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13/03 2026
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LES PIQÛRES D'HYMÉNOPTÈRES GLOBALEMENT STABLES EN FRANCE ENTRE 2014 ET 2023, MAIS UNE TENDANCE À LA HAUSSE POUR LES CAS SÉVÈRES

SAINT-MALO (Ille-et-Vilaine), 13 mars 2026 (APMnews) - Les passages aux urgences, les hospitalisations et les décès en lien avec les piqûres d'hyménoptères semblent globalement stables en France entre 2014 et 2023 alors qu'une tendance à la hausse apparaît pour les cas sévères nécessitant une admission en réanimation-soins intensifs ou une surveillance continue, selon des données présentées au congrès Evaluation, management, organisation, information, santé (Emois), vendredi à Saint-Malo.

Dans cette étude, Bernadette Verrat de Santé publique France (SPF) et ses collègues se sont intéressés à la fois aux passages aux urgences, aux hospitalisations et aux décès en lien avec les piqûres d'hyménoptères, en France hexagonale entre 2014 et 2023.


Initialement, la direction générale de la santé (DGS) avait saisi l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) pour faire le point sur la toxicovigilance des hyménoptères en raison de l'implantation du frelon à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) d'origine asiatique sur le territoire, indique la chercheuse à APMnews.


L'Anses a analysé les piqûres d'hyménoptères qui ont été enregistrées par les centres antipoison entre 2014 et 2023 et SPF a examiné en parallèle les passages aux urgences sur la même période. Les résultats ont été publiés la semaine dernière dans le Journal of Allergy and Hypersensitivity Diseases (JAHD).


Un total de 6.022 appels aux centres antipoison a concerné des piqûres d'hyménoptère cas d'envenimation. La part de piqûres de frelons, toutes espèces confondues, parmi tous les hyménoptères, est globalement stable, de 20-28% et atteint 38% en 2023. En dehors de 2023, la guêpe est la principale cause de piqûres d'hyménoptères (30-40% des cas).


Dans environ un quart des piqûres de frelons, il s'agissait de frelons à pattes jaunes et dans un autre quart, de frelons communs, et pour près de la moitié des cas, l'espèce n'était pas identifiée. Les frelons étaient responsables de 38% des formes graves enregistrées par les centres antipoisons.


Selon les données du réseau Oscour et du programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI), un total de 179.141 passages aux urgences pour piqûres d'hyménoptères, dont 2% ont été suivis d'une hospitalisation, ont été recensés entre 2014 et 2023.


Le taux annuel des passages aux urgences pour piqûres d'hyménoptères était en moyenne de 139 cas pour 100.000 passages, avec une légère tendance à la baisse entre 2014 et 2023 (de 141,2 à 106,7 cas pour 100.000), mais un pic en 2018 et 2020, avec respectivement 187,6 et 174,3 cas pour 100.000. Ces tendances étaient similaires à la fois chez les hommes et les femmes et les différents groupes d'âge. Près de la moitié des passages concernait les 20-59 ans, le taux le plus faible était chez les 60 ans et plus et le plus élevé chez les 1-5 ans.


Concernant les hospitalisations pour piqûres d'hyménoptères, 18.213 séjours ont été dénombrés sur la période d'étude, avec une tendance à la hausse, de 1.096 en 2014 à 2.415 en 2023, mais trois points de rupture, d'une part deux pics en 2018 et 2020 également, avec 2.296 et 2.875 cas (13% et 16% des hospitalisations en MCO), et d'autre part en 2021, avec une chute des cas à 1.240 cas.


Les tendances étaient globalement également similaires entre les sexes, mais avec chez les hommes, des hospitalisations plus fréquentes et une hausse des cas plus marquée sur la période d'étude. Selon les groupes d'âge, il apparaît que près des trois quarts (74%) des hospitalisations concernaient des patients de 40 ans ou plus, avec en particulier un effectif plus marqué chez les 60 ans et plus en 2023.


Plus de patients en réanimation-soins intensifs


Les patients piqués par un hyménoptère nécessitant une hospitalisation en réanimation-soins intensifs ou sous surveillance continue en particulier ont augmenté, de 106 cas en 2014 à 414 en 2023, représentant respectivement 8,7% et 17% des hospitalisations en MCO.


Ces cas sévères concernaient davantage les hommes (74%), avec des effectifs en hausse, et les patients de 40 ans et plus (86%).


Globalement, les hommes de plus de 60 ans étaient les plus concernés par une piqûre d'hyménoptère présentant un caractère de gravité, quelle que soit la source de données.


Enfin, selon les données du Centre d'épidémiologie des causes de décès (CépiDC) de l'Inserm, 256 personnes sont décédées en lien avec une piqûre d'hyménoptère entre 2014 et 2023, soit 25 décès en moyenne par an. Un pic apparaît en 2018, 2022 et 2023, avec respectivement 34, 47 et 38 décès.


Dans 27% des cas, les frelons étaient spécifiquement mentionnés (35% mentionnent un hyménoptère sans le préciser) et la part des certificats mentionnant un frelon est passée de 15% en 2014 à 43% en 2023.


Plus des trois quarts (77%) des décès concernaient des hommes et 62% des personnes décédées avaient plus de 60 ans.


Par ailleurs, l'analyse cartographique de ces sources montre une répartition des piqûres sur tout le territoire et une saisonnalité estivale marquée, avec des pics en juillet pour les urgences et en août pour les hospitalisations et les décès.


Alors que le frelon à pattes jaunes a colonisé la France, l'ensemble de ces données suggère que la fréquence des piqûres d'hyménoptères est restée globalement stable entre 2014 et 2023, même si les admissions en soins intensifs parmi l'ensemble des hospitalisations tendent à augmenter.


Ces différentes sources apparaissent complémentaires pour permettre une surveillance épidémiologique complète et nationale, concluent les chercheurs.


(JAHD, publication en ligne du 5 mars)


ld/nc/APMnews

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SAINT-MALO (Ille-et-Vilaine), 13 mars 2026 (APMnews) - Les passages aux urgences, les hospitalisations et les décès en lien avec les piqûres d'hyménoptères semblent globalement stables en France entre 2014 et 2023 alors qu'une tendance à la hausse apparaît pour les cas sévères nécessitant une admission en réanimation-soins intensifs ou une surveillance continue, selon des données présentées au congrès Evaluation, management, organisation, information, santé (Emois), vendredi à Saint-Malo.

Dans cette étude, Bernadette Verrat de Santé publique France (SPF) et ses collègues se sont intéressés à la fois aux passages aux urgences, aux hospitalisations et aux décès en lien avec les piqûres d'hyménoptères, en France hexagonale entre 2014 et 2023.


Initialement, la direction générale de la santé (DGS) avait saisi l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) pour faire le point sur la toxicovigilance des hyménoptères en raison de l'implantation du frelon à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) d'origine asiatique sur le territoire, indique la chercheuse à APMnews.


L'Anses a analysé les piqûres d'hyménoptères qui ont été enregistrées par les centres antipoison entre 2014 et 2023 et SPF a examiné en parallèle les passages aux urgences sur la même période. Les résultats ont été publiés la semaine dernière dans le Journal of Allergy and Hypersensitivity Diseases (JAHD).


Un total de 6.022 appels aux centres antipoison a concerné des piqûres d'hyménoptère cas d'envenimation. La part de piqûres de frelons, toutes espèces confondues, parmi tous les hyménoptères, est globalement stable, de 20-28% et atteint 38% en 2023. En dehors de 2023, la guêpe est la principale cause de piqûres d'hyménoptères (30-40% des cas).


Dans environ un quart des piqûres de frelons, il s'agissait de frelons à pattes jaunes et dans un autre quart, de frelons communs, et pour près de la moitié des cas, l'espèce n'était pas identifiée. Les frelons étaient responsables de 38% des formes graves enregistrées par les centres antipoisons.


Selon les données du réseau Oscour et du programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI), un total de 179.141 passages aux urgences pour piqûres d'hyménoptères, dont 2% ont été suivis d'une hospitalisation, ont été recensés entre 2014 et 2023.


Le taux annuel des passages aux urgences pour piqûres d'hyménoptères était en moyenne de 139 cas pour 100.000 passages, avec une légère tendance à la baisse entre 2014 et 2023 (de 141,2 à 106,7 cas pour 100.000), mais un pic en 2018 et 2020, avec respectivement 187,6 et 174,3 cas pour 100.000. Ces tendances étaient similaires à la fois chez les hommes et les femmes et les différents groupes d'âge. Près de la moitié des passages concernait les 20-59 ans, le taux le plus faible était chez les 60 ans et plus et le plus élevé chez les 1-5 ans.


Concernant les hospitalisations pour piqûres d'hyménoptères, 18.213 séjours ont été dénombrés sur la période d'étude, avec une tendance à la hausse, de 1.096 en 2014 à 2.415 en 2023, mais trois points de rupture, d'une part deux pics en 2018 et 2020 également, avec 2.296 et 2.875 cas (13% et 16% des hospitalisations en MCO), et d'autre part en 2021, avec une chute des cas à 1.240 cas.


Les tendances étaient globalement également similaires entre les sexes, mais avec chez les hommes, des hospitalisations plus fréquentes et une hausse des cas plus marquée sur la période d'étude. Selon les groupes d'âge, il apparaît que près des trois quarts (74%) des hospitalisations concernaient des patients de 40 ans ou plus, avec en particulier un effectif plus marqué chez les 60 ans et plus en 2023.


Plus de patients en réanimation-soins intensifs


Les patients piqués par un hyménoptère nécessitant une hospitalisation en réanimation-soins intensifs ou sous surveillance continue en particulier ont augmenté, de 106 cas en 2014 à 414 en 2023, représentant respectivement 8,7% et 17% des hospitalisations en MCO.


Ces cas sévères concernaient davantage les hommes (74%), avec des effectifs en hausse, et les patients de 40 ans et plus (86%).


Globalement, les hommes de plus de 60 ans étaient les plus concernés par une piqûre d'hyménoptère présentant un caractère de gravité, quelle que soit la source de données.


Enfin, selon les données du Centre d'épidémiologie des causes de décès (CépiDC) de l'Inserm, 256 personnes sont décédées en lien avec une piqûre d'hyménoptère entre 2014 et 2023, soit 25 décès en moyenne par an. Un pic apparaît en 2018, 2022 et 2023, avec respectivement 34, 47 et 38 décès.


Dans 27% des cas, les frelons étaient spécifiquement mentionnés (35% mentionnent un hyménoptère sans le préciser) et la part des certificats mentionnant un frelon est passée de 15% en 2014 à 43% en 2023.


Plus des trois quarts (77%) des décès concernaient des hommes et 62% des personnes décédées avaient plus de 60 ans.


Par ailleurs, l'analyse cartographique de ces sources montre une répartition des piqûres sur tout le territoire et une saisonnalité estivale marquée, avec des pics en juillet pour les urgences et en août pour les hospitalisations et les décès.


Alors que le frelon à pattes jaunes a colonisé la France, l'ensemble de ces données suggère que la fréquence des piqûres d'hyménoptères est restée globalement stable entre 2014 et 2023, même si les admissions en soins intensifs parmi l'ensemble des hospitalisations tendent à augmenter.


Ces différentes sources apparaissent complémentaires pour permettre une surveillance épidémiologique complète et nationale, concluent les chercheurs.


(JAHD, publication en ligne du 5 mars)


ld/nc/APMnews

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