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MATHIAS OTT, NOUVEAU DG DE L'ARS NORMANDIE, PRÉSENTE SA MÉTHODE ET SA FEUILLE DE ROUTE
L'ancien délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT+ (Dilcrah) a succédé lundi à François Mengin Lecreulx, nommé à la tête de l'agence régionale de santé (ARS) Occitanie (cf dépêche du 15/04/2026 à 18:23).
Il a exprimé sa "fierté" de prendre ces nouvelles fonctions, soulignant avoir exercé différentes fonctions au niveau national et territorial. Il a notamment relevé qu'il a pu mesurer, lorsqu'il était chef de cabinet de l'ancien premier ministre Jean Castex pendant la crise du Covid (2020-2022), "toute l'importance du travail mené par les ARS et par les personnels médicaux et soignants pour permettre à notre pays de tenir".
Le fait qu'il soit issu du corps préfectoral "correspond assez bien à cette nouvelle phase ouverte depuis trois ans, dans le cadre de la réforme des grands corps, qui vise à décloisonner les parcours", a-t-il observé.
La Normandie est "une région à taille humaine, à portée de dialogue avec les acteurs du territoire, les élus en particulier", a-t-il également déclaré. Elle a "une vraie identité historique, culturelle, géographique", qui est "un atout notamment sur les sujets de santé, pour faciliter les coopérations" et "innover".
"Les défis en Normandie sont importants", a poursuivi Mathias Ott. Il a mentionné les enjeux de démographie médicale. "Nous sommes la troisième région la moins bien dotée en termes de médecine générale", avec des inégalités entre départements, puisque l'Orne et l'Eure "sont plus concernés encore par l'inégal accès aux soins".
"Je suis très attaché au dialogue avec les élus territoriaux", a-t-il fait valoir, mentionnant le couple "maire, DG d'ARS, qui forme d'ailleurs un quatuor avec les présidents des conseils départementaux, le président de la Région". "Je ferai vivre ce quatuor", a-t-il insisté.
Mathias Ott a pointé être attaché, comme son prédécesseur, à la "territorialisation" de l'action de l'agence (cf dépêche du 24/09/2025 à 17:32), ce qui passe par "le renforcement [des] directions départementales, qui est par ailleurs la ligne de conduite fixée par le premier ministre, dans le cadre de l'évolution de la gouvernance des ARS à venir" (cf dépêche du 20/03/2026 à 15:31).
"Je suis pour une ARS qui est là pour réguler, contrôler, mais aussi qui accompagne les transformations, les professionnels de santé, les élus et les territoires", a-t-il ajouté.
Dans le domaine hospitalier, Mathias Ott est revenu sur le sujet des urgences, qui connaissent en Normandie "des tensions" (cf dépêche du 27/01/2026 à 19:24). "Ce sera un sujet d'attention, notamment à l'approche de la période estivale", a-t-il précisé. "On est en train de se mobiliser, avec les différents [établissements], pour que notre dispositif tienne et que nous puissions répondre aux besoins de l'afflux touristique." Ce plan devrait être finalisé d'ici fin mai.
L'accueil des internes reprend aux urgences du CHU de Caen
Près de six mois après la décision de suspendre l'accueil des internes aux urgences du CHU de Caen, en novembre 2025, et "une très forte mobilisation des équipes de l'ARS et du CHU pour permettre de maintenir l'accueil aux urgences", désormais, "les conditions sont réunies pour [y] rouvrir les stages pour les internes", a-t-il confirmé (cf dépêche du 13/03/2026 à 18:22).
"À compter du 4 mai, 14 nouveaux internes" vont rejoindre ce service, "sur la base du volontariat, ce qui va permettre le retour de près de 80%" du nombre d'internes qui étaient auparavant en place aux urgences, a chiffré Mathias Ott. C'est donc une "reprise progressive, mais très marquée".
Outre des recrutements dans le service (sept nouveaux praticiens depuis janvier), un travail pédagogique sur l'accueil des internes a été conduit avec l'université et les équipes du CHU, a rappelé Bertrand Cazelles, directeur général adjoint (DGA) de l'ARS Normandie. Ce projet vise notamment "à limiter le nombre de patients vus par interne et à garantir que les [internes] sont toujours [encadrés] par un médecin, dont on s'est assuré qu'il a les compétences en termes médicaux mais aussi relationnels" pour le faire.
Le DGA de l'agence a souligné "des engagements très forts pris par la direction du CHU et les équipes médicales pour améliorer les conditions d'accueil des internes et répondre au mieux aux points qu'ils avaient identifiés comme problématiques".
La régulation des urgences par le 15 "aide à avoir moins de patients qui arrivent aux urgences", a relevé Mathias Ott.
En matière d'investissement, "grâce au conseil régional" qui finance avec l'État ce volet du Ségur, l'enveloppe s'élève en Normandie à "455 millions d'euros", soit "255 M€ du côté de l'État et 200 M€ du côté de la Région", a-t-il rappelé (cf dépêche du 23/02/2024 à 18:21). "Il y a également un appui, sur un certain nombre de projets, de la Métropole de Rouen."
Mathias Ott a évoqué la reconstruction engagée du centre hospitalier (CH) de Pont-Audemer (cf dépêche du 09/07/2025 à 18:02) et le lancement du "plus gros projet de la région" à Alençon, avec la reconstruction du CH intercommunal Alençon-Mamers (Chicam), pour un montant de "150 M€".
Pour ce programme, l'avant-projet sommaire (APS) devrait être validé en janvier 2027, pour un lancement des travaux en septembre 2028 et une livraison en 2031.
Quant à la démolition de la grande tour du CHU de Caen, il faut encore "approfondir à la fois l'aspect technique de ce scénario et le tour de table financier. C'est le travail que l'on va mener avec le directeur du CHU dans les toutes prochaines semaines." Le directeur général de l'ARS a donné l'échéance de "l'été 2026" pour la finalisation de la méthode et du financement.
Sur la réduction du déficit des hôpitaux normands, "le chemin est encore très long", a pointé Kevin Lullien, directeur de l'offre de soins à l'ARS. En janvier, il avait été estimé à 100 M€ en 2025, rappelle-t-on.
La situation est "inégalement répartie: 80% du déficit hospitalier à l'échelle de la région se [concentre] sur une douzaine d'établissements", a spécifié Mathias Ott. Les plans de retour à l'équilibre "ne sont pas seulement des plans d'économie, ce sont souvent aussi la clé pour débloquer des projets d'investissement, de nouvelles autorisations. Ce sont des plans de transformation qui visent à résoudre un sujet de déficit, mais aussi à répondre aux nouveaux besoins."
Accès aux soins: environ 180 docteurs juniors à compter de novembre
Concernant le renforcement de l'accès aux soins en ville, Mathias Ott a exposé "plusieurs grands chantiers", dont le déploiement du réseau France santé, qui avait été lancé en Normandie (cf dépêche du 30/10/2025 à 21:15). La région compte "75 structures" entrant dans ce label, a-t-il rappelé (cf dépêche du 27/01/2026 à 19:24). "On va intensifier nos efforts avec de nouveaux objectifs d'ici 2027."
Le dispositif "Un médecin près de chez vous", ou "consultations solidaires", lancé dans le cadre de la mesure de solidarité territoriale prévue dans le pacte de lutte contre les déserts médicaux (cf dépêche du 17/09/2025 à 12:07), représente "à ce jour 384 demi-journées de consultations, 4.300 consultations individuelles et 28 praticiens impliqués de manière régulière". La région représente "40% des consultations qui existent au niveau national" dans le cadre de ce dispositif.
Pour "projeter de la ressource dans les territoires sous-dotés", la Normandie va accueillir environ 180 docteurs juniors en médecine générale (dans le cadre de leur formation en ambulatoire) à compter de novembre 2026, a mentionné Mathias Ott.
Dans le champ médico-social, il s'agit "d'accélérer le virage domiciliaire, la transformation de l'offre grâce notamment à Norm'Handicap", qui est la déclinaison du programme national "50.000 solutions" pour les personnes handicapées. Ce dernier a permis l'émergence de "460 solutions" d'accompagnement.
Concernant le secteur des personnes âgées, le nombre de centres de ressources territoriaux (CRT) devrait passer de 15 en 2026 à 26 en 2028.
L'ARS et la préfecture de région organisent une "grande journée le [mercredi] 27 mai, consacrée aux enjeux de vieillissement en Normandie", notamment le défi "en termes d'offre et d'adaptation de l'offre", avec "l'ensemble des acteurs de la région", a fait savoir le directeur général de l'ARS.
S'agissant de la santé mentale, il a mentionné la création d'une "clinique soins-études, du côté de Rouen", sur le site du CH du Belvédère, portée par la Fondation des étudiants de France, en partenariat avec le CHU de Rouen. Le soutien de la Région "a été décisif pour permettre à ce projet de voir le jour", a-t-il précisé. La construction est prévue à partir de la rentrée 2027.
mlb/nc/APMnews
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L'ancien délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT+ (Dilcrah) a succédé lundi à François Mengin Lecreulx, nommé à la tête de l'agence régionale de santé (ARS) Occitanie (cf dépêche du 15/04/2026 à 18:23).
Il a exprimé sa "fierté" de prendre ces nouvelles fonctions, soulignant avoir exercé différentes fonctions au niveau national et territorial. Il a notamment relevé qu'il a pu mesurer, lorsqu'il était chef de cabinet de l'ancien premier ministre Jean Castex pendant la crise du Covid (2020-2022), "toute l'importance du travail mené par les ARS et par les personnels médicaux et soignants pour permettre à notre pays de tenir".
Le fait qu'il soit issu du corps préfectoral "correspond assez bien à cette nouvelle phase ouverte depuis trois ans, dans le cadre de la réforme des grands corps, qui vise à décloisonner les parcours", a-t-il observé.
La Normandie est "une région à taille humaine, à portée de dialogue avec les acteurs du territoire, les élus en particulier", a-t-il également déclaré. Elle a "une vraie identité historique, culturelle, géographique", qui est "un atout notamment sur les sujets de santé, pour faciliter les coopérations" et "innover".
"Les défis en Normandie sont importants", a poursuivi Mathias Ott. Il a mentionné les enjeux de démographie médicale. "Nous sommes la troisième région la moins bien dotée en termes de médecine générale", avec des inégalités entre départements, puisque l'Orne et l'Eure "sont plus concernés encore par l'inégal accès aux soins".
"Je suis très attaché au dialogue avec les élus territoriaux", a-t-il fait valoir, mentionnant le couple "maire, DG d'ARS, qui forme d'ailleurs un quatuor avec les présidents des conseils départementaux, le président de la Région". "Je ferai vivre ce quatuor", a-t-il insisté.
Mathias Ott a pointé être attaché, comme son prédécesseur, à la "territorialisation" de l'action de l'agence (cf dépêche du 24/09/2025 à 17:32), ce qui passe par "le renforcement [des] directions départementales, qui est par ailleurs la ligne de conduite fixée par le premier ministre, dans le cadre de l'évolution de la gouvernance des ARS à venir" (cf dépêche du 20/03/2026 à 15:31).
"Je suis pour une ARS qui est là pour réguler, contrôler, mais aussi qui accompagne les transformations, les professionnels de santé, les élus et les territoires", a-t-il ajouté.
Dans le domaine hospitalier, Mathias Ott est revenu sur le sujet des urgences, qui connaissent en Normandie "des tensions" (cf dépêche du 27/01/2026 à 19:24). "Ce sera un sujet d'attention, notamment à l'approche de la période estivale", a-t-il précisé. "On est en train de se mobiliser, avec les différents [établissements], pour que notre dispositif tienne et que nous puissions répondre aux besoins de l'afflux touristique." Ce plan devrait être finalisé d'ici fin mai.
L'accueil des internes reprend aux urgences du CHU de Caen
Près de six mois après la décision de suspendre l'accueil des internes aux urgences du CHU de Caen, en novembre 2025, et "une très forte mobilisation des équipes de l'ARS et du CHU pour permettre de maintenir l'accueil aux urgences", désormais, "les conditions sont réunies pour [y] rouvrir les stages pour les internes", a-t-il confirmé (cf dépêche du 13/03/2026 à 18:22).
"À compter du 4 mai, 14 nouveaux internes" vont rejoindre ce service, "sur la base du volontariat, ce qui va permettre le retour de près de 80%" du nombre d'internes qui étaient auparavant en place aux urgences, a chiffré Mathias Ott. C'est donc une "reprise progressive, mais très marquée".
Outre des recrutements dans le service (sept nouveaux praticiens depuis janvier), un travail pédagogique sur l'accueil des internes a été conduit avec l'université et les équipes du CHU, a rappelé Bertrand Cazelles, directeur général adjoint (DGA) de l'ARS Normandie. Ce projet vise notamment "à limiter le nombre de patients vus par interne et à garantir que les [internes] sont toujours [encadrés] par un médecin, dont on s'est assuré qu'il a les compétences en termes médicaux mais aussi relationnels" pour le faire.
Le DGA de l'agence a souligné "des engagements très forts pris par la direction du CHU et les équipes médicales pour améliorer les conditions d'accueil des internes et répondre au mieux aux points qu'ils avaient identifiés comme problématiques".
La régulation des urgences par le 15 "aide à avoir moins de patients qui arrivent aux urgences", a relevé Mathias Ott.
En matière d'investissement, "grâce au conseil régional" qui finance avec l'État ce volet du Ségur, l'enveloppe s'élève en Normandie à "455 millions d'euros", soit "255 M€ du côté de l'État et 200 M€ du côté de la Région", a-t-il rappelé (cf dépêche du 23/02/2024 à 18:21). "Il y a également un appui, sur un certain nombre de projets, de la Métropole de Rouen."
Mathias Ott a évoqué la reconstruction engagée du centre hospitalier (CH) de Pont-Audemer (cf dépêche du 09/07/2025 à 18:02) et le lancement du "plus gros projet de la région" à Alençon, avec la reconstruction du CH intercommunal Alençon-Mamers (Chicam), pour un montant de "150 M€".
Pour ce programme, l'avant-projet sommaire (APS) devrait être validé en janvier 2027, pour un lancement des travaux en septembre 2028 et une livraison en 2031.
Quant à la démolition de la grande tour du CHU de Caen, il faut encore "approfondir à la fois l'aspect technique de ce scénario et le tour de table financier. C'est le travail que l'on va mener avec le directeur du CHU dans les toutes prochaines semaines." Le directeur général de l'ARS a donné l'échéance de "l'été 2026" pour la finalisation de la méthode et du financement.
Sur la réduction du déficit des hôpitaux normands, "le chemin est encore très long", a pointé Kevin Lullien, directeur de l'offre de soins à l'ARS. En janvier, il avait été estimé à 100 M€ en 2025, rappelle-t-on.
La situation est "inégalement répartie: 80% du déficit hospitalier à l'échelle de la région se [concentre] sur une douzaine d'établissements", a spécifié Mathias Ott. Les plans de retour à l'équilibre "ne sont pas seulement des plans d'économie, ce sont souvent aussi la clé pour débloquer des projets d'investissement, de nouvelles autorisations. Ce sont des plans de transformation qui visent à résoudre un sujet de déficit, mais aussi à répondre aux nouveaux besoins."
Accès aux soins: environ 180 docteurs juniors à compter de novembre
Concernant le renforcement de l'accès aux soins en ville, Mathias Ott a exposé "plusieurs grands chantiers", dont le déploiement du réseau France santé, qui avait été lancé en Normandie (cf dépêche du 30/10/2025 à 21:15). La région compte "75 structures" entrant dans ce label, a-t-il rappelé (cf dépêche du 27/01/2026 à 19:24). "On va intensifier nos efforts avec de nouveaux objectifs d'ici 2027."
Le dispositif "Un médecin près de chez vous", ou "consultations solidaires", lancé dans le cadre de la mesure de solidarité territoriale prévue dans le pacte de lutte contre les déserts médicaux (cf dépêche du 17/09/2025 à 12:07), représente "à ce jour 384 demi-journées de consultations, 4.300 consultations individuelles et 28 praticiens impliqués de manière régulière". La région représente "40% des consultations qui existent au niveau national" dans le cadre de ce dispositif.
Pour "projeter de la ressource dans les territoires sous-dotés", la Normandie va accueillir environ 180 docteurs juniors en médecine générale (dans le cadre de leur formation en ambulatoire) à compter de novembre 2026, a mentionné Mathias Ott.
Dans le champ médico-social, il s'agit "d'accélérer le virage domiciliaire, la transformation de l'offre grâce notamment à Norm'Handicap", qui est la déclinaison du programme national "50.000 solutions" pour les personnes handicapées. Ce dernier a permis l'émergence de "460 solutions" d'accompagnement.
Concernant le secteur des personnes âgées, le nombre de centres de ressources territoriaux (CRT) devrait passer de 15 en 2026 à 26 en 2028.
L'ARS et la préfecture de région organisent une "grande journée le [mercredi] 27 mai, consacrée aux enjeux de vieillissement en Normandie", notamment le défi "en termes d'offre et d'adaptation de l'offre", avec "l'ensemble des acteurs de la région", a fait savoir le directeur général de l'ARS.
S'agissant de la santé mentale, il a mentionné la création d'une "clinique soins-études, du côté de Rouen", sur le site du CH du Belvédère, portée par la Fondation des étudiants de France, en partenariat avec le CHU de Rouen. Le soutien de la Région "a été décisif pour permettre à ce projet de voir le jour", a-t-il précisé. La construction est prévue à partir de la rentrée 2027.
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