Actualités de l'Urgence - APM

LES INFIRMIERS LIBÉRAUX, UNE "PETITE PÉPITE" POUR DÉCHARGER L'HÔPITAL PUBLIC (SYNDICATS)
Daniel Guillerm, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI), John Pinte, président du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil) et Diane Braccagni, présidente de l'Organisation nationale des syndicats d'infirmiers libéraux (Onsil) ont été auditionnés mercredi soir par la commission d'enquête sur les difficultés d'accès aux soins à l'hôpital public.
Lancée à l'initiative du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (Liot), cette commission d'enquête a pour rapporteur Christophe Naegelen (Liot, Vosges) et pour président Paul Midy (Renaissance, Essonne) (cf dépêche du 26/03/2024 à 14:55 et dépêche du 30/04/2024 à 18:37). Elle a également auditionné les ex-ministres de la santé Agnès Buzyn (2017-2020), Marisol Touraine (2012-2017) et Xavier Bertrand (cf dépêche du 16/05/2024 à 14:55 et dépêche du 23/05/2024 à 16:10).
Lors de leurs auditions, les représentants syndicaux ont exposé leurs propositions afin de renforcer la coopération entre la ville et l'hôpital et ainsi décharger les établissements de santé.
Reconnaître le "rôle propre" de l'infirmier
Alors que le ministère planche actuellement sur une série de textes législatifs et réglementaires destinés à réformer le métier infirmier (cf dépêche du 20/11/2023 à 17:54 et dépêche du 21/05/2024 à 18:58), les syndicats ont appelé à une reconnaissance officielle du "rôle propre de l'infirmier".
"Il faut reconnaître notre rôle propre, c'est-à-dire la réalisation de soins liés à l'entretien et au maintien de la vie et qui visent à compenser partiellement un manque ou une diminution de l'autonomie", a défendu Diane Braccagni: "Notre rôle en tant qu'Idel est aussi de s'occuper des personnes âgées et qui sont dépendantes à domicile."
Un constat partagé par John Pinte: "Les difficultés de l'hôpital ne doivent pas être palliées par les infirmiers de ville qu'on utilise comme rustine mais il faut que cela s'accompagne d'une vraie transformation de notre métier avec une montée en compétences", a-t-il exposé.
Outre la reconnaissance du rôle propre infirmier, ils ont particulièrement insisté sur la pertinence d'instaurer, dans certaines circonstances précises, d'un accès direct aux infirmiers libéraux.
Pour rappel, la loi portant "amélioration de l'accès aux soins par la confiance aux professionnels de santé" de 2023 (cf dépêche du 22/05/2023 à 10:10) a élargi les compétences des paramédicaux, ouvrant notamment l'accès direct aux infirmiers en pratique avancée (IPA) exerçant en maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP). Pour l'heure, les syndicats sont toujours dans l'attente de la publication des textes d'application.
S'il a reconnu une "avancée" permise par cette loi, Daniel Guillerm s'est toutefois montré critique vis-à-vis du périmètre encadrant l'accès direct aux IPA: "Aujourd'hui, seule 20% de l'offre de soins est intégrée au sein de MSP, ce qui signifie qu'il y a 80% de la profession dont on ne s'occupe pas", a-t-il souligné, déplorant qu'un tel périmètre légal diminue dans les faits la "portée de la loi en termes de leviers systémiques".
Un avis partagé par ses confrères et notamment pour Diane Braccagni, pour qui il serait notamment pertinent d'ouvrir l'accès direct aux infirmiers libéraux dans certaines circonstances exceptionnelles, par exemple en cas de canicule.
"Lors de ces fortes chaleurs, si une personne âgée se sent mal, la plupart du temps, cela s'explique par une déshydratation. On devrait pouvoir la réhydrater nous-mêmes directement, en la mettant par exemple sous perfusion pendant 48 heures", a-t-elle affirmé. "Ainsi, on éviterait des passages aux urgences, les escarres et la rupture avec le milieu familial."
Sur le volet de la prévention plus largement, nous avons "un rôle primordial", a-t-elle défendu, notant que la connaissance du terrain, la relation tissée avec les patients, la réactivité et la mobilité faisaient des infirmiers libéraux une "petite pépite" afin de prévenir les hospitalisations.
Suivi postopératoire en ambulatoire
John Pinte a également préconisé de davantage s'appuyer sur les infirmiers libéraux, dans le cadre de la chirurgie ambulatoire.
"Souvent, quand les patients retournent au domicile, le suivi postopératoire n'est pas prévu et nous n'avons pas de prescriptions en sortie d'hôpital", a-t-il déploré. Or, "le suivi postopératoire par un infirmier libéral pourrait être particulièrement pertinent pour décharger l'hôpital, s'occuper des pansements, prévenir les éventuelles complications", a-t-il poursuivi.
Daniel Guillerm a fait écho: "Ce n'est pas tant la réception des patients aux urgences qui pose un problème aujourd'hui mais ce qu'on en fait derrière. Dès lors qu'un retour rapide au domicile peut être envisagé, il n'y a pas de réponse pour accompagner ce retour", a-t-il dénoncé, appelant également à des "mesures pragmatiques" pour y remédier.
Si les trois syndicats se sont réjouis de la publication, prévue "dans les prochaines semaines", du décret d'application sur l'infirmier référent, "ses missions restent encore floues", a rappelé John Pinte. Il espère que ce nouveau statut ouvrira aux infirmiers le droit de prescrire des "renouvellements de soins infirmiers" auprès des patients qui disposent déjà d'une première ordonnance médicale.
Le rôle de l'infirmier référent pourrait être particulièrement important "dans le suivi de pathologies chroniques", a abondé John Pinte, notant que l'infirmier pourrait être celui à même d'intervenir en premier lieu en cas de décompensation ou en prévention, afin de jouer le rôle de coordinateur.
jr/nc/APMnews
Informations professionnelles
- AFMU
- Agenda
- Annonces de postes
- Annuaire de l'urgence
- Audits
- Calculateurs
- Cas cliniques
- Cochrane PEC
- COVID-19
- DynaMed
- E-learning
- Géodes
- Grand public
- Librairie
- Médecine factuelle
- Outils professionnels
- Portail de l'urgence
- Recherche avancée
- Recommandations
- Recommandations SFMU
- Référentiels SFMU
- Textes réglementaires
- UrgencesDPC
- Webinaire
- Weblettre

LES INFIRMIERS LIBÉRAUX, UNE "PETITE PÉPITE" POUR DÉCHARGER L'HÔPITAL PUBLIC (SYNDICATS)
Daniel Guillerm, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI), John Pinte, président du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil) et Diane Braccagni, présidente de l'Organisation nationale des syndicats d'infirmiers libéraux (Onsil) ont été auditionnés mercredi soir par la commission d'enquête sur les difficultés d'accès aux soins à l'hôpital public.
Lancée à l'initiative du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (Liot), cette commission d'enquête a pour rapporteur Christophe Naegelen (Liot, Vosges) et pour président Paul Midy (Renaissance, Essonne) (cf dépêche du 26/03/2024 à 14:55 et dépêche du 30/04/2024 à 18:37). Elle a également auditionné les ex-ministres de la santé Agnès Buzyn (2017-2020), Marisol Touraine (2012-2017) et Xavier Bertrand (cf dépêche du 16/05/2024 à 14:55 et dépêche du 23/05/2024 à 16:10).
Lors de leurs auditions, les représentants syndicaux ont exposé leurs propositions afin de renforcer la coopération entre la ville et l'hôpital et ainsi décharger les établissements de santé.
Reconnaître le "rôle propre" de l'infirmier
Alors que le ministère planche actuellement sur une série de textes législatifs et réglementaires destinés à réformer le métier infirmier (cf dépêche du 20/11/2023 à 17:54 et dépêche du 21/05/2024 à 18:58), les syndicats ont appelé à une reconnaissance officielle du "rôle propre de l'infirmier".
"Il faut reconnaître notre rôle propre, c'est-à-dire la réalisation de soins liés à l'entretien et au maintien de la vie et qui visent à compenser partiellement un manque ou une diminution de l'autonomie", a défendu Diane Braccagni: "Notre rôle en tant qu'Idel est aussi de s'occuper des personnes âgées et qui sont dépendantes à domicile."
Un constat partagé par John Pinte: "Les difficultés de l'hôpital ne doivent pas être palliées par les infirmiers de ville qu'on utilise comme rustine mais il faut que cela s'accompagne d'une vraie transformation de notre métier avec une montée en compétences", a-t-il exposé.
Outre la reconnaissance du rôle propre infirmier, ils ont particulièrement insisté sur la pertinence d'instaurer, dans certaines circonstances précises, d'un accès direct aux infirmiers libéraux.
Pour rappel, la loi portant "amélioration de l'accès aux soins par la confiance aux professionnels de santé" de 2023 (cf dépêche du 22/05/2023 à 10:10) a élargi les compétences des paramédicaux, ouvrant notamment l'accès direct aux infirmiers en pratique avancée (IPA) exerçant en maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP). Pour l'heure, les syndicats sont toujours dans l'attente de la publication des textes d'application.
S'il a reconnu une "avancée" permise par cette loi, Daniel Guillerm s'est toutefois montré critique vis-à-vis du périmètre encadrant l'accès direct aux IPA: "Aujourd'hui, seule 20% de l'offre de soins est intégrée au sein de MSP, ce qui signifie qu'il y a 80% de la profession dont on ne s'occupe pas", a-t-il souligné, déplorant qu'un tel périmètre légal diminue dans les faits la "portée de la loi en termes de leviers systémiques".
Un avis partagé par ses confrères et notamment pour Diane Braccagni, pour qui il serait notamment pertinent d'ouvrir l'accès direct aux infirmiers libéraux dans certaines circonstances exceptionnelles, par exemple en cas de canicule.
"Lors de ces fortes chaleurs, si une personne âgée se sent mal, la plupart du temps, cela s'explique par une déshydratation. On devrait pouvoir la réhydrater nous-mêmes directement, en la mettant par exemple sous perfusion pendant 48 heures", a-t-elle affirmé. "Ainsi, on éviterait des passages aux urgences, les escarres et la rupture avec le milieu familial."
Sur le volet de la prévention plus largement, nous avons "un rôle primordial", a-t-elle défendu, notant que la connaissance du terrain, la relation tissée avec les patients, la réactivité et la mobilité faisaient des infirmiers libéraux une "petite pépite" afin de prévenir les hospitalisations.
Suivi postopératoire en ambulatoire
John Pinte a également préconisé de davantage s'appuyer sur les infirmiers libéraux, dans le cadre de la chirurgie ambulatoire.
"Souvent, quand les patients retournent au domicile, le suivi postopératoire n'est pas prévu et nous n'avons pas de prescriptions en sortie d'hôpital", a-t-il déploré. Or, "le suivi postopératoire par un infirmier libéral pourrait être particulièrement pertinent pour décharger l'hôpital, s'occuper des pansements, prévenir les éventuelles complications", a-t-il poursuivi.
Daniel Guillerm a fait écho: "Ce n'est pas tant la réception des patients aux urgences qui pose un problème aujourd'hui mais ce qu'on en fait derrière. Dès lors qu'un retour rapide au domicile peut être envisagé, il n'y a pas de réponse pour accompagner ce retour", a-t-il dénoncé, appelant également à des "mesures pragmatiques" pour y remédier.
Si les trois syndicats se sont réjouis de la publication, prévue "dans les prochaines semaines", du décret d'application sur l'infirmier référent, "ses missions restent encore floues", a rappelé John Pinte. Il espère que ce nouveau statut ouvrira aux infirmiers le droit de prescrire des "renouvellements de soins infirmiers" auprès des patients qui disposent déjà d'une première ordonnance médicale.
Le rôle de l'infirmier référent pourrait être particulièrement important "dans le suivi de pathologies chroniques", a abondé John Pinte, notant que l'infirmier pourrait être celui à même d'intervenir en premier lieu en cas de décompensation ou en prévention, afin de jouer le rôle de coordinateur.
jr/nc/APMnews