Actualités de l'Urgence - APM

09/05 2023
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PRÉVENTION DU SUICIDE: MISE EN OEUVRE DIFFICILE D'UN PLAN DE SÉCURITÉ DANS UN SERVICE D'URGENCE FRANÇAIS

PARIS, 9 mai 2023 (APMnews) - Un plan de sécurité pour la prévention du suicide n'est apparu ni faisable ni acceptable dans un service d'accueil des urgences (SAU) d'un hôpital parisien, selon l'expérience rapportée par des psychiatres.

Le plan de sécurité est un outil de prévention des récidives suicidaires développé par Barbara Stanley et Gregory Brown. Il s'agit d'une intervention psychothérapeutique qui consiste à élaborer avec les patients un plan écrit, personnalisé, étape par étape, de stratégies de protection et d'adaptation à mettre en oeuvre en cas de crise suicidaire.

Plusieurs études menées aux Etats-Unis suggèrent que cette approche semble réduire les comportements suicidaires mais il est essentiel d'évaluer sa mise en oeuvre dans différents cadres, indiquent Marie de Ganay et ses collègues de l'hôpital Bichat-Claude Bernard à Paris (AP-HP) dans une lettre publiée par L'Encéphale.

Comme en France, 80% des tentatives de suicides médicalisées sont prises en charge dans des SAU, ils ont mené une étude de faisabilité et d'acceptabilité dans leur établissement. Il était prévu ainsi de proposer un plan de sécurité systématiquement à tous les adultes de passage aux urgences pour une tentative de suicide mais non hospitalisés, entre février et avril 2022.

Par manque de temps, de professionnels ou de salles d'examen disponibles, le plan de sécurité n'a pu être proposé qu'à 4 patients parmi 31 éligibles (13%). Et parmi ces 4 patients, un seul a accepté d'élaborer ce plan, soir un taux de refus de 75%.

Les trois autres patients ont refusé le plan car ils ne se sentaient pas prêts psychologiquement à entreprendre cette démarche en étant aux urgences.

Par ailleurs, dans deux cas au moins, après évaluation du psychiatre, aucune intention suicidaire n'a été retrouvée.

Ces résultats suggèrent que dans un SAU général, le plan de sécurité pour la prévention du suicide s'est montré peu faisable et peu accepté, notamment en raison d'un manque de ressources humains et logistiques, observent les chercheurs.

Ils s'interrogent également sur l'intérêt de cette approche pour des patients qui ne sont pas hospitalisés.

D'autres études doivent être menées pour déterminer le cadre le plus approprié pour mettre en oeuvre ces plans de sécurité, notamment lors de la sortie des urgences psychiatriques.

(L'Encéphale, publication en ligne du 28 avril)

ld/nc/APMnews

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PARIS, 9 mai 2023 (APMnews) - Un plan de sécurité pour la prévention du suicide n'est apparu ni faisable ni acceptable dans un service d'accueil des urgences (SAU) d'un hôpital parisien, selon l'expérience rapportée par des psychiatres.

Le plan de sécurité est un outil de prévention des récidives suicidaires développé par Barbara Stanley et Gregory Brown. Il s'agit d'une intervention psychothérapeutique qui consiste à élaborer avec les patients un plan écrit, personnalisé, étape par étape, de stratégies de protection et d'adaptation à mettre en oeuvre en cas de crise suicidaire.

Plusieurs études menées aux Etats-Unis suggèrent que cette approche semble réduire les comportements suicidaires mais il est essentiel d'évaluer sa mise en oeuvre dans différents cadres, indiquent Marie de Ganay et ses collègues de l'hôpital Bichat-Claude Bernard à Paris (AP-HP) dans une lettre publiée par L'Encéphale.

Comme en France, 80% des tentatives de suicides médicalisées sont prises en charge dans des SAU, ils ont mené une étude de faisabilité et d'acceptabilité dans leur établissement. Il était prévu ainsi de proposer un plan de sécurité systématiquement à tous les adultes de passage aux urgences pour une tentative de suicide mais non hospitalisés, entre février et avril 2022.

Par manque de temps, de professionnels ou de salles d'examen disponibles, le plan de sécurité n'a pu être proposé qu'à 4 patients parmi 31 éligibles (13%). Et parmi ces 4 patients, un seul a accepté d'élaborer ce plan, soir un taux de refus de 75%.

Les trois autres patients ont refusé le plan car ils ne se sentaient pas prêts psychologiquement à entreprendre cette démarche en étant aux urgences.

Par ailleurs, dans deux cas au moins, après évaluation du psychiatre, aucune intention suicidaire n'a été retrouvée.

Ces résultats suggèrent que dans un SAU général, le plan de sécurité pour la prévention du suicide s'est montré peu faisable et peu accepté, notamment en raison d'un manque de ressources humains et logistiques, observent les chercheurs.

Ils s'interrogent également sur l'intérêt de cette approche pour des patients qui ne sont pas hospitalisés.

D'autres études doivent être menées pour déterminer le cadre le plus approprié pour mettre en oeuvre ces plans de sécurité, notamment lors de la sortie des urgences psychiatriques.

(L'Encéphale, publication en ligne du 28 avril)

ld/nc/APMnews

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