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24/03 2021
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MALADIE DE CROHN: LES LÉSIONS ENDOSCOPIQUES AU DIAGNOSTIC PAS ASSOCIÉES AU RISQUE ULTÉRIEUR DE COMPLICATION OU DE CHIRURGIE

PARIS, 24 mars 2021 (APMnews) - La présence de lésions sévères endoscopiques au diagnostic de la maladie de Crohn n'est pas associée à un surrisque ultérieur de complications, ni de chirurgie, selon une étude bretonne, présentée lors des Journées francophones d'hépato-gastroentérologie et d'oncologie digestive (JFHOD).

Le risque de chirurgie et de complications pénétrantes ou fistulisantes est relativement fréquent chez les patients présentant une maladie de Crohn (50% à 60% après 25 ans d'évolution de la maladie), a rappelé Tanguy Brunet du CHU de Rennes.

Le caractère pronostique des lésions endoscopiques sévères décelées à la coloscopie fait toujours débat.

En 2002, une étude française avait montré une association entre lésions endoscopiques sévères au moment de la coloscopie et survenue de complications pénétrantes et colectomie. Les études ayant analysé cette question sont rares et présentent des biais: caractère rétrospectif, biais de sélection et hétérogénéité des patients à l'inclusion, a pointé Tanguy Brunet.

L'équipe du CHU de Rennes a conduit une étude issue de la cohorte prospective ABERMAD. Ils ont analysé tous les cas incidents de maladie de Crohn en Bretagne entre 1994 et 1997 en excluant les patients présentant des complications sténosantes ou fistulantes dès le diagnostic.

Parmi les 272 patients suivis dans la cohorte, après exclusion de 35% présentant des complications d'emblée et 5% pour lesquels la coloscopie était incomplète, 164 personnes ont été incluses.

La coloscopie mettait en évidence un ulcère profond sur au moins un segment chez un quart des patients.

Après un suivi moyen de 12,3 ans, les probabilités cumulatives à 10 ans d’un recours à la chirurgie, d’un dommage intestinal, d’une hospitalisation en rapport avec la maladie ou d’un traitement immunosuppresseur étaient respectivement de 40%, 21%, 34% et 36%, rapportent les auteurs dans le résumé de leur présentation.

La présence de lésions endoscopiques sévères au diagnostic n’était pas associée au recours à la chirurgie ni à la survenue de dommage intestinal. Toutefois, les patients présentant de telles lésions à la coloscopie étaient ensuite plus fréquemment hospitalisés et plus souvent traités par immunosuppresseurs.

Par ailleurs, dans cette étude, les patients sous immunosuppresseurs étaient plus fréquemment opérés ou atteints de dommages intestinaux.

Les lésions endoscopiques sévères au diagnostic sont associées à une présentation clinique plus sévère et plus d'hospitalisations, sans augmentation du recours à la chirurgie ni du développement de complications.

vib/ab/APMnews

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PARIS, 24 mars 2021 (APMnews) - La présence de lésions sévères endoscopiques au diagnostic de la maladie de Crohn n'est pas associée à un surrisque ultérieur de complications, ni de chirurgie, selon une étude bretonne, présentée lors des Journées francophones d'hépato-gastroentérologie et d'oncologie digestive (JFHOD).

Le risque de chirurgie et de complications pénétrantes ou fistulisantes est relativement fréquent chez les patients présentant une maladie de Crohn (50% à 60% après 25 ans d'évolution de la maladie), a rappelé Tanguy Brunet du CHU de Rennes.

Le caractère pronostique des lésions endoscopiques sévères décelées à la coloscopie fait toujours débat.

En 2002, une étude française avait montré une association entre lésions endoscopiques sévères au moment de la coloscopie et survenue de complications pénétrantes et colectomie. Les études ayant analysé cette question sont rares et présentent des biais: caractère rétrospectif, biais de sélection et hétérogénéité des patients à l'inclusion, a pointé Tanguy Brunet.

L'équipe du CHU de Rennes a conduit une étude issue de la cohorte prospective ABERMAD. Ils ont analysé tous les cas incidents de maladie de Crohn en Bretagne entre 1994 et 1997 en excluant les patients présentant des complications sténosantes ou fistulantes dès le diagnostic.

Parmi les 272 patients suivis dans la cohorte, après exclusion de 35% présentant des complications d'emblée et 5% pour lesquels la coloscopie était incomplète, 164 personnes ont été incluses.

La coloscopie mettait en évidence un ulcère profond sur au moins un segment chez un quart des patients.

Après un suivi moyen de 12,3 ans, les probabilités cumulatives à 10 ans d’un recours à la chirurgie, d’un dommage intestinal, d’une hospitalisation en rapport avec la maladie ou d’un traitement immunosuppresseur étaient respectivement de 40%, 21%, 34% et 36%, rapportent les auteurs dans le résumé de leur présentation.

La présence de lésions endoscopiques sévères au diagnostic n’était pas associée au recours à la chirurgie ni à la survenue de dommage intestinal. Toutefois, les patients présentant de telles lésions à la coloscopie étaient ensuite plus fréquemment hospitalisés et plus souvent traités par immunosuppresseurs.

Par ailleurs, dans cette étude, les patients sous immunosuppresseurs étaient plus fréquemment opérés ou atteints de dommages intestinaux.

Les lésions endoscopiques sévères au diagnostic sont associées à une présentation clinique plus sévère et plus d'hospitalisations, sans augmentation du recours à la chirurgie ni du développement de complications.

vib/ab/APMnews

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