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11/06 2019
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SYNDROME DE DÉTRESSE RESPIRATOIRE: BÉNÉFICE DE L'ÉCHOGRAPHIE POUR ADMINISTRER DU SURFACTANT AUX PRÉMATURÉS

LONDRES, 11 juin 2019 (APMnews) - Le recours à l'échographie pulmonaire a permis d'administrer du surfactant à une plus grande proportion de nouveau-nés prématurés avec un syndrome de détresse respiratoire et de réduire la durée de la ventilation invasive, selon une étude française.

Ces travaux, soutenus par la société Chiesi et publiés dans The Journal of Pediatrics, ont été menés par l'équipe du service de pédiatrie et de réanimation néonatale de l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart (Hauts-de-Seine, AP-HP) et de l'université Paris-Sud (Paris-Saclay), dirigée par le Dr Daniele De Luca, indique l'Assistance publique-hôpitaux de Paris dans un communiqué diffusé la semaine dernière.

Ces chercheurs ont participé au développement de l'application de l'échographie pulmonaire en réanimation néonatale et pédiatrique en France. Elle utilise cette technique depuis 2014 afin d'explorer chez les patients des signes de détresse respiratoire et après plusieurs études, elle l'a intégrée dans la routine clinique comme examen d'imagerie de première ligne.

L'étude publiée dans The Journal of Pediatrics porte en particulier sur le cours de l'échographie pulmonaire en première ligne "pour visualiser la nécessité de surfactant et ainsi optimiser son administration", poursuit l'AP-HP.

Le surfactant est un traitement de deuxième ligne, lorsque la ventilation à pression positive continue (PPC) ne suffit pas. Il permet en outre de réduire le risque de décès et/ou de dysplasie bronchopulmonaire lorsqu'il est administré dans les 2-3 premières heures de vie, rappellent le Dr Roberto Raschetti rattaché également à l'université de Pavie (Italie) et ses collègues.

Mais jusqu'à présent, l'identification des nouveau-nés qui avaient besoin de surfactant dans cette courte fenêtre était difficile, la seule valeur de la fraction inspirée en oxygène (FiO2) étant un marqueur prédictif peu fiable.

L'équipe a développé et validé un nouveau score d'aération pulmonaire par ultrasons pulmonaire (LUS pour lung ultrasound score). Combiné à la FiO2, il semble prédire le besoin en surfactant de manière plus fiable.

Dans cette étude monocentrique prospective, les chercheurs ont comparé le taux de nouveau-nés recevant du surfactant sur six mois avant et après la mise en oeuvre de l'échographie pulmonaire pour calculer le score LUS.

L'étude a été menée auprès de prématurés nés à 32 semaines de gestation ou moins, avec un syndrome de détresse respiratoire. Sur la période contrôle, le surfactant était administré au cours des premières 72 heures de vie si la FiO2 passe au-dessus de 30% ou 40% pour les enfants de respectivement 28 semaines ou moins et ceux d'au moins 29 semaines.

Dans la seconde partie, le surfactant était administré en fonction des mêmes valeurs de la FiO2 ou d'un score LUS supérieur à 8 points.

L'étude a porté sur un total de 217 enfants, 113 au cours de la première période et 104 au cours de la seconde. Les besoins en surfactant étaient similaires sur le plan statistique, concernant respectivement 55% et 39% enfants, ainsi que pour une seconde administration (40% vs 20%). Au cours de la seconde période, tous les enfants sauf trois ont reçu du surfactant sur la base du score LUS.

Il apparaît que le recours à l'échographie pulmonaire a permis d'augmenter de manière significative la proportion de nouveau-nés traités par surfactant au cours des trois premières heures de vie, passant de 71% à 90%. La FiO2 maximale atteinte était de 33%, contre 40% au cours de la période contrôle.

Un an après l'étude, l'effet du score LUS s'est maintenu puisque parmi 44% de nouveau-nés ayant besoin de surfactant, 81% l'ont reçu au cours des trois premières heures de vie.

Les résultats pour les critères secondaires d'évaluation montrent aussi une réduction significative de la durée de la ventilation mécanique après administration de surfactant guidée par échographie pulmonaire, de 11 heures, contre 48 heures au cours de la période contrôle. En parallèle, le nombre de jours d'hospitalisation sans ventilation a augmenté de manière significative, passant de 22 jours à 27 jours.

Pour les chercheurs, ces données suggèrent que leur protocole d'administration de surfactant guidée par échographie pulmonaire pourrait être introduite dans d'autres cadres avec des conditions et des expertises similaires, concluent les chercheurs.

(The Journal of Pediatrics, édition en ligne du 10 mai)

ld/ab/APMnews

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