires qui sont à l'époque 13h-21h".
Les "points forts" du dispositif sont notamment la gratuité et l'anonymat, mais surtout "en ligne, vous tombez sur un professionnel de la souffrance psychique, un médecin interne, un psychologue, un infirmier [...]", et "une fois cette première ligne de répondants franchie, vous avez la possibilité d'avoir recours à des consultations avec un psychologue, à deux reprises après le coup de fil initial", a-t-il décrit. "C'est une chance d'avoir sur un numéro gratuit, des personnels formés" et même "aguerris", a fait valoir Isabelle Andreu, en rappelant que le contexte de la création du dispositif, en plein confinement et donc avec des services fermés, avait permis à des professionnels dégagés de leurs obligations d'y consacrer du temps.
Pendant les deux mois de confinement, le numéro a reçu "1.500 appels […] pour 762 dossiers constitués, c'est-à-dire 762 situations ayant donné lieu à une prise en charge par la première ligne", a détaillé Liova Yon.
Une plateforme complémentaire de l'offre existante
"Contre toute attente, ce sont finalement des patients qui se sont saisis de ce numéro", a-t-il souligné, citant "2/3 d'appels de patients et 1/3 d'appels des proches". Sur la totalité des situations traitées, "200 situations ont été adressées à la seconde ligne, c'est-à-dire aux consultations psychologiques", a-t-il ajouté.
Le Dr Isabelle Andreu a précisé que "trois types de patients nous ont appelés: des patients ayant déjà un diagnostic mais étant en rupture de suivi et ne sachant plus trop comment reprendre un suivi; les patients en cours de suivi mais en difficulté avec leurs soignants de référence, et pour lesquels notre objectif est d'entendre cette difficulté et voir comment on peut dénouer [la situation]; et les primo-accédants".
Parmi les primo-accédants, "dans le contexte du confinement, beaucoup de gens se sont adressés à nous, présentant principalement des troubles anxieux, attaques de panique, voire éléments dépressifs", a-t-elle précisé. Mais, a-t-elle ajouté, "nous avons eu aussi des patients, souvent jeunes, moins de 25 ans, qui ont appelé avec une problématique dont on sait qu'elle est la plus compliquée à entendre et surtout à faire venir aux soins", des patients "perplexes par rapport à des phénomènes d'étrangeté, de bizarrerie, probablement des éléments psychotiques naissants, qui les questionnaient beaucoup".
"Pour faire simple, ils avaient peur de devenir fous. C'est très compliqué d'en parler à quelqu'un et ils nous ont appelés probablement car nous n'étions pas considérés comme des professionnels de santé. [...] L'entretien peut se faire dans une espèce d'anonymat qui permet de se confier et c'est évidemment assez précieux."
Donc "la plateforme est une offre originale à côté des dispositifs sanitaires existants", a-t-elle fait valoir.
Accessible aussi aux professionnels de santé
Concernant la "guidance familiale", les objectifs étaient d'"entendre la souffrance psychologique, l'évaluer et aider à trouver des réponses adaptées, […] conseiller si besoin sur des ajustements relationnels à faire, orienter la stratégie de soins pour le patient désigné en fonction des éléments rapportés", a résumé Isabelle Andreu.
Le Dr Liova Yon a par ailleurs noté que "l'été a été plutôt été marqué par une certaine forme d'accalmie, avec une baisse des appels". Mais "le dispositif est pérenne et il est prévu qu'une deuxième tranche de financement soit proposée pour [le] consolider".
En revanche, "le fonctionnement est en cours de changement, car nous avons pu affiner le fait que les horaires devaient être décalés vers le matin pour en permettre un meilleur accès".
Surtout, "la plateforme est aujourd'hui conçue pour être accessible au public le plus large possible; bien entendu les patients, les familles, mais également les professionnels du champ sanitaire non spécialisés en psychiatrie [comme] les médecins généralistes, les médecins et infirmiers scolaires, les médecins du travail, [...], et des professionnels du champ non sanitaire [comme] les travailleurs sociaux, etc.", a-t-il listé.
L'une des missions de la plateforme est de "prendre très au sérieux la question de la coordination des soins", a confirmé Isabelle Andreu, prévenant que "c'est à mettre en place" et que ce sera "la phase 3" de la plateforme.
Elle a néanmoins raconté que déjà, "à plusieurs reprises, nous avons été en bonne position pour nous permettre de refaire du lien dans les soins." Ainsi, "toujours en accord avec la personne", contact a pu être pris à l'issue d'un appel avec le professionnel de soin habituel, et "pour les appelants non connus, on a appelé le médecin traitant".
Enfin, "on a tenu à distinguer la réponse à l'urgence et les missions de la plateforme", a précisé Liova Yon. "Les appels urgents peuvent être traités par le centre psychiatrique d’orientation et d’accueil (CPOA) du GHU ou les SAU [services d'accueil des urgences]" et les écoutants de la plateforme renvoient sur ces dispositifs le cas échéant.
"Ce n'est pas une ligne pour les urgences psychiatriques mais [cela peut l'être] pour la crise", a précisé Isabelle Andreu.
vl/ab/APMnews
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